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Full text of "Mémoires"

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DE 



LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES 

DU CENTRE 

Raoonna* comme Établissement d'utilité publique 
par Décret du il Mai 1891 



I897> 1898 



XXII* VOLUME 




iS2i. 



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BOURGES 
TYPOGRAPHIE TÂRDY - PIGELET 

mPHIMEUB DE U SOCIÉTÉ DES «NTIQUIIRES OU CENTRE 

18©© 



J(f^-;- 



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MEMOIRES 



DE 



LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES 

DU CENTRE 



VI RAPPORT SUR LA SITTATION FIKAHCEÈRE 

lion expresse du souvenir que nous gardons de 
leur inscription au milieu de nous. 

Comme compensation à trop de tristesses, vous 
mo permettrez, Messieurs, de mentionner la 
joyeuse liert<^ que nous avons eue à voir TAcadé- 
inio Française choisir deux de ses lauréats parmi 
los membres de notre Société : l'un, titulaire, 
M, le Vicomte de Brimont, auteur d'un ouvrage 
toul local : A/, de Puységur et F Église de Bourges 
prndntU In Hêvolution, écrit avec cette conscience 
i»t ce riche recours aux sources authentiques qu'il 
nous H fait apprécier déjà, dans les communica- 
tions dont nos Mémoires ont profité; le second, 
«Hsiïcii^ libre, M. Baraudon, auteur d'un livre au 
lilro « tn'^s ulUVhant, » * Im Maison de Savoie et h 
Triplf^'Altinnre.,, non pas de nos jours, mais en 
1717. 

J'arrivt^ nuiinlenant à l'exposé de notre situation 
llnanci^iM», que j'ai cru devoir, Messieurs, pour 
nno niison do sonliment que vous comprendrez 
louH sans que j'y insiste, reléguer cette fois au 
<leuxi^nle plan. J'en emprunte les éléments aux 
comptes (Irossos par M. Girard de Villesaison, avec 
un Mo. et une ponctualité dont il a su, dès son 
début, s'approprier la tradition efficace. 

4. Rapport de M. Gaston Boissier, Secrétaire perp<^tuel de 
l'Académie française, sur les concours de l'année 1897, lu à la 
S(^auce publique annuelle du 18 novembre. 



ET MORALE DE LA SOCIÉTÉ Vil 

En caisse, à la clôture du dernier 
compte 3104, 35 

RECETTES 

Revenu des fonds placés 125,80 , 

Cotisations recouvrées 1565 » J 

Frais d'envoi recouvrés 66,85 1942,45 

Vente de volumes 143,50 \ 

Recettes diverses 41 ,30 ' 

Total de Tavoir 5046,80 

DÉPENSES 

Annuité payée à la ville 260,25 

Impôt 29,50 I 

Assurances (2 années) 11,80 i 

Solde de Timpression du XW f 

I OOA AA 1315,60 

volume 830,90 | 

Frais d'administration 80,35 

Frais d'envoi et de recouvre- 
ment 102,80 / 

Excédent des recettes 3731,20 

Vous le voyez, la situation est prospère. L'en- 
caisse de 1897 offre sur celui de 1896 un excédiMil 
de 626 fr. 85. Nous pourrons donc, avec cette 



I 



\' - t.^P90Cr >C» LA SITTATlOîl FINAIfaÈRE 

r**<5îuar:^. i»lllr^ le projet de budget que nous allons 
r-'tfSiii'r 'jour r-*xefvxce courant, nous mouvoir 
>jji:> ?«':ri»->. -ft. i.tant plus laidement certains 
î' *ios>*»r%'«:\?<!?o«:iaax. pourvoir à la conservation 



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Q<:tre Bibliothèque par de nom- 


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'..-•HTtioas d'antiquités et spécia- 


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d? pr»*parerle programme. 




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RAPPORT 

SDR 

LA SITUATION FINANCIERE ET iORALE DE LA SOCIETE 

ANNÉE 1898 

Par M. DE LAUGARDIÈRE, Président 



Pour se conformer à la décision prise par vous, 
le 6 avril de Tan dernier, en Assemblée Générale, 
votre dévoué trésorier a mis en recouvrement les 
cotisations de 1898 dans le courant de décembre, 
et les comptes qu'il vient de vous présenter sont 
arrêtés, on recettes comme en dépenses, au 31 de 
ce dit mois. Dorénavant, il en sera toujours ainsi, 
car il est plus régulier et meilleur que les opéra- 
tions budgétaires concordent avec la durée exacte 
de Tannée civile. 

Je résumerai en quelques lignes et ([uelques 
chiffres les données détaillées qui vous ont été 
soumises, me bornant toutefois aux perceptions et 
aux déboursés de rexcrcice écoulé ^ 

1. Ed caisse, au B avril 1898, 3 731 fr. 20. 



V .'./APPORT SFR 1.4 -.nr^TION FnrAlfCIKBE 

IIKCETTES : 

i;f»vw»nii •lo<; ;oniis placés.... lTi»D5 
' 'oilsations i-proinTPos lU 'H 

.|»V*»mhro Ii4ô 

)'':rii^ ,r,.n\oi rofoiivrés 27.70 

^•îmm»» «T^iM^ [)ar M. Louir? 

.1 / VI R 2730.:i3 

U^ Krr-i'r> <»t Mme !a lia- 

i« rif»^ !♦» 'ihitiimy. <^n sou- l 

'•îïir .|f» ifMir [)f^rp, incien 

IV/-'^i.lr»nf lé^ :a ^f)rif>lé lOOO 

Koin^tlM^ .li\.TSP. 8:LTI) 

\niiiiib. ;>Jiv/»p ;i la v'iile 2H0.±^» 

Imji^yr ±>,1KÎ 

pnit*. r •'Irnmi-hTition l2,T^) f 

m#«iif 32.î}o 

Rvr.'.|<»nt «i<»s rr^ciM.t,?s 2364.75 

fy*\ ,'i^ 'jui pr'»f,^fl,>. il p'^iiiLt^ .j'i'^ <i'^piiis le d^^r- 
m» • irr-^'^' <!<> <'..m: '"^, <} li -i iL.^ <iii 6 avril I8*..^î^. 
f^nlf * I 'Hf > '^1 'nijmr-n^* d-^ 2 'î'U tV. T.". I>tte 
riitvn»''*nL«ti«.n ih-r>'il.' ti'*nt .1 .ib<>ril au V(»rsf*mpnt 
irM**r'^u\' ri*-' la famiiU'^ «II* K<^rser^. puis en ixramle 



j 



ET MORALE DE LA SOCIÉTÉ XI 

partie aussi à ce que, contrairement aux prévi- 
sions, le 31 décembre de Tannée écoulée, rien 
n'avait encore été payé sur les frais d'impression 
du XXII® volume des Mémoires, actuellement sous 
presse, et que nous espérons pouvoir vous dislri- 
buer prochainement. Il sera promptement suivi 
du XXIIP volume, dont les éléments sontà moitié 
déjà réunis, et que nous nous efforcerons délivrer 
à nos Sociétaires avant la fin de Tannée courante. 
Nous aurons donc à faire face, en 1899, à des 
dépenses considérables, et les ressources ne nous 
feront pas défaut. 

Vous savez tous à quelle circonstance inopinée 
est dû le trouble apporté, cette fois, dans la régu- 
larité de nos publications, mais vous me permet- 
trez de la rappeler et d'y insister, car il est bon 
de consacrer d'une manière spéciale, dans nos 
annales, le souvenir d un événement qui fait hon- 
neur à la Société des Antiquaires du Centre, et 
n'a pas peu contribué à étendre au loin sa bonne 
renommée. 

Quelques jours à peine après votre Assemblée 
Générale, Tun de nos meilleurs et plus honorés 
correspondants, M. le Comte de Marsy, Directeur 
de la Société française d'Archéologie, faisait appel 
à votre concours pour organiser, à Timproviste, à 
Bourges, la 65' session du Congrès Archéologique, 
qui aurait dû se tenir dans une ville depuis long- 



Xil RAPPORT SUR LA SITUATION FlNAHaÀRE 

Icmps désignée, où tout à coup et pour ainsi dire 
au dernier moment, sa réunion était devenue im- 
possible. Assuré sans délai de votre coopération 
absolue, M. le Comte de Marsy venait assister à 
voire séance réglementaire de mai, y dressait 
avec, vous le programme des questions à traiter 
et des excursions à faire. Au jour fixé, 6 juillet, 
l(» (;()ngr^s improvisé s'ouvrait dans des conditions 
de réussite qui ont vivement frappé les savants, 
plus nombreux peut-ôtre que jamais, accourus de 
Paris, de tous les points de la France, même de 
l'étranger. Devançant le compte-rendu officiel que 
pul)li(M'a ultérieurement la Société française d'Ar- 
chéologie, plusieurs des congressistes ont déjà 
donné au public le fort intéressant résumé des 
réunions, où la Société que je me fais gloire de 
présider a su dignement occuper une large place*. 
Uélournée de sa marche ordinaire pendant plu- 
^iieurs mois, votre activité scientifique ne s'est 
point ralentie ; tout donne lieu de croire qu'au 
contact des éminents archéologues avec lesquels 
nous avons noué les plus avantageuses relations, 
et dont plusieurs nous ont fait l'honneur d'entrer 

1. Le Conffr<\8 Archéologique de Bourges, par leCorateCh.de 
Beaumoiit, (extrait de la Correspondance fiistonque et archéolo- 
gique) ; — Compte-rendu du Congrès d'Archéologie de Bourges, 
par le Comte A. de Ghellinck d'Rlseghem, (extrait du Bulletin de 
''Acudi^mie royale d'Archéologie de Belgique) ; — Le Congrès 
Archéologique de Bourges, par L. Quarré-Reybourbon, (extrait 
du Bulletin de la Société de Géographie de Lille). 



BT MORALE DE LA SOCIÉTÉ XIll 

dans notre Compagnie au titre de correspondants, 
elle s'est au contraire ravivée et accrue. Que 
viennent à nous maintenant les vocations nou- 
velles qui toujours s'éveillent au passage des Con- 
grès, que continue ainsi à s'augmenter le nombre 
de nos adhérents, et Tannée 1898, bien qu'elle 
n'ait point vu paraître notre XXII* volume attardé, 
n'en comptera pas moins parmi les plus mar- 
quantes et les plus favorables de la Société des 
Antiquaires du Centre. 

Il y a cependant des ombres funèbres au tableau 
de notre situation. Le doyen d'âge de nos corres- 
pondants et des archéologues français, M. Frédéric 
Moreau, qui nous gratifiait encore, il y a quelques 
mois à peine, d'une dernière suite à ses splendides 
publications sur ses fouilles si fructueuses de 
Caranda, est décédé plus que centenaire, et deux 
de nos membres titulaires nous ont été enlevés, 
coup sur coup, par la mort : M. le D' Jugand et 
M. le Marquis Arthur de la Guère. 

Le premier, auteur de ï Histoire de l' Hôtel-Dieu 
d'issouduriy œuvre sérieuse et bien informée, était 
de ces hommes faits pour honorer les associations 
qui se les agrègent. Quant à l'autre, adonné par 
goût aux études héraldiques, après avoir écrit et 
publié une excellente Généalogie de la Maison de 
Stult, dans laquelle il avait pris alliance, il s'était, 
pendant de longues années, livré à la préparation 









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RAPPORT 

SUR LIS 

TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES 

DU CENTRE 

PAR LE SECRÉTAIRE 

1897-1898 



Messieurs, 

Le dernier rapport sur les travaux de la Société 
des Antiquaires du Centre remonte à deux années, 
et le présent compte-rendu devant, par suite, em- 
brasser une durée inaccoutumée de votre vie, 
menace de prendre des dimensions que je m'ef- 
forcerai de restreindre, sans être assuré d'y par- 
venir ; car votre activité n'a pas été moindre que 
dans le passé, depuis la publication de votre 
XXI® votume et les communications faites en 
séance ont été aussi nombreuses que jamais. Si 
l'impression de votre XXIl* recueil a subi quelque 
retard, cela tient à diverses causes sur l'une des- 
quelles je me permettrai d'insister : nous nous 
laissons aller trop souvent, il faut le reconnaître 

u 




VVI RAPPORT SDR LES TRAVAUX 

à la tentation de parler au lieu de lire, et les expli- 
eations verbales se rapportant à des découvertes 
que nous sommes, naturellement, désireux de 
communiquer le plus tôt possible, laissent atten- 
dre trop longtemps leur transformation en rap- 
ports écrits, prêts pour l'impression. Les procès- 
verbaux de nos réunions prennent ainsi plus 
d'étendue, mais, aux termes du règlement, ces 
procès- verbaux ne sont pas publiés, et nos volu- 
mes de mémoires ne paraissent pas avec la régu- 
larité qui serait assurée, si nous étions aussi zélés 
rédacteurs qu'observateurs empressés. Combien 
de constatations intéressantes vous ont été sou- 
mises, dont nous attendons, après plusieurs 
années, Texposé écrit! Efforçons-nous de réagir 
contre cette tendance à remettre au lendemain. 
Nous nous le devons à nous-mêmes et surtout nous 
le devons à nos membres associés libres qui, n'as- 
sistant pas aux réunions ordinaires, ont besoin, 
|)our demeurer en communauté de vues et d'étu- 
des avec leurs collègues titulaires, de recevoir ré- 
gulièrement nos recueils. 

D'ailleurs, les travaux déposés en ces derniers 
lemps ont été assez nombreux pour que, notre 
XXII* volume à peine achevé, nous soyons en 
mesure d'entreprendre la composition du sui- 
vant, qui pourra vraisemblablement être distribué 
avant la fin de cette année ; de sorte que le repro« 



DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DU CENTRE XVII 

che de lenteur, s*il est un peu mérité à Theure 
actuelle, semble déjà ne devoir plus l'être à Tave- 
nir. 

Le volume auquel le présent rapport sert comme 
d'introduction, s'ouvre par une notice consacrée 
par son distingué successeur au président émi- 
nent, à Tami excellent et sûr que nous avons eu 
la douleur de perdre il y a seize mois. M. de Lau- 
gardière s'était déjà fait, aux obsèques de M. de 
Kersers, l'éloquent interprète de la Société, en 
rendant hommage aux vertus du citoyen, aux 
rares et charmantes qualités de l'homme, aux ta- 
lents de l'écrivain et du savant. Il apprécie au- 
jourd'hui plus particulièrement l'œuvre archéolo- 
gique de celui qui, sans parler des multiples tra- 
vaux que rappelle une bibliographie complète, a 
ajouté par V Histoire et Statistique monumentale du 
département du Cher, un durable ouvrage intellec- 
tuel à tous ceux qui font la gloire de notre Berry. 

Dans l'exposé sommaire des communications 
qui ont fait, depuis le mois d'avril 1897, l'objet de 
vos amicales discussions, je suivrai, comme il est 
d'usage, l'ordre chronologique de leurs sujets di- 
vers. ^ 

A l'époque préhistorique, se rapporte un inté- 
ressant envoi de M. Sauvaget, agent-voyer à Li- 
gnières qui, habitant précédemment le canton de 
Graçay, a employé ses remarquables aptitudes 



XVIIl RAPPORT SUR LES TRAVAUX 

photographiques à conserver Timage des monu- 
ments mégalithiques de cette dernière région. A 
une représentation fidèle, donnée sous les diffé- 
rentes faces, des menhirs de Boisy (Bagneux) et de 
Pont-Bordat (Giroux) ; des dolmens de Bué (Ba- 
gneux), du village aux pois (Graçay), du Creuset 
(Graçay), et de Tallée couverte de Liniez, il a joint 
une notice dont la lecture a donné lieu à des obser- 
vations qui expliquent pourquoi je la mentionne 
ici, quoique M. Sauvagel n appartienne pas à 
notre Société. Celle-ci a joint ses vœux au souhait 
formulé par son correspondant occasionnel pour 
le classement, au nombre des monuments histo- 
riques et, par suite, la préservation d'une destruc- 
tion plus ou moins prochaine, des deux derniers 
mégalithes de la liste ci-dessus. 

Notre excellent collègue, M. de Saint-Venant, 
bien qu'éloigné de nous depuis quelques années, 
ne cesse point pour cela de recueillir tout ce qui 
se rattache à la pré-histoire du Berry. C'est ainsi 
qu'il a appelé notre attention sur Futilité scienti- 
fique de noter les objets de provenance berruyère, 
répan^^us dans les collections particulières ou les 
musées situés en dehors de notre province. Il nous 
a, dans cet ordre d'idées, fourni la liste des 
objets de cette nature que possède le musée de 
Saint-Germain, et a également offert à nos ar- 
c hives le dessin d'une belle hache-marteau en 



DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DU CENTRE XIX 

diorite, trouvée autrefois à Beffes (Cher) et con- 
servée actuellement dans la Nièvre, au musée de 
Varzy. 

Je ne dois point omettre de mentionner l'exhu- 
mation récente, signalée par M. Mater, près du 
pont de la Croix-Moreau, à Vierzon-Village, d'une 
poterie entière, a-t-on dit, au moment de sa dé- 
couverte, mais malheureusement fragmentée pen- 
dant son extraction. Cette céramique, noire, non 
tournée, est décorée de dessins géométriques en 
lignes gravées et en pointillés. Quelques silex tra- 
vaillés étaient dans le voisinage. 

Le musée de Bourges possède une œnochoé en 
bronze à bec relevé, dont tout fait présumer la 
provenance locale. Son origine vous a paru assez 
certaine pour que vous ayez bien voulu décider 
rimpression dans le présent volume, quoiqu'ayant 
déjà paru dans le Bulletin Archéologique^ d'une 
note descriptive que votre secrétaire, comme cor- 
respondant du Ministère, a envoyée au Comité des 
travaux historiques. 

Comme toujours, les trouvailles de l'époque 
romaine ont été fréquentes en Berry et ont donné 
lieu à de nombreuses dissertations : M. Ponroy 
nous a entretenus de la découverte faite aux Va- 
lins, près Châteauneuf-sur-Chcr, à côté d'un 
tumulus rempli de débris romains, de deux exca- 
vations, où les traces d'un feu violent sont évi- 



• ..----J,--: l'^r^ — -*iiiis — iiiiiBniiiiiiMJul ^ 

•..lp' .. ^ t-. 11^-. - 1 ^^ -jL^iri^i* an ^it irriirri^ 

__--!.- ir -Lôl-i- /mi* ^SSUIK ICTSÇ»? 

- ^ -: - - L' .- .'z **ii - r-^ -*-lit Df- Jxj»- 

'..'..: 1 -r- ^to.-r la 'Tr^ J»--- -^'aIl 5:rî iat^ 
''--. .. .'tj -:.• ,• •:.":•• !•-'-•-"- i-i». a. eir^ • xtes 

* -.• ••-.•t-n-' . • z T..t=' 3r-*i>faii«il 

• ' r. A ' - t : .. >!.: • f^-aui^^-c— . f^ Frit- 
h^n/t, f ..^ ;-r ■.-• — ^t.Zr «r-i-^ :i i». .il : • xrvJ de 

« ' .^. r :r./'"i - -" ,1 :^ Ti---M^ "i.-^ MT Bt:.tre ron- 

"'•ftn^fit un*- «['i-intit»' 1 i itr»?s »:érami4nies, de 
"****•*♦ ''Il vifrrr*. il»' -t"I»-s ♦'f •l''.>bj»?t> divers que 
»•' Jfaf#îr a reciu?iilis potir !»• ma-^^e Je Bourges el 
't*mt il fournit |f» catalujfue raisonné (pie nous 



DS LA SOCIÉTÉ DES ANTIQDAIRBS DU CENTRE XXI 

publions, avec d*excel lentes lithographies dues au 
crayon délicat de M. de Goy. 

M. le président de Laugardière vous a parlé de 
la découverte près de Chàteaumeillant, à lui signa- 
lée par M. Baudon, ancien instituteur, d'un puits 
renfermant un grand nombre de poteries anti- 
ques. Il n'est pas certain, comme la fait remar- 
quer notre président, que ce puits ait jamais eu la 
destination funéraire qu'on lui a prêtée. Nous 
sommes assurés d*ètre renseignés exactement 
sur sa nature et sur l'intérêt que peuvent mé- 
riter les vases qui en ont été extraits, puisque 
nous savons qu'il a été étudié par notre zélé et 
érudit collègue, M. Chénon, qui lui consacrera, 
nous l'espérons, un chapitre dans une nouvelle 
série d'observations sur les environs de Château- 
meillant. 

Peu de mois avant sa mort, notre si regretté 
président de Kersers lisait en séance une note 
relative à la date des murs d'enceinte élevés au- 
tour de beaucoup de villes romaines, par l'utilisa- 
tion hâtive des débris des monuments et des tem- 
ples païens. Dans cette note, que le Bulletin mo- 
numental d^ publiée \ l'auteur qui a toujours attri- 
bué ces constructions au milieu du v' siècle et a 
distingué ces murs barbares des enceintes généra- 

1. A propos des murs de Saintes {Bulletin monumental, V sé- 
rie, t. I«^ 61» volume, 1896. pages Ul et ssî. 



/ .1 



f*v«^jer n J2- -^l^a- ït 



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îui •• n -i.»»nf «. ' u II Lr- s. L^r?— . l m HH— 
-ri/,'r> * i/-^nt 11» -fur •Hi.r^l—t-^^rfTT'r-f'S -^I^r-^'^ !*• H 

p ,.'. t<» ••r«.rtt.>^ "^s IL*. *-" •'!:: :r.r-K th-i^ Tiiii «i. 
f,,,<r'. ^'m/. • -^''^mL."!! iiiiïi rit- -i — -^zi .. riiii'iiîf- 

i X /f' -^ v^t 

, •/ t- Tr^'^v*- ** * Ti»* rii*-- Hi *■!**-=' ri :• »iu" .•; 
•• ' ' »' ' ' ' 



Kf^ A/^^#^ //> 'V/ vx-^î^ '/^# .4»ii; -r-.-Yf .•» •.>t£-*. ! J* Toi.. 



DE LA SOOÉTÉ DES ANTIQUAIRES DU CENTRE XXlil 

nous peu de jours avant sa mort. La question qu'il 
traite est de celles que M. de Kersers étudia dès 
le début de sa carrière scientifique et dont il ne 
cessa jamais de poursuivre la solution. C'est celle 
du Classement des enceintes en terre, qui fit l'objet 
du premier de ses travaux paru dans nos recueils 
et qui se trouve être aussi le sujet du dernier mé- 
moire qu'il ait écrit. Nous le publions avec un em- 
pressement bien justifié. 

Le moyen-âge a inspiré à plusieurs d'entre vous 
un certain nombre de sujets d'études. Le précé- 
dent rapport de votre secrétaire mentionnait une 
question posée par M. Gauchery, au sujet du gise- 
ment ignoré d'un grès dont il trouvait des échan- 
tillons dans les contreforts de beaucoup d'églises 
de Sologne, et qu'il constatait fréquemment avoir 
servi également à la fabrication des cercueils. Or, 
notre collègue, chez qui l'archéologue est doublé 
d'un géologue expert, a, depuis, complètement 
élucidé cette question en trouvant à Coulandon, 
près de Moulins-sur-AUier, la carrière qu'il re- 
cherchait. Mais il a fait de plus, à cette occasion, 
une découverte aussi curieuse qu'inattendue, en 
constatant que les blocs de ce grès particulier, 
dont il relevait l'emploi dans les contreforts 
d'églises, n'étaient autre cliose que des mor- 
ceaux de cercueils retournés. Il a ainsi établi que 
les constructeurs d'églises, aux environs de Tan 



> 



XXrV lAPPOtT SCB LBS TBAVACX 

mil, ont pris leurs matérianx dans les ciiBetières. 
où Ifts cercueils offraient des pierres toutes taillées 
dont nn blocage venait remplir la cavité. Il est 
fort curieux que cette expbitatioa d*»s cimetières 
nVnt pa<^ un fait sp^iai aux contrées, telles que 
\h Solo^e, où la pierre manque, mais a été gêné- 
ril^ au XI* siècle, dans le Centre tout au moins. 
puisque M. fiauchery le constate dans toutes les 
/•f/!w^H de cette époque qu'il étudie depuis sa très 
on/inale découverte. Le compte-rendu de celle-ci. 
donné p?ir^on auteur dans le présent volume, sera 
r/»?fainr^ment accueilli avec intérêt. 

Vf. f^aiichery, il y a quelques mois, a •*« l'occa- 
4ir,n •!<» montrer à plusieurs d'entre nott>. cet em- 
;»!oi ^onr^nt de*^ cercueils dans la construction des 
''/\\*o'x lorsqu'une de'léiration de la Sx'iétê. ré- 
r»^»»Ml.irit iï une gracieuse invitation de Mll^ de 
^l•.l4*'ol ^ vi-îité [*^s fouillos que la châtelaine de 
•'in/*'^'*"''* pour-iuit «J'^puis le mois d»» septembn^ 
i,.i«r...»T* -tiir 1 ^-mpiioem-^Qt de rin«:ienne è;^lisede 

• 1. .î-R '.-nl'j e. De c»^tt^ visite, partie alî^r»*menl 
..f.'r-k-j^^r/^*. j»* ne v»^'it en ce moment que rete- 

^ * ..* <i,ii*»-Qir r^connii^sant du bienveillant 
irA'X''- 'ut \ n- -tre .i^l-'^'ition. et iu nom de celle- 
•♦/.r. ♦.^"i-r d ms «"^^ C'U:-^ l «expression d*» notrt» 
*» •.>»?»:.»•*•-. re --iUtuî-^ ta ef-rt. les f«uiîies n^ 
)r**-iji',c» i ;i h- .1- s»\ "^ 'i. et il en s^n nf^ndu 

♦ -.m;'* uns c :re XXlll' ^ unie, par \l. tiau- 



DE LA SOCIÉTÉ DBS ANTIQUAIRES DU CEIfTRE TIX\ 

cbery, que ses travaux sur Téglise du Monastère 
de Dèvres, dont Tanalogie avec celle de Saint- 
Romble est frappante, désignaient tout naturelle- 
ment au choix de notre commission comme son 
rapporteur. 

M. Ponroy nous a entretenus des enseignes de 
pèlerinage dont il possède dans son cabinet des 
spécimens fort remarquables, trouvés dans le dé- 
partement du Cher. Nous comptons qu'il réalisera 
rengagement qu'il a pris de nous mettre à même 
de publier une notice sur ce sujet, dans le volume 
de mémoires qui suivra celui-ci. Cette communi- 
cation a donné à M. de Laugardière, l'occasion de 
nous présenter les bijoux de même nature qui 
font partie de ses collections. 

M. le comte de Marsy, dans une lettre que nous 
publions, a signalé la trouvaille à Bélhune (Pas- 
de-Calais), d'une médaille en étain, datée de 
1586, gravée au profil et aux armes do Marie do 
la Châtre, dame deChâteauncuf. On s'est demandé, 
à cette occasion, quelle fut la raison du passage, 
en 1586, de cette dame d'honneur de la reino 
Louise de Lorraine dans les Pays-Bas, où cetto 
médaille semble, par son procédé de gravure au 
trait, avoir été faite. Nos historiens locaux no 
rapportent rien qui soit de nature à éclaircir la 
question. 

A propos de la vente Poncet, de Lyon, et du ca- 



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DE L\ SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DD CENTRE XXVIl 

cueil. Souhaitons aux bulletins numismatiques 
qui paraîtront désormais sous son nom, ie succès 
que rencontrèrent constamment ceux de son de- 
vancier. 

Les questions d'histoire locale n'ont pas éto 
moins en honneur parmi nous que les recherches 
archéologiques. 

M. Romieu nous a offert la primeur d'un cha- 
pitre de bon Histoire de Selles en Berry, La lec- 
ture qu'il en fit à Tune de nos réunions et qui se 
rapportait à la remarquable église de cette loca- 
lité, était bien faite pour nous donner Timpatience 
de voir paraître un livre que la librairie met 
en montre au moment où je termine ce rapport. 
M. de Boisraarmin nous a présenté YHisioire de 
Saint' Georges'sur-Mou Ion et de ses anciens sei- 
gneurs^ étude très fouillée que je ne fais que men- 
tionner ici, puisque la place nous manquant dans 
ce volume, elle paraîtra seulement dans le pro- 
chain. Du même auteur, nous publions sous le ti- 
tre de y Hôtel Piicelle à Mehun'Sur-Yèvre, une dis- 
sertation sur le passage de Jeanne d'Arc dans cette 
ville et sur la maison où la tradition indique 
qu'elle reçut l'hospitalité d'un chirurgien du roi 
Charles VU. 

Nous publions également un travail que M. 
François Deshoulières a consacré au Château de 
risle-sur-Arnon qui lui appartient. Parmi les pos- 
sesseurs de cette seigneurie, depuis le xiii* siècle, 



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-^ il:- niaciuïEs iikiies. 

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'it.m< iu .-.. ,j m., uf .1 .>:to 



^»>»n 



DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DU CENTRE XXIX 

bre de la même aimée, des lettres de rémission 
adressées au grand prévôt de France, avec inter- 
diction au Parlement d'en connaître, « attendu, 
est-il dit, que le fait dont il est question, est arrivé 
à la suite de la Cour, » La sentence d'entérine- 
ment des lettres de rémission est prononcée, le 16 
février 1605, par le grand prévôt qui « restitue le 
sieur de Vaudetar en sa bonne famé et renom- 
mée » et prononce, après paiement par lui de la 
somme de cent cinquante livres qui o sera em- 
ployée en œuvres pies », son élargissement des 
prisons de Fort-l'Évêque. Il suit de là, que Char- 
les de la Tour fut tué en duel par Henri de Vau- 
detar^ non en 1605, mais une date probablement 
de peu antérieure au 28 juillet 1603. Henri de 
Vaudetar qui devint conseiller du roi en ses con- 
seils d'état et privé, capitaine et gouverneur du 
château de Fontainebleau et chevalier des Ordres, 
mourut en 1622. 11 avait épousé, en 1607, Louise 
de THospital, d où naquit, le 10 avril 1617, Fran- 
çois de Vaudetar, marquis de Persan, le défen- 
seur de Montrond pour le prince de Condé pen- 
dant les guerres de la Fronde. 

Depuis que notre bibliothèque est Tobjet des li- 
béralités de plusieurs de nos membres, parmi les- 
quels il faut nommer avant tous autres, Madame 
la baronne de Neuflize, qui ne se lasse pas de jus- 
tifier le titre de membre bienfaiteur, nous avons 




\XX RAPPORT SUB LES rHAVAUX 

lie temps ù autre la bonDe fortune <l>ntendre des 
«hstiertutionsbibliographiquesde noire savant pré- 
^ideat. (/est ainsi que M. de Laugardière appelait 
iiaj^uère votre attention sur un petit volume de 
foruial in-lG, relié en velin, bien conservé, d'une 
hvsji)Ue impression, iotitulé: Coustianes généra^ 
/t's ih's [)uijs et duché de Berry,,. de nouveau re- 
rt^ttfs t'i corri<j^es. L'éditeur est Marc Guérin, li- 
braire à Bouriies, à l'êcu de Baie, au-dessous des 
icrumles Kcules» t332, et le nom de Timprimeur, 
lliibault-Payen, à Lyon, se lità la dernière page. 
VI. de Lau^ardière a rappelé que la marque de 
I Kru de Hàle fut employée par un autre libraire de 
Hmup'^, Pierre Bouchier, éditeur, lui aussi, d'une 
»'*uihime de Herry, (jui avait épousé Marie Guérin, 
bîl*' de Marc. Celui-ci, comme on le voit sur le ti- 
trr du pi>lit volume en question, entourait cette 
'ittirque de la légende : 6/ Dieu est pour nous, qui 
**'m vdfKrt' iiiHis. Bruuet, dans son manuel, cite 
''^Mi uouihre d'éditions de la coutume de Berry, 
tiiiiis n'a pas connu celle que nous possédons et 
•|iH esi uim j)i{»(e rarissime et des plus précieuses. 
' '^i"c (îuériu, d\iprt^s les recherches de M. deLau- 
K^H (h(»i.(, j^^.,^jj ^;p^^y^^; Marie Maugis et demeurait 
'* "^^^ii'bounoux, non loin de la rue des Trois- 
/•'"eU. 11 ^;|j^it libraire à Bourges, dès 1541, et 
r*r/r '^^^^ ^'^ïs 13:;3. Dans un travail de M. Léopold 
' '^'^N publié en 1896 par la Société de l'Histoire 



DE LA SOCIÉTÉ DES AMlytAIRES DU CENTRE XXXl 

de Paris, on peut lire deux lettres, Tune du 20 
novembre 1549, l'autre sans date, adressées à 
Jacques Moniignon, libraire à Nevers, par son 
confrère de Bourges, Marc Guéri n, que M. Delisle 
appelle Guarin, par une lecture probablement 
fautive de sa signature. Ces correspondances ont 
trait à des envois de livres, dont il est intéressant 
de relever les titres et les prix. Il y est fait men- 
tion d'une coutume de Berry, cotée deux solz, qui 
se trouva sans doute épuisée bientôt après et fut 
remplacée par la petite édition de 1552. 

La quarante-neuvième session du congrès ar- 
chéologique de France a été tenue à Bourges Tan- 
née dernière. Notre compagnie s'est montrée par- 
ticulièrement empressée de répondre à l'appel que 
lui adressait personnellement, en assistant à notre 
séance du 4 mai 1898, Téminent directeur de la 
Société française d'Archéologie, M. le comte de 
Marsy, depuis longtemps un de nos honorés mem- 
bres correspondants. Dans cette séance fut cons- 
tituée la commission d'organisation du congrès, 
formée, sous la présidence de M. de Laugardière, 
de membres des bureaux de la Société historique 
et de la Société des Antiquaires du Centre. Cette 
commission s'appliqua à proposer les excursions 
les mieux choisies pour faire goûter les richesses 
archéologiques de Bourges et du département du 
Cher aux nombreux savants français et étrangers, 



DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DC CENTRE XXXIII 

les de vermeil à Messieurs Gauchery, de Goy et 
Mater; des médailles d'argent à Messieurs Tabbé 
Duroisel et Roger*. 

Avant de clore cet exposé de nos travaux et de 
nos actes, je mentionnerai les efforts que, fidèle à 
ses traditions de conservation des monuments qui 
perpétuent dans le présent le souvenir des arts et 
de Thistoire du passé, la Société a tentés auprès 
de la municipalité de Bourges pour faire sauve- 
garder une maison ancienne aussi intéressante 
par son mérite architectural que par le nom du 
personnage qui la fit construire au xv^ sièlce. 

Des exigences d'édilité imposant la démolition 
de rhôtel de Varye, vous vous êtes préoccupés de 
la possibilité d*une réédification de sa façade, et 
après examen de cette question, vous avez décidé 
de transmettre à M. le Maire et au Conseil muni- 
cipal de Bourges, un extrait du procès-verbal de 
votre séance du H mai 1898, ainsi conçu : 

€ Plusieurs membres demandent ce qu'il y a 
« de fondé dans un bruit, d'après lequel Tbôtel de 
« Varye, à Tangle des rues Coursarlon et Porte- 
« Jaune serait voué à une démolition prochaine. 
€ M. Mater confirme cette nouvelle, mais fait con- 
» naître qu'il a reçu mission de désigner tout ce 

1. M. des Méloizet oublie de mentionner le rappel de la grande 
médaille de vermeil qui lui fut décernée, pour ses Vitraux de la 
Cathédrale de Bourges, au Congrès d'Orléans, en 1895. 

(Note du Comité de rédaction.) 




^XXIV i APPORT >rrR LHS HlAV ACX 

t .pu. ians I .urûitecture de cette maison, pré- 
t sente un intérêt arrhéologique, afin que les dé- 
t f ailî en soient réserrés par l 'entrepreneur chargé 
. ie :a iemulition et remis à la ville. Cest ainsi, 
» .fu •-*& jutrejle certains morceaux de sculpture 
r^t des ^pis des toitures (fui seront déposés au 
* musée, la porte ù tympan sculpté sur la rue 
i Coiirsarion. avec la fenêtre qui la surmonte, et 
. l't?ncadrement de la petite boutique de la rue 
K Porte-Jaune sont dès maintenant désignés pour 
« r^tre reediiiés dans le square. 

i La Société estime que cela n'est pas suffisant, 
a La «lisparition «le cette maison lui paraît regret- 
^ table, car c'est la seule du xv" siècle, en pierre, 
Ki otfrant on réel mérite architectural, qui existe 
« à Bourges. De plus, des souvenirs historiques 
a locaux s'y rattachent puisqu'elle fut bâtie par 
« Gnillaume de Varye, un des principaux facteurs 
et de Jacques-Cœur, et elle présente ce caractère 
u intéressant de montrer dans le même édifice le 
u magasin typique du marchand du xv* siècle et 
o sa riche habitation bourgeoise. 

(c On rappelle le souci archéologique dont 
« beaucoup de villes de France : Rouen, pourtant 
« si riche en belles maison^ anciennes, Orléans et 
M tant d'autres, ontfait preuve en relevant, dans les 
« dépendances de leurs musées, des façades en- 
« tières de maisons que les nécessités de voirie 



OE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DU CENTRE XXXV 

« avaient fait démolir. La Société émet le vœu 
H qu'il soit fait de même à Bourges et qu'indé- 
« pendamment des réserves déjà faites par la 
« ville pour la sauvegarde de certains détails de 
« rhôtel de Varye, la municipalité prenne les me- 
« sures nécessaires pour la^conservation intégrale 
« de la façade de cet édifice, en la transportant et 
< la reconstruisant sur un emplacement apparte- 
« nant à la ville, dans le square du musée, par 
c exemple. » 

La Société historique du Cher a émis un vœu 
semblable. La commission du musée vient de for- 
muler une demande analogue. Nous ne voulons 
pas désespérer du succès de ces démarches. 

12 avril 1899. des Méloizes. 



NOTICE BIOGRAPHIQUE 

SUR 

M. DE KERSERS 



Le Président hors ligne que regrettera longtemps 
la Société des Antiquaires du Centre, Alphonse- 
Louis-Marie Buhot de Kersers, est né à Bourges 
le 6 mai 4835, d'un père qui joignait aux aptitudes 
et aux connaissances spéciales de l'ancien élève 
de l'Ecole polytechnique, devenu ingénieur, une 
culture littéraire étendue et des facultés d'historien 
et de critique dont témoignent plusieurs ouvrages 
estimés : Histoire de La Tour d'Auvergne^ premier 
grenadier de France, rédigée d'après sa corres- 
pondance, ses papiers de famille et les documents 
les plus authentiques, (1841); Etude sur le génie 
et les écrits du Cardinal de Retz, (4862); Éloge de 
Bourdaloue, (1874). Fille et doublement petite- 
fille de hauts magistrats, Madame Buhot de Ker- 
sers avait transmis avec leur sang, à son propre 
fils, les tendances ances traies à l'étude du droit et 
aux fonctions de la justice. Ce fut, en effet, dans 
cette direction qu'il fit ses premiers pas, en deve- 
nant attaché au Parquet de première instance de 




5xxvm 

-ia nile natale 3iaiâ !ea Aatit pi'ètrf» aspiranL ce 
a^aii laîr ^neore^ rroir ins- rang ians la hit^rar- 
■ 'hie ^miiciaire. Aussi, .ursçi .i r**5oijit -ie citaii^r 
ie .'« le. i 1 'H )ii:? i temisaoïiiier : il se borna 
^mu.'-nieai i ^r^!l^er one :amti(fatiirg> appoyée 

F :liciiv.»ii::?-aoa2^ ie :»*ite ieterminatioiL tL a*est 
jjisiiiie m\ m L-'Ui5 le Raynai r-^tr^ ea méflie 
^emps in V^-'oaL-^jt-aenu leî? lîiu&'Hrontés et le re- 
manmabie iute»ir le ' 3i:>coin^ tu Beî'^/, Miagis- 
tmt. il. ie !vc*r5^r^ lurait pu. romine «pieLpie^ 
duti-es, i** iisrtnun*. -♦.' ieias*5*?r parîuii^ Jes^ absor- 
bant otr ji'_'MpalK»a^ mjiosëio une îles, par des re- 
'•îien'iies inii-'ji'-^'aue-* ou ai^^oriijues. truelle 
[u ut *^e sa :}iii:?^îanc't le tnvaii. il n aurait pas 
'*er*eî? pu '^«.mij^ser *t iponjiumiir ^îes études sur 
tuus^iesDonus ïu I i, .mi ai^4i>in»'3t?narr!héoloeîe, 
iiiiilijrîeuiïeaieiu iitaiiii»s : :Vit-ti parvenu, même 
^a rinx .i'MFcr's sur*iuaiians. i rassembler en 
mjvitr» Danie »*s :iiiiouiijnibi»^> matériaux de son 
.^nuid 'uvr:i;^»». ..» :euips ui *»it manqué pour les 
«nim|iieler : :i n» t-^iunul ai :oonionnés* ni livrés 
à rimpres^on. 

■^'^'5^4^ avec t» *)ius .mud :?oin par la plume 
^■"«e lie M. le M'' A bert i»^ Xeluizes. la liste 
•imiliJète des pubueaiiuus de M. de Kersers, à 
l4i{ti«Ue cette :ourie iKtice 5er« i'intnjduetioD. 
•^^^**^ :>ur cgmbieu Je sujeis soxervait son* 



I 



SCR M. DE KEBSEBS XXXIX 

activité et quelle place importante il s'était faite, 
non seulement au sein de notre Société, mais 
encore parmi les savants et les énidits de l'époque. 
Je n'entreprendrai point de reproduire par frag- 
ments, en ce qui concerne les spécialités archéo- 
lo^ques et historiques, ni de paraphraser cette 
nomenclature de travaux variés qui tous, dans 
cet ordre d'idées, tendaient au même but : élucider 
les problèmes multiples de notre passé local. Il 
en est certains, toutefois, sur lesquels j'appelle 
plus particulièrement l'attention^ parce qu'ils ont 
contribué à donner à leur auteur sa notoriété 
scientifique et à la bien établir. Eln première 
ligne je citerai, comme je l'ai déjà fait ailleurs', 
les dix-neuf bulletins numismatiques dont le 
savant Adrien de Longpérier encourageait les 
débuts. J'y joindrai les nombreuses dissertations 
sur les inscriptions romaines sorties en abondance 
de notre sol, dissertations que le distingué direc- 
teur de la Revue épigraphique, M. Robert Mowat, 
appréciait à si juste titre, et notamment le 
mémoire sur les Monuments consacrés à Mars, 
découverts à Bourges en 1885. Je noterai aussi les 
recherches sur les tumuli, sur les enceintes et 
les forteresses en terre, dont les théories avaient 
re<:u la haute approbation de Jules Quicherat ; les 



1. Discours prouoDcé le 15 décembre 1897, aux obsèquetf de 
M, de Kersers. 



,, HOnCB BIOGEAPHIQDB 

roBs..lération9, plusieors fois reprises, sur les 

n„muUc9 des fortifications gallo-romaines et lenr 

4«lf. -ootroversée; les études, particuUères ou 

.vntl.rliques, sur l'architecture religieuse et 

I,'.,..Jh1« en Bcrry. Je m'arrêterai enfin suriin sujet 

M, M ». nait grandement à cœur à M. de Kersers, 

M .jn'il avait traité dans diverses notes : les ves- 

fiuP. archéologiques laissés, surtout dans leurs 

.,.,.,.ltnrcs, par les premiers Bituriges et leurs 

,,r. ,|.'fr!*HCurs immédiats. Dans un tableau den- 

Hiriihtc, précis et substantiel, résumé de ses 

invi-tiKations personnelles et de celles de ses 

...llARue». et que pour cemoiif ilalaisséanonj-me. 

I,. |'r<4-.i(lont do la Société a groupé l'énumération 

Hr f <•• roHle» de si grande valeur au point de >-ue 

rllti...Kr«phique. Nos archives conservent les 

WtiKMKnftK"" ''^ la faveur qui accueillit cette publi- 

<,ai|..n vraiment révélatrice; j'y choisis les plus 

<,iir«rU'.iiMi.iuo», signés des noms les plus notables : 

(^, i^^,^•\('U' dos Antiquaires du Centre, écrivait 

M ii..l,riol rie Mortillot, a eu l'excellente idée de 

,,,l„.,. la liste ruisonnée des découvertes d'Objets 

a» ,trrmrr dr du bronze et du premier àfje du fer 

(«»*.. .(«n» lo llerry, c'est-à-dire dans les dcparlc- 

m«M.l*du Choroïde l'Indre, 14 se rapportant au 

lm,Mool21ftU fer. C'est plus que suffisant pour 

Uti.» Clablirriuo la première industrie du fer s'est 



SUR M. DE KEBSER6 XLI 

répandue aussi bien dans le Centre de la France 
que dans TEst, et avec le même luxe. » 

« C'est un travail du plus grand intérêt, disait 
de son côté M. de Nadaillac, et si Ton pouvait le 
dresser dans toutes nos provinces, on obtiendrait 
de nouveaux aperçus sur ces temps encore si peu 
connus. » 

Et M. de Quatrefages ajoutait : « Démontrer que 
Tàge de Halstadt est représenté dans le Berry, est 
évidemment un fait d'une très réelle importance. 
En le mettant hors de doute, votre Société a bien 
mérité de Tarchéologie et de Thistoire. » 

Des archives sociales j'aurais à extraire bien 
d'autres marques de la considération qu'accor- 
daient à notre Président, dans la plus large mesure, 
et M. Chabouillet qui le traita vite en ami, et 
M. Alexandre Bertrand, et M. de Lasteyrie, et 
plus d'un savant étranger. Les preuves de ses re- 
lations étendues dans le monde de la science 
deviendraient surabondantes, si je pouvais feuil- 
leter aujourd'hui, comme parfois il m'avait ami- 
calement admis à le faire avec lui, les richesses de 
sa correspondance privée. En sus des Sociétés et 
des Commissions berruyères entre lesquelles il 
partageait son dévouement, il appartenait à des 
corps savants haut placés ; depuis longtemps As- 
socié Correspondant national de la Société des 
Antiquaires de France, il était devenu, 'de Corrcs- 



XLTI NOTICE RlOr.RAPHIOlE 

pondant très zélé, Membre non-résidant du Comité 
des travaux historiques établi près le Ministère de 
rinstruction publique. Aussi de toutes parts on le 
consultait, on avait recours à ses obligeantes lu- 
mières. 

Une gigantesque entreprise, qu'il a su réaliser, 
a mis le sceau à sa réputation d'écrivain et, toUt à 
la fois, d'artiste, d'archéologue et d'érudit. 

Au mois de mars 1868, la Société Française 
d'Archéologie tenait à Bourges des séances géné- 
rales. Son directeur, M. de Caumont, avec son ar- 
deur d'apôtre habile à provoquer les grandes ini- 
tiatives, invita les archéologues du pays à s'occuper 
de publier la Statistique monumentale des dépar- 
tements de l'Indre et du Cher, en adoptant une 
marche régulière, basée sur les circonscriptions 
administratives, commune par commune, canton 
par canton, comme il l'avait fait récemment lui-- 
même pour le département du Calvados. L'Indre 
avait déjà la première édition de ses Esquisses pit- 
toresques; tout à peu près était à faire pour le 
Cher. Pour cette région, M. de Kersers entendit 
l'appel. Immédiatement il se mit au travail, et 
tenant tour à tour le crayon du dessinateur exact 
et sans fantaisie, la plume de l'archéologue obser- 
vateur, celle de l'historien qui veut être bien in- 
formé, il visita un à un les cantons de chaque 
arrondissement, l'une après l'autre les communes 



SCR y. DE KERSERS XLlIt 

de chaque canton, se consacrant en outre au dé- 
pouillement, mené avec une sagace célérité, des 
archives départementales et des archives parti- 
culières qui lui furent libéralement communi- 
quées. Plusieurs années d'activé préparation lui 
furent nécessaires pour mûrir son plan, pour en 
tracer soigneusement les lignes principales, en 
esquisser sauf révision les détails essentiels. En 
1875, le premier fascicule de la Statistique monu- 
mentale du département du Cher, consacré au 
canton des Aix-d'Angillon, voyait le jour, et, la 
même année, le canton d'Argent était publié. Le 
canton d'Aubigny paraissait en 4876. L ordre al- 
phabétique par noms de chefs-lieux de cantons 
qu'avait choisi M. de Kersers lui avait, par une 
heureuse rencontre, permis d'inaugurer son œu- 
vre par la description et Thistorique des monu- 
ments et des contrées qu'après Bourges et Néron- 
des, il aimait le plus et connaissait le mieux. Sur 
la couverture de ces trois premières livraisons se 
lisait le titre indiqué par M. de Gaumont ; mais 
Tauteur avait élargi le cadre, il y avait fait entrer 
les données philologiques, les textes inédits, les 
résumés historiques, tantôt sommaires et tantôt 
développés selon Timportance de chaque sujet. 
Lorsqu'en 1877, le canton de Baugy eut complété 
le premier volume, le titre de Touvrage était à bon 
droit libellé : Histoire et statistique monumentale. 




^- - 3--m .cs- ^T»-?- m juiuLê le LâT £asci- 

A r-.-\5i; ur Zx^ifiSBDtfaf je oroisièaie to- 

^^^-^ ^^ir-i..-:: ,r ^ i-> -anOiiK^ lie La Chapelle- 

^ ^^ - '^^ .- .lar-îiiLO --t •le Charost 

-.aan-: au _^i5K 3L fc Kers^rs 

"*• '- "^ - ^ ' li*. sui^^^idL-una l'mirsiealer son 

\^ •- ' ^ - i- ..»#*t/r" f it^e mtcdmlle 

' *J De retie date à 

^-, ^-=1. -Tf I 1- lUiÇT^-raBe : eo 

^"^^^ - .:. ' : - t-*n.«crr fAS^icole, 

^^ ->^ •: • ir- £»* "iii-^*: 13:5. sans 

^ ^.:^ -- ■ r* •! iol: - f ». avait 

**" ^ ** -T*.- ^ i*.fc.-x. :^^ d'une 

■^"^ '..:.. ^ I Xfi'^-Hix trîc^ni- 

>- . L A.^^'-^îe des 

"--. . -^ . r.rsiuLnia as hù- 

. nint-fii. fOLT . -irês au 
- * --aii^* j^.oir ISSN». 



.> 4Vl*« 



4t JUir:Lliisn.*^«iv. 



SUR M. DE KERSERS XLV 

que je tire l'indication qui précède; je ne saurais 
mieux faire que de lui emprunter, pour bien ca- 
ractériser le mérite de l'œuvre couronnée, les ap- 
préciations suivantes : 

< La seconde médaille est attribuée à M. Buhot 
de Kersers pour son ouvrage intitulé : Histoire et 
statistique monumentale du département du Cher. 
Ce livre n'était qu'à son début, en 1885, lorsque 
VÂcadémie lui a déjà décerné une seconde médaille. 
Depuis, l'auteur l'a mené à bonne fin, et il forme 
aujourd'hui 7 volumes grand in-8^ Le texte et les 
dessins sont dus exclusivement au travail person- 
nel de M. Buhot de Kersers ; c'est le fruit d'un 
labeur de près d'un quart de siècle, qui représente 
l'ouvrage le plus considérable tenté depuis long- 
temps et consacré à l'étude des antiquités natio- 
nales. 

« L'auteur, avec une louable persévérance, a 
parcouru le département du Cher canton par can- 
ton, commune par commune, relevant tout ce qui 
pouvait présenter quelque intérêt depuis l'époque 
anté-historiquejusques aux siècles les plus voisins 
de notre temps. Il a pris la peine de visiter lui- 
même tous les monuments dont il donne la des- 
cription, de dessiner de sa main tous ceux qu'il 
jugeait mériter d'être reproduits. Il en est résulté 
le répertoire le plus complet, formant un ensemble 
de plus de 2,000 pages. 



SCR M. DE KBRSCRS LXLVH 

Ce sont ces derniers mots qu'il faut retenir. 
Peut-être M. de Barthélémy aurait-il atténué ses 
réserves, en somme légères, s*il s*était reporté à 
ce qu'imprimait Tauteur, au mois d'octobre 4885, 
dans l'avis qui termine son troisième volume : 
« Concilier la crainte des erreurs avec les exigen- 
« ces du temps qui fuit sous nos pieds; ne nous 
« attarder, ni aux hésitations, ni aux scrupules ; 
« franchir au besoin môme quelques lacunes ; telles 
« sont les obligations qui nous sont faites si nous 
« voulons ne pas laisser notre œuvre inachevée. » 

11 n'a pas été donné à M. de Kersers de publier 
lui-même le complément nécessaire de cette 
œuvre, tout apprêté par lui : les Conclusions, syn- 
thèse lumineuse dont une première rédaction, 
profondément remaniée et conduite à terme depuis, 
avait paru dès 1888 dans la Revue Archéologique ; 
les Additions et les Corrections, fruits d'une atten- 
tive et constante révision du texte édité; la Table 
GÉNÉRALE, patiemment et minutieusement disposée 
sur fiches. La main pieuse et déjà experte de son 
fils, M. Louis de Kersers, notre jeune collègue, 
s'est chargée et parfaitement acquittée de ce soin. 

Les distinctions académiques que je viens de 
rappeler n'étaient point les premières qu'avait 
obtenues, pour ses productions, le savant si com- 
plet qu'était M. Alphonse de Kersers. La Société 
Française d'Archéologie, en 4873, au Congrès de 



nu 
















SLR M. DK KERSERS XL1X 

leur général de la Bibliothèque Nationale, dans 
des lettres que renferment aussi nos archives, lui 
donnait de fréquents témoignages de sa haute 
estime. Tantôt le louant du zèle avec lequel il 
dirigeait nos travaux, tantôt le félicitant de la part 
active qu'il y prenait, un jour il lui accusa récep- 
tion du tome XIX des Mémoires de la Société en 
ces termes : « Je ne veux pas ranger dans ma 
bibliothèque ce volume, sans vous dire combien 
j'apprécie vos efforts et ceux de vos collaborateurs 
pour étudier, avec critique et dans les moindres 
détails, toutes les questions d'histoire et d'archéo- 
logie auxquelles peut donner lieu le passé de votre 
province. » Après un tel suffrage, il serait superflu 
d'insister sur les mérites et la fructueuse influence 
du Président auquel il a été décerné; à plusieurs 
reprises déjà, je me suis fait un devoir de leur 
rendre pleine et publique justice. 

Mais ce que je n'ai pas assez dit, c'est Taffection 
en quelque sorte familiale qui unissait à tous ses 
collègues le chef de notre Compagnie. Tous ceux, 
et déjà ils se font rares, hélas ! qui ont assisté aux 
fêtes intimes données par M. de Kersers, pour 
célébrer le vingtième et le trentième anniversaire 
de notre fondation, ont gardé l'impérissable sou- 
venir d'un accueil dont la splendeur n'avait d'égale 
que la cordiale aménité. Avec quelle joie évidente 
il prolongeait, à son hôtel de la rue du Doyen, les 



L NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR M. DE KERSERS 

succès de sa présidence à THôlel Lallemanl ! 11 
nous aimait, comme il . était aimé de nous ; il 
aimait la Société des Antiquaires du Centre et lui 
en a légué une preuve suprême. 

Notre Président, dans la maturité de son âge et 
la plénitude des facultés de son exceptionnelle 
intelligence, nous a été enlevé, le 4 1 décembre 1897, 
alors qu'il se trouvait à sa propriété de La Chau- 
melle, près Les Aix-d'Angillon, par un mal 
inexorable qui l'avait effleuré quelques années 
auparavant, et que Ton se plaisait à croire conjuré 
pour toujours. Dans les dernières heures de sa 
vie brisée, il s'est souvenu et a parlé des Anti- 
quaires du Centre ; il a manifesté le désir qu'une 
somme de mille francs fût remise à la Société, en 
son nom. Ses enfants, M"' la B**""* de Glaligny et 
M. Louis de Kersers, en^se conformant religieu- 
sement à cette dernière volonté généreuse, nous 
ont fourni le moyen d'inscrire en tète de la liste 
de notre association, au nombre des Membres 
bienfaiteurs, le nom vénéré de leur père. Ce nom, 
durable illustration de la Société, rappellera 
jusqu'à la tin à nos successeurs notre reconnais- 
sance. Les œuvres qui en sont signées leur servi- 
ront comme à nous, et longtemps après nous, de 
guides et de modèles. 

Charles de Laugardière. 



BIBLIOGRAPHIE 

DBS 

(EUVRRS DE M. ALPHONSE BUHOT DE KERSERS 

(1865-1897) 



1 . Une société d'Agriculture au xviii» siècle. [Courrier de 
Bourges. Numéros des 2, 5 et 7 avril 1865.) 

2. Jacques Cœur. (Poésie couronnée à la suite d*UD 
concours ouvert par la Revue du Berry). {Revue du Berry, 
année 1865, Bourges, 1865, p. 105-ilO.) 

3. f^ cathédrale de Bourges, poésie. Bourges, 1«' juillet 
1866. {Semaine Religieuse du Berry, II» vol. 1866, p. 353-357.) 

4. Les enceintes en terre dans le département du Cher. 
(Mémoires de la Société des Antiquaires du Centre» 1867, 
I" volume, Bourges, 1868, p. 13-57, et pi. I à VIII ; et 
tirage à part in-8'', 45 pages.) 

5. Bulletin numismatique. {Mémoires de la Société des 
Antiquaires du Centre, 1867,1" vol., Bourges, 1868, p. 325- 
335 ; et tirage à part in 8% 11 pages.) 

6. Observations sur Téglise collégiale des Aix (Cher). 
Congrès archéologique de France, XXXV* session, 1868, p. 
35-41.) 

7. Note sur les aqueducs romains de Bourges. (Congrès 
archéologique de France^WW^ session, 1868, p. 56-59.) 

8 Fouilles exécutées au domaine des Grandes-Barres, 
commune de Menetou-Couture. (Mémoires de la Société des 
Antiquaires du Centre, 1868, If« vol., Bourges, 1869, p. 21" 
27.) 

9. Les Tumuli et les forteresses en terre dans le dépar- 
tement du Cher. {Mémoires de la Société des Antiquaires du 




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D£ M. ALPHONSE BUHOT DE KERSERS LUI 

1 9. Rapport sur les travaux de la Société des Antiquaires 
du Centre, années 1870, 1871, l%n. {Méminres dn la Société 
des Antiquaires du Centre, 1870-71-72, W vol., Bourges, 
!873, p. Mviiet pi.) 

20. Catalogue du Musée lapidaire de Bourges. {Mémoires 
de la Société des Antiquaires du Centre, 1870, 1871, 1872, 
IVe vol., Bourges, 1873, p. 1-40 ; et tirage à part in-8*, 40 
pages.) 

21. Epigraphie romaine dans le département du Cher. 
[Mémoires de la Société des Antiquaires du Centre, 1870, 1871, 

1872, IV vol., Bourges, 1873, p. 103 192, fig. 1 à 10, pi. I 
à V.) 

22. Bulletin numismatique, n* 4. [Mémoires de la Société 
des Antiquaires du Centre, 1870-71-72, IV» vol., Bourges, 

1873, p. 335-350, et pi. ; et tirage à part in-S'', 16 pages.) 

23. Recueil des inscriptions gallo-romaines de la V di- 
vision archéologique : Cher, Indre, Indre-et-Loire, Loir- 
et-Cher, Nièvre. (Congrès archéologique de France, XL* ses- 
sion, 1873, p. 183-264.) 

24. Lettre à M. de Cougn y, directeur de la Société fran- 
çaise d'Archéologie, sur l'existence probable des murs de 
ville antérieurement à Tinvasion des Barbares. (Bulletin 
monumental, 5» série, t. 1", XXXIX« vol., 1873, p. 610-616.) 

25. Même sujet : réplique de M. Ledain. (Bulletin monu- 
mental, 5e série» t. II«, XL» vol., 1874, p. i84-189.) 

26. Même sujet : un dernier mot à M. Ledain. (Bulletin 
monumental, id.,id., p. 466-468.) 

27. Les chapelles absidales delà cathédrale de Bourges, 
(Bulletin monumental, 5^ série, 1. 11% XL'vol., 1874, p. 417- 
430, et pi. I à III.) 

28. Deux pierres tombales de l'église de Méry-ès-Bois, 
septembre 1874. (Bulletin du Comité d'histoire et d'archéolo- 
gie du diocèse de Bourges, 1867-1875, p. 354-356. 

29. Rapport sur les travaux de la Société des Anliquaires 
du Centre, années 1873-1874. [Mémoires de la Société des 
Antiquaires du Centre, 1873 1874, V« vol., Bourges 1875, 
p. i-xvii, et pi.) 









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DB X. ALPHONSE BIHOT OC KKRSERS LT 

41. Stèles découvertes à Bourges en décembre IS75 et 
en septembre 1877. (Mémoires de la Sociitédes Antiquaires 
du Centre, 1875-76, Vie volume, Bourges, 1878, p. 91-96, 
et pi. I à III.) 

42. Essai sur Tarcbitecture militaire et féodale au m* et 
aa iiu« siècle dans le département du Gber [Ménu>ires de la 
Soeiité des Antiquaires du Centre, 1875 76, VI« vol., Bour- 
ges, 1878, p. 107-128, et pi. I et II.) 

43. Bulletin numismatique, no 6 (Mémoires de la Société 
des Antiquaires du Centre, 1875-76, VI* vol., Bourges, 
1878, p. 329-344, et fig. 1 à 5 ; et tirage à part in-8'', 16 
pages.) 

44. happort sur les travaux de la Société des Anti- 
quaires du Centre, année 1877. {Mémoires de la Société des 
Antiquaires du Centre, VU* volume, Bourges, 1878, p. ixil. 
et pi.) 

45. Boucle mérovingienne découverte en 1877 à Issou- 
duo. (Mémoires de la Société des Antiquaires du Centre, Vll« 
vol., Bourges, 1878, p. 243-247, et pi.) 

i6. Bulletin numismatique, n^ 7. (Mémoires de la Société 
des Antiquaires du Centre. 1877, VI1« vol.. Bourges, 1878, 
p. 3i9-3zo, et pi. ; et tirage à part in-8», 7 pages.) 

47. Communication sur la date de construction du 
pont de Moulon. — Comité diocésain d*hist. et d*archéol., 
séance du 15 février 1878. [Semaine religieuse du dion'se de 
Bourges, XIV» vol., p. 217.) 

48. Communication sur les antiquités d*Alléan. - Co- 
mité diocésain, séance du 15 mars 1878 (Semaine religieuse 
du diocèse de Bourges, XIV» volume, 1878, p. 2i4.) 

49. Le Millénaire de sainte Solange, patronne du Berry, 
poésie. (Semaine religieuse du diocèse de Bourges, XI V« vol., 
1878, p. 284-287 ; et tirage à part in-8o, 4 pages.) 

50. Rapport sur les travaux de la Société des Antiquai- 
res du Centre, années 1878-1879. (Mémoires de la SociéU^, 
des Antiquaires du Centre, VIII* volume, Bourges, 1879, 
p. Lxxv-Lxxivm, et pi. 1 à 111.) 

51. Note sur trois épées de bronze et un mors de bride 



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-. ^ll- «niiaw. ioviges. 1^9, p. 1.9 et 



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^*- TiKtin^ ^, » fourseis. — ^«ut «■ os mèroTîogieo. 

V . >«kn -- ^ Si - tix-t'> lu. :>Hhtr«aHSBC ia Cher. Mémoires 






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DE M. ALPHONSE BUHOT DE KËRSERS LVll 

62. Stèles romaines découvertes à Bourges eo mars 1882. 
{Revue Archéologique, nouvelle série, 23« année, XLIII* vo« 
lame, Paris, 1882, p. 257-263, et pi.) 

63. Bulletin numismatique, n» iO. {Mémoires de la Société 
des Antiquaires du Centre, \* vol., Bourges, \ 882, p. 285-306, 
et pi. ; et tirage à part in-S^», 22 pages.) 

64. Lettre à M. le Rédacteur de la Semaine Religieuse, sur 
Tapostolat de saint Ursin. (Semaine Religieuse du diocèse de 
Bourges, XIX* vol., i883, p. 474-476.) 

65. Bulletin numismatique, n« 11. (Mémoires de la Société 
des Antiquaires du Centre, XI* vol., Bourges, i884, p. 277- 
317, et pi. I et II ; et tirage à part in-8o, 41 pages.) 

66. Rapport du président de la Commission d'examen 
des écoles libres. (Œuvre des Ecoles chrétiennes dans le dio- 
cèse de Bourges, — Réunion générale du 18 janvier 1885. — 
Bourges, «885, p. 14-22.) 

67. Monuments consacrés à Mars découverts à Bourges 
en 1885. (Mémoires de la Société des Antiquaires du Centre, 
XIIH vol., Bourges, 1885, p. 135-154, et pi. 1 à III.) 

68. Bulletin numismatique, n° 12. (Mémoires de la Société 
des Antiquaires du Centre, XIll* vol., Bourges, 1885, p. 237- 
249 ; et tirage à part in-8<^, 13 pages.) 

69. Plaque de bronze émaillée du xive siècle. (Bulletin de 
la Société des Antiquaires de France, 1885, p. 159.) 

70. Essai de classification des enceintes fortifiées en 
terre. (Bulletin monumental, 6e série, t. II, LU» vol., 1886, 
p. 594-619, 27 figures et une planche; et tirage à part in-8s 
28 pages.) 

71 . La fontaine des Baptisés, dans le Cher. (Bulletin de la 
Société des Antiquaires de France, 1886, p. 174.) 

72. Stèles romaines avec bas-reliefs et inscriptions trou- 
vées à Bourges (Bulletin de la Société des Antiquaires de 
France, 1886, p. 173.) 

73. Rapport du président de la Commission d'examen 
des écoles libres. (CEuvre des Ecoles chrétiennes dans le dio- 
cèse de Bourges. — Réunion générale du 23 janvier 1887. — 
Bourges, 1887, p. 4-11.) 



LVIII BIBLIOGRAPHIE DES ŒUVRES 

74. Bpée ea fer et rasoir en bronze trouvéd à Lunery. 
{Bulletin de la Sociélé des Antiquaires de France, 1887, p. 
209.) 

75. Stèles découvertes à Bourges en avril 1888. (Mémoires 
de la Société des Antiquaires du Centre, XIV* vol., Bourges, 
1887, p. 21-25, et pi. l et II.) 

76. Inscriptions murales de Téglise de Plaimpied (Cher). 
{Mémoires de la Société des Antiquaires du Centre, XI V» vol., 
Bourges, 1887, p. 35-51^ et pi. I à IV.) 

77. Bulletin numismatique, n* 13. (Mémoires de la Société 
des Antiquaires du Centre, XI V« vol., Bourges, 1887, p. 327- 
341, et pi. ; et tirage à part in-8«, 15 pages.) 

78. Saint-Aoustrille-]es-Graçay(Cher). (Bulletin monumen- 
tal, 6* série, t. III, LIIl« vol., 1887, p. 511-521, et pi. là IV.) 

79. Note sur une épée en fer et un rasoir en bronze 
trouvés à Lunery (Cher) en 1887. (Bulletin archéologique du 
Comité des travaux historiques et icientifiques, année 1887, 
p. 359-362 et fig. ; et Mémoires de la Société des Antiquaires 
du Centre, XV* vol., Bourges, 1888, p. 29 35.) 

80. Statistique monumentale du département du Cher. 
Conclusions. Histoire de Tarchitecture dans le département 
du Cher. (Revue archéologique, nouvelle série, 29^ année, 
XLVII« volume, Paris, 1888 ; et tirage à part grand in-8*', 
28 pages.) 

81. Lettre à M. le président du Comité des Travaux his- 
toriques et scientifiques sur une barque prétendue antique 
trouvée à Vierzon. (Bulletin archéologique du Comité des 
travaux historiques et scitntifiques, année 1887, p. 419.) 

82. L'architecture religieuse aux xi* et xii<» siècles. (Confé- 
rence faite à Bourges, résumée dans le Messager du Cher 
du 15 février 1888.) 

83. Théâtre romain d'Alléan. (Mémoires de la Société des 
Antiquaires du Centre, XV* vol., Bourges, 1888, p. 63-69, et 
pi. letll.) 

84. Bulletin numismatique, n° 14. (Mémoires de la Société 
des Antiquaires du Centre, XVo vol., Bourges, 1888, p. 293- 
310 et pi. ; et tirage à part in-8'', 18 pages.) 



DE M. ALPHONSE BCHOT DE RERSERS LIX 

85. Commission d*examen des écoles libres. Rapport 
sommaire du président sur les opérations de Tannée 1888. 
((Euvre des Ecoles chrétiennes dans le diocèse de Bourges. — 
Réunion générale du 20 Janvier 1889. — Bourges, 1889, p. 
6-9.) 

86. Bulletin numismatique, n* 15. {Mémoires de la Société 
des Antiquaires du Centre^ XVI* vol., Bourges, 1889, p. 269- 
274, et fig. ; et tirage à part in-8o, 6 pages.) 

87. Discours prononcé, le 4 décembre 1 889« à la première 
séance tenue par la Société des Antiquaires du Centre à 
l'Hôtel Lallemant. (Mémoires de la Société des Antiquaires 
du Centre, XVII« vol., Bourges, 1890, p. xxi-xxvii.) 

88. Note sur une découverte de haches en bronze près 
Graçaj. (Mémoires de la Société des Antiquaires du Centre, 
XVIIe vol., Bourges, 1890, p. 11-14, et pi. I et II.) 

89. Ruines romaines découvertes à Bourges, en 1883, 
chez M. Lacave, place Séraucourt, n» 5. (Mémoires de la 
Société des Antiquaires du Centre, XVII* vol., Bourges, 1890, 
p. 37-42. pi. et fig.) 

90. Les Âubels, près Sancerre. (Mémoires de la Société des 
Antiquaires du Centre, XV1I« vol., Bourges, 1890, p. 55-63, 
et pi.) 

91. Bulletin numismatique, n* 16. (Mémoires de la Société 
des Antiquaires du Centre, XVII* vol., Bourges, 1890, p. 
293-304, et pi. ; et tirage à part in-S», 12 pages.) 

92. Objets du dernier Âge du bronze et du premier âge 
du fer découverts en Berry. (Mémoires de la Société des 
Antiquaires du Centre, XVII« volume, Bourges, 1890, p. 305- 
316, et carte ; et tirage à part ïn-S'*, 12 pageF.) 

93. Caractères de Tarchitecture religieuse en Berry à 
Tépoque romane. (Bulletin archéologique du Comité des tra- 
vaux historiques et scientifiques, année 1890, p. 25-37, avec 
plans d'églises.) 

94. Découverte de stèles antiques à Bourges. (Bulletin 
archéologique du Comité des travaux historiques et scientû 
fiques, année 1891, p. 46-47. 

95. Découverte d'une sépulture mérovingienne à Bour- 



LX BIBLIOGRAPHIE DES ŒCVRES 

ges. (Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques 
et scientifiques f année i892, p. 220-222.) 

96. Rapport sur la situation financière et morale de la 
Société des Antiquaires du Centre, année 189i. {Mémoires 
de la Société des Antiquaires du Centre, XVIII* volume, 
Bourges, 1892, p. ix-xii.) 

97. Stèles romaines découvertes à Saint Aoustrille près 
Bourges, en 1890. {Mémoires de la Société des Antiquaires du 
Centre, XVIII» volume, Bourges, 1892, p. 39-49.) 

98. Sépulture mérovingienne du cimetière des Capucins. 
{Mémoires de la Société des Antiquaires du Centre, XVIIl* vo- 
lume, Bourges, 1892, p. 51-63, et pi. I et II.) 

99. Le château de Jussy, note. {Mémoires de la Société des 
Antiquaires du Centre, XVIII® volume, Bourges, 1892, p. 107- 
115.) 

100. Bulletin numismatique, n» 17. (Mémoires de la Société 
des Antiquaires du Centre, XVIII* volume, Bourges, 1892, 
p. 385-397, et pi. I et II ; et tirage à part in-8*, 13 pages.) 

101. Commission diocésaine d''examen des écoles libres, 
Rapport du président sur les opérations de l'année 1892. 
Œuvre des Écoles chrétiennes dans le diocèse de Bourges, — 
Réunion générale du 20 ;ant;*>r 1893, Bourges, 1893 p. 27- 
33.) 

102. Note sur une barque monoxyle découverte dans le 
Cher. {Bulletin archéologique du Comité des travaux histori- 
ques et scienti^ques, année 1893, p. 264-266; et tirage à part 
grand in-8', 3 pages.; 

103. Stèles et sculptures trouvées à Bourges. (Bulletin de 
la Société des Antiquaires de France, 1893, p. 132.) 

104. Rapport sur la situation financière et morale de la 
Société des Antiquaires du Centre, année 1892. {Mémoires 
de la Société des Antiquaires du Centre, XIX^ volume, Bourges, 
1893. p. iii-vi.) 

105. Rapport sur la situation financière et morale de la 
Société des Antiquaires du Centre, année 1893. {Mémoires 
de la Société des Antiquaires du Centre, XX® volume, Bourges, 
1895, p. iii-vii.) 



DE M. ALPHONSE BCUOT DE KERSERS LIvl 

106. Rapport sur la situalion financière et morale de la 
Société des Antiquaires du Centre, année 1894. (Mémoires 
de la Société des Antiquaires du Centre, XX* volume, Bourges, 
1895, p. ix-xiv.) 

107. Note sur les stèles découyertes à Bourges, boule- 
Tard de l'Arsenal, en janvier et février 1893. {Mémoires de 
la Société des Antiquaires du Centre, XX* volume, Bourges, 
1895. p. 17-22.) 

108. Observations sur un aqueduc romain découvert 
dans les travaux du chemin de fer de Bourges à Cosne, en 
1893. [Mémoires de la Société des Antiquaires du Centre, 
XX« volume, Bourges, 1895, p. 26-28.) 

109. Notes archéologiques. — Fragment de borne mil- 
iiaire. — Tombe carlovingienne près de Quantilly. — 
Tombes découvertes à Pleinpied en 1891. {Mémoires de la 
Société des Antiquaires du Centre, XX* volume, Bourges, 
1895, p. 29-37, et pi. I et II.) 

1 10. Bulletin numismatique, n"* 18. (Mémoires de la Société 
des Antiquaires du Centre, XX* volume, Bourges, 1895, 
p. 335-341, et pi. ; et tirage à part in-8o, 7 pages.) 

111. A propos des murs de Saintes. (Bulletin monumental, 
7e série, tome I*', LXI* volume, 1896, p. 441-447.) 

112. Rapport sur la situation financière et morale de la 
Société des Antiquaires du Centre, année 1895. (Mémoires 
de la Société des Antiquaires du Centre, XXI* volume, Bourges, 
1897, p. i-vi.) 

113. Rapport sur la situation financière et morale de la 
Société des Antiquaires du Centre, année 1896. (Mémoires 
de la Société des Antiquaires du Centre, XX1« volume, Bourges, 
1897, p. vii-xiii.) 

114. Fouilles à l'église de laCom(ale,i896.(SalIe du Lycée). 
[Mémoires de la Société des Antiquaires du Centre, XXI« vo- 
lume, Bourges, 1897, p. 49-64, et pi. I à III. 

115. Bulletin numismatique, n© 19. (Mémoires de la Sociétf^ 
des Antiquaires du Centre, XXI* volume, Bourges, 18!I7, 
p. 243-255, et pi. ; et tirage à part in-8o, 13 pages.) 

116. La numismatique moderne. (Revue numismatique, 



I 




Aà 



^ artes et 75 



~ une L — «..anon le Bonrne» liiiii i|ii i r ^3. TT5 pages^ 

T'ime IL — linioiis^ i£ jl bao^tle-^i' uieiilan. Oiare»> 
•oK. Ilian^t. > .iP^ iifi»» » !^m ^ lôAtomneof : Bourses, 

rime ' — .anioas la :.i.iï«^i*u le Oun-ie-Roi, tr*- 
-m" 1-1 «ioer^ne -i iearitjiemom Souraes. • Sîi^. 33^ pa- 

Time T — lantûns le .ar^, !«?▼«. Ljuèfes* Lory et 
•etmn. Boorzes. • v»- . :'^* lainsK i sirtes et "» planches. 

rome VI. — «.anLoos le ^t^roades. SaiJiL-\aiaxi(i-Mooi- 
•^«od. "îaint-lamn-i AjiiCT" et Sanirervue^ ; 
14#l pajTî*. * Mre^ ei >.: ?ianeaes. 



Bourges, 



i^ j'..er. Viiiiy et '-lerzoa , Bour-zes. i'?.».^ VS^ pa^es, 3 car- 
'^^ «t Ti planches. 

Tome vnL — CcqoIusioos. Bi^oire de Tarciiileeliire 
*B* îe ^ieparteoient i.i tlher Ai,i.uoas et rectificalioDS. 
«*Ue gBQéra^e de:j malieres; Bour«s. l^î^^. iOë pages. 



ŒNOCHOE EN BRONZE 

DU 

MUSÉE DE BOURGES 
Par M. DBS MÉLOIZES 



Une œnochoé à bec relevé, en bronze, dans un bel 
état de conservation, est entrée, il y a peu de temps, 
par acquisition, au musée de Bourges. On ne connaît 
pas le lieu précis de la découverte de ce vase ; mais il 
ne parait pas douteux qu'il a été trouvé «.'ans le dépar- 
tement du Cher, car le marchand qui Ta cédé au musée 
venait de Tacheter à des ouvriers de la campagne lors- 
qu'il me le montra encore empreint de terre et portant 
la marque, qui semblait toute récente, du coup de 
pioche qui l'avait fait sortir du sol. D'ailleurs, l'enquête 
que j'ai tenté de faire pour arriver à connaître les cir- 
constances de la découverte, s'est heurtée à la crainte 
manifeste qu'avaient les inventeurs, travaillant sur le 
terrain d'autrui, de se voir, s'ils fournissaient des ren- 
seignements, exposés à une poursuite en restitution. 

Dans une note intitulée : Objets du dernier âge du 
bronze et du premier âge du fer, la Société des Anti- 
quaires du Centre a publié en 1890 ' la liste des armes 

1. Mémoires de la Société des Antiquaires du Cen/re, XVII" v. 
1890, p. 305 à 316. 

i 



«1 flm. 1-1. nutA-î'^rT natif i* me prnveiuiace sem- 
AlflOttf aanni «iffi^antm efii icxuise pour 'lœ le ¥as« 
Uiip ^ff :n:maie iui«jiini'*iiii ii»i^t* arendrç iîai:« dias la 
feœ^rme -^rrie le --île -i=^t.' -it 5*ut rjinpte a L'avenir 
smSÊOÊR ine iija'vr:le *'3.i"e lu 'î'^^oiir les •Saoïots dans 
gBD# ^.tntT'^e!^ lu îîinir^. i /'a«>»nie rontemponine des 
jiv^aoo* l'Italie -^t le «jr^t^re. 




J* crob devoir joiodre à la reproduction de cet objet 
^if. I) one description delaiilee el le relevé de quel- 
qoet dimensions : 



EN BRONZE 3 

Haotear prise à lapartie dominante de l'anse^ m. 2?7 ; 

Haotear prise à rextrémilé du bec relevé, m. 273 ; 

Haotear de la panse, m. 187 ; 

Diamètre de la panse à sa partie la plus large (0 m. 155 
au-dessus da fond), Om. 142 ; 

Diamètre de la base, m. 097 ; 

Diamètre du col dans sa partie cylindrique, m. 067. 

Le col s'épanouit en une ouverture ovale dont le 
grand axe, perpendiculaire à Tanse, mesure m. 099, 
y compris la bordure, de m. 008 à m. 012 de largeur, 
qui l'entoure. Cette bordure, plane en dessus et ornée 
de trois rangs de perles séparés par une gorge entre 
deux filets, est rabattue sur son pourtour, qui forme 
une tranche de m . 0077 d'épaisseur, décorée d'oves. 

Le bec, relevé suivant un angle de 25 degrés, est long 
deO m. 075 et large de m. 041, bordure comprise. 
Aux deux angles de la bordure, à la naissance du bec, 




Fig. 2. 




sont deux lions assis, tournés vers l'intérieur du vase. 
(V. fig. 2.) 

L'anse, fixée par des rivets, s*appuie sur la panse par 
une palmette à neuf branches surmontée de deux paires 
de spirales en forme d'S horizontalement superposées. 



,^^t: deta spirales latérales obliques dont la volute 
^^peri^Qf^ se eoofaad avec L'enrouienieiit extérieur 
^^^ ^|tirales voiânes. La tige de Tanse est unie en des- 
^fïos H crcoaée ai dessus de trois ^r^es^ avec rangée 
de petites peries sur les arêtes extérieures. Elle se bi- 
fiin|ti« À angle droit en deux branches qui s'appliquent 
iur la bordure du gooiot, où duns. rivets les fixent. 
L iiûe de ces branches a ete brisée à la place du rivet 
tis^ û extrémité est perdue. L'autre se termine par la 
ftcare sommaire d^an animal couché, les pattes de de- 
vant allongées, la tète un peu relevée. 

Le fond du vase est replie en dessus pour s'unir à la 
fe**e en formant un léger bourrelet orné de perles. 

La décoration est complétée par une omemenlation 
pavée qui entoure le col : quatre traits horizontaux 








rig. ï- 

**»«s«nl entre eux on vide de m. 001, dont linlermé- 

***»»re est rempli de stries verticales. Au-dessous, de 

•^^^'U cercles, réunis par des arcs formés de deux traiU 

*' l^" ornant leur convexité vers le haut, sont espacés de 

^ '^' 014 et s'appuient sur un double trait horiionUl 

***•• »«rt de base, allernaUvemenl, à une sorte de gland 

•ccci»lé de deux'pendanU, et à une palmette de sepl 

•obe^ (yjjj^ gg 3). La hauteur de ce bandeau décoratif 

***• **e 3 centimètres. 



] 



EN BRONZE 5 

Celte ŒDochoé est beaucoap plus ornée que celle 
qu'on a trouvée dans un tumulus à Prunet, commune 
de Morthomiers (Cher), en 1880, et dont j'ai fourni la 
même année une description aux réunions de la Sor- 
bonne*. 

Elle se rapproche beaucoup, dans les détails de son 
ornementation, de l'œnochoé d'Eygenbilsen. 

1. Mém, de la Soc. des Ant du Centre^ IX« vol., 1881, p. 1 à 10. 



NOUVELLES DECOUVERTES 

AU 

CMETIËRE ROMAIN DU FIN-RENÂRD 
Par M. D. MATER 



L*iinportancedu cimetière romain du Fin-Renard s'est 
sans cesse affirmée depuis l'époque où l'ouverture du 
boulevard de r A rsenaP, révéla définitivement son exis- 
tence jusque-là à peine soupçonnée. Messieurs Alphonse 
de la Guère ', Vallois ', de Goy * et de Kersers • en 1882, 
de nouveau M. de Goy* et M. Ponroy ^ en 1884, M. Al- 
bert des Méloizes * en 1889 et enfin une seconde fois 
M. de Kersers ^ en 1895, ont fait connaître ici même, 



1. 1881. 

2. Mémoires de la Société des Antiquaires du Centref t. x : 
Sépultures antiques du boulevard de l'ArseDal à Bourges, obser- 
vations de M. Alphonse de la Guère. 

3. Ibidem : Observations de M. Valois. 

4. Ibidem : Observations de M. Pierre de Goy. 

3. Ibidem : Partie épigraphique par M. de Kersers. 

6. Ibidem, t. xi : Vases romains découverts au Fin-Renard. 

7. Ibidem, t. xi : Sépultures antiques du boulevard de TArse- 
nal. 

8. Ibidem, t. xiii : Notes archéologiques sur les fouilles faites 
à Bourges en 1884-85. 

9. Ibidem^ t. xx : Note sur les stèles découvertes à Bourges, 
boulevard de l'Arsenal, en janvier et février 1893. 



H NOUVELLES DÉCOUVERTE- 

Kl*nn Av ^AVAnts nii^moires, les fooilles dont ils 
f^if^ l^îi l(^moînj^ violants et les objets qu'ils aval 
ivouoilîir, IVpuU lors, la moisson archèoloj 
l'm H^naïvi nt' sr^l pas arrêtée, et, à mon loâf 
poH^ ^nr ool ancien cimetière d'Avaricu m, moo^ 
>i «nu d^ t'f'nsei^rnements ainsi que la df.^cnpli 
oiNllr»oh«Mi Ai\]fi nombreuse de pièces ini en pf 
nom 

iVx4>hîrht om î«r tronvrnlanjourd'hui pour la | 
,1, }>A>•<^v 1)11 WiTsor, \ sont entrés daj»? des coi 
ihf>tMVP^"»v îvMr i^nnlqnes-nns il y a certaines I 
<ni^vx >.o; .>n<>ouf cî le lien précis de leur Jéc 
H»»»<»v o»»<^ ivMi: U> aulres celte dcfuMe circc 
i^M Iv^v i^>\N n^vish»r» Tmit €e? div' rs motifs i 
T^>»s <>\ »,^'n*b»<' «V »,^ Ti^iini: en xrronprt^ lii^tiAdlvl 






^ 



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UV •fcATX 



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^ ir. 



_ ^^ .**. rv , 






Pl.l 






WN DU FIN-RENARD 9 

légèrement convexe, orne 
sa hauteur. 



210 roiil. 
1892. 



galbe légèrement convexe, 
e sa hauteur d'ornements en 
s, d'un cordon d'hippocam- 
grise recouverte d'un vernis 



224 mill. 
n« 50, 1896. 



ouge. 
320 mill. 
1892. 



L l'autre ; — Ipi rt' rny^f*. 
',,269 mill. 



\ti travâîUoDl duf^s au rrayou Ûâèïr 
|*B de Cioy» ijue nous n'iucnrlonri tic 



AU CIMETLÈBE ROMAIN DU Fllf-RENARD 9 

2. Calix, gobelet à galbe légèrement convexe, orné 
de stries sur les deux tiers de sa hauteur. 

PI. I, n« 3 ». 

Haut., 95 mill. — Cire, Î2i0 rail). 
Boulevard de VArsenal, 1892. 
Musée :/62(/., 644. 

3. — Calix, gobelet à galbe légèrement convexe, 
décoré sur les deux tiers de sa hauteur d*ornements en 
relief, de cercles d'arcatures, d'un cordon d'hippocam- 
pes et de fleurons; — terre grise recouverte d'un vernis 
plombifère jaunâtre. 

PI. I, n» 2. 

Haut., 90 mill. — Cire, 224 mill. 
Boulevard de TArsenal, n* 50, 1896. 
Musée : Ibid.y 1022. 

4. — Biberon en terre rouge. 
Haut., 66 mill. — Cire, 320 mill. 
Boulevard de TArsenal, 1892. 
Musée : /6irf., 645. 

5. — Guttus, bouteille piriforme à goulot étroit et 
anse qui manquent Tun et Tautre ; — terre rouge. 

Haut., 111 mill. — Cire, 269 mill. 
Rue des Chalets, 1896. 
Musée : /6wf.,1209. 



1. Les planches jointes à ce travail sont dues au crayon fidèle 
de notre collègue, M. Pierre de Goy, que nous remercions de 
son aimable concours. 



s«K hm enile si: ■«> ■ msnùsns : ciînawie daBs 



ILuCTIU 




— >':!•« .--Clan -ri -aj^ «i pierre, a ponii|;2^, froa- 
•a r*iiaj7i.aa:« :Jt icrjitf«* . eui^e ib centre da fron- 

r •::. ^ 3 

Hitit.» é8o»aC- — Lxrv:.. 3C reat. 
Mosee : / j-/ . 1 . l'i. 

^. — Ste.e eo Liern? i f-^jai.a tnajii«ulaire, ao centre 
i 'ij^l e>t !Îj:«jr\f nu oiseda pîci?rint à ^uche; daos le 
ï * t-'iu une Jrapfrîe. 

Eaat.« W ceot. — Ldrj:.. i9 ct?nt. 
Ek^alevari de .' Vrseaal. lî^W. 



AU CIMBTIÈBB ROMAIN DU FIM-RBIfABD il 

II 

En 1892, sur rinitiative d'un de dos collègues, pas- 
sionné chercheur, quelques fonds furent réunis pour 
faire des fouilles dans un terrain situé au point de ren- 
contre de la rue des Chalets et de la rue Pasteur, voies 
de nouvelle création, ouvertes à l'est du boulevard de 
TArsenal et dans son voisinage. 

Les recherches conduites et surveillées avec soin par 
plusieurs membres de la Société des Antiquaires, no 
donnèrent pas cependant tous les résultats que Ton en 
espérait ; les objets découverts furent ensuite partagés 
et dispersés sans avoir été jusqu'ici ni décrits, ni étu- 
diés par suite de douloureux événements dont personne, 
parmi nous, n*a perdu le souvenir ^Heureusement, par 
suite de Tabandon généreux que leurs propriétaires en 
ont fait depuis au Musée', la presque totalité de la col- 
lection s'est, de nouveau, trouvée reconstituée, ce qui 
permet de l'étudier ici. 

Les fouilles de 1892 ont produit 52 objets dont 5 en 
verre, 20 vases ou fragments de vases anépigraphes 
en terre, 15 vases ou fragments en terre avec marques 
de potier, et 12 médailles ou objets divers en bronze. 
Kn voici la description : 

1. La mort si subite de MM. Raymond de la Guère et de Rersers. 
qui avaient suivi les fouilles avec attention et recueilli des ren- 
seignements qui paraissent perdus. 

2, MM. Baxenerye. Antoine de Bengy-Puy vallée, Pierre Dubois 
de la Sabloniére. Paol Girard de Villesaison, Pierre de Goy, 
Albert et Henri de Grossouvre, yater, marquis des Méloizes. Pon- 
roy, Roger, Tarlier père, Toubeau de Maisonneuve et de Ver- 
neoil. 





lî SOCTELLES DÉCOCTBBTES 

9. — Grande orne en Terre de forme cylindrique à 
goalot, ATec anse plaie de 65 mill. de large. 

PI. I, n- 1. 

HaoL, 313 mill. — Cire, 1035 mill. 

Musée : Ibid., 918. — Don do marquis des Méloizes. 

10. — Urne en verre à panse arrondie, (incomplète). 
Haut., 100 mill. — Cire, 380 mill. 

Musée : Ibid., 9i2. — Don de M. Ponroy. 

11. — Ampoule en verre dont le goulot manque. 
Haut., 55 mill. — Cire., 100 mill. 

Musée: Ibid., 1011. — Don de M. Toubeau de Mai- 
sonneuve. 

12. — Fragment de verre formant une mosaïque de 
plaques rouges, bleues, jaunes, vertes et blanches 
alternées. 

Long., 41 mill. 

Musée :/6û/., 940. — DondeM.GirarddeVillesaison. 

13. — Fragment de vase en verre violacé, marbré de 
blanc avec bordure striée de blanc. 

Long., 56 mill. 

Musée : Ibid., 939. ^ Don de M. Girard de Villesai- 
son. 

14. — Flacon avec anse, représentant un animal 
couché de Tespèce des cervidés ; — terre blanche avec 
vernis plombifère verdâtre. 



AU CIMBTIÈRB BOMAIlf DU FIN-RENARD 13 

(Le catalogue du Musée de Moulins menlionne une 
pièce semblable découverte à Vichy, n» 604, p. 44.) 
PI. II, n«3. 

Haut., 104 mill. — Long., f>8 mill. 
Musée : Ibid.^ 927. — Don de M. Henri de Grossouvre. 

15. — Jouet d'enfant : animal fantastique tenant du 
chat; — terre blanche, (incomplet.) 

PI. II, nM. 

Haut., 105 mill. — Cire, 126 mill. 

Musée : /éirf., 930. — Don de M. Roger. 

16. — Vase en forme d'araphore à deux anses se ter- 
minant par un pied ; — terre grise revêtue d'une cou- 
verte plombifère verdâtre, (incomplète.) 

(Une pièce semblable a déjà été rencontrée en 1882, 
dans le même cimetière par M. Valois. (T. X., no 21). 
PI. n, n« 1. 

Haut., 130 mill. — Cire, 145 mill. 
Musée : /6m/., 9i2. — Don de M. de Goy. 

17. — Calix, gobelet à galbe légèrement convexe 
dans le bas et évasé dans le haut, décoré de stries sur 
les deux tiers de sa hauteur. 

PI. 1, nM. 

Haut., 94 mill. — Cire, 168 mill. 

Musée : /6irf., 998. — Don de M. Henri de Grossouvre. 

18. — Pot de forme évasée (Calathus), dontles parois 
extérieures sont décorées de stries sur toute la hauteur; 
— terre jaune. 



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H.r«~ •:!♦!. — Z« fi K V T.iL&eaa d« Mai- 



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^- ^ -^"'^ •? ^T'ica^î X ^' i .c Ejtcèjrà^ï, et à anse 
^-^^ :» a . i^ii:. ^ z..a il Barqa£> «ks Meioizes. 

'^*^- ^' ^' ^^1:^ ~ r.-.t Si mj^^^ des Mêloncs. 
■^ucLe A-ia ^i^r; 4 .JL précédente. 



î* - Fy>v 



i 



AU CIMETIÈRE ROMAIN DU FIN-RENARD io 

Haut., 132 mill. — Cire, 420 mill. 
Musée : /6irf., 925. — Don de M. Tarlier. 

io. — Biberon en terre rose, couverte blanche avec 
quelques traces de peinture rouge. 
Haut., 37 mill. — Cire, 330 mill. 
Musée : Ibid., 921. — Don du marquis des Méioizes. 

26. — Petite tasse dont les parois sont décorées de 
stries couvrant tout le bas; — terre rosée avec traces 
d'enduit rouge. 

Haut., 60 mill. — Cire, 260 mill. 
Musée : Ibid,^ 933. — Don de M. Girard de Villesai- 
son. 

27. — Olla, petite urne en terre rose, (incomplète.) 
Haut., 66 mill. — Cire, 90 mill. 

Musée : Ibid., 924.— Don de M. Ponroy. 

28. — Olla, petit vase en terre noire fine, (incom- 
plète). 

Haut., 90 mill. — Cire, 95 mill. 
Musée : Ibid,, 1009. — Don de M. Toubeau de Mai- 
sonneuve. 

29. — Petit bol (patella) à bords arrondis en terre 
rouge lustrée. 

Haut., 47 mill. —Cire, 235 mill. 

Musée : /éirf., 960. — Don de M. Antoine de Bengy. 

30. — Petite écuelle en terre rose avec couverte 
rouge, (incomplète). 



16 ioctuiks ^écocjtwtws 

HaaU 38 mill- — Cire.. 90 mill- 

Musée : /W-, 909. - Don de M. Baxcnerye. 

ai. — Ecoelle co Urrc rooge, i incomplèle) . 

HaoL. ai mill- — Cire, 80 mill. 

Mu5éc : fbid.. 914. — Doo de M. de Goy. 

32. — Petite écuelle eo terre rouge, fragmentée). 
Haut., 33 mill. — Cire., 75 mill. 

Musée : /6irf., 916. — Don de M. Mater. 

33. — Fond de vase en terre rouge lustrée ; înlé- 
rieurement Testampille 

AD 

Long., 45 mill. 

Musée: lôid., 1001. — Don de M. Albert de Gros- 
so uvre. 

34. — Tasse en terre rouge lustrée, à l'extérieur un 
bandeau de stries ; au fond Testampille 

ClANYS F ^?) 

Haut., 53 mill. — Cire, 371 mill. 
Musée : /ôid., 932. —Don de M. Girard de Villesai- 
son. 

35. — Petite écuelle à bords arrondis en terre rouge; 
au fond l'estampille deux fois répétée 

lOTHVU (VH liés) 



AU CIMETIÈRE ROMAIN DU FlN-RËNARO 17 

(Ce nom a déjà été trouvé à Primelles el à Aulun : 
Mém. Soc, Ant. duCentrCy T. II. — Harold de Fonlenay : 
Inscriptions céramiques gallo-romaines découvertes à 
Aulun : Mém. Soc.Eduenne^ nouv. série, T. III, 1874, 
n» 19G.) 

Haut., 42 mil!. — Diam., 80 mill. 

Musée : Ibid., 913. — Don de M. de Guy. 

36. — Fond de vase en terre rouge lustrée ; intérieu- 
rement l'estampille 

IVLI-F 

(Conf. de Fontenay, n» 509 : C. IVLI SVRI.) 
Long., 55 milU 

Musée: Ibid., 1002. — Don de M. Albert de Gros- 
souvre. 

37. — Petite écuelle en terre jaune; an fond l'estam- 
pille 

OFIVII peut-être OF IVLI 

(Schuermans : Sigles Figulins, 1872, n» 2781, Allier, 
Tudot). 
Haut., 36 mill. — Diam., 75 mill. 
Musée : Ibid,^ 917. — Don de M. Mater. 

38. — Fragment de bord de vase en terre rouge avec 
"estampille placée en dehors 

MATVRIX 






lac:., -v r.- - — j.AîTt - '^ in 



4li — j* 1 1 ijir 'ase^ ^r. ef^ '^ '-2? i-«r**— nirrrim- 




Seauermatr^. t "^^j*. r i Tins-: — re F; 
Utflii.. <«> nul. 



8 — F>na ie -ase en em; -'.ii:i!? . .meneun^menc 
Sa3aenian>. i-^ 3*>^.k r "i ?»iit mi l'iprH^ F.ilon . 



1 



AV CfVEnEtE MOIUIH DC FOI-IEIIAIB 19 

Musée: /M/., 1004. — Don de M. Albert de Gros- 
sooTre. 

42. — Fond de vase en terre rouge ; intérieurement 
restampUle en deux lignes 

SVA^II 
RVANVS 

Long. y 50 mil]. 

Musée : Ibid., 1003. — Don de M. Albert de Gros- 
sou vre. 

43. — Fond de vase en terre rouge lustrée ; intérieu- 
rement l'estampille 

TOCOSFII 

(Gonf. TOGO, rencontré par M. de Goy dans le même 
cimetière ; Mém.Soc. Antiq. T. Xî, p. 191.) 

Long., 55 mill. 

Musée : Ibid., 1005. —Don de M. Albert de Gros- 
souvre. 

44. — Petite tasse en terre rouge ; au fond Testam- 
pille 

VITLV 

Haut., 44 mill. — Diam., 80 mill. 
Musée : Ibid.^ 915. — Don de M. de Goy. 



30 90rVEIXES DÉCOUTEITBS 

tT — Petite tasse en terre rose avec cooTerte roage; 
ad fond uœ estampille indéchiffrable. 
mnt., 41 mill. — Diam., 83 mill. 
Mmé^ : Ihid., 910. — Don de M. Bazeaerye. 

15 — Petite écoelie en terre rooge lastrée ; à Texte- 
fXtAïf fciandeaode stries; ao fond une estampille indé- 

Ilaat^f 47 mill. ^ Diam., 114 mili. 

IMytéfi : Mû/., 908. — Don de M. Bazeaerje. 

17, ^^ Fond de vase en terre rooge lastrée; inté- 
rieur<<nnent one estampille indéchiffrable. 

Lcin|,,44 mill. 

Mii^ée: Ihid., 1007. — Don de M. Albert de Gros- 
iOUTre. 

4J4. ^Tintinnabolom, petite clochette en bronze avec 
mn buttant. 
PI. Jl.nog. 

UaiJl . itimill. — Diam., 22 mill. 
UuM^e : Ibid., 926. — Don de M. Tarlier. 

4tl -- Monnaies romaines, sept moyens bronzes : 

S tJc la colonie de Nimes: 
^ «Je Tibère (autel de Lyon) ; 
' ^« Voîipasien ; 
^ ^««' Trnjftn. 
WiiMs. : /Aie/ ,iu|.— Don de M.Girard de Villesaison. 



AU CIM£TIÈRB ROMAIN DU FIM-RK19ARD 21 

50. — Quatre anneaux en bronze de dimensions 
variées : 

A. Anneau de 42 mill. de diamèlre 

B. » 30 i> 

C. > 36 » 

D. > 23 » 

Musée : /frt(i.,941. ^ Don de M. Girard de Yillesai- 
son. 



III 



Depuis longtemps, M. Pbilosa, un de nos compa- 
triotes, rencontrait des objets antiques chaque fois qu*il 
remuait le sol d*un terrain lui appartenant rue de Dun- 
sur-Auron. Ces découvertes continuelles l'engagèrent à 
profiter de la saison d'hiver pour procéder avec ses 
deux fils à l'exploration méthodique de sa propriété ; 
en même temps son patriotisme berrichon lui suggéra, 
ainsi qu'à ses enfants, l'excellente pensée de réserver 
pour le Musée de sa ville natale, tout ce qui serait 
trouvé dans les fouilles. Ils se mirent à l'œuvre à par- 
tir de 1895, et à l'heure présente le Musée possède le 
produit de leurs récoltes archéologiques des hivers 
1895-96, 1896-97 et 4897-98, formant déjà une collec- 
tion d'une certaine importance puisqu'elle atteint le 
chiffre de cent dix pièces. 

En même temps qu'ils mettaient au jour, dans un 
sol profondéVncnt bouleversé, de nombreux spécimens 
du mobilier funéraire des cimetières romains, MM. Phi- 
losa faisaient une série de constatations archéologiques 



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Al' ClM&TlÈfte BOMAIIV DC F1N-RE5AED 23 

^En eflet, aa point A commençait une forte muraille, 
construite en grosses pierres et avec soin, se dirigeant 
▼ers le Nord -Ouest ; elle a été reconnue sur une tren- 
taine de mètres de longueur jusqu'au point B, à la li- 
mite de la propriété Philosa. 

An point A, et à angle droit avec la précédente, on 
trouva une seconde muraille A C, de 6 mètres de lon- 
gueur, orientée vers le Nord-Est. Du point C, un troi- 
sième mur sensiblement parallèle au mur AB, se 
dirigeait comme lui vers le Nord-Ouest. On Ta suivi sur 
8 mètres de longueur, jusqu'au point D où il pénétrait 
sur les propriétés voisines. [^ largeur des murs AC et 
CD n'était que de 50 centimètres ; ils étaient régulière- 
ment construits en petit appareil. 

Le quatrième mur découvert n'appartenait plus au 
bâtiment BACD ; il s'en détachait au milieu du petit 
côté AC, pour se prolonger dans la direction du Sud- 
Est, où l'on a suivi ses traces pendant une trentaine de 
mètres environ. Ce mur, qui porte sur le plan les lettres 
EF, avait 60 centimètres de largeur, et était construit 
d'une façon très défectueuse. 

Parallèlement, et au Nord-Est de ce mur, on a ren- 
contré trois lignes successives de fossés ou de tranchées, 
espacées inégalement entre elles et ayant deux mètres 
de profondeur et autant de largeur. Entre le premier 
et le second fossé on trouva une excavation rectangu- 
laire profonde de trois mètres qui était remplie de 
charbons et de cendres (au point G du plan). 

C'est principalement autour de ces fossés que les dé- 
couvertes funéraires ont été faites. La terre était litté- 
ralement mélangée de débris de poterie et de verre, les 



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on a coDS- 
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AU CIMETIKRB ROMAIN DU FIN-RBNARD 25 

bons*, un Ustrinum, bien qu'à vrai dire son installation 
paraisse un peu rudimentaire pour l'annexe indispen- 
sable du cimetière d'une métropole romaine. Quant 
aux trois tranchées parallèles, aucune hypothèse ne 
semble pouvoir être proposée, aucune explication tentée 
et le problème archéologique reste absolument entier 
et insoluble. 

Tels sont les renseignements qu'il a été possible de 
recueillir de la bouche des propriétaires du terrain. 
Malgré les lacunes et les incertitudes que laisse subsis- 
ter l'inexpérience archéologique des laborieux explo- 
rateurs, on entrevoit l'existence de faits intéressants. 
Si dès le début on avait relevé avec un zèle pareil 
toutes les indications fournies par les nombreux tra- 
vaux de voierie et de construction, poursuivis depuis 
une trentaine d'années sur l'emplacement de l'ancien 
cimetière romain, on aurait sur sa topographie géné- 
rale, ses dispositions et son histoire, des données qui 
seraient d'un puissant secours pour résoudre des pro- 
blèmes particuliers, comme celui qui se présente dans 
la circonstance. 

Quoi qu'il en soit, ce que l'on constate, c'est que les 
constructions dont on a retrouvé les vesliges, avaient 
été élevées à la limite même du cimetière du côté du 
Sud-Ouest. Dès lors étaient-elles une dépendance du 
cbamp funéraire ou bien, malgré leur étroite proximité, 
'ui étaient elles absolument étrangères ? Ici il serait 

i. Messieurs Philosa m'ont afCrmé avoir trouvé au uiilicu des 
cendres des morceaux de bois et de pommes de pin non entiè- 
rement consumés. 



téméraire de proposer ancooe eondasoa, nalgre Lei» 
▼raisembiaaces t|iii re^aitent peui-éirc da Toêmaçt 
tiBfttfttiîat i«» âepnl tares et des coostmctioiis. 

51. — Urne en verre de forme oiroide, avec sse iar^ 
oaverture a rebord de 83 mill. de diamètre. 
Haut, 13^ mill. — Cire.. 445 miil. 
Fouilles Iâ&7-»8. 
Musée :Inv, B, lld± 

5:?. — Uroe en verre à panse evasee. 
Haut, 130 mill. - Cire, 4»» miil. 
Fouilles 1895-96. 
Musée: /du/., 901. 

53. — Urne en Terre à panse évasée dont l'onvertore 
a Ti miil. de diamètre. 

Haut-, !12 mill. — arc.. 490 miU. 
Fouilles !8^ 97. 
Musée : Ibid.. tO.>i. 

54. — Urne en verre de forme t^voide coupée en deax 
au milieu par uo etran;;lement circulaire. 

Pi. IL n« i. 

Haut., 100 mill- —arc, 230 mill. 

Fouilles 1886-97. 

Musée : Ibid.^ 1053. 

53. — Urne en serre a large panse, de forme évasée. 



AU CIMETIÈRE ROMAIN DU FIN-RENAHD 27 

ouverture à rebord donl )e diamèlre est de 70 mill. 
(Incomplèle.) 

(Celte forme d*urne a déjà été rencontrée plusieurs 
fois au cimetière du Fin-Renard : Voyez Sépultures 
antiques du boulevard de TArsenal par M. Alphonse 
de la Guère, pi. II, n® 6. Mém. Soc. Anliq, du Centre^ 
T. X.) 

Haut., 128 mill. — Cire, 520 mill. 

Fouilles 1897-98. 

Musée: /6ic/.,ii60. 

56. — Petite urne en verre à panse évasée ; ouverture 
à rebord ayant 55 mill. de diamètre. (Incomplète.) 

Haut., 95 mill. — Cire, 330 mill. 
Fouilles 1897-98. 
Musée: Ibid., 1161. 

57. — Petit vase en verre à six pans concaves, décore 
de lignes bleues transversales. (Très incomplet et tout 
brisé.) 

Haut., 60 mill. 
Fouilles 1897-98. 
Musée: Ibid., 4163. 

58. — Ampoule en verre bleu, déformée par le feu et 
dont le col manque. 
Haut., 25 mill. — Cire, 110 mill. 
Fouilles 1896-97. 
Musée :76irf., 1054. 

59. — Grosse perle de collier de forme annulaire, 
en verre bleu tordu avec les filets multicolores. 



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AU CIMETIÈRE ROMAIN DU FIN-RENARD 29 

Fouilles 1896-97. 
Musée :y^û/.,i055. 

63. — Flacon analogue au n* 14, représentant un 
cerf accroupi, l'anse manque. — Terre blanche, vernis 
plombifère verdàtre. 

Haut., 73 mill. — Long., 86 mil). 
Fouilles 1896-97. 
Musée: Ibid., 1067. 

64. — Oiseau en terre blanche, (incomplet.) 
Haut., 51 mill. 

Fouilles 4897-98. 
Musée : Ibid., 1181. 

65. — Partie antérieure d'une tête d'enfant à cheveux 
bouclés, en terre blanche, portant les traces d'une cou- 
verte rou^e. 

PI. II, n* 5. 
Haut., 61 mill. 
Fouilles 1896-97. 
Musée: yAûf.,1084. 

VASES ANÉPIGRAPQES EN TERRE 

66. — Urne en terre noire, décorée de trois rangs de 
stries, (incomplète). 

Haut., 148 mill. — Cire, 390 mill. 
Fouilles 1897-98. 
Musée: lbid.,\\^. 



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ifc iia:Bèure, Jn- 



e:?— ir^nijks de sable; 



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.^^ C- •■*• fiiMW^ï^ : — t^rre jaune. 



AU CIMETIÈBE AOMAIN DU FIN-RENARD 3i 

7^. — Pelite olla à panse évasée dont la parlie infé- 
rieure se lermine en forme de pied, ouverture à rebord 
de 31 mill. de diamètre ; — terre noire. 

Haut., 78 mill. — Cire, 229 mill. 

Fouilles 1896-97. 

Musée: /6iW., 1058. 

73. — Petite olla de forme évasée et allongée, ou- 
verture à rebord de 37 mill. de diamètre; — terre jaune 
fine avec couverte rouge. 

Haut., 73 mill. — Cire, 210 mill. 
Fouilles 1896-97. 
Musée: /6îrf.,1056. 

74. — Gultus, bouteille à long col et à anse (laquelle 
manque) ; — terre jaune avec traces de couverte blanche. 

Haut., 149 mill. — Cire, 230 mill. 
Fouilles 1897-98. 
Musée:/6id.,4i74. 

73. — Guttus, ou bouteille piriforme à anse et à gou- 
lot étroit en terre rosée recouverte d'un enduit blanc. 
Haut., 134 mill. — Cire, 233 mill. 
Fouilles 1895-96. 
Musée : /éirf., 969. 

76. — Petit guttu8,bouteille à anse et goulot étroit de 
moindre dimension; — terre rose avec un enduit blanc. 
Haut., 113 mill. — Cire, 228 mill. 
Fouilles 1895-96. 
Musée: 76trf., 970. 









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AD CIMETIÈRE ROMAIN DU FIN-RENARD 33 | 

laut., i02 mil. — Diam., 198 mill. 
ouillea 1896-97. 
^lusée: /6iV/., 1061. 

S3. — Tripus, plat à trois pieds en terre rose avec 
ices d*enduil cuivré ; ~ poterie commune. 
Haut., 72 mil). — Diam., 163 mill. 
Fouilles 1895-96. 
Musée : Ibid., 972. 

34. — Tripus, plat à trois pieds, terre jaune, fabrica- 
on grossière. ^ 

Haut., 50 mill. — Diam., 158 mill. 
Fouilles 1895-96. 
Musée: /6i{/.,973. 

85. — Tripus, plat à trois pieds en terre rouge, (un 
)ied manque). 

Haut., 50 mill. — Diam., 132 mill. 
Fouilles, 1896-97. 
Musée: /6irf., 1060. 

86. — Trois fragments de tripus, en terre jaune, re- 
couverts d'un enduit cuivré. 

Fouilles 1895-96. 
Musée : Ibid., 990. 

•87. — Patera à pied, en terre grise d*un grain 1res fln. 
Haut., 34 mill. — Diam., 192 mill. 
Fouilles 1896 97. 
Musée :/6irf., 1064. 

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AU CIMETIÈRE BOMAm DU FIN-BEIIARD o5 

Fouilles 1895-96. 
Musée, Ihid.^ 975. 

94.— Biberon en terre jaune, (incomplet). Cet usten- 
sile, rencontré à diflerentes reprises dans les fouilles du 
cimetière du Fin-Renard, accompagnait sans doute des 
sépultures de petits enfants. [Mém. de la Soc, des Ant, 
du Cent,, T, XI, PI. 11-3). 

Haut., 50 mill. — Cire, 311 mill. 

Fouilles 1897-98. 

Musée: Ibid,, 1171. 

95. — Boule creuse de forme aplatie, percée d'un 
trou et renfermant un corps dur résonnant comme un 
grelot, jouet d'enfant en terre rouge avec couverte 
blanche. 

Haut., 45 mill. — Cire, 230 mill. 
Musée : Ibid., 1066. 

FRAGMENTS DE TASE EN TERRE 
AVEC ESTAMPILLES ANÉPIGRAPOES VARIÉES 

96. — Fond de vase en terre jaune, estampillé d'une 
rosace à cinq pétales. 

Long., 69 mill. 
Fouilles 1895-96. 
Musée: /6m/., 989. 

97. — Fragment de vase en terre rouge lustrée, es- 
tampillé d'une rosace à sept pétales. 

Long., 85 mill. 









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AU CIMETIERE EOMAIN DO PIN-BENARD 37 

lustrée, portantdes Bguralions d'hommes ou d'animaux 
en relief. 

A. — Animaux sauvages : un éléphant et un oi- 
seau de proie. 

B. — Combats de gladiateurs et d*animaux. 

C. — - Animaux marins : dauphin. 

Long., 70 mill. 
FoûUles 1897-98. 
Musée : Ibid., 1196. 

103. — Trois fragments de vases décorés de rangs 
de stries : 

A. — Terre brune : 1 rang de stries. 

B. — Id. 2 id. 

C. — Terre rouge : 6 id. 

Fouilles 1895-96. 
Musée: /bûf., 992. 

104. — Fragment de vase décoré de deux bandes 
de stries et d'olives en relief, terre rouge avec enduit 
brun. 

Long., 78 mill. 
Fouilles i 895-96. 
Musée: Ihid., 993. 

105. — Fragmen t de poterie rouge lustrée avec le 
rebord décoré de feuilles d*eau . 



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AU CIMETIÈRE ROMAIN DU FIN-RENARD 39 

110. — Fragment de vase en terre rouge recouverte 
d'un enduit vert, décoré de trois rangs de perles 
blanches. 

Long., 56 mill. 
Foidlles 1895-96. 
Musée ilbid.y^Qi. 

VASES ÉPIGRAPHIQUES EN TBRRK 

111. — Fragment de vase en terre rose grossière; 
extérieurement, sous le rebord, Teslampilie 

ABIA 

(Scbuermans, n^ 18, ABIANI.) 
Long. 50 mil). 
Fouilles 1897-98. 
Musée : Ibid., 1182. 

Ili. — Pond de grand vase àombilic,en terre rouge 
lustrée ; intérieurement l'estampille 

ACVRIO F 

(Scbuermans^ n^ 50.) 
Long., 125 mill. 
Fouilles, 1896-97. 
Musée : /6irf., 1080. 

113. — Fond de vase en terre rouge lustrée ; inté- 
rieurement Testampille 









ri4» — * -sL le 'air fa enr^ 



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I- 1114. 







DKTF^ :ine^ 




' mil. 



-^ f^siU I WTts ir^muîs m .er^ 



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AC ClMEniU BOMAIN DC FUI-REIURD 41 

trée, avee on bandeaa extérieur de stries ; intérieure- 
■neot FestampOIe 

AYIII peut-être AVILI 

fSchoermaiis, n* 674.) 

Haut, 31 mUI. — Diam., 81 miil. 

Fooaies 1897-98. 

Musée :7ft«f.J 167. 

117. ~ Fond de vase en terre rouge lustrée ; inté- 
rieurement l'estampille 

AVITVS 

(Sehuermans, n* 689. Allier, Bavay, Londres.) 
Long., 68 mill. 
FouiUes 1896-97. 
Musée : Ihid., 1072. 

118. — Patina à bords évasés en terre rouge lustrée ; 
intérieurement l'estampille 

AVNIM (?) 

(Sehuermans, no 697. Amiens.) 
Haut., 63 mill. — Diam., 140. 
FouUles 1897-98. 
Musée : /Aid., 1165. 

119. — Fond de vase en terre rouge lustrée; inlé- 
rieurement Testampille 



MUINICIi: 




fac- — DeFo»- 



iintrifar'ffBffiii: "gaHimiiltt 



Iflslrée; 



£* iKt — >C Qfi^ Vt* i.iiifs m sunift.»f^ «a IfBi le nom 

pi- !i. x:« i: 

r«ïi..rf* làSl»-» et IIÊi&-97. 
Mittée:/î.i..«îrtl(ï77. 

!!■ . — Patène à pîfxl eo terre rooee lustrée ; intê- 
ncaremeot FeslaiDDlile 



CAMYLO. AMliés; 

ï'»"l. , 34 mill. — Diam., 168 mill. 
F^iuilles 1g96-97. 
Htisée : /6û/., 1063 



AU CIMETIÈRE ROMAIN DU Fllf-RENARD 43 

132. ^ Trois fonds de vase en lerre rouge luslrée 
et terre rose avec enduit rouge ; intérieurement Testam- 
pille 

CARVSSA.F 

(Schuermans, n'^lliQ.) 
Long., 80, liOet 130 mill. 
FouUles 1895-96, 1896-97, 1897-98. 
Musée : Ibid., 987, 1170 et 1185. 

123. — Fond de vase en terre rouge luslrée ; inlé- 
rieurement l'estampille 

F.E.L.I.X.F(rF initial et TE rétrogrades.) 

(Schuermans, no2203, Londres, Douay, Bavay, etc., 
et de Fonlenay, no 169.) 
Long., 75 mill. 
Fouilles 1896-97. 
Musée : /*û/., 1076. 

124. — Fond de vase en terre rouge lustrée ; inté- 
rieurement Testampille 

IVLLINI F 

(Schuermans, n» 2819, Londres). 
Long., 47 mill. 
Fouilles 1896-97. 
Musée: /6ia., 1074. 




si«c nn bec 
HpoiUBl Tes- 






Kl ^îÉkîn. 



136- — Fo*i dif ¥»se cm terre rovgr Ivstrée ; inté- 



MACRKVS 

(Sdiaermaifts* n* 3l€â, BaTar, D(Mni« Ijoodres. 'etc., 
ttie Footeoay, n» lliiU.) 
LMf . 43 miU. 
Fcttilles I89&«. 

« 
Ifl- — Food de vase en terre roag^ loslrêe; inténeu- 
r^iiK^l Testampille 

MASTICENl 



Long., 55 mil I. 
rauille» 1897-98. 
MiJ*ée : /6W.,li87. 



» 



AU CIMBTIÈRB ROMAIN DU nN-RENARD 45 

lis. — Fond de vase en terre rouge lustrée ; inté- 
rieurement Testampille 

MAS... 

L.ong.,80 mill. 
Fouilles 1897-98. 
Musée : Ibid., 1186. 

129. — Fond de patère en terre rouge lustrée ; inté- 
rieurement restampille 

MATEAVNI (AVN liés) 

PI. II, no 11. 
Long., 166 mill. 
Fouilles 1897-98. 
Musée, Ibid., 1188. 

130. — Fond de vase en terre rouge lustrée ; intér 
rieurement l'estampille 

MOSSI.M 

(Schuermans, n» 3712.) 
Long., 53 mill. 
Fouilles de 1895-96. 
Musée: /^.,981. 

131. — Deux fonds de vase en terre rouge lustrée ; 
. intérieurement Teslampille de grandeur différente 



^ 



\%1. — PfttftIIft en larre rou^c lualrée ; iûlérieare- 
rn^ril IVulAmpille 

ODVSINI 

lliuil., ai mlll. — Diam., 74 milL 
Pouillcii 1890-07. 
Mu«oo: //iW., 1000. 

\X\. — l»«lère en lerre rouge luslrée; inlérieureincnl 
IV^lttinpillo 

ONTICOR 

lUul.» a5 luilL — Diam., 170 milK 

litV ^ Kv>iivl vIo Ytt:?e ^fo terre ^rtse : inttirieureiiifiiit 



ORVI 



t*^»^-.« ttiiii. 



ttiL! 



AU CIMETIÈRE ROMAIN DU Fllf-RBNARD 47 

Fouilles 1897-98. 
Musée : Ibid,, 1489. 

435. — Fond de palère à ombilic, en terre rouge 
luslrée ; intérieurement Testampille 

PlUMANI 

(Schuermans, n*^ 4423, Calvados, Douai, etc.) 
Long., 145 mill. 
Fouilles de 4895-96. 
Musée : /6i*rf.,979. 

436. — Fond de patère en terre rouge lustrée ; inté- 
rieurement Testampille 

OVARTIO 

(Schuermans, n** 4566, Arrezo, et de Fontenay, 
n«« 332 et 333.) 
Long., 455 mill. 
Fouilles 1897-98. 
Musée : /6irf., 4490. 

437. — Fond de patère en terre rouge lustrée ; inté- 
rieurement Testampille 



OVARTI 



(V. le n» précédent.) 
Long., 414 mill. 
Fouilles 4896-97. 
Musée : /6m/., 4074. 



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AU CIMETIÈRE BOMAIlf DU HN -RENARD 49 

141. — Fond de palère en terre rouge lustrée ; inté- 
rieurement Testampille 

SANTIANIM (xVNTliésj 

(Schuermans, n*» 4919, Orléans, j 
Long., i05 mill. 
Fouilles 1897-98. 
Musée : /A/rf.,1191. 

142. — Fond de vase en terre rouge lustrée ; inté- 
rieurement Testampille 

SEV 



(De Fontenay, n«» 370-373.) 
Long., 60miil. 
Fouilles 1896-97. 
Musée: Ibid., 1078. 

^^^- — Patella en terre rouge lustrée avec un ban- 
deau extérieur de stries ; intérieurement Testampille 

TOOO 



e 



(Le sigle TOGO avec le G non rétrograde a déjà et 
signalé par xM. de Goy qui en a rencontré quatre exem^ 
plaires : Mèm. Soc. AnL Cent., t. XL) 

Haut., 34 mill. - Diam, 80 mill. 

Fouilles 1896-97. 

Musée : làid., 1068. 

4 



50 KOUTELLES DÉCOCTEITES 

144. — Food de vase eo terre rooge lustrée ; iate- 
riearement FestJUDpille 

VENERAND 

^Schoermans, o*5df 4, Poitiers, Londres.] 
Loog., 106 mill. 
FoaUles ia9&-96. 
Mosée : Ibid., 985. 

145. — Food de vase à ombilic, eo lerre rooge lus- 
trée ; intérienremeot l'estampille 

VIIMIRMIIDI.M 




(Déjà reoconirée eo 48i)5-96 sous la forme VENE- 
RAND : Voy. le o» précédeot.^ 
Loog., 123 mill. 
Fouilles 1896-97. 
Mu^ti^ /' if B. 1083. 

H6* — l*4lèr(? a jiied en lerre rouge lustrée ; intêrieu- 

MAMOS-F 
paiL ~ Diam., 173 mill. 

.. 1062. 



AU CIVLTIÈBB BOVAIIf DU FlN-BElfABD Si 

147. — Fond de vase en lerre rouge lustrée, intérieu- 
rement Teslampille 



.SIM 



Long., 61 mill. 
Fouilles 1895-96. 
Musée : Ibid,, 986. 



LAMPES EN TBBRE 

148. — Lampe à bec peu saillant, ornée de 3 boutons 
en terre rouge lustrée ; dessous Testampille en relief 

ËGIDI 

PI, 1, n»6et6 bis. 

Haut., 22 mill. - Long., 70 mill. 

Fouilles 1895-96. 

Musée : Ibid.,91Q. 

149. — Lampe en terre grise avec couverte rouge 
portant en relief sur le dessus de la lampe Tinfcription 
rétrograde 

PAIX 

PI. I, n<» 5. 

Haut., 20 mill. — Long., 67 mill. 

Fouilles 1895-96. 

Musée : /bid , 902. 



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Î4ii-^, -- =:i_. — ^. ^ m . 



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J 



AC aSETlÈBE B01UI5 DC FIR-IIEIIAID 53 

154. — Fibale eo brooze ornée de filets guillochés. 
LoDg., 41 mill. 

FooiUes 1896*97. 
Musée : Ibid., 1065. 

155. — Deux anneaux de bronze, soudés par l'oxyde. 

A. — DIam. 39 mill. 

B. — /(/., 28 miU. 
Fouilles 1897-98. 

«usée : Ibid., 1201 el 1202. 

156. — Monnaies de bronze : 

1 Potin gaulois. 

1 Auguste (autel de Lyon), moyen bronze. 

i Colonie de Nîmes » 

1 Vespasien » 

1 Tetricus, petit bronze. 

Fouilles 1896-97. 
Musée : Ilnd.^ 1086. 

157. — Clou en fer à large léle. 
Long., 65 mill. 

Fouilles 1897-98. 
Musée : Ibid., 1203. 

158. — Morceau d os long de 61 mill. et large de 
14 mill., percé de deux trous el orné de stries trans- 
versales. 

Fouilles 1897-98. 



•ST— *•: 







. ^ efi*. — — r^, ^ •r*. 







i^yn 






AU COfETIBae ROMAIN DU FIN-RENARD 55 

Haut., 7â cent — Long., 96 cent. 
Foailles 1897-98. 
Musée : llnd., 1908. 

182. — Stèle en pierre à fronton triangulaire et à 
arcade sartmissée ; au centre du fronton un mascaron ; 
de chaque côté de l'arcade deux triangles ; dans le 
tableau l'inscription 

DIS MAN 
L GRAECVS 

PI. III, n* 3. 

Haut., 63. cent. -^ Larg., 27 cent. 

Fouilles 4896-97. 

Musée : Ibid., 1050. 

163. — Base de stèle : boite funéraire en pierre, per- 
cée d'une cavité, avec les ferrements scellés qui fixaient 
la stèle. 

Haut., 16 mill. — Larg., 37 mil). 

Fouilles 1896-97. 

Musée :/6t(/., 1051. 

161. — Corps d'une petite statue en pierre représen- 
tant une femme assise. 
PI. III, n* 7. 
Haut., 200 mill. 
Fouilles 1896-97. 
Musée : Ibid., 1087. 




4 



AU CIMETIÈRE ROMAIN DU FIN-RENARD 57 

de Claude (41-54), quatre monnaies de Néron (54-58), 
et un denier d'argent de Titus (79-81). En 1893 on a 
recueilli deux bronzes de Ntmes, deux de Tibère (14-37), 
un de Vespasien (69-"î9) et deux de Trajan (98-in). 
Enfin chez M. Philosa on a trouvé un potin gaulois, 
des bronzes de Nimes, d'Auguste, de Vespasien et un 
petit bronze de Tetricus (268-274). 

En résumé, toutes les monnaies, sauf celles de Te- 
tricus, appartiennent au premier siècle de l'empire 
romain. En admettant qu'elles aient circulé pendant 
un siècle environ, et leur état de conservation ne 
trahit pas une plus longue circulation, il en résulte- 
rait que l'on s'est servi de la partie du cimetière qui est 
au Sud-Ouest et à proximité de la grande voie de 
Lyon, pendant les deux premiers siècle3 dé la domina- 
tion romaine. Il faut toutefois se hâter d'ajouter que 
pour le moment cette indication ne saurait avoir qu'un 
caractère essentiellement hypothétique et qu'elle aurait 
besoin d'être confirmée par des découvertes ultérieures. 



I 



DEUX INSCRIPTIONS ROMAINES 

TROUVÉES A B0UR6BS 

Par Ch. DE LAUOARDIÈRB 



La journée du 26 juillet 1898 a été marquée par la 
découverte, à Bourges, de deux inscriptiqns romaines, 
dans deux chantiers de construction différents. 

Dans les fouilles exécutées, au n<* 16 de la rue du 
Commerce, en vue de la réédification de la maison de 
M. Duteil, pharmacien, les terrassiers qui travaillaient 
à l'extrémité de remplacement et non loin du coude en 
retour de Timpasse du Chat, arrivés à 2 m. 80 environ 
de profondeur, rencontrèrent sur un dallage antique 
un amoncellement de pierrailles calcinées, mélangées 
de gros morceaux de charbons et de longs clous en fer, 
indiquant la chute de la toiture incendiée d'un impor- 
tant édifice. Un pilastre, engagé dans la paroi droite 
de l'excavation, et auquel aboutissait Textrémité d'un 
mur romain en petit appareil avec chaîne de briques, 
offrait sur toute sa surface, largement érodée, les traces 
évidentes de l'action d'un feu intense. 

M. Rollin, conducteur des travaux de la ville, étant 
irenu, remarqua des apparences de lettres sur Tun 

i débris que remuaient la pioche et la pelle des ou- 
' il le fit soigneusement mettre à Técart, et recom- 



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IL *^ iSr 



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7«s.(j»..,. -.SS' : ."Ta- »•!! lOii- 

î- 1^ .-«a?ï^ ^ j.c'r l'Vij. Ckfss- 



'»-»> *i 




TROUTÉES A BOURGES 6i 

mais cependant jamais douteuses, qui composent les 
six lignes conservées de l'inscription . Ces lettres, gravées 
profondément en biseau, avec une remarquable sûreté 
de raain et une rare habileté, sont renfermées entre 
deux légers traits horizontaux à peine apparents. Elles 
ont 75 millimètres de hauteur, sauf V\ de la troisième 
ligne qui n'en a que 28. La forme ai^ymétrique du Y, dont 
Tune des branches est plus courte que l'autre, doit être 
remarquée à la première et à la quatrième ligne. L*autre 
y indiqué à cette même première ligne par quelques 
traces, et celui dont on voit à peiiie le commencement 
à la seconde ligne, devaient, l'un et Tautre, aflfecter 
cette même forme; il n'y faut chercher aucune signifl- 
cation prosodique, mais bien reconnaître le résultat 
d'une obligation imposée au lapicide par le peu d'espace 
dont il disposait. Un Y identique, non signalé jusqu'à 
présent, si je ne me trompe, se voyait déjà dans une 
inscription exhumée à Bourges, celle de Cavia Quieta, 
où le même défaut d'espace avait forcé de l'employer 
dans CYB, abréviation du surnom des Bituriges Cubi ^ 
Le P et le R de la quatrième ligne sont liés. 
A la sixième ligne, R flnaj est accosté de points trian- 
gulaires. Il pouvait en être de même du T à rétablir 
à cette ligne. 



1. Cette particularité, non reproduite dans la planche insérée 
entre les pages 434 et 135 du IV® volume des Mémoires de la 
Société des Antiquaires du Centre, est très reconnaissable dans 
la reproductiou phototypique donnée par M de Kersers dans 
son Histoire et Statistique monumentale du département du 
Cher, tome II, pi. vti. Chacun peut au surplus en constater 
l'existence sur la pierre même, conservée au Musée Lapidaire 
de l'Hôtel Lallemant. 




43 »rt 

îvmi-rr .^ pe«i i-i^t -re i'sae €wm «rtame : 

APTD ST 

os: rTsc 

Il FILIVS 
PH5CT5 
V I R I 
NA T <J- R. 



L«4 einct^res brise* H< la partie sopérieare de Tin- 
^ripli*^ é*^tÈi incooteslablemenl la fin da mol BOSO- 
RIBV5, ïtqQti deTaîl élre précédé, probablement eo 
MtÈtt-rr. 4e raolre mot OMXIBVS, coropléroeot de la 
fermai?? lÈén connae : awmiha k^monUa apud suo% 
fum^tm, fitacée ici d"aoe manière insolite, entre \egea- 
Ullce do dt licant et sa filiation pois son samoni. 11 est 
f mseoiblabte qoe ces deux mots n'occupaient qaedeax 
lt^e«. 

Pf iii-éli^ nVsl-il pas défenda d aller plus loin ûans 
Ja r«ieoe#liLiition de la partie qui manque au dêbol de 
ce telle vpî|;rapbiqup, si fâcheusement mulilé. 

Oq se ^ttvient que Tune des deux inscriptions con- 

^^^H^ â Mars, trouvées en 1885, dans lessubslroclioDi» 

la maifon de M. Chicot, portant aujourd'hui les 

18 *L i(l de ia rue du Commerce, présentait une 

icacr |Mif Tf[berios] IVL ius^l EVNVS à Mars Rigm- 

^*às^ iuniotiï divin qui, selon les plus récentes conjec- 

^wre» do ftkiAui celiiste. M. d'Arbois de Jubainville, 



TROUVÉES A BOURGES 63 

voudrait dire « celui qui a les plaisirs d'un roi' n. Or, 
la proximité de gisement de celte inscription et de 
celle qui nous occupe, sorties de terre à treize ans d'in- 
tervalle, suggère la présomption qu'elles peuvent éma- 
ner de deux membres de la même famille, le père et le 
fils. Le dédicant de notre inscription, TI[berii] FILIYS, 
aurait donc eu le gentilice IVLlYS» et il n'est pas impos- 
sible ni même improbable que, comme premier né, fils 
plus ancien (PRISCYS), son prénom ait été comme 
celui de son père : TIBERIYS*. On peut admettre enfln, 
sans invraisemblance, que la dévotion à Mars était héré- 
âUaire dans la famille. 

La restitution, au moins partielle, de la portion ab- 
sente en haut serait donc celle-ci : 

DEO MARTI TI[berius] IYLlVS...0iMN[ibu8] HONO- 
UIB 

Se continuant par le développement de la pordon 
subsistante : 

VS APVD SVOS FVNC[tus] Tllberii] FILIYS PRISCYS 
OYIRINA T[ribu] 0[u8estor] R[omanorum civium]... 

Le tout complété par quelques lignes peut-être, que 
mon insuffisance dans la pratique de l'épigraphie m'in- 
terdit de suppléer, se terminant par les lettres sacra- 
mentelles : Y. S. L. M. {Votum solvit libens merito.) 

1. Les noms gaulois chez César et Hirtius, première série. 
Paris, BoailloD, 1891, in-i8 ; p. 12. 

2. M. de Keners, en publiant cette ioscription à Tépoque de 
la découverte, dans le XUl» volume des Mémoires de la Sociéié 
des Antiquaires du Centre, avait proposé, toutefois avec le signe 
du doute, de compléter en Titus Tabréviation TI, indicative du 
prénom de T(. IVL. EVNVS (p. 153). Je crois meilleur d'adopter 
la notation Tibe^ius, enseignée par M. Cagnat dans son Cours 
d'épigraphie latine. Paris, Thorin, 1889, in-8 ; p. 420. 



64 DEUX INSCBIPTIONS ROMAINES 

Traduction : Au Dieu Mars, Tiberius Jultus.., qui a 
passé par toutes les charges chez les siens (dans sa ville 
natale), fils de Tiberius^ PriscuSy de la tribu Quirina^ 
questeur des citoyens romains,,, s'acquitte satisfait d'un 
vœu envers qui le mérite. 

La mention de la tribu, qui disparaît après Caracalla, 
ne permet pas de faire descendre la date de notre ins- 
cription plus bas que la fin du ii* siècle. Certains indices 
de facture, et le rapprochement que j'ai cru légitime 
de proposer avec l'inscription dédiée à MarsRigisamus, 
où le Dieu et son adorateur ont un surnom gaulois, 
tendraient à lui attribuer une antiquité plus reculée et 
à la faire croire plutôt de la fin du siècle précédent. 

Si mes déductions sont acceptables, une dernière 
hypothèse en naît en quelque sorte naturellement, c'est 
que le monument incendié, dont un pilastre etlecom- 
mencement d'un pan de muraille ont apparu dans des 
fouilles fortuites et insuffisamment prolongées, pourrait 
bien être le temple élevé, chez les Bituriges résignés 
d'Avaricum, à la divinité romaine de la guerre. 

La seconde inscription, de moindre importance, 
trouvée le môme jour que la précédente, dans la démo- 
lition d'une bâtisse récente élevée sur l'emplacement de 
l'ancien cimetière deNolre-DameduFourchaud, devenu 
dépendance de l'hôtel de Varie, rue Porte-Jaune, n® 2, 
est une modeste inscription funéraire, gravée par une 
main peu experle entre les deux colonnes d'une petite 
stèle, privée de son fronton et réduite à l'aspect et au 
rôle d'un moellon vulgaire, empâté de mortier. Des 



TROUTÉES A fiOUBGES 6S 

lavages énergiques el réitérés m'ont permis d'y lire en 
deux lignes, dont la seconde tracée entre deux réglures 
mal parallèles : 

D. MIL M 
TAVRILLA 

La première branche du V est arrondie, et les courtes 
bases des L s'adaptent au montant en formant un angle 
très obtus. L'aspect est barbare et de basse époque. 

Ce n'est pas sans beaucoup d'hésitation que je pro- 
pose d'insérer, entre les deux abréviations banales de 
la consécration funéraire Dis Manibus, la lecture MIL 
dont je ne tenterai pas la traduction. Le caractère initiai 
est formé par une suite de jambages incurvés qu'il 
faudrait peut-être considérer comme constituant la liga- 
ture MV, ce qui ne rendrait ni la forme du mot évidem- 
ment abrégé plus satisfaisante, ni son interprétation 
plus facile ^ 

Comment ne point regretter que cette double décou- 
verte nVit pas eu lieu quinze jours plus tôt? Le Congrès 
Archéologique siégeait à Bourges ; xM. Héron de Ville- 
fosse, membre de Tlnstitut, Thonorait de sa présence. 
D'un mot, Téminent épigraphiste aurait arraché leur 
secret aux sphynx que je viens d'interroger avec une 
témérité qu'on voudra bien cependant, je l'espère, ne 



1. La pierre est actuellement déposée au Musée Gujas, ainsi 
(|ue les fragments étudiés en premier lieu dans ce mémoire. 

5 



TUMULUS 

ET 

FOURS CRÉMATOIRES DES VALINS 

PRÈS CHATEAUNBUF (CBER) 

Par H. PONROT 



Au lieu dit Les Vaiins, propriété de M. André Dubois 
de la Sablonière, à 400 mètres de la route de Chàteau- 
neuf à Issoudun, des ouvriers occupés à niveler un ter- 
tre de 15 mètres environ de diamètre et d'une très faible 
hauteur rendue surtout sensible par les terrains plats 
qui Venlourent, ont reconnu un lumulus, découvert 
deux excavations probablement crématoires, et mis au 
)our deux squelettes. 

Ces squelettes qui se trouvaient à fleur de terre étaient 
placés côte à côte presque parallèlement et orientés de 
l'ouest à l'est. Ils n'avaient pas été remués ; mais on n'a 
constaté autour d'eux aucun mobilier funéraire, et rien 
n'indique l'époque à laquelle remonte l'inhumation. 

Le tumulus, dont l'élévation était à peine sensible, 
par suite des travaux de culture qui avaient nivelé le 
so), était parfaitement circulaire et régulier dans son 
bombement. 11 mesurait i m. 90 de diamètre et était 
entouré par un cercle d'assez grandes pierres plates 



«91 ^■*" '"- &T FQCK CBEXATOtBBS 

ptiurfT ialhgttt^ ^cfaiièremeiit disposées et Cormant 
^amie in p^iù aiir de m. 40 <ie haateor sur m. ôO 

I iHiKtfrxiefir ie r@ cercle, point de trace de sqaelette, 
tic li'ifnii^ «nûtftamu mais de nambreux débris d*am- 
phûp:^ ttt z-^aae .MLe, de vases en terre vemiasée et de 
0Ui4^n£« jiiK^ zmêfiereît dont les fragments épars sem- 
tàieai mOiif^tj^er tme T^oialian ancienne. A cette violation 
lomii pi»artaa4 «eiiappe one petite coape en terre ronge 
•Oftcrsâe pzi cui invi ee bridée, en dedans et près de 
i ^isiis^êmCc! ^bt piiern*. ec «^tii contenait des monnaies in- 
v«nuiru(»ie* pio» lom recnîsentant pent-étre les oflTran- 

Eâ 4fù*jr^ ti Ui«i: latoor on a remarqué d'abondants 
t^^t^rti de tasics ea -::rre et de briqnes à rebords, des 
étaXs é» ehmrmi. le porc on de sanglier. 

***** itoêlTés ennr*^ a an sud-oaest dn cercle de pierres 
at UBotiit ©^ i^^g jjjj parois évidées^ dont on ne peut 
*•"■ *■ «••*^«er la : nne qu'en la comparant à celle 
éMi ««^rtai marrr: e de 1 m. SO de profondeur et de 

ot. n de «àiaateftr^ à ToaTertare. Cette excavation 



J'aeÉU. !• ^**-* irzileai avait manifestement sobi 
gJ^^J "^ '''*'^"^ "^''^ " *^^ calciné les parois, 
_^ Mpo» Ion srfemps comblée et remplie de pier- 

hu,^^ r^^^ ^'' "" spéciale, décelaient Taclion do 
œ«,,uL'iJ^^ * ^'^'° '^"^° ^* ^^^ ^^^^^^rer. On a 
d< ceadf^ aJTl'**^'^^ """^ ^"^""^ ^^ ""^"^ mélangée 
cuniarao d. ,A^ '^""^^''^ """ ^"^"^^ ^" charbon, un 
Pr^ I ? '^ ^"^ '^^^"^ clossemenls. 

• - anûve de cette excavation qui, nous le sop. 





\l 



#«% 



^^ 



IS 






DES VAUNS W 

posons, avait dû servir à incinérer un corps*, existait 
un trou comblé comme l'autre mais beaucoup plus petit ; 
il mesurait m. 50 de diamètre et m. 60 de profon- 
deur et avait été pratiqué^ sans nul doute, pour servir 
de cheminée d'appel et activer la combustion. 

A dix mètres environ plus à Test était une excavation 
également comblée, toute semblable et de dimensions 
presque identiques, avec la même cavité annexe. 

A Om.30 au nord-est du premier trou, il s'en trouvait 
un autre très régulièrement circulaire, mesurantOm. 60 
de diamètre surO m. 80 de profondeur. 11 était exac- 
tement rempli de pierres plates posées sur champ. Ses 
parois ne montraient pas Taction du feu. Nous ne 
pouvons émettre aucune opinion sur Tutilisation de 
celle cavité, et nous bornons à celte constatation. 

Il est possible que d'autres tumulus, d'autres sépul- 
tures, existent aux alentours. Il n*a point été fait de 
recherche dans ce sens. 

Nous devons mentionner qu'à huit cents mètres envi- 
ron des Yalins, des ouvriers plantant de la vigne, en 
18D6, ont découvert de nombreux vases en terre grossière 
dont la plupart contenaient des cendres et des débris 
d'os, vestiges de sépultures par incinération. 



1. A la séance du soir du 14 ayril 189^, au Congrès des délé- 
gués des Sociétés savantes à la Sorbonne, M. Vigne a signalé 
la découverte des débris d'un bûcher gallo-romain à Ntmcs. On 
a trouvé un mélange de cendres, de terre brûlée, de charbons, 
de poteries brisées et de verres fondus par le feu. Ce bûcher 
avait été allumé au fond d*un trou rectangulaire dont les parois 
sont calcinées. 

(Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques ; 
année 1898, l" livraison, p. lxvi.) 



m TÏÏMCUJS BT POUBS CEÉMATOIIES 

tm niMnaaies trouvées dans le tomalas des Valias 

Cet pu lin gaulois : 

Vn d«Dit^f en argent de Néron : Tête laurée à droite. 
NERO CiESAR AVGVSTVS, — i| : SALVS. U sanlé 
a^»f^ a fitache tenant ane patère ; 

Tri-nitf^^^pt moyenâ bronzes du haut empire cou- 
vert» d ttîi*? belle patine verte, ayant peo circnlé et, 
pr«^|y^ ruos. d'une consenratian parfaite. Ils se sub- 
divt«!Qi 4^ la manière suivante : 



r 



<KT4iri*Ac«C5TK. 







4 pièces (n* 237 de Cohen), 

3 pièces (n^ 3 de Cohen), 

4 pièces iq" 47 de Cohen), 
16 pièces en trois variétés (n** 100, 

141 et 288 de Cohen.) 

3 pièces en deux variétés f n** 21 et 
607 de Cohen.) 

I pièce (n" 207 de Cohen.) 

4 pièces en deux variétés (n** 444 
et 647 de Cohen.) 

2 p«c<« ?ian;5 attribution possible à cause de l'usure. 



TjÈip. 



amk:*. 



CLASSEMENT 



DES 



ENCEINTES EN TERRE 
Mémoire inédit de M. DE KERSERS 



Messieurs, 

Les difficultés que présente la détermination des 
enceintes en terre, difficultés qui ont donné naissance 
sur ce point aux théories les plus contraires, m'excu- 
seront, j'espère, si je reviens à nouveau sur ce sujet. 
Il s'est imposé à moi dès les premiers jours de mes étu- 
des sur les mouvements de notre sol et j'ai étéàdiverses 
reprise» amené à le traiter devant vous. Ayant émis 
quelques hypothèses sur ces vestiges obscurs, j'ai dû 
suivre avec intérêt les diverses vues produites sur le 
même objet ; et il est très intéressant pour moi, et peut- 
être pour quelques-uns de vous, de voir quels progrès 
afaitscetle question, quels points peuvent être regardés 
comme acquis, quels doutes subsistent encore. 

Rappelons les singulières fantaisies auxquelles don- 
naient lieu ces vestiges, il y a une trentaine d'années. 
On confondait absolument les tumulns funéraires et les 
donjons en terre ou mottes féodales. Les uns y voyaient 
des buttes à signaux, d'autres des prétoires romains. 



I>» ^nct»iaie5 ie rbsaK» etaîeiit iinivarsellenient conooes 
^^iis .e 30I1I te ^snmp ie C'fsar. Ce n'est pas que là, 
^.imiiie §ar imte noire archeoiosie nadonaie, le sagace 
te ^laumoat n -Mit •iejajete lasine lainière de soojo^e- 
ment pr>5«pie impeecaoie. et n'eût Cut quelques obser- 
7:irinfi9 lertaines et «{iielqiies distinctioaa justes. Mais 
•PS mîieatiDns -^faient peat-èlre trop zénérales et Irop 
7.i;£Ties . ou 3ien^ de^ lor?. an certain nombre d'archéo- 
il vries aH:ii.\rt*rcnt .l 'étudier ce que rdlastrcet modeste 
f-nilaieur le !a Sooiete française d'Arehéoloçie appelait 
V\EfL : -a bien endn ces bambles monaaients n^ayant 
pa^ ie pierres qui puissent parier ont le piÎTilège de 
pf- .^v^oq'ier les dissenûmentâ les pins complets entre les 
e^prts q ji [^ts étudient : en toot cas, les avis les plus 
divers et les coo fuyions les plus fantaisistes se produi- 
sirent. 

Ainsi, il j a pea d années, le savant M. f.»edain, dans 
fjne .ri tore à la Sorbonne, n*bésitait pas à attribuer à 
Tepo^oe romaine l oniTersalilé des ooTrages en terre ; 
n ^41 nai que, par contre, dans an travail para plus 
ri^ernniient, M. de la Noé ne croit pas possible d'attri- 
buer i celle même époque un seul de ces monuments. 
Un autre auteur les place sans exception au moyen-àge, 
ati ij* et an xii* siècle ; tandis que M. Maître, dans la 
Lùlre^lnférieure, ne voit dans toutes les mottes et vieux 
cliâlraux que des amas de scories ! A en juger par ces 
Itm^aui aux conclusions si diverses, il ne semble pas 
<|tir la cerlitude soit près d'être établie. 

Mats à suivre de prés les observations qui ont été 
i^ilt^^ depuis quelques années, il semble possible de 
Uxer^ d^une façon à peu près définitive, quelques-uns 



DES ENCEINTES EN TERRE 73 

des points de celte intéressante histoire. Ces observa- 
tions précisent nos précédentes hypothèses ou les rec- 
liBent sur certains points; il nous semble donc opportun 
de les signaler et de les rapprocher de nos propres 
constatations. 

M. de la Noé a trouvé dans des parapets d'oppidums 
des haches en pierre taillées et il a observé que ces para- 
pets n^étaient précédés d aucurt fossé ; il en a conclu 
qu'ils étaient antérieurs à l'époque où l'on a commencé 
à creuser la terre et ils seraient donc contemporains des 
premiers tumuius, dont les matériaux étaient aussi re- 
cueillis à la surface du sol. Nous avons un exemple très 
caractérisé de ce type dans l'oppidum des Minettes, 
commune de la Groutte, en face de Drevant. Établi, 
comme Ton sait, sur une croupe élevée, les escarpe- 
ments en ont été accrus par un relèvement énergique 
du sol à la crête supérieure et le col a été barré par un 
agger haut de quatre à cinq mètres sans fossé extérieur^ 
avec porte dont les côtés sont légèrement repliés à l'in- 
térieur. 

A la vérité, M. de la Noé pense que ces enceintes 
avaient un but religieux, ce qui est bien vague ; mais il 
corrige immédiatement lui-même ce que sa déduction 
peut avoir d'exagéré en observant que les populations 
d'alors devaient être fort inexpérimentées et barbares 
et que leurs sièges n'étaient peut-être que des attaques 
brusques et rapides, sans suite ni durée. 

Les vastes enceintes à circuit ondulé et à défenses 
formées de remparts doubles ou triples, semblent bien 
gauloises, et cette attribution n'est contestée par per- 
sonne. Nous y voyons des réductions plus ou moins 



71 CLASSEME^ 

ittiporUates des oppidoms gaolob. Nous avons remar- 
«)u^, à Sîdiailles et aillears^qae ces vastes enclos élaient 
|v«rfiiis divises par an fossé d'importance secondaire. 
Kiait-ce une première limite de l'enceinte ullérieure- 
m^'fsl accrue, comme l'ont été plus tard les villes forti- 
ll/«^ du moven-àge? Etaient-ce des réduits, des refuges 
Hf i^ttatielle^ pour la défense extrême? Ce point reste 

^m^ nous avons été appelé à constater qu'en dehors 
II* e^ forteresses immenses de 20 hectares et plus, les 
tîitaliiis avaient fortifié d'autres points auxquels fut 
•ft>ililé i^ nom de Ihmum, dérivé de son sens primitif 
lit» wrf;-*» pour prendre celui de iieu fortifié, et souvent 
rr <ltinum, comme à Dun-le-Roi et à Mehun, fut établi 
n^H mr une érainence proprement dite, mais sur une 
l^nlt relativement escarpée. 

A tei ordre appartient un camp, celui de Corny, élu - 
tiif par M. des Meloizes et dont Torigine et la date peu- 
%r5l élre regardées comme certaines. En efiFelle savant 
ii|i:!»ervaleiir a recueilli dans les débris des remparts des 
lie*** de fer: celles ci, d après leui's dimensions, sem- 
liifiil avoir eu Teinploi indiqué par i^ésar dans les for- 
li(h niions gauloi?es contemporaines de ses guerres : 
(7*eâi-è-dire de lier ensemble les poutres croisées dans 
|it% fipmparU. Ce détail nous affirme ainsi Tépoque 
Ap)>roximative, voisine de la conquête, où de tels ou- 
vrages étaient élevés. La situation de l'enceinte de 
Cttrny sur une déclivité, correspond bien à celle des 
autrt"!* centres gaulois que nous connaissons sous le 
nom de Ditn. 

LVpoque Romaine nous présente les plus grandes 



DFS ENCEINTES EN TERRE 75 

difficultés. M. de la Noë nous affirme, el nous prouve 
par une élude serrée des auteurs latins, qu'auoune 
troupe romaine ne fut cantonnée dans la Gaule cen- 
trale pendant les premiers siècles de l'occupation. 

Mais les affirmations, les preuves même les plus for- 
melles ne peuvent rien contre les faits; et nous avons 
des camps proprement dits, rectangulaires, que des 
indices nombreux nous forcent à placer à cette même 
époque, où aucune troupe, nous dit-on, ne les occu- 
pait. Parmi ces enceintes, nous avons placé jadis les 
Camps SaiTosins, près de Sainie-Sév ère; l'enceinte de 
Boiroux, où a été trouvé un aureus d'Auguste à hippo- 
campe que nous connaissons. Cette pièce, un peu usée 
par le frai, doit même avoir été enfouie un certain temps 
après son émission; mais elle n'est point percée et ne 
porte aucune trace d'avoir perdu son caractère moné- 
taire, comme il arrivait parfois aux pièces romaines de 
métal précieux. Tout parait donc bien placer son en- 
fouissement aux temps de la domination romaine. 

Tout récemment encore, une enceinte rectangulaire, 
au nom si expressif de Villevilie, que d'après nos indi- 
cations générales nous avions rattachée, mais avec hé- 
sitation, à l'époque romaine, vient de révéler des pièces 
du m* siècle : nous avons tenu cet été, dans les mains, 
des monnaies de Gordien III que l'ouvrier venait d'y 
trouver. Cette découverte confirme donc nos inductions 
et oblige de la classer aux temps romains. 

Cette conciliation entre les textes et les faits est la 
lourde tâche des archéologues. Peut-être ici pourrait- 
on la tenter en admettant que ces enceintes carrées, 
conformes aux principes de la castramétation romaine 



xn 





i!H.irr ^ .Tiuir m 



DES KNGBINTBS BM TERRE 71 

parts des forteresses innombrables, et d'autant plus ré- 
duites que les populations menacées sont plus fraction- 
nées. Chaque villa s'entoure d*ua fossé, et la ferme, 
ainsi fortifiée, change de caractère et devient un centre 
de sécurité et de défense, une ville. 

Nous n'avons pas à déterminer ici la part fort diffi- 
cile à reconnaître, qui, dans la constitution primitive 
de la féodalité, revient à cette organisation de la 
défense locale par la population autochtone et celle qui 
doit être attribuée aux peuplades envahissantes et aux 
guerriers conquérants, rapport qui doit varier suivant 
les diverses parties du territoire. Nous croyons qu'il 
faut attribuer à ces hautes époques, de nombreuses for- 
tifications en terre, circuits de fossés el de remparts, 
que couronnaient des pals ou madriers plantés vertica- 
lement. 

La disposition de ces accessoires rend fort difficile la 
détermination des dates. 

Toutefois dans cette longue série une modification 
sensible se manifeste, une importation se reconnaît ; 
c'est celle du tertre normand, l'énorme cône tronqué 
formé des terres que fournit le profond fossé creusé à 
sa base et qui n'a pas moins de 10 à 12 mètres de hau • 
teur verticale. C'est au ix* et au x* siècle que Tinvasion 
normande nous apporte ces forteresses ; et ici, dans 
notre Centre, où les invasions barbares n'ont guère 
laissé que des traces négatives et dévastatrices et' quel- 
ques rares sépultures, les Normands ont semé leurs 
mottes agressives ou défensives parfaitement élevées. 

Et cette importation de conquérants ou bandits heu- 
reux un poète ne les a-t-il pas assimilés?) a une inOu'^ 



78 CLASSEMENT 

ence décisive sur la forlificalion. Dès lors le noyau de 
la forteresse féodale n*est plus une enceinte fossoyée, 
mais un tertre tronc-conique, un donjon en terre, une 
motte féodale entourée d'ouvrages plus ou moins com- 
plexes. 

Sous cette forme elle subsiste, nous Tavons dit et le 
maintenons, jusqu'au xiV* et au xv« siècle, couronnée de 
défenses et d'habitations en bois, puis, plus tard, en 
pierre, et démeure le centre féodal. Lorsqu'au xv* et 
au XVI* siècle on construira à côté d'elle de plus somp- 
tueuses et plus accessibles habitations, elle demeurera 
le lieu de la seigneurie, le siège où sera porté l'hom- 
mage et rendue la justice. 

Jusqu'à quel moment ces défenses furent-elles en 
terre, imposant le doute sur leur origine? Comme 
M. de Caumont la dit, des tours de pierre, dès le xi* et 
le xii* siècle, s'élevèrent souvent au centre de ces buttes 
féodales ; nous en avons dans nos contrées de fréquents 
exemples, à Saint-Désiré, à Bruères ; sur ce dernier 
point, l'emploi de l'appareil spicatum, incliné à larges 
joints, témoignait de l'antiquité de la construction. 

Ainsi c'est à cet ordre de faits que se doit rapporter 
une étude curieuse d'un très ingénieux archéologue qui 
a signalé toute une série de tours romaines entourées 
de tertres coniques à leurs bases. Notre savant collègue 
est-il bien sûr que les tours soient romaines et ne soient 
pas tout simplement des tours romanes du xi* siècle 
élevées au centre de mottes féodales du ix® au xi*? 

Nous avons dit ailleurs et souvent que l'introduction 
de la pierre dépendit de la richesse des propriétaires 
qui ne reconstruisirent leur demeure que suivant leurs 



DES ENCEINTES EN TERRE 79 

ressources ; la conslruction de pierre était chère à celte 
époque où les chemins manquaient. Cela dépendit aussi 
de leur puissance ; les suzerains redoutaient la trop 
grande force de leurs vassaux et ne toléraient la recons- 
truction des châteaux de leurs féaux que sous des 
conditions très précises. Quand le vassal devenait puis- 
sant, il en prenait à son aise. Mais grâce à tous ces 
obstacles, que probablement, en Berry, la puissance 
royale et la nature plane du pays maintinrent jusqu'au 
XIV* siècle, la substitution de la pierre au bois se fit 
lentement; et la guerre de Cent ans et ses troubles 
furent l'occasion qui amena le changement général. 

Tels sont les points principaux qui nous semblent 
acquis pour cette classification difficile des enceinles et 
ouvrages en terre. Ces conclusions redressent et com- 
plètent quelques-unes de nos inductions primitives, 
mais sans altérer Tensemble ; et comme nos premières 
conclusions ont eu Thonneur de paraître dès Tabord 
dans les mémoires de notre Société, c'est un devoir 
pour nous d'indiquer ici même à nos collègues les 
lumières qu'un quart de siècle a fournies sur cette inté- 
ressante question. 



DR L'EMPLOI DES CERCUEILS DE PIERRE 

DANS LA 

CONSTRUCTION DES EGLISES 

A L'ÉPOQUE ROMANE 
Par M. P. GAUCHERY 



A la séance du 2 décembre 4896, nous attirions 
]*altention de la Société des Antiquaires du Centre sur 
un problème à la fois archéologique et géologique 
dont nous recherchions la solution : 

Dans les églises de Sologne les parties de contre- 
forts, qui remontent au xi' siècle, sont construites 
en pierre de taille ne ressemblant à aucune de celles 
que nous connaissons dans la contrée. C*est une sorte 
de grès grossier qu'un examen superficiel a pu faire 
prendre d'abord pour une pierre factice composée 
d'un mortier de ciment et de gros sable quartzeux avec 
petits cailloux, mais qu'une étude plus attentive a per- 
mis de reconnaître pour une roche naturelle : grès ou 
plutôt arkose, dont les carrières restaient à trouver. 

Dans cette contrée les seuls gisements ayant quelque 
analogie avec ces pierres, consistent en minces bancs 
de grès tertiaires, que l'on rencontre entre Neuvy-sur- 
Barangeon et Brinon ; mais ces bancs sont trop faibles 

6 



*r >». :.-~"i«r^ w Ti—. .17 il» '^uxif-Mraîiîae, et«- 

• - -^ *-?- ntr-n»— .T'rïï^ uns es ^arciîs ix ir^sâiecie de 

-- ^ ï^r^ m 3*?^ i^-ZÀaumai &a Gra^w" 

- --- ^ • . - :- 1 A r 1 fcàœi-=a*-TfTT«, etc. 

-*•• 1 -. 1- is- tri',zseaKa-'s iiefr«fséeSc'o^:i»^, ' 

^"•-> ; i ^^!r^ ;e 3«arîwii-'JL''rûa«i5*x :• -iia'aox 

\x i.y^ i. : T mi î*?«3ar; :tts -f^n&es ie «s carrières^ 
» -—2- :^ ç:r:^ ie sipac'ser me a Basse â cooâ- 

^M.* .'.> i- • * . . ; i.w xiiiLi -r Tfs jriiHiiir*, alors 



Dans u construction des éguses 83 

seulement les conslrucleurs du xi* siècle ne sont pas 
allé les y chercher, les ayant trouvés au pied de Tédi- 
fice qulls bâtissaient, apportés sous forme de cercueils 
par les générations précédentes. 

Kn effet, nous savons que les églises antérieures à 
Tan mil étaient presque exclusivement construites en 
bois et qu'elles étaient entourées de cimetières où les 
sépultures les plus importantes étaient faites dans des 
cercueils en pierre. Le luxe des sépultures, qui se 
montre ànotre époque par de nombreux monumentséle- 
vés au-dessus du sol, se traduisait, depuis la période gal- 
lo-romaine, par Temploid^auges monolithes recouvertes 
par une dalle d'un seul morceau. Nous retrouvons au- 
près des murs des églises qui nous occupent, des auges 
entières ou en morceaux de la même roche que les 
contreforts. Ces cercueils nous les rencontrons dans 
tous les anciens cimetières compris entre les vallées de la 
Loire, de l'Allier et du Cher, et dans toute la Sologne. 

Il existait des fabriques de cercueils à Coulandon 
comme il y en avait à la Celle-Bruère, sur le Cher, et à 
Quarré-les-Tombes, en Bourgogne. 

Le grès de Coulandon, qui a servi et sert encore de 
pierre de taille pour Moulins et les environs, est un 
grès tendre, se taillant facilement quand il sort de 
la carrière, puis durcissant à l'air. Les auges transpor- 
tées principalement par voie d*eau, étaient pour 
Coulandon Tobjet d'une fabrication qui dura très long- 
temps. On les trouve dans les comptes de la batellerie 
sur TAIIier, au moyen-âge, comme un élément impor- 



84 DE l'emploi des CbRCUEILS DE PlERAE 

tADl de IraGc. Elles venaient jusqu'en Sologne, par 
TA) lier et la Loire'. 

Quand arriva, vers Tan mil, ce merveilleux mouve- 
ment qui Ot surgir de terre les nombreuses églises en 
maçonnerie dont il reste tant de débris, les paroisses 
les moins fortunées, sous le rapport des matériaux, ne 
furent pas les dernières à élever leurs églises. On vou- 
lait aller vite; les constructeurs ouvrirent donc la car- 
rière factice qui était au pied de rédifice, et employèrent 
les cercueils qui avaient servi à la sépulture des géné- 
rations antérieures. 

En utilisant les faces taillées de ces auges, chacune, 
par son découpage, pouvait fournir 10 ou 12 encoi- 
gnures; le couvercle servait à faire des carreaudages. 
Le parement des contreforts étant ainsi établi, on rem- 
plissait l'intérieur en blocage de petits matériaux, sui- 
vant le mode de Tépoque. 

11 nous a été facile de contrôler cette explication en 
examinant dans une de ces églises, les pièces descellées 
d'un contrefort. Nous avons constaté que les encoi- 
gnures étaient évidées, qu'elles étaient taillées aussi 
bien sur les faces saillantes que sur celles rentrantes ; 
ces dernières retenaient le blocage faisant la masse 
même du contrefort. 

La retaille des faces saillantes ne faisait pas complè- 
tement disparaître les bas reliefs qui existaient sur cer- 
tains cercueils: nous avons vu, à la Ferté-SaintAubin, 

1. Ce trafic se prolongea pendant le xiv» siècle et peut-ôtre un 
peu plus tard Voir Mantbluer : Histoire de la communauté des 
marchands fréquentant la rivière de Loire et tes fleuves descen^ 
dant en icel/e, Orléans, imp. G. Jacob, 1867. 



DAMS LA CONSTRUCTION DES ÉGLISES 85 

des sarcophages ainsi ulilisés, portant encore des 
sculptures qui reproduisent absolument les ornements 
des bières conservées au musée lapidaire de la Société 
des Antiquaires du Centre, sous les n°» 99 et 167. Un 
contrefort de l'église de Mehun montre un fragment de 
bière en pierre calcaire sur lequel sont figurés dans un 
encadrement trois personnages vus en buste de profil'. 

En examinant avec soin ces contreforts, on voit qu'à 
côté des encoignures en grès, il en est d'autres prove- 
nant de cercueils de roches différentes : le calcaire 
ooUthique de la Gelle-Bruère, le calcaire tendre du 
Château -les-Bourges, le calcaire de Malvaux, près la 
Charité, etc., etc. 

A toutes les époques, et même de nos jours, on a dé- 
truit des monuments pour en prendre les matériaux : 
on a recoupé les pierres pour les employer dans les cons- 
tructions nouvelles. Bien avant Tan mil, les cercueils en 
pierre de différentes provenances étaient employés 
dans les parties maçonnées des églises : A Saint-Viatre 
(Loîr-ei-Cher), la crypte, du ix" ou du x« siècle, a sa 
paroi composée de petites arcatures. Les piles et leurs 
couronnements (sortes de chapiteaux grossiers), sont 
faits en plaques de grès de TAllier et les claveaux des 
arcatures en plaques de cercueils calcaires, séparés par 
une grande brique dans le joint. 

Nous avons tout dernièrement fait constater à nos 
collègues de la Société des Antiquaires, cet emploi de 

1 C'est une sculpture assez grossière qui semble pouvoir ôtre 
buée à la basse époque gallo-romaine. 



i 



86 



DE L EMPLOI DES CERCUEILS DE PIERRE 



découpages de cercueils dans l'église de Sainl-Romble, 
à Sancerre. 

Mlle de Crussol d'Uzès fait faire en ce moment des 
fouilles fort importantes et fort curieuses sur remplace- 
ment de celte église, construite dans les premières 
années du xi'' siècle, et ruinée à l'époque des guerres 
de religion. Nous avons pu suivre pas à pas, le plan, 
c*est-à-dire la section horizontale de cet édifice, au 
niveau de la cr^'pte remise au jour par les très inté- 
ressantes recherches de Mlle de Grussol. 

A cet endroit, les matériaux pris sur place sonl d'or- 
dre lout-à-fait secondaire : silex de Targile à silex, 
pelits moellons calcaires, etc., etc. Gomme il fallait de 
la pierre de taille pour les nombreuses encoignures de 
la crypte et que Ton n'avait sans doute ni le temps, ni 
les ressources nécessaires, pour l'extraire toute des car- 
rières de la contrée, on en prit une partie dans les dé- 
coupages des cercueils du cimetière environnant. G*est 
ainsi que nous avons reconnu, dans les encoignures 
évidées, le grès de Coulandon, la pierre tendre de San- 
cerre, semblable à celle du Ghâteau-les -Bourges, la 
pierre de la Gelle, la pierre de Malveaux, etc., etc. Ces 
découpages retiennent la maçonnerie en rognures de 
.-iJt'X. 

La planche ci-jointe montre comment les cercueils 
étaient coupés en morceaux réguliers et utilisés dans la 
construction. Nous ne croyons point que cette consta- 
Lalion ait jamais été faite ni signalée jusqu'à présent. 



ESSAIS HISTORIQUES ET GÉNÉALOGIQUES 

SUR LB 

CHATEAU DE L'ISLE-SURARNON 

ET SES SEIGNEURS 
Par François DESHOULIÈRES 



« Tout ce qui vit longtemps a 
« une histoire. » 

(V*« D^AVEHBL. 

I 



LES PREMIERS SEIGNEURS DE L ISLE — LES PREMIERS 
« DU MAS » 

Le château de risle-sur-Arnon est situé dans la com- 
mune de Touchay, sur les bords de la rivière à laquelle 
il a emprunté une partie de son nom. Cette place, 
importante sans doute pendant plusieurs siècles, ne 
conserve plus que la moitié de ses constructions primi- 
tives qui en faisaient alors un vaste quadrilatère com 
posé de plusieurs corps de bâtiments aux murs épais 
flanqués de tours, défendus par des meurtrières, cou 
ronnés de mâchicoulis et entourés de vastes douves 
dérivation de TArnon, qui ont été comblées il y a en 
viron trente ans. 

Comme tous les châteaux du Berry, il a joué son rôle 
dans rhistoire locale, tant à cause des importantes 



88 ESSAIS HISTOftIQUES ET GÉIÉALOGIOCES SUI LB 

silaalioDS qo'occopèrenl plusieurs de ses seigaeors, 
qu*eD raison de la valeur qo'aTail toute place aox mors 
assez épais et aux fossés assez larges pour présenter on 
semblant de défense et d*abri à one époque où sacces- 
siveroent, la gaerre contre TAnglais, la réTolte contre 
le roi, la lutte contre Thérésie, dissimulaient souvent le 
vol et le brigandage. 

Quelque infimes que soient les faits qui se rattachent 
à l'histoire, par cela même qu'ils n'y sont pas étran- 
gers, ils sont toujours dignes d'être recueillis, et plu- 
sieurs des seigneurs de Tlsle ont fait assez bonne figure 
dans les armées, à la cour, dans le commerce des beaux- 
arts, pour qu*il f oit permis de rappeler qui ils étaient 
et par quelles vicissitudes ont passé leur demeure et 
leur domaine. 

Nous ne savons trop ce qu*était la seigneurie de 
risie avant le xV siècle. Son siège, sans doute, était 
dans une conslruclion plus ancienne à laquelle fut lié 
ce qui reste du château actuel ; elle existait cependant 
incontestablement. En 1175, Jean 11, seigneur de 
Linières, traite avec Tabbé Isamberl et les chanoines 
réguliers Auguslins du couvent qui venait de se fonder 
non loin de là, sur la colline de Puy-Ferrand \ à pro- 
pos de certaines contestations relatives aux dîmes de 
vin, lin, blé, etc., de la paroisse de Saint-Martin d'Ids *. 
Jean de Linières abandonna ces dîmes aux religieux \ 



\. Canton du Châteict. 

2. Commune d*lds-Saint-Roch, cauton du ChAtelet. 

3. TiiAUMAS i»K LA T11AUMA88IÈRE, Uistoive de Ba^ry, liv. X, 
ch. xxzui. 



CHATEAU DE L*lSLE-SUR-ARIfON ET SES SEIGNEURS 89 

mais avec cette restriction que cela ne doit pas préja- 
dicier au seigneur de llsle ^ 

Nous ne saurions dire quel fut ce seigneur de Tlsle. 
On cite au xii^ siècle un aBernardus deinsula », dont on 
ne connaît que le nom ; de même pour Humbaull de 
risle, chevalier, en 1201 ' et Keynaud de Tlsle présent 
en 1252 à Tappel du ban et de Tarrière-ban de la Pro- 
vince, convoqué à Issoudun *. C'est plus d'un siècle après, 
en 1311 et en 1319, que nous voyons le seigneur de 
risle constituer sur sa terre une redevance en faveur 
de ce couvent de Tordre de Fontevrault, que le bien- 
heureux Robert d'Arbrissel avait fondé à quelques 
kilomètres de là, dans la solitude d'Orsan, et auquel 
les seigneurs du voisinage distribuèrent leurs bienfaits *. 

Il est fait mention en 1368 d'une Jeanne de l'isle, 
dame deThizay'^, et ensuite nous trouvons une série 
de chevaliers appartenant à une même famille, la fa- 
mille du Mas, Dumas ou du Malz, qui posséda la terre 
pendant deux cents ans et dont certains membres paru- 



1. Extrait des mémoires manuscrits de M. Dupré mort en 
1816. Une partie de ces mémoires a Hé. publiée, il y a quelques 
années, nous auroos l'occasion d*y revenir. Mais nous en pos- 
sédons dans les archives du chdfeau de Tislc plusieurs extraits 
manuicrits qui nous ont été remis par M. Tabbé Périgaud, mort en 
1896, doyen de Lignières, et dont les patientes recherches, 
auxquelles il n'a malheureusement pas donné jour, dénotaient 
un savant aussi modeste qu'érudit et consciencieux. 

2. Bdhot de Kersers, Histoire et statistique monumentale du 
département au Cher, canton de Linières, commune de Tou- 
chay. 

3. Recherches sur ta ville d'Issoudun, par Armand Pérkmé, 
p. 123. 

4. Archives du Cher. Fond d'Orsan. État des revenus et 
dépenses du couvent d'Orsan dressé en 1710. 

5. BuHOT OE Kersers, loc. cil. 



J 



rent hoDorablemenl dws l'histoire «J^/*' ^ ^^^«11005 

d-édal.soiteDOCCopanl avec distincUo'. 

importanles. ^ liraient 

Les do Mas élaieol orig.na.res do ^'^ ,. 

leur non. do lieo dit le >««- Sarrax.n s Uoc da 
commane de Prévéranges ' . I.« '"«^'«"'/à r^^^ 

province Jo..oà .a fin do x"-"^^»*. ^^ lins ««ono- 
par suile de plosieurs mar.ages. non des 
râbles, ils séUbiirent dans le m.d., ou lears a 
dants existent encore. 

§ 

Les deux premiers seigneurs de l'isle du nom de 
du Mas sont Isamberl el Humbauh. Us vivaient a fa un 
du XIV. siècle, tous les deux à la même époque. Nous ne 
savons s'ils n'étaient pas frères; il semble cependant 
plus probable qu'Isambert était le père d'Humbault. 

En 1396, Isambert du Mas rend aveu à Philippe, 
baron deLinières». .\ la même époque, Jeanne do Mas, 
sans doute sa fille, rendait également aveu au môme 
seigneur pour le bois de la Font ', terre située à quelques 
kilomètres du château de l'isle *. 



1. BuHOT DB Kerseks. ibid. 

2. Dupré. extr. mss. cités. 

3. Commune de Rezay. . 

4. Extrait des notes manuscrites de M. Pelletier, curé ae 
NeuTyiSaint-Sëpulcre. — H. Pelletier, mort à un âge 1res 
arancé vers 18iS. a laissé des notes manuscrites sur l'histoire 
de Liniéres. Us les avait surtout puisées dans l'histoire luanus- 
crite de Liniéres écrite vers 16J0 par M. Jacquemet d'abord 




CHATEAU DE L*ISLE-SUR-ARNON ET SES SEIGNEURS 91 

Humbault ou Humbert du Mas était homme d'armes 
en 1 386. C'était l'époque désastreuse de la guerre des 
Anglais, marquée par tant de ravages et de dévasta- 
tions dans la partie du Berry confinant le domaine de 
l'ennemi. Contre celui-ci, s'étaient levés, non sans suc- 
cès, les plus valeureux chevaliers de l'époque, et des 
combats nombreux s'étaient livrés sur les « marches du 
Berr>^ ». Parmi les seigneurs qui guerroyaient ainsi, se 
trouvait Humbault du Mas, écuyer, comme l'indique 
\iue quittance de gages du 18 mars 1386, qui lui furent 
octroyés pour l'indemniser de ses frais pendant la der- 
nière campagne. 

Cette quittance est scellée de son sceau, sceau rond à 
Ja fasce accompagnée de trois tourteaux, deux en chef 
et un en pointe, brisé d'une étoile ^ Ce sont bien là les 
armes des du Mas que nous retrouverons d'une façon 
authentique dans plusieurs témoignages incontestables, 
entre autres sur les ornements d'architecture du châ- 
teau de llsle *. 



procureur fiscal, puis notaire à Linières, en 1638. Ce document 
déposé au secrétariat de Tarchevéché de Bourges par le fils de 
Tauteur, le chanoine Jacquemet, a disparu en 1847. Mais M. Pel- 
letier Taurait consulté avant cette époque. Les notes de M. Pel- 
letier ont été trouvées à Linièrcs, cachées derrière une armoire. 
— Les descendants du notaire M. Jacqueraet les avaient com- 
muniquées à M. Tabbé Périgaud ; celui-ci nous en a donné 
quelques extraits manuscrits qui sont déposés dans les archives 
du château de Tlsle. 

1. Inventaire ClérambauU, publié dans le Recueil des docu- 
menU historiques^ p. 613. 

2. Les armes des da Mas sont en effet d'or à la fasce de 
gueules, accompagnée de trois tourteaux d*azur, deux en cher 
et un en pointe. (Voir détails d'architecture au château de Tlsle 
et dans l'église de Touchay.) La Coesnaye-Disbois, Diclionn, de 



9â ESSAIS HISTORIQUES ET GÉNÉALOGIQUES SUR LE 

Vers la même époque Humbault du Mas était seigneur 
du Mas-Sarrazin, et en 1404, il était seigneur de Tlsle*. 
C'est à ce titre qu'il fait une fondation au couvent 
d'Orsan •. 



II 



PIERRE 1*' OU MAS. PBILIPPE DU MAS. 

l'ÉVÊQUE GABRIEL DU MAS. 

LE YÉiN ÉRABLE PIERRE DUMAS, ABBÉ DE GUEZAL-BENOlT. 

JACQUES 1*"" DU MAS. 

A Humbault du Mas succéda Pierre du Mas ^. II était 
seigneur de Tlsle vers 1450, alors qu'Edouard de Beau- 
Jeu possédait la terre de Linières par son mariage avec 



la noblesse. — Boril nllAt'TERiVE, Annuaire de la nobltsse, 
an. 1852 et i877. Anselme. Histoire généalogique de la maison de 
France et des grands officiers de la couronne, t. VI U, p. 899. — 
DifTérents manuscrits enluminés sur lesquels nous reviendrons 
plus tard, entre autres : Bibliothèque nationale, Manuscrits f. 
fr., nw 2,608. 6,448. 9.140. Malgré certains auteurs, les émaux 
véritables sont ceux que nous donnons ; nous nous appuyons 
pour le soutenir sur les peintures murales du ch&teaa de Tlsle 
et sur les enluminures des manuscrits précités. 

1. BUHOT DE KeHSBRS, loC, cH, 

2. Archives du Cher, fond d'Orsan. in vent, précité. 

3. Histoire manuscrite de Linières^ par M. Tabbé Péiigaud. 
Cette histoire à laquelle M. l'abbé Périgaud a consacré de 
longues années de recherches et de travail, fait partie des 
archives du château de Linières. Nous devons à Tobligeance de 
M. le comte de Bourbon d'avoir pu l'étudier à loisir. Ce manus- 
crit porte que sous Edouard de Beaujeu, seigneur de Linières. 
mort en 1465, vivait Pierre du Mas, seigneur d'Hauterive. Il y a 
évidemment confusion, c'est « seigneur de l'isle » qu'il faut lire. 
Hauterive à cette époque appartenait à la famille de Melsac. 
V. La THAUMAâsiiRB, 1. ix, ch. xxix. 



CHATEAU DE L*1SLE-SUR-ARN0N ET SES SEIGNEUHS Ô3 

Jacqueline fille unique de Jean YI, dernier baron de 
lainières. 

Pierre épousa Jacqueline de Ghamcour. Ce serait 
lui, d'après une tradition que rien ne vient confirmer, 
c|ui aurait construit le château de Tlsle. Nous pensons 
au contraire qu'il existait déjà, à cet endroit, une cons- 
truction féodale qui fut plus tard embellie par un des 
successeurs de Pierre, Jean !•' du Mas. 

Pierre du Mas mourut le 8 juillet 1456, il fut inhumé 
dans une chapelle latérale de Saint-Martin deTouchay, 
chapelle qui porte encore aujourd'hui le nom de cha- 
pelle de risle. Celle-ci, restaurée dans le goût du 
xv« siècle montre, ainsi que le chœur de Téglise, les 
armes des du Mas à la clé de voûte. La pierretombale 
existe encore ; elle est de forme rectangulaire et sert 
de marche à l'autel de la Vierge ; Tarête supérieure 
en est taillée en chanfrein, et, tout du long, court celte 
double inscription séparée par un cœur et gravée en 
lettres gothiques : 

a Cy gisi noble home Piei^e du Mas escuier en son 
vivant seigneur de liste du Mas de ffousgueffier et 
de Bosquot lequel trépassa le VIII'' jour de Juillet 
mil CCCCLVI. Priez Dieu po lui, — Cy gist noble 
damoiselle Jaqueline dame en son vivant de Châccour 
fême et espouse du d} seig^^^ et trespassée le Vllhjour... 
mil,,, priez Dieu pour elle, » 

De son mariage, Pierre du Mas laissa plusieurs fils 
qui nous sont connus : Philippe, Gabriel, Pierre et 
Jean qui méritera une place spéciale dans cette étude. 




Noa»«voa* peu de chose de Philippe du M^J 
.coit *ei,uear de lUle en 1460 et à ce ^^^^Z^'^'^;^ 
.K.n aucouvent dOrsaa de la locaCure de Jo";"^^" ' 
pu.. e« l»TI. il transii^e avec le pneur de Sam' 
BKu*. ... b ville de Linières. Blai.e Droaen oo Mace d 

L. Ch.U.v, au sujel de, messes qui devaient se d.re lo« 
I... p........ vendredis du mois dans ''«^''^^f ' 

,M. U.V. 01 pour b renie du bié qui éUit dû a ce e^a 
bl.v.„,..ul par les seigneurs de Hslc Celle tran.ac/i" 
0.1 du y doceiubr,. IITl«. Nous connaissons eow^ 
d.uv »vtfu\ et denombremeols rendus P"J ^^^ 
b.».u.i.<' H.dippe du Mas.écuyer. seigneur de 1 1* e, 
t U!T ol t ri '. Mais là se borne loul ce que nous savo ^ 
4U.C.. pe.s..naau« dont les frères devaient être pus 
IHii*lrv». 

tiabriot du Ma* entra dans les ordres, mais ce ne fut 
•*n-> iK.uto qua*sei lard. Différents documents lu; 
«tlr.buf.u l« coiislrucUon du château de l'Isle. sans 
l*"i«. .»ir aucunf preuve '. Nous croyons, au contraire, 

I l»>i»i». vil., H .(^„v «anu* r te ^t Liyniires, toc. cit. et Arch. 
>*n < :h»r, fi.>«a» aorMD. . . j, 

* Arv-h ii(«r p. r^s II Rejt. jn-K titr* du duché-p«ine ae 
CKirt>tiur»iii. 

t nir««. ^ttrail, ii,< oito* - PtiLiran. extr. vas. •■''*'• 
'••♦«.'i w oc »;»»n,,.ex. (.„,,/, Jt iitniiqtiairt data la rtlle ae 
*""•»«■■• •< i* '<-l>^i-t^.„tnt .lu Ch^r. Bourijes 1848. - Bihot bï 

fc«*«»H». <IH-. .•<«. 



y 



CHATEAC DE L*1SLE-SUR-ARN0N ET SES SEIGNEURS 95 

que s'il a habile Tlsle, il n'en a jamais été seigneur. 
On cile d'autre part un Gabriel du Mas, seigneur du 
Mas-Sarrazin en 1476 ' et c'est vraisemblablement de 
celui-ci qu'il s'agit. 

Mais c'est dans la vie ecclésiastique qu'il devait ren- 
contrer les honneurs. Il occupa d'abord certaines 
charges sacerdotales dans le diocèse de Bourges et fut 
nommé abbé de Sainte-Marie des Pierres « Tabbaye 
aux Pierres », ce couvent de Tordre de saint Bernard, 
bail dans un site sauvage non loin du Mas-Sarrazin, 
grâce aux libéralités de Raoul le Vieil, prince de Déols. 
Kn 147Ô, Gabriel du Mas était promu à fépiscopat et 
une bulle de Sixte IV, datée du 5 avril, le nomme 
évèque de Mirepoix'. Il occupa ce siège jusqu'au 
15 juin 1486^ époque à laquelle il fut nommé à Péri- 
gueux, s'il faut en croire les auteurs de la Gallia chris- 
tiana. C'est pendant qu'il était évèque de Périgueux et 
seulement le 9 mai 1497, que lui fut conférée une 
dignité recherchée, celle de trésorier de la Sainte Cha- 
pelle de Bourges. Ce n'était pas une charge à dédaigner 
que celle de conservateur de tous ces trésors que le duc 
Jean avait réunis dans la « chapelle du Saint-Sauveur 
du palais de Bourges ». Les titulaires nommés par le 
roi avaient été jusqu'alors, presque tous, des évoques 
ou de futurs évoques, et le duc de Berry, entre autres 
avantages, leur avait concédé deux prébendes et la 
jouissance du manoir d'Ouzy ^ 

Quelle que soit la date de cette nomination et sa con- 

1. BuHOT DB KFRsiRâ. i6iV/., canton de Châteaumeillant. 

2. Gallia christiana. t. XIH, p. 273. 

3. Raykal, Histoire du Berry, 1. VI, ch. ii. 



96 ESSAIS BISTOKlÛtlES ET GÉNÉALOGIOUES StJR Lfi 

cordance avec celle de Tévèché de Périgueux, îl est 
certaiD que Tévèque ne pril pas aussitôt possession de 
ce dernier diocèse et qu*ii Tadministra d'abord par 
l'intermédiaire d'un tiers Ml résida probablement pen- 
dant cette période dans la province du Berry et sans 
doute il fit de fréquents séjours dans le château de Tlsle 
qui appartenait alors à son frère Jean. C'est là que, le 
15 novembre i495, nommé à cet effet par une bulle du 
pape Alexandre III, donnée l'année précédente, il pro- 
céda à l'érection canonique de deux vicairies sollicitées 
par Jacques de Beaujeu, seigneur de Linières*, pour 
être établies dans la chapelle de Saint-Philippe et Saint- 
Jacques, dépendant du château de ce seigneur '\ 

Dans son diocèse de Périgueux et alors qu'il n'y ré- 
sidait pas encqre, Gabriel du Mas eut des démêlés avec 
Tautorité urbaine au sujet de conflits de juridiction, et 
e différend se termina par une transaction en 14U0. On 
cite encore un aveu que lui rendit en 1497, nous ne 
savons à quel titre, Hugues de Savary, seigneur de 
Lancosme*. 

La date de la mort de Gabriel du Mas ne nous est pas 
connue, il avait été le dix-huitième évèque de Mirepoix 
et le soixantième évêque de Périgueux. 



1. Gallia chrisliana, t. H, p. 1.482. 

2. Jacques de Beaujeu, seigneur de Llnières, 1483-1516. conseil- 
ler et chambellan du roi, fils de François de Beaujeu et d*Anne 
de Culan. 

3. Dt'PRÉ, ms. cité. — Périgald, ms. cité. 

4. Gallia chrisHana, ibid. 



CfiATEAtI DE L*ISLC-SUt(-ABNON ET SES SEIGNEURS 91 



Pierre du Mas, un autre des fils du seigneur de l'Isle, 
se consacra également à TÉglise. Son rôle fut moins 
brillant que celui de Tévêque de Périgueux, mais il eut 
une portée autrement considérable et un retentissement 
qui dura longtemps. Ayant pria la robe de moine, ce 
jeune seigneur fut bientôt nommé abbé d'un monastère 
du voisinage, déjà célèbre, mais auquel il devait donner 
un nouvel éclat, le couvent de Cbezal-BenoU. 

C'est en 1093 qu'un religieux italien, le bienheu- 
reux André, disciple de Jean Gualberl, le fondateur 
du célèbre couvent de Vallombreuse, appelé par Eudes 
A rpin, le pieux comte de Bourges, et par Adalberl, Tar- 
chevêque de la province, vint faire une fondation de Tor- 
dre de Saint-Benoit, dans un lieu sauvage situé au milieu 
dévastes forêts etque Thorreurde son site avaitfaitbap- 
tiserdu nom de Chezal-Malan. Grâce aux libéralités 
des seigneurs du voisinage, à la puissante protection du 
nouvel archevêque de Bourges I.eodgaire ou Léger, et 
aux encouragements du pape Pascal H, Tabbaye de 
Dom André avait pu peu à peu s*a(Iranchir de la tutelle 
ecclésiastique que prétendaient exercer sur elle les clia- 
pUres voisins •, prendre une autonomie complète et 
acquérir une puissance qui s'étendait bien nu-dela de 
Va province. 



1. Le chapitre de Saiot-Cyr d'issouduo qui voyait avec peiue 
cette atteint*^ portée à sef privih^ges. Sur la Taçon curieuse dont 
^es moines de dom André surent se soustraire à cette autorité, 
cfr. Raynal, m i loir e du Berry, l. 111, ch. m; Pkrigaud, ms. cit. 

7 



98 ESSAIS UtSTOtllQtJES ET GÉNÉALOGlOUES SUH LE 

Mais, peu à peu, avec les années de prospérité, était 
venue cette période de dégénérescence de la vie mona- 
cale qui était générale au milieu du xv^ siècle et qui ne 
devait prendre fin que dans les épreuves de la Kéforme. 
Les richesses des couvents y avaient amené la corrup- 
tion dans les mœurs, le relâchement dans la règle, la 
paresse dans le travail^ l'abandon dans les études, la 
négligence dans les habiludes de discipline, de piété et 
de régularité qu'avait créées la si grande puissance civi- 
lisatrice des moines. 

Pierre du Mas fut un des premiers réformateurs, et 
son influence se fit ressentir bien en dehors de Chezal- 
Benoît. 

Il apporta dans la pratique de la vie monacale une 
ardeur à Tétude, une soumission à la règle, une rigueur 
dans Taustérilé qui le désignèrent bientôt pour diriger 
une abbaye. Entré d'abord dans un couvent que nous 
ne saurions désigner d'une façon précise, peut-être le 
château d'issoudun * ? il en devint bientôt prieur. C'est 
de là que le pape Sixte IV l'appela pour diriger, en 
qualité de trente-cinquième abbé, le monastère de Che- 
zal-Benoit. La nomination fut faite par un bref aposto- 
lique du 18 août 1479. Le couvent était dans un triste 
élat ; au relâchement de la discipline étaient venues 
s'ajouter les ruines matérielles que les guerres avaient 
apportées dans cette région. Les bâtiments du monas- 
tère n'étaient plus que décombres; ils venaient d'être 
pillés et incendiés par les Anglais, leur reconstruction 
s'imposait, mais la dépense était considérable et les re- 

l. La Gallia christiana dit : « abbatia de Castro », 1. 11, p. 165. 



CHATEAU DE L ISLR'SCn-AHNON ET SES SEI6!VEURS 99 

venus des moines ne pouvaient plus suffire. Aussi bien 
fa.llait-il une occasion favorable et celle-ci s'offrait au 
nouvel abbé. Pierre du Mas avait en eflet, ainsi que 
nous le verrons dans la suite, un frère puissant dans la 
personne de Jean, seigneur de llsle. Ce dernier jouis- 
sait d'un crédit considérable à la cour, aussi ce fut à lui 
que le vénérable abbé s'adressa^ et, grâce à cetle puis- 
sante protection, le monastère put être entièrement 
reconstruit. De ces travaux, il ne reste plus rien au- 
jourd'hui, un incendie ayant, de nouveau, au xviii'^ siè- 
cle, détruit le couvent de Chezal-Benott qui fut alors 
rebâti pour la troisième fois; mais, à certains détails du 
mobilier actuel de l'église qui, comme les stalles du 
chœur, datent de cette époque, on peut juger de l'œuvre 
matérielle de l'abbé du Mas. 

Une autre tâche, non moins importante, incombait 
à celui-ci : c'était d'apporler l'ordre intérieur là où il 
avait établi l'harmonie extérieure. Si des abus avaient 
pu s'introduire dans le couvent, c'est que la règle les 
avait laissé passer ; il fallait donc changer celle-ci, 
l'adapter aux mœurs nouvelles, non pas pour l'élargir 
et la rendre plus douce, mais bien plutôt pour la res- 
serrer et faire ses mailles plus étroites. 

Les couvents s'étaient perdus par leurs richesses : 
les donations, les généreuses aumônes, les fondations 
dont ils avaient été l'objet avaient amené la corruption 
dans leurs murs ; c'est la richesse qu'il fallait frapper. 
c La richesse, écrivait le pieux abbé, est la ruine de la 
« vie monacale, aussi voulons-nous que ni Tabbé du 
« couvent, ni aucun de ses frères ne puisse rien possé- 
(( der en propre, qu'il n'ait que ce qui lui sera distribué 



lUO iS^IS BISTOAIQUES ET GéHéALOGrOOES SCm LE 

M puur stfn Muls besoios, qo*il abandonne tout béne- 
« Hc«, tout avantage pariicolier. * » L*abbé da mona^* 
tort» iloit tout le premier donner Texemple da renoo- 
ci»iuent» t^l. pour lui faciliter la pratique de cette verto. 
«nii maniittt doit avoir uo temps, ne plus être à vie. 
v« \Hii i|u« 54)11 administration paisse s'armer d*ane 
H auti>nl(« plu» jcrande. et, ce qui est encore moins aisé 
. Jr lui donner, sVxercer avec plus de fruit, elle doit 
ti no [Hi< «Hre exposée à succomber sous le poids 
« d'ini^ tàcho incessante» encore moins se rendre 
M (KTo«ib)o ti Tor^ueil, à l'ambition ou à toute aolre 
M |Ki««uMi utVuibl lisante. L*abbé n'est pas nommé pour 
M v|uo «on titre soit à sa personne un motif de gloire et 
M i) honneur. *<u mission est de servir le couvent. Il doit 
VI lanv «l».<lrttclion do tout ce qui se rapproche de sa 
« |»oi «on no Akm' autrement, c*est agir pour sa propre 

l»orlo ot pour la porlo de ses frères*. » 

Il l'ut luit cerlo^ uno grandeur d*àme peu commune, une 
i*iin»lo do nnvur^ a toute épreuve et une autorité que 
donno soûl le renom de la vertu pour établir de telles 
u^«&lo< t\*llo«i peuvent ^mraUre simples aujourd'hui, 
HMiH ilun« le< lenipsoù l'autonomie locale existait en- 
tHiio pto«\|uo uUo;:ralement ilans la vie civile, la vie 
%i*ià&neuruilo ol Ui vie reli:;ieuse, ces lois faisaient une 
i^Vv»lutu»n couipUMe aveo Telal des mœurs. 



I h»to*il iurv« iviuvrimut U» iibbayes de Chexal-Benoit. 
Iii*l» y\wê tui»b«rt. Panv MIKXLWIY. » Extrait des régle- 
iiu \\\% \W \*wtt\'' d\i )àt\% pour la rtrforiue de Chezal-Benoit : 
iU<i<U*iii«ut <ur W V h.\p. Xt Uo U rèt^le tle saint Benoît Bibl. nat.. 
Hv|M' ta. \^K x\- U 

i Itiut U^gtouu'ut "«ur le chapitn* 64 «io la régie de saint 
iWuotl • do or\tniaudv> «ibbate •. 



CHATBAU DE l'iSLE-SUR-ARNON ET SES SEIGNEURS 101 

Poar donner plus de poids à sa réforme, le vénérable 
l^ierre du Mas sollicita des lettres d'approbation du 
Souverain Pontife. Le pape Innocent YIII députa pour 
étudier ces statuts Tarcbevèque de Bourges Pierre 
Cadouet et le 9 mai 14... ce prélat les approuvait solen- 
nellement et les imposait à tous les religieux dépendant 
de Ghezal-Benoft. 

Cette réforme devait avoir un retentissement consi- 
dérable ; de nombreux couvents d'hommes et de 
femmes vinrent se ranger sous la règle de Pierre du 
Mas et formèrent a la congrégation de Chezal-Benoit ». 
Ce furent les monastères de Saint-Sulpice de Bourges, 
de Saint-AIire de Ciermont, de Saint-Vincent du Mans, 
de Saint-Martin de Séez, de Saint-Martin de Tours, 
de Sainte-Colombe de Sens, de Saint-Germain des Prés 
de Paris, de Saint-Laurent de Bourges, de Saint-Pierre 
de Lyon, de Notre-Dame de Nevers, dlseure près de 
Moulins, de Charenton en Berr>' K Plus tard, enfin la 
congrégation de Chezal- Benoît devait se confondre 
dans celle' de Saint-Maur dont les membres par leurs 
savantes recherches et leurs travaux d'érudition ont su 
accumuler tant de précieux monuments historiques. 

La Règle de Pierre du .Mas subsista jusqu'à l'époque 
011 Richelieu, dans le but que l'on sait, sécularisa, à 
son profit, tant de couvents et d'abbayes et se fit nom- 
mer administrateur général de Chezal-Benoit, au tem- 
porel et au spirituel. 

Le vénérable descendant des seigneurs de l'isle, ne 

1. Raynal, Histoire du Berry, 1. VII, ch. v. — La Thaumas- 
srëRE, toc, cit., I. X, ch. XVII. — Cartier db Sautt-Rbivé, Histoire 
du duché de Charost, passini. 



102 ESSAIS BISTORIOUES ET GÉNÉALOGIQUES SUE LE 

devait pas assister à Tépanouisseinent de son œuvre. 
Sa tâche accomplie, il terminait une vie si bien rem- 
plie, laissant à la Providence le soin d'étendre les 
rameaux de l*arbre qu'il avait planté. H s'éteignit dans 
son monastère de Chezal -Benoit et fut enseveli, le 
25 mars 1491, dans le chœur de l'église, au milieu de 
ses frères. Sur sa tombe on grava ces vers : 

Hic generose JaceSy Petre du MaSj quo Benediclum 
Pâtre Casale novum cœpit hahere decus : 

Quique reformator lantoi novus inler abusus 
Denique prodieris^ fama perennis erit, 

N&mpe secunda libi debetur gloria, teque 
Germanum Andréas Hte vocare potesi,^ 



A côté de ces deux hommes d'Ëglise, un homme 
de guerre : Jacques du Mas, frère des précédents. Il y a 
tout lieu de croire que celui-ci habita peu le château 
de risle, toujours est-il qu'il n'en fut jamais qualifié 
seigneur. 

Nous verrons en traitant de son frère aîné, Jean 1®', 
seigneur de Tlsle, de quelle grande faveur celui-ci 
jouissait auprès du roi. Mais à Tavènement de Louis XI, 
il est certain que les du Mas étaient au nombre des 
seigneurs qui, enrôlés sous la bannière du duc de 
Berri, cherchèrent à défendre leurs prérogatives sei- 
gneuriales contre la politique autoritaire du monarque. 



1. GalUa christianay foc. cit. Le louibcau de Pierre du Mas 
n existe plus depuis longtemps. Nous laissons à Tauteur cité la 
responsabilité de l'épitaphe qui sent le xvui* siècle. 



CHATEAU DE L*lSLE-SUR-ARNON ET SES SEIGNEURS i03 

Si Jean ne tarda* cependant pas à abandonner le parti 
des rebelles, Jacques au contraire, suivit jusqu'au bout 
la politique du plus grand ennemi du roi, et resta un 
fidèle compagnon de Charles le Téméraire. 

En 1465, il était sous les murs de Monllhéry déjà 
connu par sa bravoure, nous dit le chroniqueur. Dans 
cette bataille restée indécise, il marchait avec l'infanterie 
du Comte de Charolais '. 

Il dut suivre ce dernier dans toutes ses expéditions, 
et lorsque son maître fut devenu duc de Bourgogne, il 
fut récompensé de ses services par d'insignes faveurs. 
En 1471, Charles le Téméraire lui donna la terre de 
Navilly telle que la tenait Baudoin, soi-disant bâtard de 
Bourgogne ', et sans doute il lui fit d'autres dons, car 
la succession de Jacques du Mas devait être impor- 
tante. Il le nomma quelques années après son écuyer 
d'écurie, (1475) puis le fit son porte-étendard et l'ho- 
nora d'une amitié toute particulière. 

Mais Jacques du Mas ne devait pas survivre à son 
maître. C'est quand l'adversité s'attacha aux pas de 
Charles le Téméraire que ce hardi chevalier devait 
succomber en cherchant à opposer sa bravoure à la 
fortune qui s'acharnait contre le duc de Bourgogne. 

On sait que peu de temps avant le désastre de Nancy 
qui devait coûter la vie au duc, celui-ci éprouva deux 



1. CoMMLNES, Mémoires,, 1. l, ch. m. 

2. Mémoires dOfivier de la Marche, maître d'hdlei et capitaine 
des gardes de Charles le Téméraire, éditioa publiée par la 
Société de Thistoire de France : y voir la noie d'après Pbiiicedé, 
Recueil de Bourgogne, xxv-739. et Gingins la Sarra, Dépêches 
des ambassadeurs milanais, ii-332. (Nous n'avons pas pu contrô- 
ler cette dernière source.) 



104 ESSAIS HISTOBIQCES ET GÉNÉALOGIQUES SUR LR 

échecs considérables dans la campagne qu*il avait 
enlreprise contre les Suisses. Battu une première fois 
à Granson, il essaya peu après une déroute complète à 
Morat. C'est là que le duc de Lorraine qui, à l'instiga- 
tion secrète de Louis XI, s'était mis à la tète des 
troupes suisses et allemandes, après avoir, dans la 
matinée du 22 juin 1476, harcelé dans une série d'es- 
carmouches les Bourguignons retranchés près de la 
ville, fondit sur eux au moment où ceux-ci, croyant 
l'engagement terminé, rentraient dans leur camp, 
déposaient leurs armes et se préparaient à prendre 
leur repas. Cette attaque, aussi prompte qu*inallendue, 
répandit dans les troupes de Charles le Téméraire une 
terreur si grande que celles-ci épouvantées, sans cher- 
cher à se rassemhler, se dispersèrent aussitôt dans 
toutes les directions, ne regardant ni le lac voisin où 
un grand nombre se noya, ni les marais où, empêchés 
par le terrain fangeux, ils devinrent les faciles victimes 
des assaillants. 

Inutilement les chefs de l'armée bourguignonne 

cherchèrent-ils à rallier les fuyards et à ranimer leur 

courage: leurs efforts s'épuisèrent en vain et ils ne 

purent que mourir en héros. Jacques du Mas fut de 

ceux là. Grand étendard de Charles le Téméraire, il 

déployait sa bannière pour ramener les soldats éperdus; 

■^ais pour Tennemi, les couleurs du duc étaient un 

*^^\jet de convoitise et c'est autour d'elles que la bataille 

^*^ faisait avec le plus d'acharnement. « Mais ce très 

** «ardi et vaillant gentilhomme ne voulut oncques 

* tourner le dos aux ennemis, ni rebourser » (rebrous- 



CHATEAU DB L'iSLE-SUR-ARNON ET SES SEIGNEURS 105 

ser)*. Couvert de blessures, il tenait toujours son 
étendard droit et ferme pour servir de signe de rallie- 
ment. S'il ne put enrayer la déroute, il eut au moins la 
suprême consolation de remettre le précieux emblème 
entre les mains de son maître, puis il expira'. « Et ce 
ce ainsi, ajoute un autre chroniqueur, eust le duc de 
« Bourgoingne la fortune deux fois contre luy ; et là, 
ta moururent le comte de Marie, fils du conte de Saint- 
ce Pol, et ce bon et vaillant escuyer Jaques du Mas, 
« Testendard du duc de Bourgoingne en se* bras que 
« oncques ne voulut habandonner\ »> 

Ainsi fut tué ce courageux enfant du Berry dont il 
faut regretter de voir la bravoure s'être épuisée à un 
autre service qu'à celui de son roi ; faute qu'il partagea 
avec bien d'autres seigneurs de son temps, mais dont 
la responsabilité doit certainement être atténuée en 
raison des mœurs de l'époque, et aussi de cette poli- 
tique dominatrice^, fausse ci tortueuse par laquelle le 
roi Louis XI tout en établissant l'unité du royaume, 
s'aliénait nombre de cœurs vaillants qui. autrement, se 
seraient consacrés au service de la France. 

Jacques du Mas ne s'était sans doute pas marié, car 
« après son trépas à Morat, ses biens qui n'étaient pas 
« petits furent envoyés à son frère Jehan du Mas, 
« chambellan de Mons. de Beaujeu, comte de Cler- 
« mont*. » 

1. Journal de Jiau de Roye {Chronique scandaleuse), interpo- 
lations et variantes rédigées par Jean le Clerc, en 1502. édition 
publiée par la Société de l'Histoire de France, t. lï, p. 359. 

2. DA!fiBL, Histoire de France, Paris, MDCCXXIV, t. IV, 
n'» 489. 

3. Olivier de la Marche, ibid. 

«. Journal de Jean de Roye, ibid. 



108 ESSAIS HISTORIQUES ET GÉNÉALOGIQUES SOR LB 

Mais le roi devait pardonner ces écarts de jeunesse. 
Si le Berry et le Bourbonnais furent les provinces où la 
rébellion s*exerça avec le plus d*animosité, c*est là aussi 
qu'elle fut le plus vite apaisée. Louis XI 8*y rendit en 
personne, il visita Linières, Le Ghàtelet, Chàteaumeil- 
lant, Culan, mais au lieu d*user de rigueur après la 
victoire, il crut plus politique de s'attirer les sympathies 
en dislribuant des faveurs. Nous ne savons si Jean du 
Mas combattit avec le comte de Sancerre et les autres 
rebelles, s*il prit part à la défense de ce château de 
M ontrond, que, par lettres datées de Linières le « ix jour 
de may (1465) » le roi qualiûait d*une des plus belles et 
des plus fortes places du Berri^ 8*il prit part aux com- 
bats de Châteauneuf-sur-Cher, et aux autres engage- 
ments qui se donnèrent dans le voisinage, mais on peut 
dire qu'en 1465, Louis XI passa certainement devant le 
château de Tlsle, alors au père de Jean du Mas, et que 
son attention étant attirée par le sommet des tours du 
castel, dans un moment où sa politique inclinait vers la 
clémence, peut être résolut-il de comprendre la famille 
de son seigneur au nombre de ceux qu'il allait s'atta- 
cher par ses bienfaits. 



1. Arch. nal. J. 4 02t publiées par Quicherat. Coltecf. des 
documents inédits, mélanges historiques^ l, H. p. 253-25i. — 
V. Public, de la Société de THistoire de France, Lettres de 
Louis À7, t. II, p. 286 et suiv. — V. aussi sur le séjour de 
Louis XI à Liniéres. trois lettres de ce monarque que nous 
croyons inédites. Bibl. nat., fond Bourrée, manuscnts f. fr. 
20,496. N°« 25, 26. 27. 



CHATEAU DE l'iSLE-SUB-ARNOR Et StS SEIGNEURS 109 



Quelques années après nous retrouvons Jean du Mas 
comblé d'honneurs. Louis XI l'avait attiré à sa cour et 
l'avait attaché à la maison de sa fille Anne de France 
qu'il devait, en 1475, donner en mariage à Pierre de 
Beaujeu, plus tard duc de Bourbon. Anne de France 
avait conçu pour la fîlle du châtelain de Tlsle, Jacque- 
line, une grande amitié; elle avait été « nourrie avec 
elle )> ^ ; elle s'était attachée à cette jeune compagne et 
lui avait prodigué les témoignages d'une sympathie qui 
devait rejaillir sur toute sa famille. Pierre de Beaujeu, 
après son mariage^ attira Jean du Mas et nous verrons 
celui-ci associé à toutes les grandes entreprises du duc. 

Mais Louis XI avait déjà commencé la fortune des 
du Mas. En 1475, nous voyons ce dernier, écuyer d'écu- 
rie du roi, fonction à laquelle était attachée une pension 
de i,000 livres, puis capitaine des places de Mauzain, 
Alaize et Vertoizon et appointé à ce titre de 500 livres*. 
Enfin il allait bientôt se voir Tobjet de nouvelles faveurs 
comme prix des services chers à Louis XI : l'accom- 
plissement d'un de ces acies de rigueur, sinon de jus- 
tice, qui tenaient tant au cœur du vindicatif monarque. 



1. Contrat de mariage de Jacquelioe du Mas et de Gilbert de 
Levis. Arch. nat., titres de la maison ducale de Bourbon, ms. 
sur parcliemin P. 1.397 ', cote 1,148. Nous aurons l'occasion de 
revenir plus loin sur cette pièce. Mail les dates ne permettent 
pas de prendre cette assertion au sens liltéral. Anne de Franco 
naquit en 1462 et Jacqueline du Mas, nous le verrons, ne serait 
née qu'en 1480. V. Bibl. nationale, nis. f. fr. 2,408, p. 1.829. 

2. AN8ELNS, Généalogie de la maison de France et des grands 
officiers de la couronne j t. VIII, p. 879. 



I 



KO ESSAIS fflSTOBIQCFS ET GéHÉALOGIOUCS SCI LE 

tt ^o^isu^^ ^^ punir la trahison de Jacques d'Arma- 
gnac, duc de Nemours. On sait qae ce seigneur, malgré 
U*» biontuiU du roi qui, à son avènement Tayait marié 
.1 ^ (in)pre dlleule Louise d'Anjou, lui avait assuré des 
ilnulîi v»i)ntosU»s sur le duché de Nemours, lui avait con- 
lit' uni' iiiifuirianle mission en Roussillon, qui. en on 
îtiot. fit» d«*mandait qu'à grandir sa fortune, n'avait pas 
rnuiil If n)rapre avec '^on souverain, d'entrer dans la 
h Situ» ihi Bit»n -Public, et, alors que Louis XI l'envoyait 
pour MMimclirt' le»^ reb»*lles. de faire cause commune 
ivcc «Mi\ Pnnlonne pour celle faute, peu de temps 
M»n< Jac'pit'^ (l'A rmaarnac Irailait avec Charles le Témé- 
»*niiv 'l ne vlisv<imulail pas s^^n dépit en apprenant que 
(r liiv» vif Bour^ojrne axait laissé échapper le prisonnier 
Ar IN inuint* Nouveau panion du roi, nouveau serment 
k\v ti.l. !»t^\ mai^ .iu<^i nouvelle trahison : à quelques 
;nu»^ kic iii>lancc Nemours entretenait des négociations 
.i\ro 'ovoinit» vie Saint-Pol dans un but qu'il lui fut 
nin«o<Ni 'If *i^ iii<^itnuler. L'exécution du connétable 
^l.'vtiil nionlrrr d <on complice que la fortune se tour- 
iMit m»m(m''ui iihtnf >;m< remis-ion. Jacques d'Arma- 
;«Kif vlc»tiaii«ta «Mirorv une fois pardon à Louis XI en 
t\inou'»airl un rcj^entir que le désespoir de sa cause 
nMuKiit prolMbUtncut sincère. Mais le roi, voyant que 
'vi ruM* v'iail ilcM'nuo inutile, résolut d'abattre ce sujet 
XI MHiNcnt n belle. Celui ci s'elail réfugié dans son châ- 
teau de tatlal. f>Uoe forte presque inexpugnable, 
plantée a pie ^ur un rocher des montagnes de l'Avey- 
i\»n. C est la quf Louis XI dépécha son gendre, Pierre 
de Iteaujeu» pour s'emparer de la personne de son 
ennemi, au moi^ de février 1176. Beaujeu avait avec lui 



CBATEAU DE l'iSLE-SCR-ARNON ET StS SEIGNEURS lll 

une imporlante escorte commandée par ses meilleurs 
compagnons au nombre desquels nous trouvons Jean 
du Mas^ seigneur de Tlsle '. Le duc de Nemours se sen- 
tant perdu, dépêcha pour faire sa soumission, deux de 
ses serviteurs jusqu'à Aurillac où s'était arrêté Pierre 
de Beaujeu. Satisfait, celui-ci se contenta de faireavan- 
cer jusqu'à Cariât une centaine d'hommes commandés 
par Tanneguy du Châtel, vicomte de la Bellière et Jean 
du Mas, seigneur de Tlsle pour, au nom du roi, mettre 
nnain sur la forteresse. D'Armagnac voulut encore par- 
lementer, et afin de tenter d'apitoyer les envoyés de 
Louis XI, il 6t avancer à leur rencontre sa femme 
Louise d'Anjou, grosse d'un enfant qui, peu de jours 
après, devait lui coûter la vie; celle ci les conjura de 
voul^r bien entendre son mari avant de s'emparer du 
château. La Beliière et Jean du Mas, touchés de cette 
démarche, mais ne pouvant pas enfreindre les ordre?, 
promirent à Madame de Nemours de retourner à Au- 
rillac et de faire part de sa demande. Ils partirent donc 
tous les deux, et revinrent peu de temps après, sans 
armes, à titre de simples mandataires prêts à prendre 
acte de la soumission bénévole qui allait leur être faite. 
Ils reçurent en effet Jacques d'Armagnac, mais dès les 
premiers mots de l'entretien, ils lui annoncèrent qu'il 
eût à remettre entre leurs mains, sa personne, ses en- 
fants et ses biens. Nemours protesta, mais sur ces en- 
trefaites, Pierre de Beaujeu arrivait, il fallut se sou- 
mettre. On rédigea une sorte de convention par laquelle 

B. DE Mandbot, Jacques d'Annagnac, duc de Semours. 
Revue hislotique, 1890, n<» 88. p. 275. — Pour tout ce qui concerne 
cet épiiode, v. Revue historique, n»» 87 et 88, passim. 




It^ ESSAIS nUToniQUES LT GÉNÉALOGIOUES SCit LE 

«rArinagnac s^engageail à rester dans son châleao «oas 
l«4 jaunie de ses gens et la surveillance des envoyés da 
ivK jusqu'à ce que celui-ci en ail décidé autrement ; il 
«ti tiKuidail en écliange quelques garanties pour lui, sa 
1 4 mille et sa Tortune. On expédia à Louis XI un envoyé 
j'vi Ifur de cet acte de soumission que Pierre de Beaa- 
h 1*. par déférence, voulut bien nommer un traité, et 
tmii du Mas, ayant assemblé les hommes d'armes et 
U"^ lipitainos du château, leur fit prêter entre les mains 
^in b lilli »le Saint Pierre-le-Moulier, serment de fidélité 
mi roi de France. 

Nous ne suivrons pas les diverses étapes du lonir 
•*MM>rode Jacques d'Armagnac. Si son ingraliluiie 
fntil ete eomplèUs si ses Tantes étaient sans excuse, la 
i> l«ri^s>ion devait être terrible, et la légende s'empara 
biriiUNl de ce que son supplice eut de cruel pour voiler 
♦ ♦* qu'il pouvait avitir de mérite. Aussi bien n'insiste- 
rmi^ nous que sur les points du procès dans lesquels le 
•»*ittiieur de Tlsle fut appelé à jouer un rôle. Conduit 
«i iiliurd à Vionne, puis à Lyon, Nemours fut enfermé 
******* "*^ ^^^* ^*«*!^ cachots ci>mme savait en découvrir la 
Vt'iiK'^anoe du roi, et là il subit les premiers interroga- 

U^utê, Quelques temps après, on le transféra à la 

NiMlllle Saint-Antoine, et Louis XI, redoutant Tindui- 
»^»n"ti du Parlement de Paris, nomma une commission 

•'iH'Maio pour instruire sur le crime de lèse-majesté. 

,1''*'**""''^'*^*'' ^HMuinission que siégea M. de Tlsle»; 

* ** *^'»'t eompi^st.^. Uu Chancelier, de Louis de Gré- 

'*♦*«♦ ilu Mas ^ ^**'tea otticiels du temps nouimeut souvent 



CHATEAU DE L'ISLE-SUB-AENON ET SES SBIGNEUES 113 

>riUe, seigneur de Montaigne; de Jean du Blossel, 
seigneur de Saint-Pierre; de Boffile de Juge, vice-roi 
de Roussillon et de Cerdaigne, de Jean du Mas, sei- 
gneur de risie* et d'un certain nombre de conseillers 
3u Parlement. Nous ne croyons pas que du Mas ait joué 
un r61e très actif dans ce tribunal d'exception qui se 
borna surtout à entendre des dépositions, à déjouer 
une tentative d'évasion (qui valut au prisonnier d'être 
enfermé dans une cage étroite), et à provoquer des 
aveux complets. L'instruction terminée, la cause fut 
remise au Parlement. Nous sortirions de notre cadre 
en insistant sur tous les incidents de procédure, conflits 
de juridiclion, exceptions d'incompétence, etc., etc., 
qui surgirent dans le cours de ce douloureux procès. 
Disons seulement que, pour en finir, Louis XI évoqua 
l'afiaire par devant lui ; mais, par un sentiment de 
dignité, facile à comprendre, il délégua pour le rem- 
placer Pierre de Beaujeu qu'il chargea de .présider un 
tribunal composé de la première commission d'enquèle 
(ce qui replaça Jean du Mas au nombre des juges), du 
Parlement convoqué à cet effet et de certains membres 
du conseil du roi. C'est à Noyon que l'on se réunit pour 
discuter la peine à appliquer. J^lusieurs des juges se 
récusèrent ; nous ne voyons pas le nom de Jean du Mas 
fîgurer parmi ceux-ci. Est-ce parce que Louis XI avait 
pris ia précaution de distribuer par avance les dépouil- 
les du condamné et que le seigneur de l'Isle figure 
parmi les bénéficiaires? La sentence qui condamna 



1. Procès du duc de Nemours, arcb. nat. Reg. X, 2> 51, cité 
B. de llandrotf ibid. 

8 



lr.«chée fut prononcée le 29 jom 1«T et 

cuue le 4 «OUI suivant. devaient 

Uroiavait à favance récompense ceu-q« ^^ 

..mrdiustrumentàsavengeance.etcene ^F^ ^^ 

do, moindres scandales de ce P^«^,^ j; ' ,,anl le 
Uon, de laccusé donnés aux J«/«« ^«"^'^^jf ^0 février 
,.„.„.»ce de la sentence. Jean du Mas, ^«/^^^^^^ ^t 
I i^7. s-etait vu attribuer la seigneurie de V.gour 
U vu'vnuté de Murât». - Xi 

„ e,t vrai quun mois après l'exécution Lou s X^ 

ra ce* donations ; mais il ne -»8'f;;,P^7Jbe. 

.r.,«. conUruiation. et le salaire avait Précédé »atâcb^^ 
r otail du rt«sle «ne jolie part pour »« ^«'f* j„ 
, ..... : la viconue de Murât, aujourd'hui dépendant J 
.„,«rte„u>ut du cantal, était -»-.^« ^^^J/^fJ^^er 
l.,nle« movonue 2.400 livres tournois». 11 faut a) 

I» l»arUM«enl n'admit jamais la validité des oo 

U,.n.; il en roMilta, pour plusieurs des bénéficiaire^ 
a*» |.nHt\< dan» lesquels nous ne savons si la ^"^*''" 
•..• Murât lut impliquée. Du reste après la mort 
...II.» XI. l'opinion publique que les circonsUnces 
.•vtiible» lie ce pioct^s avaient remplie de commisération 
|...tiv lesuloux niallieui-eux orphelins qu'avait faiU le 
Itxurrtuui. porta naturellement Charles VlU à faire 
rixilrer ceux-ci en possession de l'héritage paternel. 
AiiMi Itou» voyons, en 1485. Jean d'Armagnac s'inli- 
liil»«r vicomte de Mural. Jean du Mas ne devait donc 
l'In» poitsedcr celle seigneurie. 

' ANaKtMi, im\ cil. — Mankrut. loc. rit. 

t. BIbl. lui., iiM.. r. (f. I0.8:i5. cito par B. de Mandrot. ibid. 



CBATBAU DE l'ISLE-SUB-ABNOR BT SES SEI6NBUBS 145 



Vers la même époque, le seigneur de Tlsle qui ne 
c|uiitait guère la cour et était tout dévoué à Louis XI, 
semble avoir été encore l'instrument de celui-ci pour 
mener à bout un autre dessein du roi. Il s*agissait 
pour le roi de faire épouser sa fille, Jeanne de France, 
a.u futur Louis XII^ son cousin le duc d'Orléans. La 
princesse n'avait qu'un an lorsqu'elle fut fiancée, et à 
peine douze ans lorsque le mariage fut célébré ; si elle 
donnait déjà l'exemple de toutes les vertus^ elle était 
difforme et disgracieuse de toute sa personne. Louis 
d'Orléans n'avait que quinze ans et les qualités mora- 
les devaient être de peu de poids dans le choix qu'il 
avait à faire; aussi ne donna-t-il son consentement au 
projet de son royal cousin qu'après de longues hésita- 
tions, qu*il devait plus tard faire envisager comme 
n'ayant cédé qu'à une véritable.contrainte. Un de ceux 
quiparaissentavoiragi d'une façon décisive pour arra- 
cher la volonté du duc d'Orléans, est incontestablement 
Jean du Mas. Le seigneur de Tlsle reçut-il dans ce but 
une secrète mission de Louis XI? Voulut-il seulement 
faire sa cour à son maître ou à sa protectrice Anne de 
. Beaujeu qui désirait ce mariage? Rien ne le dit; mais 
son r61e semble avoir été concluant. 

C'était le jour fixé pour la cérémonie : l'évèque 
d'Orléans, François de Brilhac, qui allait conférer le 
sacrement aux fiancés, prend à part le duc d'Orléans 
en présence de deux seuls témoins : Jean du Mas, 
seigneur de Tlsle et un autre personnage muet. Devant 



116 ESSAIS HISTOBIQUES ET GÉlléALOGIOUBS SUR LE 

rirrésolotion da prince, il croit devoir Jui exposer la 
gravité de l'acte qui va s accomplir, lui montrer les 
liens de consanguinité qui Punissent à sa future, et lui 
déclarer, qu^alors que sa liberté est encore entière, il 
ne doit pas s*engager sans une réflexion approfondie. 
Tout d*un coup et brusquement, ces paroles son inter- 
rompues : c'est Jean du Mas qui intervient ; il semble 
craindre de voir les exhortations de l'évèque triompher 
des hésitations du duc, et se tournant vers François de 
Brilhac il Tapostrophe avec ces paroles pleines de me- 
naces : u Taisez-vous, par le diable! vous en pourriez 
bien trop parler. » L*évéque semble comprendre et 
s'adressant à Louis d'Orléans il se borne à lui dire : 
« Monseigneur doncques, estes-vous délibéré de passer* 
outre, u Et Louis répondant : « // nCest force et n'y ai 
remède^ »> on procède de suite à la cérémonie'. 

La scène est ainsi rapportée dans la déposition de 
Tévéque François de Brilhac lorsque plus tard Louis Xli 
fit casser son mariage, déposition tendant à prouver la 
contrainte morale, cause de nullité, et si le témoin 
insiste sur le rôle de Jean du Mas, et rapporte tex- 
tuellement ses paroles, c'est sans doute pour faire res- 
sortir rinexorable influence qui présida à cette union 
et dont le seigneur de Tlsle est présenté comme Tins- 
trument. On pourrait objecter à l'authenticité de cette 
intervention que cette déposition aurait pu être inven- 
tée pour les besoins de la cause. Il ne le semble pas, 



1. Procédures politiques du règne de Louis XII, publiées dans 
la coUectiou des documents sur Thistoire de France. Procès en 
divorce du roi et de Jeanne de France, déposition de l'évèque 
Brilhac, p. 1,018. 



CHATBAU DE l'|SL£-SUR-ARNON ET SES SBI61IBURS 117 

car si les défenseurs' de la reine, avec un courage 
qu'on parait méconnaître, ont énergiquement réfuté 
plusieurs allégations d*un ordre plus intime, qui furent 
portées au procès et qui rendirent le divorce encore 
plus odieux, nous n'avons trouvé, dans les pièces de 
procédure que nous avons parcourues, rien pour 
démentir la véracité de Tintervention de Jean du 
Mas. 

§ 

Les devoirs politiques et les complaisances du cour- 
tisan de Louis XI n'empêchaient pas M. de Tlsle de 
s'occuper de la gestion de ses affaires en Berri. L^Isle 
relevait féodalement de Linières. Jean du Mas voulut 
se soustraire à cette tutelle dont le plus grand désa- 
vantage était de lui retirer certains revenus. C'était en 
effet le seigneur de Linières qui exerçait, sur le do- 
maine de risle, les droits de guet et de justice '. 



1. Il est assez piquant de rappeler que le principal avocat de 
Jeanne de France fut François de Betboulat dont la famille 
devait plus tard tenir un rôle important dans celle des seigneurs 
de Prévert, château situé en face du château de Tlsle sur Tautre 
rive de TAmon. Voir ce que nous disons des seigneurs de Pré- 
vert dans notre travail intitulé : Extraits des registres parois- 
siauT de la commune de Touchay. Saint-Amand, 1894. 

2. Le droit de guet reiiiontaft au recours qu'eurent les habi- 
tants des campagnes au seigneur dont ils dépendaient pour 
venir s'abriter, pendant les guerres, derrière les murailles du 
château. En revanche les protégés devaient faire le guet pour 
prévenir les surprises et les attaques imprévues de rennenii. 
Peu à peu le m guet • fut remplacé par une redevance en argent 
ou en nature qui subsista même lorsque les temps troublés 
eurent disparu. 

Le droit de justice consistait, sous le nom de haute justice 
k connaître de tous les crimes punissables de mort et toutes let 



l IH WSBAB BI9P10IIQr8B KT SÉSÉ4U«QI7KS Sn IM 

Os deux (Iroita à l'époque où noas soaaiii^s se tn- 
•iuisaieflt par des bénéfires âerienx, ils étaient de plo< 
a marque «fane importance que Jean du Mas chercha 
m lioaner a àa terre de V\a\e, Aussi entra->l-îi en négo- 
Mation avec François de Beanjeu, seigneur de Linières, 
pour les acquérir. En effet, en 1476, celui-ci ▼endait à 
Jean du Mae, moyennant la àomme de f âOO livres, les 
tmits de justice haute, basse et moyenne, ainsi qoe le 
imit de ;niet] «^u'U exerçait sur la terre de llsle, à la 
«condition, cependant que l'appel relèverait du hailli de 
Linièrcî; ' . 

Oueiques années après, Louis XI, qui avait nommé 
Jean du Vas son conseiller et chambellan, cooârtnait 
cette vente par lettres de juin 1483, et en même temps 
li [:ii permettait de créer quatre foires par an dans la 
!t*rre qu'il possédait à Tvoy en Berri et par conséquent 
/autorisait a prélever les droits qui en résultaient. 



Lorsque Louis XI mourut en 1483, la fortune de 
lean du Mas ne subit pas d'atteinte. Le seigneur de 
llsle était le favori du Duc et de la Duchesse de 
BourboD, et ceux-ci le 6rent entrer dans le conseil de 
la régence qui leur était confiée. Ce n'était pas une 



fAuses cÎTiles sauf les cas réservés aux tribunaux spéciaux. La 
moyenne justice connaissait de tontes les actions dont les 
Amendes ne dépassaient pas certains chiffres, enfin la basse 
Justice s'étendait sur toutes les matières dont Tamende ou Tini- 
piirtance n'atteignait pas le taux réservé à la moyenne justice, 
t. Abbé Péeigacd, ms. cit. — Aiiselhi. loc. cil. — Purquoi de 
GkaBLODX, loc. et/. 



r.HATKAU DE L'iSLE-SUH-ARiNON ET SES SEIGNEURS \\9 

simple place honorifique que conférait celle nomina- 
tion : le conseil s'assemblait tous les jours et nous 
voyons la présence de « M. de l'isle » attestée dans 
presque tous les procès-verbaux des séances de Tannée 
1484. 

A cette époque il portait le titre de chambellan de 
Charles YIII et il venait d'être nommé bailli de Coten- 
lin \ charge qu'il occupa d'autant plus naturellement 
qu'il possédait dans cette province la terre de Tourville 
dont il portait le titre de baron *. C'est sous cette déno- 
mination qu'il reçut du roi, le 20 août 1486, le château 
et la place de Renneville. II dut, à ce moment de son 
existence, résider souvent en Normandie où il entrete- 
nait des troupes pourle roi, ce qui lui valut une pension 
de 2,000 livres ». 

Nommé déjà chambellan de Pierre de Beaujeu ^ il 
reçut de ce dernier, le 9 décembre 1488, la prévôté et 
la seigneurie de la Chapelle qui touchait sa terre de 
Bannegon en Berri. Il eut la faculté d'y avoir un sceau 
à contrat, mais il dut cependant payer 30 livres de rente 

1. V. ClairaiDbault : quittance de pension du 25 juin 1484, 
scellée d'uD sceau rond portant un écu à la fasce accompagnée 
de trois tourteaux, deux et un, timbré d'un heaume, surmonté 
d'une tète de lion couronné. — Dbmjiy, Inventaire des sceaux 
ClairamhauU, collection des documents historiques, p. 613. 

2. Anselme, loc, cil, 

3. Jean du Maf , seigneur de l'isle, chambellan du roi, donne 
quittance, le 19 avril 148 S, au receveur général Jehan Lallemant 
de 2 000 livres pour sa pension et son entretenement au service 
du roi. 

4. V. Arch. nat. litres de la maison ducale de Bourbon, 1,390 >, 
col. 477 1er, une lettre par laquelle Jean Dumas, seigneur de 
risle, conseiller et chambellan du duc de Bourbon, mande à 
Pierre de Thisy de procéder à plus ample information sur la 
limite de Thisy et de Ranchol, signé : ~ Dumas. 



420 RSSAIS HISTOHIOUBS ET GÉHAAIOGIOI^ES SfJB LE 

à son donateur. Cette donation fut expédiée le 22 mai 
1489 >. 

Mais la dignité la plus éclatante qu*il obtint, fut celle 
de Grand Maître réformateur des eaux et forêts de 
France, à laquelle il fut élevé par Charles VIII, le 
22 avril 1489. C*était là une des charges les plus impor- 
tantes de la couronne ; elle plaçait son titulaire au rang 
des grands officiers, en lui donnant la haute direction 
de tout ce qui concernait l'administration, l'entretien, 
la conservation des forêts réparties sur toute l'étendue 
du royaume. Cette fonction ne perdit de sa valeur que 
sous le règne de Henri III qui la divisa entre six maftres 
des eaux et forêts. Mais à l'époque que nous étudions 
elle était encore dans toute son intégrité : elle permet- 
tait à son titulaire de pourvoira tous les postes et offices 
qui dépendaient de son administration, sauf à ceux qui 
pouvaient être fiefiés et héréditaires ; prérogative im- 
portanle que Charles YIII, par lettres données à Vienne 
le 3 décembre 1490, conGrme expressément en faveur 
du seigneur de Tlsle. D*ailleurssi Ton considère que le 
prédécesseur de celui-ci dans celte charge avait été 
Louis de Laval, seigneur de Comper et de Chàtillon, 
gouverneur du Dauphiné, puis de Guyenne, de Paris, 
de Champagne et de Brie, chevalier de TOrdre du roi*, 
on peut voir que cette place était réservée aux grands 
seigneurs jouissant de toute la faveur royale. 

Jean du Mas était d'ailleurs de ceux-là ; il était de 
plus un des membres les plus assidus du Conseil de 



1. Ansklmb, loc. cil. 

2. MoRfiRi, Dicl. généal. 



CHATEAU DB L*ISLE-SUR-ARN01I BT SES SBIGNEUBS 121 

Charles YIII. Dans la plupart des actes émanant de l'au- 
torité royale, nous voyons la signature du monarque 
contresignée par celle du sieur de Tlsle, le plus souvent 
sous ce seul titre, ailleurs accompagnée de son nom et 
de ses autres qualités ^ 

Citons seulement; comme intéressant notre région, 
les lettres patentes du 3 décembre 1493 ' où le ce sieur 
ce de risle, Grand Maître et réformateur des eaux et 
« forêts » est témoin avec le sieur de Gréville de la 
confirmation des privilèges donnés en faveur des habi- 
tants de la basse cour du château de Linières. 



Mais si les revenus de Jean du Mas devaient être con- 
sidérables, il savait dépenser largement, et sa bourse 
était grande ouverte pour encourager les artistes de son 
temps. Nous avons tout lieu de croire qu^il Gt faire au 
château de Tlsle d'importantes réparations et que le 
bâtiment contenant Téléganle chapelle que Ton admire 
encore aujourd'hui fut, sinon construit, au moins res- 
tauré et décoré par ses soins dans le goût de l'époque. 
Il est probable qu'il fitenlreprendre également à l'église 
Saint-Martin de Touchay des travaux analogues dans 
le chœur et dans une chapelle latérale, consacrée à la 
Vierge, qui offre de grandes analogies avec l'oratoire du 



i. V. Us Pièces justificatives de l'histoire de Louis XII par 
G. DB Jauont. — V. aussi par exemple la nomination do maré- 
chal de Gié à la lieutenance générale d'Anjou le 20 octobre 1489 
rapportée en note dans les Procédures politiques de Louis XIU 

2. Abbé PÉRiOACD, ms. cité. 



1 



^22 R8SAI8 HISTORIOUBS ET GÈBtAÏÏJÛOëQV^S STfc l£ 

château et où nous avons vu qo'on de ses aneéirv» aï«i 



^té inhumé. 

En vériUble grand seigneur, Jean do Mms éUit msm 
»*<^nlemenl un amateur des arU mais aassi an lettré : l 
|)os»ôdait une importante bibiîothèqae de manoscnts 
dont on peut voir plusieurs précieux échantillons coa- 
Hflrvésa la Bibliothèque nationale». Ces livres sool te 
types hîrt plus ravissants des manuscrits enlamîoes di 
XV HiccUî. l/un deux», la Chronique de Framrt éf 
Sainl'Denys, avait appartenu au duc Jean de Berri qui 
y a apposé sa signature, puis il passa à c< la Duchesse de 
Hourbonnais et d'Auvergne » Anne de France. Il porte 
l«H armes du duc Jean, puis à côté, et, sans doote ajoo- 
Ines pin» tard, celles desduMasavec les émaux que Ton 
retrouve sur les écus des hottes des cheminées da ebk- 
leau ^ On lit sur la dernière page « ce livre est au duc 
de Berry. — Jehan. — Et de présent à Jehan Dumas, 
seigneur de l'Isle. — Dumas». Les enluminures sont 
d'un Htyle gracieux et d'un coloris charmant; /es 
HCi"5neH de la vie des rois de France y sont représentées 
avec une naïveté, et, en même temps, une science qui 
révèlent un maître. 
Un autre volume est la « Légende dorée de Jacques^ 

t. Mgr le duc d'Aumale, dans se» Notes sur deux petites biblio- 
IhèqneH fratu aises de la fin du xv« siècle (PhilobiblioD Society 
Miirellanlos, vol. I•^ 185 ij a décrit douze maDuscrits somptueu- 
Kement dcîcorés qui ont appartenu à Jean du Mas, puis aux 
faiiillle» de Montmorency et de Condé et qui se trouvent à 
Chantilly. 

2. Blbl. nat. f. fr. ins. 2,608 (vidi.). 

8. D'or à la fasce de gueules accompagnée de trois tourteaux 
d*azur, deux en chef et un en pointe. 



CHATBAU DE L'ISLE-SUR-ARNON ET SES SEIGNEURS 123 

de Yoragine* », on lil sur le dernier feuillet : a Geste 
légende dorée est à Jehan Dumas s' de lile ouquel a 
cent soixante-eeize histoyres. — Dunoas. » Les minia- 
tures sont peut-être encore plus délicates que celles de 
Touvrage précédent ; on y retrouve cette limpidité dans 
le gamme des couleurs, cette conscience dans les détails, 
cette touchante sincérité dans les expressions qui sem> 
blent être lapanage des peintres de Cologne ou de 
Bruges et ces petits chefs-d^œuvre pourraient être signés 
Breughel le Vieil ou Van Eyk. Ce livre semble avoir 
été composé tout exprès pour le seigneur de llsle : son 
écusson est reproduit à la première page, timbré du 
bonnet de chambellan, surmonlé d'une tète de lion avec 
deux aigles en supports; on retrouve ce blason dans 
tout le cours de Touvrage, tantôt formant avec des 
lettres initiales une heureuse combinaison, tantôt se 
mêlant aux guirlandes des marges dans un élégant 
enlacement. On le voit à la seconde page du manuscrit 
accolé à un autre qui est coupé de gueules et d'azur 
chargé de trois quinte-feuilles d'or posées deux et une*. 

Enfin citons « le livre de la propriété des choses de 
Barthélémy l'Anglais » ' dont les miniatures enluminées 
par Everard d'Espingles ne sont pas inférieures aux 
précédentes. 

Jean du Mas était donc non seulement un noble che- 
valier, mais un grand seigneur dans le sens complet du 

i. Bibl. nat. f. fr. ma., 648 (vidi.). 

2. Sans doute les armes de la femme du seigneur de l'isle, 
Carbonnel de Canizy. Cependant les auteurs héraldiques donnent 
cette famille : coupé de gueules sur azur à trois besants d'ar- 
gent chargé d'hermines. 

3. Bibl. nat. f. fr. ms. 9,140 (vidi.). 



124 ESSAIS HISTORIQUBS ET GÉIIÉAL061QCES SUR LE 

terme. Une médaillé* le représente sous ce double as- 
pect (Y. la planche ci-jointe). Au droit il est en busle : la 
âgure est grave et intelligente, encadrée d^une barbe 
courte qu'il porte entière et de cheveux rognés au-des- 
sous de Toreille suivant la mode de Tépoque ; le profil est 
accentué, le regard profond et connaisseur ; autour on 
lit : (cl. Dumas chevalier s' de lisle et de Bannegon cham- 
« bellan du Roy. » Au revers, Jean du Mas est figuré à 
eheval, coiffé d'un casque qui se termine en arrière par 
un couvre-nuque ; il porte une armure; la main droite 
tient une laàce, la gauche dirige sa monture de guerre, 
au côté pend une épée. Le cheval est caparaçonné de 
fer et porte sur la croupe et sur Tépaule l'écu des du 
Mas; au-dessus court la devise : « presit decus ». 



1. D'an article de M. Aloiss Hess paru dans V Annuaire de la 
Société française de Numismalique et d'Archéologie^ année 1884, 
sous ce titre : Médailles de personnages français exécutées à 
Lyon, en 1494, par Niccolo Spinelli de Florence, il résulte que 
la médaille de Jean du Mas, que nous donnons dans la planche 
ci-jointe, d'après une ancienne reproduction en plomb du musée 
de Bourges, serait l'œuvre de cet artiste italien. M. Heif s la 
décrit ainsi d'après un exemplaire de la collection Prosper Val- 
ton à Paris : I. DVMAS. CHEVALIER. 8R. DE. LISLE. ET. DE. 
BANNEGON. CHAMBELLAN. DV. ROY. Buste à gauche, tète 
nue. > t^. PHESIT. DECUS. Jean du Mas en armure, tenant le 
béton de commandement, sur un cheval armé et couvert d'uu 
caparaçon orné de l'écu des seigneurs de l'Isle. — D. 80. Et il 
consacre à Jean du Mas une courte notice à laquelle nous nous 
bornons à renvoyer. Cette médaille avait déjà été publiée dans 
VAnnuaire de la noblesse de Rorel d'Hauterive (année 1877, 
p. 162), comme faisant partie de la collection Dreyfus. M. de 
Cazenove, descendant de la famille du Mas. en possède un mou- 
lage, il a bien voulu nous en offrir une photographie. 



CUATBAU DE l'ISLB-SUR-ARNON BT SES SEIGNEURS 125 
§ 

Jean du Mas avait épousé Jacqueline Carbonnel * de 
la famille des Carbonnel Ganizy '. De ce mariage il eut 
deux fils, Albert et Jacques, dont nous parlerons plus 
loin, et plusieurs filles, Jacqueline, Claude et Françoise 
au sujet desquelles nous croyons devoir donner quel- 
ques détails qui édifieront sur le monde dans lequel 
vivaient leurs parents. 

Nous avons dit que Jacqueline avait été élevée avec 
ou plutôt par la fille du roi Louis XI, Anne de France, 
depuis duchesse de Bourbon. Celle-ci chercha à marier 
sa jeune compagne d'une façon digne de l'amitié qu'elle 
avait pour elle. D'ailleurs à cette époque le duc de 
Bourbon qui allait nommer Jean du Mas capitaine châ- 
telain du château d'Ainay le Chastel ' avait une dette â 
remplir vis-à-vis de son chambellan. Le précédent duc 
de Bourbon, Jean II, dit le Bon, celui-là même à qui 
Anne de Beaujeu avait su, par son habileté, soustraire 
^a régence, était mort sans enfant le 1" avril 1488, mais 
^i avait deux frères : l'aîné, Charles de Bourbon, arche- 
vêque de Lyon, prélat querelleur et turbulent, aux 
naœurs plus ou moins régulières, et Pierre de Beaujeu, 
mari d'Anne de France. 11 s'agissait pour celui-là de 
iouslraire à son frère atné le duché de Bourbonnais 



/. ÀJfSELiÊE, loc, cit. 

I fieDaeignemeui comoi unique par M. de Cazenove. 
^ XlfSBLMB^ loc. cit. Celte nomination fut confirmée par lettres 
'^^/ ^ujc Alontils le 28 décembre 1491. — Borbl d'Hauterivb, 
loiCf^"' ^^^^^ ïa date de 1481. Nous croyons qu'il y a là une 



V 



126 ESSAIS HISTORIQUES ET GÉHÉALOSIOrKS SU! LE 

laissé vacant par la mort de Jean. L'habile cl aslncîeos^ 
nile de Louis X( entreprit cette tâche cl eUc envoya 
auprès de son beau-frère son chambellan Jean do Mas' 
avec mission d*amener une renonciation. Le seigneor 
de risie, accompagné de quelques gentilshommes de 
l'entourage de la Régente, se rendit auprès do cardinal 
Charles de Bourbon. Celui-ci, accablé d'infirmilés que 
lui avait values sa vie aventureuse, menacé d'one mort 
prochaine, finit par céder et abandonna à son frère tons 
les domaines qu'il tenait de Jean, ne se réservant que 
la seigneurie de Beaujolais et sacrifiant le titre de duc 
do Bourbon*. Le succès de Jean du Mas avait été com- 
plot, aussi le nouveau duc ne devait pas se montrer 
ingrat : lorsque Jacqueline du Mas fut en âge de se 
marier, il fit demander sa main par l'héritier d'une des 
plus illustres maisons du royaume : Gilbert de Levis, 
seigneur de Mirbel et de la Voulte. La maison de Levis 
était de haute origine'; la légende la fail remonter 
ju»qu u la tribu de Lévi du peuple Juif; elle s'était vu 
iitlrihner le comté de Ventadour pai; le mariage de 
I 'iiinde Lovis. seigneur de la Voulte, avec Blanche de 
Viiiitndour, flllo de Louis de Ventadour et de Catherine 
<(+ îïeaufort, en 1472*. 

<-'>"ls de Levis était, ainsi que Jean du Mas, cham- 
hvHnu (l« Charles VIII, et son fils Gilbert avaitété élevé 
'Anmme enfant d^honneur du roi °. C'est sans doute à la 

'^ V. HoRKL d'IIaltbrivb, foc. cil. 

7 i.n'"i'^'^**' ^ioyraphie universelle. 

t 'hlRillK'"*""" '^''''* * ^""'''^ chevrons de sable. 



CHATEAU DE L'ISLE-SUR-ARNOM ET SES SEIGNEURS i27 

cour de France qu'il connut sa fiancée, et lorsque celle- 
ci eut onze ans, il l'épousa. Le contrat fut passé le 
Sa novembre 1450 * par devant Jean Baudreuil « garde 
du scel établi par le roi en la paroisse de Saint-Pierre- 
le-lMoutier ». 11 porte que, en considération du mariage 
de sa fille Jacqueline « le noble et puissant seigneur 
« Messire Jean du Mas, seigneur de Lisle et pour iceluy 
« accomplir, lui donne et constitue en dot pour tous 
« ses droits paternels et maternels, la somme de 
o six mille livres tournois monnayés, sonnants, dont 
ce la tierce portion en nature et meubles et dont le sur- 
ce plus monte à quatre mille livres, de barantayé au 
« protit de leur fille selon la coutume du pays de Bour- 
se bonnois. » 

Quant au futur, il recevait en dot la moitié des biens 
présents et à venir de son père, non compris les biens 
de sa mère. C'est alors qu'interviennent dans le contrat 
Pierre de Beaujeu et Anne de France : il existait depuis 
de longues années un procès entre les ducs de Bourbon et 
les seigneurs de Levis, au sujet de l'importante propriété 
du Comté de Villiars, de Don, Mazillac, Vachères, Vau- 
vert, Porsain, Marguerittes et Annonay *. Tous ces droits, 
le duc de Bourbon les abandonna en faveur de Gilbert 



1. Ce contrat existe en double aux arch. nat. L'original est sur 
parchemin et la copie est sur papier; Titres de la maison 
ducale de Bourbon, P. 1397 «, cote 1148 et P. 1362 5, cote 1,148 

vidi.)- 

2. II y a à ce sujet une procédure qu'il serait très intéressant 
d'étudier et qui épuisa toutes les juridictions et même donna 
lieu à l'intervention papale. -- Arch. nat., titres de la maison 
ducale de Bourbon, P. n»» 1,375 *, cote 2,496; — 1,362 2, cotes 
1,026, 1,029, 1,114, 1,141; - 1,362 », cote 1,017 : — 1,362», cote 
1,142. 



128 ESSAIS HISTOBIQUBS ET GÉNÉALOGIQUES SUR LE 

de Levis. « Item en faveur et contemplation dn dict 
a mariage, mes dicts seigneur et dame suffisamment 
« autorisée de mon dit seigneur et duc (de Bourbon- 
« nais) par amour qu'ils ont des dicts seigneurs de la 
« Voulte et de Tlsle, singulièrement de la dicte Jacque- 
« Une qui a été nourrie avec ma dicte dame... ap- 
<c prouvent la convention, cèdent et transportent au 
« seigneur de la Voulte tous les droits et actions, etc. » 
Certes le cadeau n'était pas banal, et la haute inter- 
vention qui apparaît à ce contrat n*était pas un mince 
titre d*honneur pour Jean du Mas. D*ailleurs il ne 
semble pas que le gendre de celui-ci ait eu dans la 
suite a se plaindre de la fortune : Gilbert de Levis 
devint grand pannetier du roi, en 1496; plus tard, il 
accompagna François I*' dans ses guerres ; il combattit 
avec courage à Marignan où il fut blessé, et il mourut 
en 1529. Son corps fut inhumé dans Tabbaye de Saint- 
Rulfe près Valence, lieu ordinaire de sépulture des 
membres de sa famille K Quant à sa femme, elle vécut 
jusqu^à un âge avancé et mourut en 1666, à quatre- 
vingt-six ans*. Disons pour terminer qu'elle eut quatre 
enfants et que tous firent bonne figure dans le monde '. 
Gilbert II qui continua la lignée de la maison de Venta- 
dour, bientôt érigée en duché-pairie, et épousa Suzanne 



1. Ansblmi, loc. cit, 

2. Bibl. nat. f. fr. ms. 24,008, p. 1.825 et 24,048, p. 241. — 
Ces deux manuscrits disent par erreur évidente que Jacqueline 
du Mas était fille de Jacques du Mas !«' de l'Isle. chambellan du 
roi de Sicile, grand maître des eaux et forêts. C'est Jean du Mas 
qu'il faut lire. On sait que Charles VIII porta le titre de roi de 
Sicile. V. Jaliory, ioc. ci7., p, 147. 

3. BoRBL o'Hauterivb, loc. cit. 



CHATEAU DB L'iSLE-SUB-ARNOII BT SBS SEIGNEURS 129 

de Leyre * ; Pétronille qui, veuve d*André de Crussol, se 
remaria en 1524 avec Joachim de Chabanne ; Blancbequi 
devint baronne du Sault par son mariage avec Louis 
d*Argoui';enfinJacquelinequiépousaJe28juillet4539, 
Jean de Damas, baron de Digouin, seigneur de Clessy^ 
d u Cheylard , de Mareuil , capitaine de cinquante hommes 
d*armes, chevalier de Tordre du roi, lieutenant du roi 
en Bresse. Ajoutons à ce propos que si la fille du sei- 
gneur de risie se montra sans doute bonne fille, bonne 
épouse et bonne mère, elle ne fut cependant pas le 
modèle des belles-mères, car en 1547^ son gendre, 
Jean de Damas, était obligé de protester contre la pré- 
tendue détention dont sa femme était l'objet de la part 
de sa belle-mère qui refusait de se séparer de sa fille, et 
il était obligé de lui faire sommation pour rentrer en 
possession de son épouse'. 11 devait s*en séparer judi- 
ciairement en 1550. 

La seconde fille de Jean du Mas, Claude, contracta 
une alliance non moins illustre : elle épousa Adrien de 
Hangest ^, fils de Jean de Hangest, conseiller chambel- 
lan du roi. Lui-même parvint aux plus hautes dignités 
à la cour, il fut à son tour conseiller chambellan du roi, 
puis bailly et capitaine d'Ëvreux et du château du 
Louvre^ seigneur de Genlis et enfin, en 1520, grand 

1. Bibl. nat. f. fr. ms. 24,048 précité. 

2. D'après Bibl. nat. ms. f. fr., 24.048 précité, elle aurait 
épousé Louis de Paule, baron de RoussilloD. 

3. Arch. du Cher, E, 1.118. C'est M. de Cazenove qui a bien 
voulu nous indiquer cette pièce.V. aussi Généalogies berruyères 
par le comte de Maussabré, Mémoires de la Société des Anli. 
quaires du Centret XXI« volume, p. 212 et suiv. 

4. Ilaogest porte d'or h la croix de gueules, chargée de cinq 
coquilles d'argent. 

9 



130 &SSAIS SISTOBÎOOES BT &ÉNÈÂLOfîlOtJBâ SUR LIT 

échanâoi] de France \ ce qui était une des plus grandes 
charges du royaume. Adrien de Rarïgest mourul eo 
I53S, et Claude du Mas en J5â5, laissanl quatre enfant» : 
Jean qui fui évéque de Noyon en 1577 ■ ; François qoi 
succéda À son père dans la charge de capitaine du 
château du Louvre, et serait mort de la rage à Stras* 
bourg; N... qui se distingua à la bataîHe de Cérlsoles, 
el Tul tué à Châtuns en 1544, et Jean qui eut lasagneiK 
rie d'Ivoy, du chef de sa mère Ctaude du Mas, !l prit, 
eu m me pro testant, et sous le nom du capitaine dlvoy, 
une part active aux guerres de religion, s'empara de 
Bourges en 15tî2, et mourut sans laisser de po?il*^filé, 
La dernière fille de Jean du Mas aurait été Françoise; 
elle est citée comme ayant épouse Adrien de Gcnlia ^, 
Il y a tout lieu de croire qu'elle doit se confondre avec 
(Claude dont nous venons de parler, 

Jean du Mas avait richement marié ses entants, il 
uvait dignement et honorabiement rempli ses charges à 
la cour. Malgré les faveurs dont il avait été comblé, il 
faul croire qu'il ne s'était pas enrichi, car nous voyons 
que le rof est bientôt obligé de faire à son favori de 
nouvelles grmej osités. Par lettres adressées de Mon t ils- 
lèâ Tours du ±H décembre i 491, Charles^ Vlll lui faisait 
payer en !49;i a une somme de 4,000 écus d'or en 
récompense de ses services et frais qu1l avait faits en 
l'iciinlie, Tannée f»récédcnte, pour ses affaires urgente* 
el <les délies qu'il avait contractées en mariant ses 

i. MuHrni. — Ajï^wlmk. Ml. p. 747. 
a. Al^bé PBjtiuAij), ai». d\û. 



J 



CHATEAU DE L*18LB-SUR-ARN01I ET SES SEIGNEURS 131 

filles, et ce en outre des bienfaits qull avait reçus du 
roi et qu'il pourrait en recevoir à l'avenir '. » 

C'est en Italie que devait mourir Jean du Mas. 11 
accompagna le roi dans cette promenade plus triom- 
phale que belliqueuse et il était, le 4 mai 1495, à côté 
de Charles YIII quand celui-ci fit son éclatante entrée 
à Naples ; mais il ne le suivit pas à son retour en 
France, il resta pour accomplir certaine mission sur 
laquelle nous n'avons pas de détails. 11 ne devait pas en 
revenir : il mourut à Florence le 13 juillet 1495 et y fut 
inhumé dans Téglise de l'Annonciata '. 

Jean du Mas avait été chambellan et conseiller de 
Louis XI, de Charles YIII et du duc de Bourbon, écuyer 
d'écurie de Louis XI, grand-maltre enquêteur et réfor- 
mateur des eaux et forêts de France, bailli du Cotentin, 
vicomte de Murât, baron de Tourville, capitaine de 
Pontorson, capitaine d'Âinay-le-Chastel, seigneur de 
risie, de Bannegon, d'Ivoy ', de Vigouroux, de Renne- 
ville et de la Chapelle. 

IV 

JACQUES II DU MAS. 

L'un des fils de Jean fut Jacques 11^ du nom ; il est 
qualifié seigneur de risle en 4507, quoique cependant, 



1. Ansblmb, Vni, p. 899. 

2. Nous devons ces derniers renseignements à l'obligeance de 
M. de Gazenove. 

3. M. BunoT DE Rbrbers, loc. cit. dit que Ivoy aurait été porté 
dans la famille du Mas par Jehanne de Rochechouart. Nous 
n'avons rien pu découvrir se rattachant à ce fait. 



43i B8SAIS BIST0B1QUE8 ET GÉBÉALOGIQCES STft IX 

à la môme époque, 8on frère Robert portai «kjà ce titrv, 
ainsi que nous allons le voir dans la suite*. 11 prit assa 
le nom de seigneur d*Ivoy*, et aurait possédé é^mie- 
ment la seigneurie de Bannegon eu 1516'. Il Bruirait 
pas ou d'enfants. 

Il prit part sous Louis XII aux guerres dltalle,eisy 
lll remarquer dans deux circonstances qnll est iotéres- 
itantde signaler. 

f.Vtait en 4507, Louis Xll avait déjà perdu le royaome 
do Naplos, il venait, pour combattre les Yénitieos, de 
contracter une alliance avec ce même pape Jules II qai 
lui avait suscité do graves embarras pendant la dernière 
campagne, lorsqu'une révolte éclata à Gènes. Il fallait 
Ml liAtor d arrêter ces troubles si la domination fran- 
Vuii40 no voulait pas se voir tenue tout à fait en échec 
daiiH ritalio. Lo roi partit donc lui-même pour Tltalie et 
roMomblu autour de Gènes une importante armée qu'il 
lit HVAiicor (lovant la ville en passant par les gorges de 
l'oMovora (Poulcevera). C'est là qu'eut lieu un engage- 
mont dont Jacques du Mas fut le héros. Les rebelles 
ayant npprin lo mouvement de l'armée française, 
avulont envoyé un parti des leurs défendre ces défilés 
montagneux. Ceux-ci construisirent sur la hauteur un 
camp retranché qui dominait le passage. C'est alors que 
(lhurlo!« (l'Amboise, commandant pour le roi, « appela 
un jouno gentilhomme, nommé Jacques du Mas, sei- 



I. JiAN ij'AiiTON, Ej'orde sur les gestes annales du cfirisUanis- 
9imf roi Louis A7/* du nom. Collection de THistoire de France, 
t. IV. p. 183. 

:i. UuiKtT ui KRUfliHs, loc. ci/., canton de La Chapelle-d'AngiU 
Ion. 

3. ibid. 



CHATEAU DE L*ISLE-SUR-ARNON ET SES SEIGNEURS 133 

^neur de Tlsle, lui bailla ' » un certain nombre de 
soldais et lui donna mission d'aller reconnaître et de 
forcer le passage. Jacques du Mas s'adjoignit quelques 
compagnons et partit à la tête de sa troupe; « mais 
m ceux-ci n'eurent guère monté, que villains de toute 
« part leur furent en barbe et commencèrent à bien 
a escarmoucher*. » Le combat fut vif: les ennemis 
descendaient les pentes de la montagne, se précipi- 
taient sur les Français et, pendant que ceux-ci cher- 
chaient à réparer le désordre mis dans leurs rangs, ils 
remontaient dans les retranchements et accablaient les 
assaillants d'une grèle de traits. Cependant l'attitude 
martiale de cette poignée de Français vint à bout des 
Géiiois qui, au nombre de 600, durent abandonner 
leurs positions ^. Jacques du Mas avait accompli coura- 
geusement sa mission. 

Il devait également pendant le siège de Gènes se 
conduire avec éclat. 11 faisait partie des troupes qui 
tenaient en échec les Génois occupant les positions qui 
dominaient la ville. Les Suisses voyant le danger de l'at- 
taque avaient refusé de marcher ; Louis Xll dut avoir 
recours à ses chevaliers : c'est là qu'on vit donner la 
fine fleur de la noblesse française, la plupart gentils- 
hommes de la maison du roi : Jacques de Bourbon 
Comte de Roussillon, Jean Sluart, Jacques de Rohan, 
Meri de Rochechouard, le chevalier Bayard, Louis de 
Genlis ; « là auFsi, dit le chroniqueur, était à cheval 
« Jacques du Mas, seigneur de Tlsle... lesquels firent 

1. Jean d'Autoh, ibid. 

S. Ibid. 

3. GuiCBARD», Histoire. 



délai 




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il ..«MT^ III >lai[«^ 3ftiiiDie a^oir ele te âl& aine de Jean ; 

^^ lu nu :*jiii!iiiia a .ignea «le sa maisoo. U porta 

1^ MCiv*» iir ieiiSBenr le /Isie. te Câodray. FeiletiD, 

SHtfW^Te -^i le Boiscneffier «hi Berrû terre qm posée- 

Mè^Hfa ?*trrre I"' nus ine aous a'avoi» pas retroaTée 

émam ia ÎMe les iefs ie Xeon. U «mbie qall hérila 

îe «Ihartes vji et de Pierre tie Bean^^a àe la 

Miii iiuusait Jeaa lu Sis* t^oiqne le rôle qall 

la 6 ut i«is vd ri impurtaat; toat an moîas. nous 

^ ■••••* m en -^tr-iaver *r3â». 

■ flu :-peaiianL chambellan de Chartes TID* el ii 
t'i 11 ait accompd;nie ce dernier pendant Tex- 

♦^•. •?:. V. mam Dvjzn. Oi^toirw â» Frtmce, td. 



CHATEAU DE l'I8LB-SUE-ARM0N ET SES SEI6NEUBS 135 

pédition d'Italie, mais il De resta pas après la cam- 
pagne comme le fit son père et il était avec le roi quand 
celai-ci revint en France ' . 

Le duc de Bourbon lui octroya la succession de Jean 
da Mas dans la charge de capitaine châtelain d'Ainay- 
le-Chastel ' par lettres données à Lyon le 2i novembre 
1495, et le dernier jour de novembre 1503, il le nom- 
ma capitaine du château de Crozan, dans la Marche, 
importante forteresse dont les ruines grandioses cou- 
ronnent encore aujourd'hui Tun des sites les plus 
sauvages et les plus pittoresques des bords de la 
Creuse. 

Il épousa le 29 mai 1505, Jeanne de Fontenay, nièce 
d'un des compagnons de son père à la cour, Amaury 
de Fontenay, chambellan du roi; celle-ci d'une noble 
maison du Bourbonnais, qui devait bientôt se con- 
fondre avec celle de Montsaulnin, lui apporta en dot 
la terre de RifTardeau qu'elle tenait de son père, Jean 
de Fontenay, seigneur de Moison, Montigny et Hiffar- 
deau, époux de Louise de Saint-George et qu'il avait 
achetée vers 1479 ^ 

Robert du Mas mourut en 1525 ou 1526 laissant sept 
enfants; trois filles : Gilberte el Catherine dont nous 
ne savons rien ; Françoise qui épousa N... seigneur de 
Verrières, et quatre fils : Jean, Jacques et Pierre que 
nous étudierons séparément, qui tous portèrent le 
nom de seigneur de l'isle, et enfin N... qui embrassa 
la vie religieuse^. 

1. Renseignement fourni par M. de Cazenove. 

2. BoRiL d*Hautirivb, ibid, — Ahsblmi, loc, cit, 

3. La TiuuMASSiiRi, Uistoire de Bern, 1\, lvi. 

4. Abbé PÉRioAUD, ms. cité. 



136 ESSAIS HISTORIQUES ET GÉNÉALOGIQUES SUR LE 

Robert du Mas avait en 1505 acheté la seigneurie 
d'Haulerive ^ située sur les bords de TArnon à peu de 
distance de Tlsle. Quelque temps après la mort de son 
mari, Jeanne de Fontenay eut sans doute à traverser 
quelques moments difficiles car elle fut sur le point de 
vendre Hauterive à sa belle-sœur Françoise (ou Claude*] 
que nous avons vu épouser Adrien de Genlis. Les fer- 
miers, comme aujourd'hui» étaient récalcitrants pour 
payer, et il fallait trouver de l'argent. Mais si nous 
avons bien compris le passage du manuscrit qui rap- 
porte ce fait ^, Jeanne de Fontenay put faire rentrer 
ses fermages et la vente fut annulée. La veuve de 
Robert du Mas mourut vers 4550 ou 1552 ^. 



1. BuHOT DB Kbrsers, loc. Ht. 

2. Voir plus haut, p. 130. 

3. Abbé Pékioaud, qis. cité. On y lit le curieux passage sui- 
vant d'après M. Bauldon : « En 1528, en présence de Jean Deblois. 
M notaire royal à Concressault. demcùselle Jeanne de Fontenay, 
« dame de Biffardeau. veuve de Robert du Mas, en son vivant. 
« seigneur de Tlsle et d'IIauterive, tant en son nom qu en la 
« garde de Jehan, Jacques, Pierre, Françoise. Philiberte et 
« Catherine Dumas, ses enfauts. vendit à noble et puissant 
« seigueur Adrien de Genlis et dame Françoise Dumas, son 

• épouse, sœur dudit défunt Robert, le château et terre d'Haute- 
« rive tenu en fief et justice du seigneur baron de Liniéres aux 
« charges anciennes qui sont 10 livres de rente pour le lumi- 
« naire de la chapelle du dit lieu, envers le vicaire et chape- 
« lain d'icelle, 20 livres de rente dus au curé de la Celle. 5 aux 
« religieux de Chezal-Benoît, et 38 livres de rente à elle vendrcsse 
« et autres moyennant la somme de 3.590 livres payée 

• comptant en acquit de la vendrcsse à plusieurs créanciers en 
m écus d'or au soleil aujourd'hui Louis d'or de 20 livres qui 
« valaient 41 livres tournois. Mais tôt après la dite dame retira 

• cette terre et fit compter l'argent par M--* François Amourette 
« licencié en lois, fermier de l'isle et Pierre Marchand fermier 
« de Hauterive en présence de Pierre Cauchois, notaire. » 

4. Son testament est du 6 janvier 1550. — Robsrt de Bhiarçon, 
loc. cit., u-125. 



CHATEAU DE l'iSLE-SUR-ARNON ET SES SEIGNEURS 137 



§ 



Des fils de Robert Dumas et de Jeanne de Fonlenay, 
Jean et Jacques semblent être restés seuls en Berri. 
Pierre II, qui porta cependant le nom de seigneur de 
llsle et de Bannegon, se retira dans le pays de Foix, 
sans doute au moment de son mariage qui eut lieu le 
4 décembre 1528 avec Marie Dupuy, fille de Marie Jé- 
rôme Dupuy, seigneur de Pradies, gouverneur et capi- 
taine du château de Bastide. 

Pierre du Mas était capitaine de cent hommes 
d'armes et fut nommé par François 1" commandant 
du quartier des Bordes, titre qu'on retrouve rapporté 
dans son testament le 4 juillet 4539 et dans celui de sa 
veuve le 14 mai 1546. En 1542 il reçut encore en qua- 
lité de seigneur de Tlsie aveu de servitude de Jean 
Houlel demeurant à la Marche '. Il mourut de blessures 
reçues au service et laissa deux enfants: une fille, 
Jacqueline, et un fils, Armand, qui embrassa la religion 
réformée et dont la postérité s'est continuée jusqu'à 
notre siècle sous le nom de du Mas de Marveille '. 



1. Arch. nat , série P, 798 (II). Keg. in-f», titre du duché de 
Chdteauroux. 

2. BonEL d'Hauterive. toc. cil., 1852. C'est à un des descendants 
de cette branche, M. de Cazenove, que nous devous plusieurs 
des renseignements reproduits ci-dessus : M. de Cazenove, ayr r 
la plus gracieuse obligeance, a bien voulu nous mettre au cou- 
rant du résultat des recherches (|u*il a entreprises sur sa famille 
et faciliter ainsi notre travail par son érudition et sa courtoisie* 
Nous lui en exprimons nos remerctments les plus sincères. 



m ISBAO limOtlQIIlS IT 6É8ÉAL06I0ITBS SOI tM 



VI 



SMâB II IT XACQUBS III DU lUS. 




i^n tfi iacqtt«s sembleiit avoir possédé l'isle simul- 
i-ui«in«ot à la mort de leurs parents. Cela parait 
^■ssortir de Tordooiiaiice de terrier reodae par Fran- 
: us I*^ ea 1546 ea Eavear de c Jean et Jacques du Mas, 
1 ecuyers^ seigneurs de Tlsle, Cbanceanx, Felletin et 
• le Ci»udraT ^ » D*après ce terrier, à cette époque la 
^ i^nieune de llsie atteignait les localités suivantes : 
[ .1 Ni>tt«, les Mottes^le PerroD,Malleray, les Mousseaux, 
Ti>uchay. la Ruelle^ Saint-Hilaire, les Chennats, Rezay« 
h-^allev les Martinats, les Cotes et les Matherons. 

Nv>uâ retrouvons encore ces deux frères plaidant 
> ii^enible contre Jean Acane^ seigneur de Bourdel 
%m l5C&i *. Mais peu de temps après, ils se séparèrent. 
J^cv|ues eut alors Riffardeau et Bannegon, qu'il habita 
MU^ dvuite^. Il mourut vers 1535 après avoir épousé 
Fmn\vise do Sorbiers ^ dont il n'aurait eu qu'un fils, 
iMiomo du Mas« sieur de Riffardeau dont la postérilc 
«0 n\ui< e^it pas connue. 

Jt\iu» qui po^^seda seul la terre de Tlsle quand son 
iWrt» se Tut n>tiri» à Bannegon, ne semble pas v avoir 
b^Hiucvuip réside. Ce(>endant il est cité an nombre des 



I. iVrvh. du Ch«r. 1-^00 copie coUationnée faite eo 1722. 
i» Antctwi* /*H\ cil. 
k Bl'MOT M KlftSSRS. ttx\ cit. 

K Lml w>hW famille d^ Sorbiers était de Chàtillon-sur-Indre. 
lA TUAisussiàRi, XL L, i. 



CHATEAU DE L*ISLE-SUR-ARNON ET SES SBIGNEUBS 139 

seigneurs de Berry qui assistèrent à l'assemblée réunie 
en vertu de l'ordonnance du 9 juillet 1539 par le rédac- 
teur des coutumes. Il épousa le 27 décembre 1542, 
Honorade de Castellane, fille de François de Castellane, 
baron d'Allemagne et de Jeanne Caste de la Barge, 
dame d'Oize et de Yitrolle K La maison d'Allemagne 
appartenait à la plus haute noblesse de Provence et 
prétendait retrouver son origine dans les premiers rois 
de Castille'. Ce mariage honorable appela Jean dans 
le pays de sa femme, mais il ne négligea pas ses pro- 
priétés du Berri. C'est ainsi que nous le voyons, 
en 1546, vendre à Claude de Laubespine la terre de 
Hauterive sur laquelle celui-ci fit bâtir un château 
princier dont il reste à peine quelques ruines aujour- 
d hui^ C'est ainsi encore qu'il rendit, en 4559, hom- 
mage pour l'IsleàCharles de LaRochefoucault, seigneur 
de Linlères^. Jean du Mas laissa trois enfants, Nicolas, 
Timothée et Sara. Cette dernière épousa Thadée 
Baschi, seigneur de Saint-Eslève et en deuxièmes noces, 
Simon de Villeneuve, seigneur de l'Bspinouze. 



1. La Chesnayb-Dbsbois, loc. cit. 

2. MORBRI. 

3. M. BuHOT DE Kersers dit que Jeau II du Mas vendit la terre de 
l'isle à Claude de Laubespine ; c'est évidemment Hauterive qu'il 
faut iire. Voir d'ailieurs ce que dit le savant archéologue sur 
cette dernière terre. 

4. Abbé Périoaud, ms. cité. Charles de La Rochefoucault fut 
seigneur de Liniëres de 1559 à 1583. 



140 KSSAIS HISTORIQUES ET GÉNÉALOGIQUES SUR LE 

VII 

TIMOTHÉE ET NICOLAS DU MAS. 

Avec Tiraolhée et Nicolas du Mas, la terre de TJsIe 
devait sortir de cette maison. Le père de ces deux 
seigneurs mourut-il en laissant une situation embarras- 
sée ? Son mariage ne semblerait pas devoir autoriser à 
le penser, non plus que les alliances brillantes que 
contractèrent ses enfants. Il faut plutôt dire que cette 
famille qui avait quitté le Berri pour vivre en Provence 
et dans le midi chercha à se défaire d'une terre éloi- 
gnée, située en dehors de son rayon d'existence. Ce- 
pendant nous voyons que Timothée du Mas n'accepta 
la succession de son père que sous bénéfice d'inventaire : 
Henri lli rend en effet une ordonnance de terrier en 
1576 en faveur de: a notre cheret bien-aimé Timothée 
« du Mas, seigneur de Tlsle et des seigneuries de 
« Chanceaux, Boys de Lafont et Felletin, héritier sous 
« bénéfice du défunt, Jean du Mas, son père*. » Ce 
terrier fut terminé en 1578 et nous verrons qu'en 1579 
la terre de Tlsle était passée à d'autres mains. 

Timothée mourut vers 1576 ; il avait épousé Fran- 
çoise d'Albert, fille d'Antoine d'Albert, seigneur de 
Bogasse et d'Honorade de Bernus. Sa femme lui avait 
apporté en dot la seigneurie de Lac qu'elle reprit à son 
veuvage et qu'elle donna le 1 4 juillet 1577, à son second 

t. Arch. du Cher, E, 801. 



CHATEAU DB L'iSLB-SUR-ARlIOfI ET SES SEIGNEURS 141 

Tnari^ François de Vintimille, des comtes de Marseille, 
baron de Tourves, gouverneur de Provence'. 



Nicolas rendit honnmage pour l'isie à Charles de la 
Hochefoucault, seigneur de Linières, le 27 septennbre 
4576', sans doute à la mort de son frère qui n'eut pas 
d'enfants et dont il hérita. Il avait également bénéûcié 
de rhéritage de son oncle, Melchior de Caslellane, ba- 
ron d'Allemagne, en 1558, à la condition de porter le 
nom et les armes de cette maison. 

Il fut chef du parti des Huguenots et fut tué à la 
bataille qui eut lieu entre Allemagne et Riez 'et où 
Lesdiguières infligea au sieur de Vins, commandant 
pour la Ligue en 1586, une sérieuse défaite ^ 

11 avait épousé Jeanne de Grasse, fille de Claude, 
comte de Bar et eut des enfants qui ont continué la pos- 
térité des comtes d'Allemagne et des du Mas de Cas- 
tellane dont descendait le maréchal de l'Empire \ 



1. Ansblmi, loc. cit. 

2. Abbé Pêrioaud, ms. cité. 

3. Riez, chef-lieu de canton des Basses-Alpes. 

4. Davila, Histoire des guerres civiles^ 1-vni, p. 526. 

5. Communiqué par M. de Cazcuove. 



442 ESSAIS HISTORIQUES BT GÈHÉAL06I0UBS SUR LB 

Vlll 

BEAUFOBT MONTBOISSIER, MARQUIS DE CANILLAC, 

SES CAMPAGNES PENDANT LA LIGUE. — SA MORT, 

SON FILS. — PREMIER SIÈGE DU CHATEAU DE L*ISLB. 

De la famille du Mas, la seigneurie de Tlsle passa 
entre les mains de celle des Beauforl-Montboissier 
Canillac. 

Les Montboissier prenaient leur origine de Hugues- 
Maurice, surnommé le Décousu * qui vivait en 966, el 
plusieurs d'entre eux furent illustres. Vers la fin du 
xv« siècle ou au commencement du xvi', Jacques, fils de 
Jean, seigneur de Montboissier, et d'Isabeau de Beau- 
fort, hérita de son oncle maternel Jacques de Beaufort, 
marquis de Canillac, vicomte de la Motte', à la charge 
de porter le nom et les armes des Beaufort'. Ce fut 
cette branche qui posséda i'Isle après les du Mas. 

1. Dbcourcelle, Dictionnaire de la noblesse, — Moreri. 

2. La maison de Beaufort remonte à Roger ou Rogier qui prit 
sou nom d'une terre située en Limousin. Le nom de Beaufort 
lui Tint d*un autre fief dépendant de la province d* Anjou, qui 
fut donné à Guillaume IL seigneur de Rozier par Philippe de 
Valois. Cette famille alliée aux plus considérables du royaume 
a donné naissance aux papes Clément VI, 1342-52, et Grégoire IX, 
1370-78. 

3. Ecartelé au 1 et 4 d*azur à un lévrier rampant d'argent 
colleté de gueules, à une bordure crénelée d'argent, qui est 
Montboissier ; au 2 et 3 d'argent à une bande de gueules 
accompagnée de six roses de môme posées en orle, qui est 
Canillac ; sur le tout : d'or semé de croisettes de sable au lion 
de même brochant sur le tout, qui est Beaufort. La branche 
ainée de cette famille fut celle des comtes d'Alais. ChampeauXf 
et Saint-Georges qui s'est éteinte en 1725. Archives de la noblesse, 
par Laiîsk, Auvergne. — Armoriai général, Auvergne, II. 



GBATBAU DE L*ISLE-SUfi-ARNON ET SES SEIGNEORS 443 

En effet nous voyons le 10 janvier 1579, « Jehan de 
« Beaufort, seigneur du fief de risle, rendre hommage 
« à Charles de la Rochefoucault, seigneur de Linières ^)) 
et quelques mois plus tard, le 4 juillet 1579, nous 
retrouvons <c Messire Jean de Beaufort de Montboissier, 
<K marquis de Canillac » donner une procuration à 
l'effet de rendre hommage à « Monseigneur le duc de 
« Montpensier, seigneur du Chastelet » pour raison 
des fief et seigneurie de TIsle-sur-Amon, Justice de 
Malleraye, les Mousseaux Yigoune, etc. ' » 

Jean de Beaufort Montboissier, marquis de Canillac, 
comte d'Alais, seigneur de Tlsle^ était fils de Jacques 
de Montboissier, Théritier de Jacques de Beaufort. Il 
épousa en 1565, Gilberte de Chabanne, fille de Joachim 
de Chabanne, marquis de Curton, sénéchal de Tou- 
louse, chevalier d'honneur de la reine Catherine de 
Médicis et de sa quatrième femme Charlotte de Vienne ' . 
Sans être parent de la maison des du Mas, le nouveau 
seigneur de Tlsle n'était pas étranger à cette famille ; 
son beau-père Joachim de Chabanne, qui s'était marié 
quatre fois, avait épousé en premières noces Pélronille 
(ou Péronelle) de Levis-Venladour, veuve d'André de 
Crussol qui n'eut qu'un fils mort jeune, et qui, comme 
nous l'avons vu, était la petite fille de Jean du Mas, le 



1. Abbé Périoaud, ms. cité. 

2. Arch. de l'Indre, registre du ducbé-pairie de Châteauroux. 
— Acte sur papier coté n» 2... signé Simonneau, notaire. — 
François de Bourbon, duc de Montpensier, avait épousé Louise 
de Bourbon, femme d'André dernier des Chauvigny et par cela 
même héritier des biens de cette maison. 

3. Bibl. nat. f. fr. ms. 24,048, p. 63. — Motiai, à l'article 
Chabanne. V. plus haut, p. 129. 



eHATEAU DE l'ISLB-SUR-ARNOM ET SES SEIGNEURS 145 

V^ontivy, vint établir son artillerie. 11 pensait qae la 
seule vue des canons, braqués sur la ville, suffirait pour 
intimider la défense, aussi, avant de commencer l'atta- 
que, envoya-t-il un trompette sommer Beaufort de 
rendre la place. Le marquis de Canillac répondit que 
lui el les siens voulaient mourir sur les remparts plutôt 
que de souscrire à aucune condition. René de Pontivy 
commença alors le bombardement et en même temps 
dépécha son lieutenant, Soubise, avec une colonne 
volante pour donner Tassant. Canillac, à la tête des 
troupes du roi, s'élança contre les protestants, les 
repoussa furieusement jusque dans leurs retranche- 
ments où Soubise fut ramené blessé. Un second assaut 
fut encore repoussé avec la même vigueur, mais le 
bombardement continuait, tandis qu'à l'intérieur de la 
ville les vivres commençaient à manquer. Bien plus, les 
assiégés apprirent que Puygaillard qui devait accourir 
à leur secours venait d'être battu. Il fallut donc capi- 
tuler, mais Beaufort obtint les honneurs de la guerre et 
put conduire ses troupes jusqu'à Saint-Jean-d'Angély 
avec armes et bagages ^ 

Le marquis de Canillac était déjà depuis quelques 
années seigneur de l'Isle, lorsqu'il fut chargé d'une 
mission aussi délicate qu'importante, mais dans laquelle 
ses convictions de ligueur furent mises à une épreuve 
qui devait en avoir raison. 

Marguerite de Valois, la célèbre femme d'Henri de 
Navarre, venait de quitter son mari sous le prétexte 



1 Agrippa d'AoBioNÉ, Histoire universelle, t. III, l. V, ch. xxvii. 
— Massion, Histoire de VAunis et de la Sainlonge^ t. IV, p. 227. 

10 



146 mais mamwmiB f sr âsÈAuomoQEs sut lb 

4ii îi .ivait ete excominaiiié par le Pape Sixte Y, et \en 
tSB» aile liêtait retirée dans sa ville d'Agen. Les habi- 
taïKls L'aft rhiiHÀrent» bioitôt et elle dat se réfagier ciaos 
HM cîtàiaatt «le Cariât : là «[icore ne se croyant pas en 
^unKi». tfile maint chorcher one retraite ailleors. Mais 
:» roi Eumn Ul^ par une de ces intrigoes comme il s'en 
iMnail et <\hi denuoait tant à cette époque, voulant 
tain* oruin» i ia mort de La reine de Navarre poor poQ- 
viur oi-m^mi» :» rapprocher de son mari en Êùsant 
tttiTuitwnifl^vantsesyeaxla po«bilité d'un antre maria^, 
vU'p^'ua iean de Beaufort ^ pour arrêter Marguerite et 

.«ttierawr tHroitement dans la forteresse dUsson en 
Vvi\c>naM» ohdLti»att situe à pic sur un rocher et où il 
>4uil actie itr :3eparer on prisonnier du commerce des 
'lummnsk It !xe devait pas être Oïdle d*en séparer Mar- 
4tutH**ttf . iean àe Beaufurt :^*empara cependant de la 
nittf àe X^ivarre ei la conduiât à Usson. Là il corn- 
tttt>iiv^ piir ^mrmiler étroitement sa prisonnière, mais il 
4<ail ^dTairv ;i rurte partie. L*astucieuse Marguerite 
CihKvà«fe^-<tfi(t« 4 ci.'rrumpre son geôlier ? Celui-ci fnt-41 
rHtal^meuC :mbiu>çue par des charmes qui s'étaient si 
M^tuY^nt unidi^cues ? Toujours est-il qu'il monr eut raison 
S^ \lar^ ei i|ue Canillac devint éperdàment épris de la 
pHif^mmùn^. La jalousie même s^emparant ée son cœur, 
il ttlju^çw^ condamner et pendre le dernier amant delà 
rvmt». un nomme \iibiaA:. ancien valet d'écurie, que par 
aa ca^ce royal» celle^i .ivait honoré de son attention. 

Mar^uierite i>)^iat de profiter du sentiment qu'elle 

i. Sar cvltn intrt^pM -«t le rOIe 411'T joua le seigneiir de llsie, 
V. M u mnu yts laftttùsr du Vuimdl oa la Hcqcsktv. O. TÎX édition 
^ ta SimM» dtt l'tuatetrt et Fnacc^ 



CHATEAU DB L*ISLE-SOR-ARMON ET SES SEIGNEURS 147 

voyait naître : elle sut si bien enjôler son gardien, que, 
pour plaire à sa dame, celui-ci changea complètement 
le personnel de la garnison et eut la complaisance de le 
remplacer par des hommes que désigna la prisonnière. 
Mais le tour était joué: le galant marquis ne devait 
même pas obtenir la récompense qu'il espérait et mal-* 
gré ses supplications, et aussi, dit-on, la force qu'il ne 
dédaigna pas d'employer pour briser la résistance, une 
fois le château rempli de ceux que la reine y avait appe- 
lés, il en fut chassé et dut abandonner sa captive ^ 

Nous ne savons comment Henri 111 récompensa le 
seigneur de Tlsle sur la façon dont il avait exécuté ses 
ordres ; cependant celui-ci n'en resta pas moins dévoué 
ligueur, et nous le retrouvons quatre ans plus tard en 
TourainC; commandant lartillerie du duc de Mayenne, 
qui s'avançait sur Tours où le roi de France et le roi de 
Navarre venaient de se réunir en 1589. Établi à Châ 
teaurenault, Mayenne apprenait que quelques compa- 
gnies royales, commandées par le comte de Brienne, 
occupaient Saint-Ouen, position située entre Château- 
renault et Amboise, il y envoya une troupe flanquée 
d'artillerie sous les ordres de son favori Canillac avec 
mission de le déloger. L'engagement fut assez vif^ 
Brienne dut se rendre, mais le seigneur de Tlsle fut 
blessé à mort d'un coup d'arquebuse tandis qu'il s'occu- 
pait à dresser une batterie, le 28 avril 1589*. 

1. Divorce satyrique, — V. également les lettres de Marguerite 
de Valois, édition de VHistoire de France, p. 208. — Mémoires 
de Marouerits de Valois, même édition, p. 3. ~ Michel de la 
HuGUBRYB, loc. ctt. — Davila, Histoirc des guerres civiles, II, \iii, 
p. 521. 

S. Db Tuou, Histoire universelle, 1. 95. — Pibrrb de l'Estoilb, 



CHATEAC DB L'ISLE-SUR-ARNON ET SES SEIGNEURS 149 

^ C'est uniquement par le trobième mariage de la 
veuve de Jean-Timoléon de Beaufort que nous sommes 
ramenés dans les environs du château de Tlsle. Et 
cependant les murailles du manoir des du Mas éprou- 
vaient le contre-coup des guerres qui désolaient cette 
province. Déjà, en 1569, le pays avait été ravagé, pillé 
et incendié par les reitresdu duc de Deux-Ponts qui, à 
quelques centaines de mètres du château de Tlsle, 
avaient brûlé toute une partie de Téglise Saint-Martin 
de Touchay, mais il semble qu'à cette époque, aucun 
fait de guerre ne se soit passé sous les murs de l'Isle. 
Il n'allait pas en être longtemps de même : peu de 
temps après la mort de Jean de Beaufort dans le combat 
de Saint-Ouen^ le château qui devait appartenir encore 
à la famille du ligueur était compté au nombre des 
places du Berri qui tenaient pour le roi. Jean-Timoléon 
de Beaufort s'était-il déjà rallié au parti de Henri IV? 
Gela ne semble pas probable s'il faut en croire les his- 
toriens qui le font commander la Ligue en Auvergne 
en 1592, après la bataille d'Issoire ^ 

Ce qui est plus probable, c'est que ne s'occupant pas 
de son château de Berri, il l'avait laissé à la garde d'un 



erreur. Nous avons en effet sur les registres paroissiaux de la 
commune de Touchay (V. notre étude précitée, p. 22] relevé 
« Gasparde Ghevrière. espouse du seigneur de Châteauneuf » 
marraine de Philippe de Brosse le 22 septembre 1637. 

V. aussi Bibl. Nat. f. Tr. ms. 24,005, p. 209 où on trouve la 
confirmation de ce que nous avançons. 

1. V. Président Imberdis déjà cité. Biais celle histoire conte- 
nant quelques faits certainement inexacts, nous nous deman- 
dons s'il n'a pas été fait confusion avec quelque autre membre 
de la famille de Canillac. Nous ne donnons cette opinion que 
sous la plus extrême réserve. 



150 ESSAIS HISTOBIQUES ET GÉHÉALOGIQUES SUR LE 

intendant ou même d'an simple fermier, et que celui-ci 
ne crut pas devoir faire bande à part au milieu du mou- 
vement qui se produisait dans la province en faveur du 
roi et de son gouverneur^ M. d*Ârquian, qui avait rem- 
placé M. de la Châtre après que celui-ci eut publique- 
ment rompu avec Henri IV. Il y eut à ce moment une 
incessante guerre d'escarmouches dans tout le pays, 
prises et abandon des moindres places ou châteaux, 
attaques à main armée, pillages, incendies, faits de 
guerre de toutes sortes qui causèrent une ruine et une 
désolation générales. G*est ainsi qu'en 4591, Claude 
de la Châtre, qui venait d'être obligé de lever le siège 
d'Aubigny, résolut, pour se venger de son échec, de 
porter la guerre sur les conBns du Bourbonnais. A la 
tête d'une petite armée, muni de deux canons et d'une 
couleuvrine, il se rendit à Saint-Amand, reçut sans 
résistance la soumission de Linières et se dirigea vers 
Le Chàtelet qu'il s'apprêtait à occuper lorsqu'il apprit 
que M. d'Arquian arrivait au secours de cette place 
avec 1,^00 chevaux. Il dut se réfugier à Chàteaumeil- 
lant et mettre son artillerie à l'abri du formidable don- 
jon de Culan. Mais entre Linières et Le Chàtelet, le 
8 janvier 1591, il avait été arrêté par le château de 
risle. La place était forte ; elle était entourée de larges 
fossés qu'alimentait, au moyen d*une ingénieuse cana- 
lisation, la rivière TArnon ; de plus elle avait d'épaisses 
murailles et, à travers ses courtines un système de 
ponts-volants, servant de murs de ronde, qui rendaient 
la défense plus mobile. 

L'artillerie de M. de la Châtre devait être impuis- 
sante à faire brèche dans ces gros murs^ et la position 



CBATEAO DE l'iSLE-SUK-ARNON ET SES SEIGNEURS 151 

de la. rivière rendait impossible rétablissement des 
canons devant la porte d*entrée. 11 fallut qu*un homme 
au pays, le nommé Tixier, habitant le village voisin de 
Malleraye, s'avançât seul probablement par surprise, 
jnsqa'^à la porte, et y attachât un pétard* pour que, par 
une explosion dont la trace est encore visible aujour- 
d'hui, Taccès fût ouvert aux assiégeants. M. de la Châtre 
Qi détraire les remparts du château et poursuivit sa 
roaie •. 

Que devint le château de Tlsle à la suite de cette 
guerre ? Quels furent ses seigneurs? Pendant une pé- 
riode de plus de trente ans les documents nous font 
défaut. 

IX 

MAISON DE VARIE — ORIGINE — RBNÉ DE VARIE. 
GÈnÊHAl. MILLET — PHILIPPE DE VARIE ET SES FRÈRES. 
LE CHATEAU DE L*ISLE PENDANT LA PESTE DE LINIÈRES 1638. 

Nous ne savons à quelle date ni comment la terre de 
risle sortit de la maison de Beaufort-Montboissier- 
Ganillac ; mais, au commencement du xvii' siècle, elle 
était entre les mains des Varie, et René de Varie en était 
qualifié seigneur. 



i. Ces pétards qui furent en fréquent usage pendant les guerres 
de religion étaient de petits canons qu'on accrochait aux portes 
des places fortes pour les défoncer. Un engin semblable servit 
en 1589 à la priie de Dun-le-Roi. V. Hisl. de Dun-le-Roi, par 
Paul MoRBAU, l. p. 341. note 1. 

î. Extrait des Mémoires de M. Dupré et de M. Pelletiir pré- 
cités. — Arch. du château de l'isle. — Pierquin dk Gembloux, 
loe, cit. y RiYNAL Histoire, IV» p. 173 «et suiv. 



152 ESSAIS HISTORIQUES ET GÉNÉALOGIQUES SUR LE 

Cette famille n'était pas étrangère au Berri. L'arrière- 
grand-père de ce nouveau seigneur de l'Isle, Guillaume 
de Varie (ou Varye) avait joué un certain rôle dans 
l'administration des finances de Charles VU. Principal 
facteur de l'argentier Jacques Cœur^ il avait été le bras 
droit de ce dernier dans un grand nombre d'opérations 
financières et il semble en outre qu'il ait^ à l'exemple 
de son maître, traité nombre d'affaires personnelles 
avec les favoris du roi, ce qui l'entratna dans la chute 
de Jacques Cœur \ aussi fut-il lui-même emprisonné 
et ses biens furent-ils vendus en même temps que ceux 
de l'argentier en 1453 ', mais il eut la chance de ne 
pas mourir en exil, et il put profiter de la réhabilita- 
tion que le roi accorda à la mémoire de Jacques Cœur, 
qui n'atteignit que les enfants de ce dernier, mais dont 
Varie sut profiter en personne', en 4457. Il semble 
même que sous Louis XI, il devint favori de la cour : 
nous le voyons bailli de Touraine, général des finan- 
ces, commis au fait des aflaires de la chambre du roi, 
seigneur de Tlsle-Savary ^. 11 avait épousé Charlotte de 



1. V. à ce sujet rinventaire des papiers de Jacques Cœur : 
Jacques Cœur et Charles K//, par Pierrb Clément, pièces jus- 
tificatives. 

2. Par une lettre du !•' juin 1453, Charles Vil commet Jean 
Briçonnet pour vendre les biens appartenant à Jacques Cœur 
et à Guillaume de Varie son principal clerc. Arch. Nat. P 1,353' 
cote 585. 

3. PiERRi Clément, loc. ciL — Raynal, III, p. 53 et 79. 

4. Ne pas confondre Tlsle Savary (départ, de l'Indre) avec 
risle-sur-\rnon. — Anselme, loc. cit. — La Thaimassiére (I. Xll) 
donne de la famille de Varie une généalogie qni contient plu- 
sieurs erreurs ; nous le rectifions dans ce qui suit en nous 
appuyant de Bibl. Nat. ms. fond Bourrée n» 20,496, n^ 4. 




CHATEAU DE L*ISLE-SUR-ARNON ET SES SEIGNEURS 153 

Bar et avait donné naissance à une lignée qui contracta 
les plus nobles alliances ^ 

Entre autres enfants, il eut Guillaume II, mort vers 
J. 543 *, qui, de sa femme Isabeau Frotier, eut un fils 
Charles marié à Renée de la Barre. De ce mariage 
naquirent entre autres deux fils : Jean, chevalier, 
v'icomte de Bridier, qui continua la branche des sei- 
gneurs de risle-Savary, et René que nous trouvons 
cfualifié de ce seigneur de la Lande, Puybouillard et de 
l'Isle-sur-Arnon » * et qui épousa en premières noces 
N. de la Forest des Sablettes et ensuite Gabrielle 
de Grailly. 

§ 

C'est sans doute René de Varie qui succéda à la mai- 
son de Beaufort dans la possession de la terre de Tlsle, 
mais il ne posséda pas longtemps cette seigneurie, du 
moins d'une façon intégrale; en effet par contrat du 
20 mars 1600 il constitua une rente sur sa terre del'lsle 
au profit de Jean Penot, avocat de Bourges, puis il en 
vendit ou en engagea une portion à M* Mathurin, pro- 
cureur fiscal à Lignières^et àPierre Algret, marchand à 
Touchay^ L'isle, ou partie de Tlsle, aurait été égale- 
ment à cette époque entre les mains d'un certain général 
Millet ^ 

1. Varie porte de gueules à 3 casques de profil d'argent 2 et 1. 

2. Bibl. Nat. ma. f. fr. 22.270, p. 126 et 24,048, p. 343. qui 
complètent celui cité ci-dessus. 

3. Bibl. Nat. ms. cité ci-dessus 

4. Archives du Cher, B, 4.838 ; mém de Silvain Roze. no- 
taire à Bourges, registre. f« Ilir'-xviu. C'est à une obligeante 
communication de M. le vicomte Ch. de Laugardièrk que nous 
devons ce renseignement. 

5. Ms. de M. L. Pelletibr et de M. Dupié, hc. cit. 



154 ESSAIS mSTORIOUBS ET GÉNÉALOGIQUES SUR LE 

C'était probablement Daniel Millet, d*abord hugue- 
not en 1589, pois trésorier général de France, conseiller 
du roi, élu maire de Bourges en 1607 *. 

Cependant nous retrouvons Tlsie d*une façon certaine 
entre les mains des fils de René de Varie qui y habitè- 
rent. Celui-ci avait eu au moins trois fils, Philippe, 
Hugues et Silvain et une fille, Gilberte, qui épousa 
Louis de la Brosse, seigneur du Poirier et mourut après 
4654 : Hugues ne semble pas s'être marié ; Silvain, 
seigneur de la Lande-Saulzay contracta vraisemblable- 
ment deux alliances : Tune avec Antoinette de Bar qui 
lui apporta la terre de Saint-Loup, en septembre 1605, 
et la deuxième avec Barthélemye de Muriat. Quant à 
Philippe il fut seigneur de TIsle-sur-Arnon et de la 
Brosse ; il épousa- en premières noces Marguerite Morne, 
puis en deuxièmes noces, le 10 novembre 1635(?)', 
Louise de la Châtre, fille de son voisin René de 
la Châtre, seigneur du Plaix ', et de Marguerite Porte, 
fille du seigneur de la Bayarderie. Sa résidence habi- 
tuelle était son château de Tlsle; c'est ainsi que nous le 
voyons, en 1629, parrain d'une cloche dans l'église 
de Saint-Jean-de-Touchay ^. De ses deux femmes il n'eut 

i. V. Lettres du maréchal de La Châtre an Duc de Nevers du 
22 mars 1589 et aux maire et échevins de Bourges du 30 avril 
1608. (Mémoires de la Société Historique du Cher, 4« série, X« vo- 
lume, pages 26 et 204). — La Thaumassièri, III, xv. 

2. La Thaumassièbk, ibid. 

3. Le château du Plaix est situé sur les bords de rAmou à 
quelques kilomètres du château de Tlsle. 

4. Le 14 mars 1629, baptême de la petite cloche de Saint-Jeau 
« parrain noble homme Philippe de Varie, seigneur de l'isle u, 
marraine Magdeleine de Bethoulat. Arch. de l'État civil de 
Touchay. V. notre notice sur ces actes paroissiaux, loc, cit.^ p. 
7, 10 et 29. 



CHATEAU DE L'iS LE-SUR- ARNON ET SES SEIGNEURS i5«S 

X>oinl d'enfant, cependant aux actes de la paroisse, 
nous avons trouvé, à la date du 21 avril 1636, peu de 
temps après son second mariage, le baptême de Marie, 
fille de c( Philippe de Varie, seigneur de Tlsle et de Marie 
Allegret* ». Les mœurs étaient sans doute faciles à 
Tépoque. 

Les frères de Philippe devaient habiter également 
risle, car le i*' mai 1634, nous relevons le baptême de 
« Hugues, fils de noble Silvain de Varie et de demoi- 
selle de Muriat », le parrain est « noble homme Hugues 
de Varie et la marraine Anne de Chevry, dame de 
Moulin-Porcher ». L'acte est signé : « Douane Deche- 
vry* ». 

§ 

Ces seigneurs étaient hospitaliers, s'il faut en croire 
la légende. Une terrible épidémie de peste avait éclaté 
dans le Berri en 1628, et le fléau sévissait à Bourges, 
Issoudun, La Châtre, Saint-Amand, avec une intensité 
accablante. Les habitants de Linières éperdus firent 
alors le vœu d'envoyer une députation en pèlerinage à 
Notre-Dame de Liesse, au diocèse de Laon, et d'y 
ofi'rir un présent à la Vierge s'ils étaient préservés de 
la contagion^. Ce vœu fut exaucé et Linières miracu- 
leusement préservé. Mais dix ans plus tard la peste 



\, Extrait des actes paroissiaux de Touchay, ibid. 

2. Extrait des actes paroissiaux, ibid. 

3. Un procès-verbal de ce vœu existe encore dans l'étude do 
M» Durand, notaire à Ligniéres. Nous en avons vu une copie 
dans l'Histoire manuscrite de M. Tabbé PinioAUD. C'est d'ailleurs 
à ce manuscrit que nous empruntons les détails qui suivent 
sur la peste de 162S-163S. 



156 BSSAIS HISTORIQUES ET GÊNÉALOGIOUES SCV LE 

(c*était ce que nous appelons aojoard^lioi la pesie 
bubonique) reparut et ravagea de ooaYe&o tootes les 
localités voisines. Le seigneur de Linières, c|m était 
alors Philippe de Brichanteau, avait fait défense de 
recevoir dans la ville les étrangers arrivant des lieoi 
contaminés. Cette sage précaution ne fat maJhearease- 
ment pas pfmctuellement exécutée, et 1& ctirooiqne 
raconte qu'un taillandier de Saint-Baudel, doot plu- 
sieurs domestiques étaient morts de répidémle, vint 
chercher un asile à Linières et y apporta I3 conta- 
gion ^ L'épouvante s'emparfi de tous et en moins de 
deux jours, la ville fut abandonnée. « La plupart des 
<( habitants se réfugièrent dès lors au châ.teaa de 
n ruie* en juillet 1638, où rhospitalilé leur fat 
« donnée; le» autorités elles-mêmes se rendirent dans 
« I08 environs du château et le bailly tint pendant 
« quelque temps ses audiences de justice à Touchay'. » 



(''oHl vor« la même époque qu'un des frères du sei- 
Kneur de Linières. Philibert de Brichanteau, 81* évoque 

•'»»«« Ail **^*"*"***®»* ■ nommé Lacofrette » fut reçu à Linières 
•loriiJcr *" ««"^n^ faubourg, aussitôt le fils et le valct.de ce 
•»"* rf«'iiie,.r .^T^"^" P*** '* maladie. Le fils de Jean Cormier 
fnVo vi»u,.,, I * «"«^tairie de Barbauçois. étant venu avec son 
'*' f^'ur iio ' ''**'Orrrlto, mourut aussitôt et fut enterré derrière 
•«•'tinfin cl ei, "•*{"**'»«• Le mal sVtendil dès lors de maison en 
♦*'» diriM le- '***""•' J*>wrs il mourut 15 à 20 personnes à Linières 

^- ^*»ttH in^'V^**'* ^^^^ Phsi«^ai'd, ms..cité. 

•*'• Ahb<^ P*.,*f/ Pelletier, archives du cbâteau de ICsle. 
*««AUD, Histoire manuscrite, loc. cit. 



O'HA.TEAU DE l'iSLE-SUR-ARNON ET SES SEIGNEURS 157 

dke l^a^oD*, vint au chàteaa de llsle et y consacra plu- 
sieurs pierres d'autel, dont l'une sert encore au culte 
cians la chapelle du château'. On y lit cette inscription : 

« Altare hoc portabile consecratum esL ab Mgr D, D, 
« f^hiliberto de Brichanleau Laudunensi episcopo in 
a ocLStro (ou castello) de t/sle dieTS Aprilis ^6. .. ac 
ix stÀper illud ipse die celebravit, » 



CHARLES DE LOIIGUBYAL, SEIGNEUR DE L JSLE. 

ANTOINE DE YILLENEUYE, MARQUIS DE TRANS. 

SECOND SIÈGE DU CHATEAU DE L'ISLE. 

Nous ne saurions déterminer d'une façon exacte à 
quelle époque les Varie quittèrent Tlsle. Après eux, les 
représentants de deux illustres familles posséderont 
cetle seigneurie, les Longueval et les Villeneuve Trans. 

Les différents manuscrits locaux, que nous avons 
cités dans le cours de cette étude, rapportent qu'à la 
mort de Philippe de Varie, le sieur de la Brosse fi 
l'acquisition de la seigneurie de Tlsle^. Or, en 1648, 



1. Philibert de Bricbanteau, évèque de Laon, après son frère 
BeDJamiD, fut exilé de son diocèse par la volonté du Cardinal 
de Richelieu et vint mourir en Berri le 12 janvier 1652. 11 fut 
inhumé dans l'église de Meillant. — Gallia christiana, X, 502. — 

MORBRl. 

2. Cette pierre a été restituée au château de l'isle, il j a quel- 
ques années, par Tintermédiaire de M. Tabbé Périgaud. 

3. PiLLBTiBA, ms. cité. — DuPiÉ, ms. cité. 



\ 



158 ESSAIS HISTORIQUES ET GÉNÉALOGIOUBS SUR LE 

noas voyons, dansjes actes de la paroisse de Toacbay, 
le baptême d'an enfant Bardelot dont est parrain : 
u haut et puissant seigneur Charles de Longueval, 
« écuyer, seigneur de la Brosse *.p L'acte ne donne 
pas le nom de seigneur de Tlsle au parrain, qui^ pro- 
bablement à cette époque, ne Tétait déjà plus; mais 
l'élude de la généalogie de celte famille prouve, sans 
réplique, que Charles de Longueval posséda cette sei- 
gneurie. 

La maison de Longueval de Picardie était une des 
plus anciennes du royaume; elle portait : bandé de 
vair et de gueules, depuis Walter de Longueval, sur- 
nommé le Dragon, brave chevalier qui, combattant 
contre les Sarrasins, avec les seigneurs de Goucy et de 
Chàtillon, coupa son manteau d'écarlate fourré de vair 
et le partageant avec ses compagnons pour en faire an 
emblème de ralliement, le disposa en fasce sur l'écu 
de Chàtillon, en pal sur celui de Coucy et en bande sur 
le sien*. 

La famille de Longueval se divisa en plusieurs bran- 
ches dont Tune, celle des seigneurs de Tenelle et 
de Vaux, suivit la fortune du duc de Bourgogne et 
resta ensuite attachée à la Maison d'Autriche : quant à 
la branche cadette, celle des seigneurs de Haraucourt, 
elle donna naissance à Philippe de Longueval, sei- 
gneur de Cresmail-Haraucourt, maître d*h6tel ordi- 
naire de François I*', qui, marié avec Suzanne de 



i. Notes, Extrait des registres paroissiaux de Touchay, déjà 
cité. p. 12. 

2. Bibl. Nat. ms. f. fr., 32,469. V. aussi La Ghesnayi-Disboib 
loc, cit. 



CHÂTEAU DE l'ISLE-SUR-ABNON ET SES SEIGNEURS 159 

^Vî^nancourt, dame de Manicamp, eut plusieurs fils : 
l'sLlné qui eut sa postérité, et le plus jeune Chartes qui 
TwjlX mané à Louise de Buz% fille du seigneur de Yille- 
n&Areuii «c ce qui le fit père des seigneurs de Crécy, de 
<K Gury et de Tlsle, sur lesquels, dit le document' qui 
«i donne ces détails, nous n*avons pas de mémoires. » 
^Nousnous trouvons donc certainement en présence de 
l'auteur du titulaire de la seigneurie de l'Isle, mais 
jTâous n'avons pas d*autres renseignements sur ce der- 
nier*. 

§ 

Quelle que soit la date à laquelle Hsle fut à Charles 
de Longueval, en 1644, il appartenait à la famille de 
Villeneuve Trans. Un acte de baptême de cette date 
nous indique comme parrain d'un enfant N... « haut 
« et puissant seigneur Messire Ânthoine de Villeneuve 
tt marquis de Trans, seigneur de Tlsle ^ » et les dififé- 
rents textes s'accordent à dire que cette propriété com- 
mença en 1645 ''. Cependant à la suite de l'acte de 
baptême que nous citons, nous lisons après la signa- 



1. Anselme, VIII, 136. — Baron Trouvé, Histoire de Jacques 
Cœur, p. ns. 

2. Bibl. Nat. ma. f. fr., 32,469, précité. 

3. Les armes de Longueval, telles que nous venons de les dé- 
crire sont également données par VArmorial générai de o*Hozuii. 
province de Bourges, avec la désignation de N., marquis de 
Longueyal. 

4. V. notre étude précitée p. 11. 

5. BuHOT 01 KusBBS. loc, cit. — Mémoires inédits pour seiwir 
à Vhistoire de la ville et des seigneurs de Linières, par Oillbs li 
Duc et L. J. B. DupiÉ, publiés par Lucien Jent. Bourges 1890, 
p. 152. — DuPiÉ, ms. cité. Pbllbtibr, id. 



160 ESSAIS HISTORIQUES ET GÉNÉALOGIQUES SUR LE 

ture « Trans » celle de « Vary » ; cette dernière famille 
était donc restée attachée aivpays. 

Anthoine de Villeneuve, marquis de Trans, appar- 
tenait à une ancienne maison de Provence, dont Tori* 
gine remonterait à un cadet des comtes de Barcelone, 
rois d^Âragon. L'un de ses membres Louis de Villeneuve 
connu du vivant de son père sous le nom de Serenon, 
commanda Tarmée navale el fut, sous Louis XH, deux 
fois ambassadeur à Rome ; aussi pour prix de ses ser- 
vices, le roi érigea sa baronnie de Trans en marquisat, 
en 1505. C'est la première terre de France décorée de 
ce titre avec enregistrement au Parlement*. 

Anthoine de Villeneuve, marquis des Arcs^ puis 
marquis de Trans, par héritage de Jean de Villeneuve 
marquis de Trans^ seigneur de Flayoses en 1626, était 
troisième fils d'Arnaud de Villeneuve, baron des Arcs 
et d'Elisabeth de Halluin. Il naquit à Paris où il passa 
sa première jeunesse. Ayant d'abord eut l'idée de se 
faire recevoir chevalier de Malle, il abandonna ce pro- 
jet et épousa, en 16i4, demoiselle Gabrielle du Mas de 
Gastellane, fille d'Alexandre du Mas, baron d'Alle- 
magne et de Marthe d'Oraison qui, plus tard, fonda la 
maison des Capucins de Marseille où elle mourut en 
odeur de sainteté. 

Nous avons vu ' que Nicolas du Mas, dernier seigneur 
de risle, hérita en 1558^ de son oncle Melchior de 



1. RoBBRT DB Briançok, Êlul de Provence^ 111, p. 242. — Moberi. 
— Les armes des Villeneuve Trans sont : de gueules, fretté de 
six lances d'or et semé dans les claires-voies d'écussons de 
même ; sur le tout, d*azur, chargé de fleurs de lys d'or. 

2. V. plus haut, p. 141. 



CHATEAU DE L*1SLE-SUR-ARN0N ET SES SEIGNEURS 461 

Castellane, baron d'Allemagne, à la condition de por- 
ter le nom et les armes de cette maison. La femme 
d'Anthoine de Villeneuve devait être la petite fille de 
r^icolas du Mas. Ëlait-elle hantée du désir de revoir le 
Berri, berceau de ses ancêtres? Il est assez curieux de 
retrouver ce vieux donjon, après des vicissitudes bien 
diverses, retourner aux mains de ceux qui lui avaient 
donné un instant de célébrité. Il semble d'ailleurs que 
c'est en propre à la marquise de Trans qu'ait appar- 
tenu le château de llsle. Nous voyons en effet que 
c'est en faveur de « la dame de Tlsle » qu'est rendue, 
le 22 août 1666, une sentence de la conservatoire de 
Bourges attributive des dîmes de la paroisse de Saint- 
Christophe*. 

Anthoine de Villeneuve mourut en 1672 sans laisser 
d'enfants' et sa veuve vendit ou donna Tlsle ainsi que 
nous le verrons, à Henry de Mousnier, écuyer^ seigneur 
de Meslan '. 

§ 

Mais pendant cette période de temps, l'époque trou- 
blée de la Fronde n'avait pas été sans laisser de 
nouvelles traces sur les murailles de la forteresse. 

Condé venait de se déclarer ouvertement contre la 
cour, et il avait résolu de concentrer une partie de 
ses troupes dans la puissante place de Montrond pour 



1. Arch. du Cher, E 802. 

2. Nous devons une partie des renseignements qui précèdent 
à Tobligeante communication qui nous a été faite par M. le 
marquis de Villeneuve Trans. 

3. Pbllitibr, ms. cité. — Duphé, id. 

il 



468 ESSAIS HISTORIOUBS ET 6ÉNÉALOOI0UBS SUR LE 

résister à H. de Saint-Âignan, duc de Beauvillier, qui 
commandait pour le rdi en Berri. Il y enferma donc 
une importante garnison commandée par ses plus 
fidèles, Bussy de Rabutin, qui devait cependant bientôt 
réintégrer Tarmée royale, Ghavagnac, Tavannes, et sur- 
tout François de Vaudetar, marquis de Persan. 

M. de Saint-Aignan s'avançait donc vers Montrond 
en prenant les châteaux qui se trouvaient sur son pas- 
sage ; c*e8t ainsi qu'il s*empara de Vouillon, de Som- 
miers et de Pruniers. Pour répondre à ces succès, 
Persan dépêcha dans le tout voisinage des partis de 
soldats, aûn de ravager le pays et se rendre maître des 
places importantes. C'est ainsi qu*il fit une tentative 
sur Dun-le-Roy et alla même jusqu'à Baugy dont il 
s'empara. Une de ces expéditions fut dirigée au mois 
de juillet 1650 contre le château de l'isle, elle se com- 
posait d'un détachement assez important, traînant avec 
soi de Tartillerie. Le château avait sans doute été 
réparé depuis l'assaut qu'il avait eu à soutenir contre 
la Châtre, car il fallut faire un siège en règle. Les 
canons, suivant la tradition, furent mis en batterie au 
sud ou au sud-ouest du château, défilés dans un fossé 
que Ton montrait il y a. quelques années, et les traces 
des boulets qui sont encore marquées sur la façade sud 
du donjon, prouvent que c'est par là que fut dirigée 
l'attaque. Une brèche fut ouverte de ce côté, et à onze 
heures du soir les assiégés devaient se rendre. Les 
Condéistes occupèrent alors la place et se mirent en de- 
voir de la démanteler. Ils passèrent plus de huit jours 
à ce travail; une grosse tour fut rasée, on en voyait 
encore les vestiges il y a quelques années ; toute la 



CHATEAU DE L*ISLE-SUR-ARNON ET SES SEIGNEURS 163 

partie Est du château fut démolie et enfin, pour ache- 
ver leur œuvre de destruction les vainqueurs allu- 
mèrent un incendie qui détruisit la moitié de la place. 
Une inscription gravée probablement par un soldat, 
sur la muraille intérieure d'une tour et qui est reli- 
gieusement respectée, donne à ces faits une authenticité 
réelle. La voici, telle qu'on peut^encore la lire. 

« Cette place a] été prise le XIII juillet 1650 à 
XI heures de nuict et brûlée le XXVI du mesme mois 
par les Condéistes * ». 

Quelques semaines après, la paix de Bordeaux venait 
mettre un semblant d'accord entre les combattants du 
Berri. L'article IV de ce traité du 30 octobre 1650 porte : 
it Tous les châteaux occupés par les dites troupes de 
« part et d'autre, comme ceux de Beaugy, 8aint-Flo- 
« rent, Bommier, Culan, le Ghàtelet, les Barres et au- 
« très seront remis entre les mains de ceux qui les 
ce avaient auparavant et les garnisons retirées de part 
« et d'autre. « Le sort de Tlsle dépendait évidemment 
de l'exécution de ce traité qui, on le sait, ne fut pas 
appliqué, carie véritable siège deMontrond par Palluau 
ne devait commencer que Tannée suivante. Les com- 
bats allaient reprendre sous les tours du château de 
l'Isle, mais si la place démantelée n'offrait plus de 
retraite aux combattants, le souvenir du dernier siège 
avait suscité des passions belliqueuses chez les habitants 
de Touchay, à tel point que dans différentes rencontres 

i. V. aussi PiKiQDiif>B Grmbloux, loc, eit. 



k 



164 ESSAIS HISTORIQUES ET GÉNÉALOGIQUES SUR LE 

qui eurent lieu aux alentours, ils se montrèrent les plus 
acharnés et aussi les plus rusés, car la légende rapporte 
« qu'ils avaient appris Tart d'ensorceler l'ennemi doot 
a ils savaient charmer les armes » ce qui leur donnait 
tout naturellement l'avantage ^ 



XI 



LES MOlflflER DE MBSLAN, SEIGNEURS DE LISLE. 
HENRT DE MONNIER. — LOUIS DE MONNIER. 

Les mémoires du temps, que nous avons cités ', disent 
que la veuve du marquis de Trans, Gabrielledu Mas de 
Castellane, n'ayant pas d'héritiers directs, vendit ou 
donna la seigneurie de llsle à Henry de Mosnier ou de 
Monnier. L'hypothèse de la donation n'est pas invrai- 
semblable, car la famille de celui-ci n'était pas étran- 
gère aux du Mas. 

La maison de Monnier, des seigneurs de Meslan ou de 
Chateaudreuil, était originaire de la ville de Moustier 



1. Mémoires inédils publiés par M. Jbnt, loc, cit. — Le ms. 
de M. Pelletisr parle d'un autre siège du ch&teau de l'Isle qui 
aurait eu lieu en 1676 « par les partisans du duc d'Enghien et 
• auquel auraient pris part les seigneurs de Cluis, du Broux elles 
« chevaliers d*Orqué et de Rhodes, » siège également suivi 
d'incendie. Peut-être faut-il voir là l'indice d'une entreprise faite 
en 1616, sous la régence de Marie de Médicis, pendant les troubles 
qui précédèrent le traité de Londun, alors que Louis de la Châtre 
chargea M. de Rhodes de surveiller le Berri contre les tenta- 
tives du prince de Gondé : il aurait, disent les manuscrits pré- 
cités, fait occuper le château de l'Isle par le capitaine d'Almonl. 
Les renseignements précis nous manquent. 

2. Ms. de PiLLETUta et de Durai. 



CHATEAU DE L*ISLE-SCR-ARFrON ET SES SEIGNEURS 165 

en Provejce*. Elle remonle à Antoine Monyer, écuyer 
de la ville de Moustieren 14. . . La seigneurie de Meslan 
lui fut acquise par suite du mariage contracté vers 1495 
entre Honoré de Monnier et Philippine de.Barres, une 
des OUes de Philippe de Barres, seigneur de Meslan et 
de Thoard, chambellan de Charles YIII et marquis de 
Vintimille ' . 

A la septième génération, nous trouvons Jean, sei- 
gneur de Meslan, fils d'Armand de Monnier, président 
de la chambre des comptes en 1605^ et de Marguerite 
de Garnier ; il fut lui-même reçu conseiller aux comptes 
en 1625, testa en 1637 et épousa Marguerite Sauvin, 
fille de Pierre Sauvin, seigneur de Chailar en Dauphiné, 
maréchal de camp, et de Jeanne de Grasse, fille du 
baron d'Allemagne ce qui lalliait à la marquise de 
Trans. Toujours est- il qu'il eut un fils nommé Henry 
que nous retrouvons à Tlsle avec le titre de seigneur de 
cette terre, et qui y habitait même en 1684, car nous 
voyons le 10 septembre de cette même année « noble 
a Henry de Monnier, chevalier seigneur de Meslan et de 
ti risle )> parrain de Marie Dubois, fille du fermier de 
cette terre ^. 11 avait même fondé quelques mois aupa- 
ravant en 1683, une messe à dire tous les vendredis 
« dans la chapelle de Tlsle, située en plein nord de 

i. Porte d'azur à un griffon d'or, accompagné de trois crois- 
sants d^argent, un en chef et deux en pointe mal ordonnés ; 
supports deux aigles d'or ; cimier un griffon naissant de 
même. 

2. Rappelons cette coïncidence que la veuve de Timotbée du 
Mas. épousa François de Vintimille en 1577. V. plus haut, p. 141. 

3. V. notre Extrait des registres paroissiaux de Touchay . 
p. 13 et 18. — Henri de Monnier est aussi qualifié de seigneur 
de Thoard. Dictionnaire de la noblesse de Duchesne (MDCCLXXl). 



166 ESSAIS HISTORIQUES ET GÉNÉALOOIOUES SDR LE 

€ l'église (Si-Martin) de Touchay, moyennant un bois- 
ci seaa de blé-seigle dont le pain serait distribué aux 
« pauvres*. » 

Henry de Monnier avait épousé Catherine de Ctiaix, 
fille de Jean de Chaix, auditeur à la cour des comptes, 
et de Catherine de Bourdon, qui lui donna trois fils et 
une fille : Catherine, abbesse de Sainte-Catherine d'Âpt ; 
— N. religieux réformé ; Laurent Henri, officier d'infan- 
terie, qui a laissé des enfants près de Courtenay où il 
s'était établi, au lieu dit Saint-Pierre. Enfin Talné était 
« Jean Louis de Monier Melan, seigneur de l'Ile en 
Berry ». Il servit également en qualité d^officier d'in- 
fanterie et épousa à Crest en Dauphiné Marie- Anne de 
Bruyère des seigneurs de Vaumon et de Chateauvieux, 
dont il n'eut qu^une fille qui s'allia en 4725 à Jean- 
Joseph de Forges, seigneur de Rousset'. 



xn 



LES GOUGBNOT DES MOUSSEAUX, SEIGNEURS 

DE l'ISLE. — GEORGES GOUGENOT. — l'aBBÉ GOUGENOT. 

PIERRE GOUGENOT. — ADRIEN GOUGENOT. 

En 1722 la terre de Tlsle fut acquise par messireGeorges 
Gougenot, écuyer, secrétaire du roi « seigneur de 



i. Ils. de M. PSLLBTitR, loc. Cit. L'autcup ajoute qu à la même 
époque Giraudon était Juge de la Justice de l*lsle. 

2. Dicl. de la noblesse de Dochèshb (MDCCLXXI). — Histoire 
hf^roïque de la noblesse de Provence, t. Il, p. 147. — Robsbt de 
BiiAWçoN, état de Provence dans sa noblesse, t. II, p. 394. 



CHATEAU DE l'isLE-SUR-ARNON ET SES SEIGNEURS 167 

Groissy et de Lille \ fils de Didier Gougenot (16421701). 
Il appartenait à une bonne noblesse de robe' et était 
originaire de Paris où nous le voyons, de père en fils, 
habiter un bôtel de la ruedeCondé sur la paroisse Saint- 
Snlpice'. Lui-même était un homme prudent, de bon 
conseil, sachant administrer ses affaires avec discerne- 
ment et intelligence; aussi ses qualités le mirent-elles 
en évidence et il fut désigné, avec le titre de conseiller 
secrétaire du roi, pour être d^abord « tuteur onéraire 
« des enfants du Hégent et plus tard de Louis-Joseph 
« de Bourbon, prince de Condé*. » 

11 épousa Michèle Ferouiliat et eut plusieurs enfants : 
Catherine, née le 22 septembre 1715 ; Micheile Gene- 
viève, née le 28 octobre 4716; Georges Jean, né le 
24 septembre 1717 ; Louis, né le 13 mars 1719 ; Angé- 
lique Catherine, née le 7 février 1720; Georges, né le 
13 juin 1721 et Antoine Pierre, né le 29 octobre 1724. 

Le nouveau seigneur de Tlsle habita certainement sa 
terre, avec sa famille, pendant les instants de loisir que 
lui laissaient ses occupations. Plusieurs appartements 

1. V. notre Extrait des registres paroissiaux de Touchay, 
p. 1 3. — Mémoire au Parlement signifié pour dame Françoise 
Dubois contre messire Georges Gougenot seigneur de Tlsle en 
Berri. C'est M. le baron Corvisart qui a eu la gracieuseté de 
nous faire don de cette pièce que nous avons déposée dans les 
archives du château de Tlsle. 

2. Porte d'azur au chevron brisé d'or, accompagné en chef 
de deux croix de Malte d'argent, et en pointe d'un poisson 
nageant sur une mer de même. Communiqué par feu M. Gou- 
genot des Mousseaux. 

3. Sandbêt. Archives de la noblesse, t. X, 1873. — Comte de 
Chastbllux, Notes prises aux Archives de F État civil de Paris, 
p. 304. 

4. Louis Joseph de Bourbon, prince de Condé, né à Paris en 
1725 et mort à Chantilly au retour de l'émigration en 1818. 



168 ESSAIS HISTORIQUES ET GÉNÉALOGIQUES SUR LE 

situés dans la partie du château que Ton nomme le 
a Porche » ou le a Donjon », restaurés dans le goût de 
l'époque, avec des cheminées du style rocaille et chan- 
tourné, des boiseries Louis XY, des alcôves lambrissées, 
des portes à trumeaux, ont dû être aménagés par loi. 

Sa présence est constatée à Tlsle le 7 octobre 1739 et 
il signail en qualité de parrain au baptême du fils de 
son régisseur « Claude Cuisinier » homme important 
dans le pays, seigneur de Jarry et de Preugnes et plus 
tard directeur des Contrôles \ La marraine est une fille 
du châtelain, Catherine Gougenot. 

En 1746, nous le voyons encore faire exécuter, par 
son régisseur, des réparations dans l'église de Touchay, 
à la chapelle de l'Isle dédiée à saint Marc « et après 
« lesquelles, M. Demonville, supérieur du séminaire et 
« vicaire général du diocèse leva l'interdit dont avait 
« été frappée cette chapelle" ». 

Bien qu'il eut un régisseur, il ne négligeait pas ses 
affaires; on le retrouve soutenant et gagnant plusieurs 
procès relatifs à sa terre de l'Isle, devant le bailli de la 
baronnie de Linières qui le qualifie de : « escuyer, sei- 
« gneurdeTIsIe sur Arnon, conseiller secrétaire du 
« roy, maison couronne de France, pour son Altesse 
« sérénissime. Monseigneur le Duc*. Plusieurs de ces 
« jugements ne furent rendus qu^aprèssa mort, et ne 
a profilèrent qu'à ses descendants * ». 

1. Notre Exhml des actes paroissiaux de Touchay^ p. 13, 18, 
19, 30. 

2. Ibid., p. 30. — PgLLSTiBR, m», cité. 

3. Louis, duc d'Orléans, fils du Régent, 1703-1752. 

4. Jugement du 28 juin 1748 contre Michel Dubreuil labou- 
reur et ses communs, concernant le droit d'affermer le pré de 



CHATEAU DE L*IS LE-SUR- A RNON ET SES SEIGNEURS 169 

Georges Gougenot devait, en effet, mourir le iO juin 
4.748, laissant la terre de Tlsle à ses enfants. 



§ 



Des trois Gis de Georges Gougenot, Georges (II* du 
nom) ne semble pas avoir eu des intérêts en Berri ; il 
fut nommé secrétaire du roi, seigneur de Croissy, 
épousa Marie-Angélique Véramy de Varennes, et créa 
une branche étrangère à cette étude. Ce fut Antoine 
Pierre qui devint seigneur de Tlsle, il y habita avec son 
frère Louis, lequel dut hériter d*une partie de cette 
terre, car c'est au nom de ce dernier que se poursuivi- 
rent certains des procès commencés par son père et que 
nous avons mentionnés plus haut. Un autre titre ratta- 
chait Louis Gougenot au Berri ; il était abbé comman- 
dataire de Chezal-Benolt, ce couvent de Bénédictins que 
nous avons vu être réformé par le vénérable Pierre du 
Mas. 

Ce n'était d'ailleurs pas un esprit ordinaire que l'abbé 
Louis Gougenot. Son portrait peint par Greuze et en- 
suite gravé par Dupuis, nous le représente avec des 
traits légèrement accentués, avec une physionomie 
intelligente, fine, élégante, qui reflète les goûts d'un 
artiste et d'un délicat. D'une affabilité de commerce 
tout à fait séduisante, il avait su rallier toutes les sym- 
pathies^ dans cette société raffinée où Ton comptait 
pour tout les grâces de l'esprit. 

Seigueres pour garantir une créance ; du 22 juin 1750, contre 
Michel Hérault condamné à payer diverses rentes. -^ Arc fi. du 
château de llsle. 



CHATEAU DE l'iSLE-SUR-ARNON ET SES SEIGNEURS 174 

Vivier. Affeclueux et affable envers ses collègues, il 
ne négligeait rien pour mettre son influence et «a bourse 
*^nr service et Ton disait de lui « qu'il avait peu de 
^connaissances et beaucoup d'amis' ». 

Mais il ne négligeait pas le Berri où l'appelaient ses 
intérêts, et il avait, étant à Home, sollicité pour la 
<^napelle du château de l'Isle des reliques qui lui furent 
accordées par le Pape Benoit XIV, le 7 juin 1756. 
étaient des ossements des saints martyrs « Justus, 
ï^urpuratus, Pins, Probus, Humilié et Libéré » lesquels 
p acés dans deux reliquaires furent solennellement dé- 
posés dans la chapelle du château le 28 octobre 1758, 
avec pernaission de l'archevêque de Bourges de les y 
eic poser à la vénération des fidèles». 

L« abbé Gougenot, car il portait t le petit collet » et 
ou Ire son tilre d'abbé de Chezal-Benott, il avait celui 
de prieur de Maintenay, mourut le 24 septembre 1767 », 
k Perla où il fut inhumé dans la chapelle de la rue des 
CtOT*<ieUers. L'académie des beaux-arts, en reconnais- 
sance de ce qu'elle lui devait pria le sculpteur Pigalle 
^« lui élever un monument qui se composait d*un buste 
en marbre, entouVé d'ornements allégoriques et accom- 
pagné de chaque côté des médaillons de son père et de 

„ '• ^^. VÈloge de l'abbé Gougenot par Salle. — Le nécroloffuc. 
Pan>^ 1768, h. 99. 
*• *^An8 notre Extrait des registres paroissiaux de Touchay^ 
P- '<• nous avons reproduit Pintéressant procès-verbal de cette 
'érén^ ^nie où figure la signal ure d'Antoine Pierre Gougenot 
'cuje i^c", seigneur de Tlsle, secrétaire des commandements de 

Son A . Je Prince de Condé» de Pierre Jacques Louvel, avocat au 

P^rlei^g^fQl greffier de la chambre des comptes de Paris et de 
"/w/e^tL^in curés du voisinage. 
'• -^ icHAVDf Biogr. universelle. 



1 



i 



172 ESSAIS HISTORIQUES ET GÉNÉALOGIQUES SUR LE 

sa mère *. Ce busle a sans doute été détruit pendant la 
tourmente révolutionnaire; quantaux deux médaillons, 
ils auraient été déposés dans le magasin du musée de 
Versailles*. 

§ 

Antoine Pierre Gougenot des Mousseaux, le châtelain 
de risie, portait le titre de seigneur de Tlsle sur Arnon, 
Mallerays et autres lieux, il était conseiller du roi et 
fut nommé, en outre, sans doute à cause des services 
que son père avait rendus à ce prince, secrétaire des 
commandements de S. A. S. Monseigneur le prince de 
Condé. 

Il Ht dresser par Claude Cuisinier, son intendant, 
comme celui-ci Tavait déjà été de son père, un lerrier 
de la seigneurie de Tlsle' qui englobait ou atteignait 
les localités de « La Nouë^ Les Mousseaux, Mallerays, 
« Rezay, Les Forges et les Machounats, Les Jaux, 
« Saint-Hilaire, Touché, Ids-Saint-Roch. » 

Antoine - Pierre Gougenot des Mousseaux avait 
épousé Zénobie de Court qu'il laissa veuve en 1763 
avec la charge de deux enfants mineurs : Adrien, né le 
12 avril 4761 et Antoine, le 19 juillet 1762. Ce fut sa 
veuve qui dut administrer les biens de ses enfants, et 
c'est ainsi que nous la voyons, le 9 juillet 1777, nom- 
mer bailli de la justice de Tlsle et de Mallerays, Jean- 



1. Danoebville, Voyage pittoresque à Pains, p. 306. 

2. Mémoires inédits sur la vie et les membres de l'Académie 
royale de peinture et sculpture. Paris, Dumoulin, 1854, t. IL 

-instrum, p. xxxii. 

3. Livre terrier de liste 1760-1754. Archives du château. 



CHATEAU DE L*IS LE-SU R-ARNON ET SES SEIGNEURS 173 

Saptisle Durand, procureur à Linières, en considéra- 
tion de a ses capacilés supérieures » et des services qu'il 
avait rendus à la famille '. 

§ 

Adrien Gougenol, chevalier des Mousseaux, seigneur 
de risle, Mallerays el aulres lieux, devail être avant la 
Révolution le dernier châtelain de celte terre. Il n'avait 
d*€dlieurs pas' vingt-cinq ans, lorsqu'éclala la tour- 
mente et il partit pour Témigration en 1792 '. 

Il venait d'affermer la terre de Tlsle le 19 septembre 
1789 au sieur Alloncle de Laumoy, mais le contrat ne 
put être mis à exécution, ses biens furent confisqués et 
la seigneurie, en exécution de la commission du 
district de Chàteaumeillant, fut divisée par lots et mise 
en vente. 

Le château, y compris la réserve, fut adjugé le 24 
ventôse, an II, au citoyen Etienne Boulié dont la 
famille Ta gardé jusqu*en 1859, époque à laquelle il 
fut acquis par le propriétaire actueP. 

François Deshouliérbs. 
Juin 1897. 



t. Archives du Cher. B 3,347, liasse 20. 

2. Lié avec le général La Fayette, il avait reçu en cadeau de 
le dernier une carabine ; lorsqu'il partit pour Tétranger le che- 
valier Gougenot la cacha dans les murs du château de Tlsle. 
Cette arme n'a pu être découverte depuis. (Communiqué par 
feu le fils du Chevalier Adrien Gougenot des Mousseaux.} 

3. Revenu de l'émigration le chevalier Gougenot des Mous- 
seaux ne chercha pas à rentrer en possession de la terre de l'Isle. 
Il avait épousé Françoise Apolline Oudan. dont il eut un fils. 
Henri Roger, écuyer, gentilhomme ordinaire de la chambre né 
àCoulommier8le22 avril 1805, mort en 186... sans laisser d'hé- 
ritier m&le. 



TABLE 



I . Les premiers seigneurs de l'Isle 87 

Isambert du Mas 9% 

Humbault ou Humbert du Mas 9i 

11. Pierre l»' du Mas 92 

Philippe du Mas 94 

Gabriel du Mas, évéque 94 

Pierre Dumas, abbé de Chezal-Benoft 97 

Jacques !•' du Mas 102 

m. Jean I" du Mas t06 

IV. Jacques II du Mas 131 

V . Robert du Mas 134 

Pierre II du Mas 137 

VI. Jian II et Jacques III du Mas 138 

VII. Timothée et Nicolas du Mas 140 

VIII. Jean de Beaufort Montboissier, marquis de Canillac, 

seigneur de Tlsle 142 

Premier siège de risle 180 

IX. Maison de Varie. ~ René de Varie, seigneur de Tlsle. 151 

Philippe de Varie et § es frères 154 

X. Charles de LonguevaU seigneur de Tlsle 157 

Anthoine de Villeneuve, marquis de Trans, sei- 
gneur de risle 159 

Second siège de Tlsle 162 

XI. Les Monnier de Mesîan, seigneurs de llsle 164 

XII. Les Gougenot des Moussea^x, seigneurs de l'isle... 166 

Tableau généalogique des du Mas, seigneurs de Tlsle. 
Id. id. de la maison de Varie. 



I 



À 



OÉNÉALOC'IE l>^^ 



Pl 



*>' 






»^ii.> 



ptûlipP^ 



1*^ 



ll..b»Mltvoril650, 
opnUHO Jeanne do 
Tonlpuay. 




I I 

lllftli II Ih , .ta(i|Uri m. 

âltiriiMo llofi«i in... (^poUR«* 

liM«» HiU'llltMM. 



I 

(îllberte. 



Dupuy. *^^y^ 




Snïo'me- 



, tri., Thlmolli(JciW»ou- Sara épouse T 

fiH*ii «h< ir l''rftn«'(»lto (l'Ai- Baicni. 
bert. 



.. , «fcr« ou le W" '** ^^' \ 

» >oM» Mil <.uurioii« |»r.Vi-«or ai Philippe élail Je por' ; 



s DE L'ISLE-SUR-ARNON 



I 

Jeanne, dame 
du Bois de Lafont, 
épouse Etienne 
Signonneau, sans 
postérité. 



( 
ianl% t 14^, 
use Jacqueline 
bonael de Ca- 

I 



I 
Pierre II, + 1491, 
abbé de Cbezal- 
Benoit. 



I 
Gabriel, t**^., 
évêque de Péri- 
gueux et de Mire- 
poix. 



l 
Jacques !•% f 
1476, sans posté- 
rité. 



Jacqueline, f 
1580, épouse Gil- 
bert de Le vis, 
comte de Venta- 
dour. 

I 



I 
Pétronille . 
p. i*» Xndré 
le Crussol; 2* 
loacbim de 
Ghabanne. 



I 
Blanche, 
ép. Louis 
dArgoult. 



I 
Jacque- 
line, épou- 
se Jean de 
Damas. 



Arnaud épouse 
Î^M tfoti \a bran- 
che des Dumas de 
Marveille. 



Jacqueline. 



I 
Claude Fran- 
çoise épouse 
Adrien de Hangest 
de Genlis. 



Jacc^ues 11, sans 
posténté. 



I 
Joachlm 
évêque de 
Noyon. 



I 
Françoise. 



I 
N. 



Jean. 



t 



>IS DE VARIE 



Guillaume II, 
seigneur de Tlsle 
Savary, épouse 
1 sabeau Frotier. 



Charles seigneur 
de risle- Savary, 
épouse 1° Renée 
de la Barre ; 2« 
Gabrielle de Ciilan. 



nu,. ' 

Philippe. sei- 
QeuT de risle-sur- 
mon et de la 
rosse, épouse 1® 
Marguerite Morne; 
*^ Louise de la 
)hâtre (branche 
les seigneurs du 
?laix) iO novera- 
)re 1635, sans 
postérité. 



René, seigneur 
de la Lande, Puy- 
bouillard et de 
risle-sur-^non, 
épouse i^ N. de la 
Forêt desSablettes 
2o Gabrielle de 
Grailly. 

I 



Hugues. 



Sylvain seigneur 
de la Lande Saul- 
zay, épouse 1° 
^toinette de Bar; 
2« Barthelemye de 
Muriat. 



Gilberte épouse 
Louis de la Brosse, 
seigneur du Poi- 
rier, teste le 26 
mai 163 L 



Hugues, né le 
l«'mai 1631. 



Claude, religieux 
Carme. 



LES MEREAUX 

DE SAINT-PIERRE-LE-MOUTIER 
Par Ch. DE LAUGARDIÈRE 



La dispersion récente d'une riche et belle collection 
de jetons et de méreaux, formée par un amateur lyon- 
nais S a rappelé au monde des numismates et a presque 
rerois en circulation une des grossières erreurs de 
Pierquin de Gembloux. 

Dans le catalogue dressé à cette occasion, catalogue 
où les jetons et méreaux de notre ville occupent les 
n** 275 à 296, M. Florange, après le n* 294 (méreaux 
donnés dubitativement à Saint-Pierre sans plus préci- 
ser, et qui sont certainement de Saint- Pierre-le-Puellier 
de Bourges), a glissé une petite note ainsi conçue : 
« Voyez les n^* 375 et 376 attribués par Gembloux à 
a Saint-Pierre-le-Marché de Bourges. » Et sous ces 
deux derniers numéros, avec Tindication hésitante : 
a Melun ou Mâcon? Saint-Pierre »; il imprime les des- 
criptions suivantes : 

« 375. Clé et crosse en sautoir, cantonnées de S P M 



1. Collection de M. le docteur Poncet à Lyon. <— Jetons et 
méreaux français. — Vente aux enchères publiques... les Ven- 
dredi 16 et Samedi 17 décembre 1898... Expert: M. J, Florange, 
Quai Maiaquais, i/, Paris, (Màcon, Protat frères^ imprimeurs) ; 
petit in-M« de 48 pages. 



176 



LES MÉRBAUX 



« et de trois étoiles. ^. Les chiffres X.II entre deax 
c rosaces ; au-dessus et au-dessous, une rosace. Laiton. 
« T. B. 

<c 376. Autre variété avec les chiffres VI(Gembloux, 
« pL 7, n* 8. Méreau attribué à Saint-Pierre-le-Marché 
« de Bourges). Laiton. B. » 

Deux planches sont jointes au catalogue ; sur la 
seconde est reproduit, quoique beau seulement de con- 
servation, celui de ces deux méreaux que Pierqnin 
avait déjà publié. Il est regrettable que l'on n'ait pas 
choisi, pour le faire graver^ celui que cet auteur 
n'avait pas connu et qui avait le mérite d'être trèsbeau^, 

M. Raymond Serrure ayant annexé à la huitième 



1. Dans ma première rédaction, j'avais rappelé la publication 
par M. Berry père, dans le Bulletin du Comité d'histoire et (f ar- 
chéologie du diocèse de Bourges^ séance du 15 février 1867. 
p. 11 et pi. 1, no 2, d*un méreau de provenance c*eit-à-dire 
d'origine ignorée de lui, portant simplement les lettres P M et 
chiffré XII, qui, sauf l'absence de la lettre S et des trois étoiles, 
serait identique au n" 375 de la vente Poncet. M. Victor Berry, 
présent à ma lecture, m'a immédiatement averti que la lettre, 
omise par inadvertance, existait sur l'exemplaire décrit dont il 
a hérité. Grâce à l'amicale communication qu'il m*en a donnée ' 




je peux en présenter ici une reproduction min utieusement 
fidèle, due comme les deux autres dessins qui enrichissent mon 
mémoire à la plume si fine de M. Albert des Méloizes. 



DB SAINT-PIBE&E-LB-MOUTIBE 177 

livraison de la cinquième année de son Bulletin de 
Numismatique ces deux planches, plus affirmalif que 
son confrère chargé de la vente, imprime nettement 
dans son texte, p. 126 : ce Méreau du chapitre de Saint- 
Pierre de Melun », et fait connaître le prix modique de 
Tadjudication, 5 fr. 

Pierquin de Gembloux avait, ai-je dit, commis une 
grossière erreur en attribuant à Saint-Pierre-le-Marché, 
aujourd'hui Notre-Dame, église paroissiale et jamais 
collégiale de la ville de Bourges, Texemplaire rencontré 
par lui an Musée alors départemental du Cher, qu'il 
décrit en ces termes peu exacts : 

« P. S. M. ou S P M cantonnés dans les angles formés 
« par une clef et une crosse en croix. ^. Dans le champ, 
(f le nombre YI en gros caractères, quatre rosaces aux 
« quatre angles. — PI. vu, n* 8*. » 

H ignorait que les méreaux ecclésiastiques étaient 
des monnaies de convention, à Tusage des églises pour- 
vues d*un corps ou collège de chanoines, des monnaies 
de chapitre, ordinairement distribuées aux titulaires 
présents auxofGces et, plus lard, à eux remboursées par 
le receveur en espèces ayant cours légal. Et son tort 
d'attribuer à une simple paroisse un méreau capitulaire 
se complique d'une autre bévue : il s'imagine que tous 
ceux qu'il publie servaient à régler le salaire des ou- 
vriers employés à élever les églises, et selon lui celui 
qui nous occupe « ne peut appartenir qu'à la recon- 

1. Histoire monétaire et philologique du Berry, par Pierquin 
de Gembloux. Tome premier (seul paru). Bourges, chez veuve 
Ménagé, Imprimeur-Èdileur, rue Paradis, 1S40, ln-4» ; p. 157, 
§. vin. 

12 



178 LES MÉBEAUX 

Btroction d^ l'église paroissiale de Saint-Pierre-le- 
o Marché, bâtie l'an 1 157, incendiée le jour de la Mag- 
« deleine 4487, rétablie aux frais des paroissiens en 
« 1520, et dont la tour fut commencée le 5 mai 1525 V » 

Si ce n'est point pour Bourges qu*ont été frappés le 
méreau du Musée de Bourges et ceux du D** Poncet, 
Tont-ils été pour Màcon ou Melun ? Je ne le crois pas 
davantage. J'ignore sur quelles présomptions s'appuient 
MM. Florange et Serrure, le premier pour proposer 
avec le signe du doute l'une ou l'autre de ces deux 
villes, le second pour choisir la dernière. Mais j'ai de 
bonnes raisons, que je crois convaincantes et décisives, 
pour présenter une nouvelle attribution : Saint-Pierre- 
le-Moûtier. 

Depuis longtemps je possède dans mes cartons, et 
j'ai classé au Nivernais, deux méreaux inédits, qui me 
viennent de la collection Duleau ', et qui se rattachent 
par les liens les plus étroits à la série des précédents. 

En voici la description et la figure : 

l<>Clef et crosse en sautoir, cantonnées d'une cou- 
ronnelle à dextre, du côté du panneton de la clef, et 
d'une fleur de lys à senestre, du côté de la volute de la 
crosse. ^. Les chiffres IllI, entre deux lignes de grène- 
tis, surmontés d'une fleur de lys et accompagnés en- 
dessous d'une couronnelie; le premier et le dernier I 
sont extérieurement accostés chacun d'une petite fleur 



1. Ibid, 

2. Trompé par Pierquin, cet amateur les considérait comme 
bemiyers. 



DB SAIlfT-PIBBBE-LE*MOUTIEB 179 

de lys, et le second et le troisième sont séparés par une 
petite rose ^ 

Traces de grènetis au pourtour du droit et du revers. 




Ce méreau parait sensiblement antérieur au suivant. 

2"* Crossa et clef en sautoir, la volute de la crosse à 
dextre et le panneton de la clef à senestre, accompa- 
gnées de deux fleurs de lys Tune en haut, Tautre en 
bas, et accostées de la date coupée en deux: 45 84. ^. 



1. Les couronaelles et les fleurs de lys, celles-ci figurant sur 
mes deux méreaux. font peut-être allusion à la qualité de Tille 
royale qu'avait Baint-Pierre-le-Moûtier. Cependant, comme la 
famille Baudreuil portait trois cœurs couronnés^ il serait à la 
rigueur possible que les petites couronnes du premier fussent 
une marque et un souvenir du droit de présentation que cette 
famille exerçait à Tégard du chapitre, ainsi qu'on le verra plus 
loin. — Le prieuré de Saint- Pierre-le-Moûtier avait pour 
armoiries : D'argent, à la clef à double panneton de sable 
en pal. (C** df. Socltrait. ArmoHal historique et archéologique 
du Siveimais, Nevers. Michot, 1879, gr. in-8»; tome 1, p. 80 
etpLv). Les armoiries primitives de la ville étaient une église^ 
un moûtier, sur champ semé de fleurs de lys ; dans la suite, 
les fleurs de lys réduites à trois furent rangées en chef, et, au 
xvu* siècle, la clef du monastère y fut ajoutée, couchée, h la 
pointe. {Ibid , p. 93 et pi. vu). Le chapitre, déjà en décadence 
sans doute et très appauvri à la fin du xvii* siècle, n'a rien fait 
enregistrer à VArmof'ial général de d'Hozier ; le €*• de Soultrait 
ne lui a point connu d'écusson. On peut présumer que si jamais 
if en eût un, il devait être chargé de la clef et de la crosse en 
sautoir des méreaux. 



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180 



tm MéRtAGX 



L<*» chilTrei VI tn gm» caraclères, entre qami 
plièè«» en croix. Grènatif^ aux deux poortoors. 



re r«*^^ 





l,© re^er* il*» ce tlôrnier méreau esl absolamenl ïden- 
lU]iif a« rovin* île celui qui a éié gravé dans les plan- 
rh«*« dr l'Ht^loire moniHaîre du Berr}' et du cataio^ae 
hifirft; lr« pnHcnduêâ rosaces ne sont pa^ autre chose 

^jiif x\m rîH^â lunaliliques. 

V^ilii m^'uriUMuiriU tr^s brièvement exposés, les tnoli^ 
qui^ j'tii tni» trallribufT cf^s deux pièces et leurs côQ^é- 
n^it»* à ^iïliul•!'it'rre-lc•MoàLifîr. 

La rlcF o4 rattriUut tle saint Pierre et rappelle né^^es- 
fiAir<*iii«Mtt Huit iiiMn. La crosse est J'altribut d'un éta- 
IdimemiMit inonn!ttii|Uf<, et Saint-Pierre-le-Moûtîer devrait 
U nm^iMule partie do sa dénomination, usitée dès le 
âu* ^ii'^rlf\iui pricurt^ imporlant fondé au tîîï* et dépeiï- 
dard di^ lalvlmyr hmeilicline de Saint- Martin d^Autuû. 
LfiM Ifiliro!* i^ui accompagnent la crosse et la clef sur lea 
m<^i*iHUX dn Mïi-'Vcdt' B<niff4esetde la collection Poncet, 
SI*M» H"rxplii|urr»l par Hi item t*nt par les raots : Sanctm 
Pttrm Muttûsteru; quant aux miens» si ces lettres leur 
m«iH)urnl, leur a!*p**ct «>l leur faire ne permettent point 
do lim »i> parer ilu groupe connu* Mon revers VI» du 
mûrtmu de hi^ Joniers* les y rattache même d'une ma- 
laèrii indubitaijle. 



OB SAINT-PI ERRB-LB-MOUTIBR 181 

Saint-Pierre-le-Moûlier enfin possédait un chapitre ^ 
Les historiens du Nivernais ne sont point d'accord sur 
la date de sa fondation, qu*ils rapportent toutefois a 
diverses années du xvi* siècle. Ce n'est probablement 
pas exact, car une copie du pouillé manuscrit des béné- 
fices du diocèse de Nevers, en iàlS, contient cette 
mention : Duodecim praebendae dicii S'* Pétri Dominus 
de Villemone et Petrus de Bauderel scutifer et dominus 
de la Motte alternative présentant D. D, Episcopo*. Il y 
a là un problème d'histoire ecclésiastique locale que je 
n'ai pas à élucider ; il me suffit qu'une collégiale ait 
existé au xvi* siècle à Saint-Pierre, pour que je sois 
fondé à la doter des petits monuments numismatiques 
qui font l'objet de cette notice. 

Toutefois ce problème m'avait préoccupé, et j'en 
avais entretenu mon bon ami, feu M. l'abbé Boutillie r 
la dernière fois que je l'avais vu dans son presbytère de 
Goulanges-lès-Nevers. Lui qui possédait alors l'unique 
méreau du chapitre de Cervon, il s'était vivement inté- 
ressé à l'existence des méreaux non encore signalés que 
je lui révélais, sans lui interdire d'en aviser nos collè- 
gues de la Société Nivernaise, et il m'avait promis de 
me communiquer tous les renseignements qu'il pourrait 
recueillir sur le chapitre peu connu de Saint-Pierre-le- 

1. Dénommé chapitre de Notre-Dame de Saint-Pierre-le-Moû. 
tier. dans un arrêt du Parlement de Paris du 16 septembre 1560. 
{Bulletin de la Société Nivernaise des Lettres^ Sciences et Arts ; 
XVIIe volume. 1898 ; p. 473). 

2. Le Pouillé sans date, antérieur en tout cas au concordat 
de 1516, édité par Mgr Crosnier, reproduit à peu de chose près 
cette mention : « ... dominus de Villelume et Petms de Baudreuil 
gcutifer, etc. » [Monographie de la Cathédrale de Nevers... 
Neyers, Fay et Morel, 1854, gr. in-8«» ; appendices, p. 368). 



! 



iSi LBS MÉBSAUX DE 6AIIIT-PlERR£-LE-M0!mEa 

Moûtier. Yaineroent je les attendis \ et d*autres travaux 
me firent perdre de vue, et laisser dormir dans mon 
médailiier, les méreaux (fu^une circonstance fortuite a 
rappelés à mon attention et m*a décidé à publier. 

Ce n*est point sortir des bornes assignées aux recher- 
ches de la Société des Antiquaires du Centre, car il 
importe de détruire pour toujours une fausse attribution 
introduite dans la numismatique du Berry. Or, il ne 
snfGsait pas de dire que les titres de Saint-Pierre-le- 
Marché de Bourges à se voir gratifier de méreaux, mal 
étudiés, étaient radicalement nuls ; il fallait encore 
désigner la localité à laquelle ils appartenaient, et c'est 
ce que j'ai cru opportun de faire. 



1. La seule communication qu'il m*ait faite, séance tenante, 
à cet égard, est celle d'un curieux petit livret en sa possession : 
« Almanach nouveau de la ville de Saint -Pierre-le-lloutier pour 
« l'an de grâce 1*311. Nevers, P. Louis le Febvre ; in-12. » On y 
voit, à la sifçnature B 2, que la Collégiale de Saint*Pierre était 
composée d'un doyen et quatre chanoines, dont trois seulement 
alors en fonctions. — Dans sa Statistique monumentale, cantcfrt 
de Saint-Pierre, insérée à l'AlmaDach Général de la Nièvre pour 
1850, 2« partie, p. 45. le C'« de Soultrait dit que Téglise des cha- 
noines, qui ne résidaieut même plus, formait paroisse sous 
l'invocation de Noire-Dame^ à la fin du siècle dernier. Transfor- 
mée en grange elle se voit, ou se voyait encore en 1850, à l'en- 
trée de la vUle, au sud. 



L'HOTEL PUCELLE 

A MEHUN-SUR-YÈVRE 
Par M. C. DE BOISMARMIN 



L'un des principaux hôtels de Mehun-sur-Tèvre est 
celui qui porte pour enseigne : Hôtel Charles VII. 

C'est un édiOce du xv* siècle dont la façade, donnant 
sur la rue, a été reproduite par la gravure dans l'ou- 
vrage de M. de Kersers ^ . 

On remarque sur cette façade, au rez-de-chaussée, 
les restes d'une fenêtre ancienne de plein cintre, enca- 
drée de dents de scie et garnie d'un boudin, — archi- 
tecture du XI® ou du XII* siècle. 

Au premier étage, se trouve une fenêtre double ou 
mieux une fenêtre coupée en deux par un meneau ver- 
tical et surmontée de deux arcatures trilobées, sculptées 
dans la pierre du dessus. 

On voit enfin deux autres ouvertures assez étroites, 
pour éclairer le grenier dans le haut du pignon. Cette 
façade est construite en pierre de taille. 

Celle qui regarde le couchant n'offre rien de remar- 
quable, si ce n'est trois fenêtres pareilles à celle du 
pignon et un avancement dans le mur. 

1. Voir Statistique monumentale du Cher, caoton de Ifehim, 
pi. II. fig. 3. 




I 



484 L*BOTBL rOCBIXB 

Cet avancement se continuait, antrefois, josqu'an 
bas et logeait un corps de cheminée allant du sous-sol 
au toit. 

Afin de pouvoir percer une porte donnant accès au 
sous-sol, on a supprimé cet avancement de mur sur 
une hauteur de 3 à 4 mètres et l'ouverture, alors prati- 
quée, est limitée en dedans par les montants d*une 
vaste cheminée. Des deux autres façades, dont l'une, du 
reste, est masquée par la maison voisine, il n'y a rien 
adiré. 

Cet édifice, aux murs de plus d'un mètre d'épaisseur, 
constitue un corps de logis de 25 mètres de long sur 
9 mètres de large environ. 

Si, de l'extérieur, nous passons à Tintérieur, nous 
trouvons un sous-sol auquel on accédait autrefois par 
je ne sais quelle autre face que celle du couchant, 
puisqu'on y trouve les restes de la grande cheminée à 
colonne cylindrique avec bases et chapiteaux prisma« 
tiques entre lesquelles passe la porte actuelle, comme je 
l'ai dit. 

De ce sous-sol assez réduit^ on passe dans des caves 
creusées dans le roc. 

Le rez-de-chaussée comprenait, autrefois, deux 
grandes pièces, suivant la description des aveux et dé- 
nombrements des xvii« et xviii* siècles. 

Actuellement, ce rez-de-chaussée très modifié pos- 
sède encore une grande salle éclairée par trois fenê- 
tres hautes du côté du nord. Elle est chauffée par une 
cheminée moderne masquant une vaste cheminée an- 
cienne, pareille, sans doute, à celle du sous-sol et à 
celle du grenier. 



A MBHUN-SUR-TiYRB 185 

La partie la plus curieuse de tout l'édifice est assuré- 
ment le grenier auquel on arrive par un escalier accé- 
dant à une porte avec gorges et moulures dans ses 
montants, porte pratiquée dans le long pan du côté du 
levant. 

Ce grenier qui court sur toute la longueur et la lar- 
geur du bâtiment peut avoir, par conséquent, 24 ma- 
ires de long sur 5 de large. 

Les murs montent encore de 3 m. 50 environ au-des- 
sus du plancher avant de rencontrer la toiture en 
tuiles. Ils sont percés, du côté du couchant, des trois 
fenêtres que j'ai signalées en parlant de la façade exté- 
rieure. 

Ces fenêtres ont un aspect disgracieux parce qu'elles 
sont plus larges que hautes. Elles ont des sièges en 
pierre dans les embrasures, à droite et à gauche. 

Une cheminée de pierre de vastes proportions, au- 
dessus de celle du sous-sol, prouve l'intention de l'ar- 
chitecte d'avoir des chambres à cet étage, et non pas 
simplement un grenier. 

Je ne pense pas que cette partie du plan primitif ait 
été terminée, car l'œil embrasse toute la charpente du 
toit, sans autre obstacle que celui de trois ou quatre 
tirants assez minces, reliant les deux versants du toit. 

Dans le fond de la cour et adossée au mur d'enceinte 
de la ville, regardant le nord, se trouve une écurie voû- ^ 
tée de 48 mètres de long sur 6 de large environ. Elle 
est partagée en deux lo^es, dont Tune est beancoup 
plus grande que l'autre, par un mur de refend 
moderne. Les autres murs sont fort épais et percés 
d'une porte cintrée sans grand caractère. 



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A MBHON-SUR-TÈVRE 187 

Cbarles Vil et la prudhommie, pour parler le langage 
du temps, elcpliquent très naturellement qa'il ait abrité 
^ovis 3on toit la Pucelie, durant ses séjours à Mehun. 
Fi egnaud Thierry était né en 1391. Il fut de bonne 
Yieure attaché à la maison du dauphin, en qualité de 
cliirurgien, car une pension de 600 livres lui fut attri- 
buée par lettre du 12 décembre 1422. 

Quelques années plus tard, en 1425, il recevait des 
' lettres de noblesse et Ton peut voir encore ses armoi- 
ries d'azur au chevron d*or accompagné de 3 perdrix 
d'argent, membrées et becquées de gueules, posées 2 
et i, à la voûle de la chapelle qu'il fit construire en 
1466 dans l'église paroissiale de Mehun '. 

Jeanne d*Arc qui s'occupait avec tant de sollicitude 

de tout ce qui concernait les soldats sous ses ordres, 

l'avait sans doute déterminé a suivre les opérations 

militaires de la campagne qu'elle fit à la fin de 1429, 

pour soigner ies malades et les blessés ; toujours esCil 

qu'il se trouvait au siège de ,Saint-Pierre-le-Moutier*. 

Après la mort de sa femme, il entra dans les ordres 

et devint doyen de la collégiale de Mehun probablement 

entre 1452 cl 1455, car dans une autorisation de tenir 

garenne, datée de juillet 1452, il n*est encore qualifié 

que du titre de chirurgien. 

Des faits de ce genre n'étaient pas très rares à cette 
époque. Ainsi l'un des collègues de Regnaud Thierry, 
le sieur Pierre Beschebien, maître en médecine, pre- 
mier physicien du roi en 1429, était en 1435 chanoine de 

1. Voir V Histoire de Charles VII, par M. di Bbaucodrt, et les 
cantons de Mehun, par M. db Rbrsbrs. 
S. Voir sa déposition. 



188 l'botel pucbllb 

la SaiDte-Chapelle de Bourges, et iilolaire de Véwècbe 
de Chartres en 1443. 

Pour en revenir à Regnaud Thierry, il semble aTOÎr 
amassé une fortune considérable. Il possédait, en Ut 
autres biens, la seigneurie du Courpoy el ane grande 
maison sise près la porte Barberine à Mehun, dool soo 
gendre Regnaud Bonin fournissait un acte de fuj ^ 
hommage à cause de sa femme, en juillet 1462 '. Le 
fils de Regnaud Bonin et de Marie Thierry, maître 
Pierre Bonin, licencié ès-lois, procureur général do roi 
au grand conseil, marié à Jeanne Fumée, donna en 1519 
un acte de foy et hommage pour divers héritages et en 
particulier pour u sa grand*maison assise près la porte 
Barberine en la ville de Mehun avec ses appartenances'* . 

L'un des fils de Pierre Bonin et de Jeanne Fumée, 
Méry Bonin, lieutenant général du bailly de Berry au 
siège de Mehun, sieur de Noriou et de Chantegrtie, 
fournil un acte de foy et hommage pour divers héri- 
tages y compris « la grand'maison près la porte Barbe- 
rine à Mehun, avec ses foussés et autres appartenances 
d'icelle, le 2 septembre 154! ' ». 

Ils eurent pour successeur Jean Bonin, seigneur de 
Noriou, marié le 23 janvier 1582 à Marie Bernard. 
Après la mort de Jean Bonin, sa veuve tant pour elle 
que comme tutrice de leurs enfants mineurs, fit un acte 
de foy et hommage le 13 octobre 1609, pour cause de 
divers héritages, y compris « une maison appelée la 



3- Voir C. 813, p. 368. 



A MBHUN-SUR-IÈYRB 489 

^rttnde maison assise en la ville de Mehan, proche la 
f>orte Barbarie ' ■>. 

Dans le même recueil d'actes de foy et hommage et à 

\sL même date, 43 octobre 1609, on en trouve un fourni 

par Jeban Béchereau, procureur à Mehun « pour raison 

de la moitié de la grande maison assise près la porte 

Sarbarin cy-devant appartenant aux Bonins, par lui 

acquise par décret sur Jacques des Crosses *. Ainsi l'on 

voit que dès 1609 une partie de la maison de Regnaud 

Thierry était sortie des mains de ses descendants. 

Quant au surplus, comprenant ce qui est en ce mo- 
ment rhôtel Charles YII, il resta plus longtemps dans 
la famille. 

Charles Bonin, Tun des mineurs de 1609, en était 
possesseur à sa mort. N'ayant point eu d'enfants de son 
mariage avec Madeleine Gougnon, il constitua pour son 
héritier René de Tripier, fils de Charles de Tripier, s' de 
Pierry, mais après son décès, sa maison de Mehun fut 
saisie, vendue et adjugée par décret à Nicolas de Rigault 
d'Egrefeuille, s' du Crotet, le 47 septembre 1681. 

Ce dernier revendit cette maison presque de suite à 
Jehan de Yillantroys, prêtre, curé de l'église de Mehun, 
qui fournit un acte d'aveu et dénombrement le 28 no- 
vembre 1681 *. 

A la mort de Jeban de Villantroys, ses neveux Pierre 
Basset, bénéficier de l'église de Mehun, et Marie Basset, 
héritèrent et fournirent l'aveu et dénombrement de 
cette maison le 6 juin 1704. 

1. Voir C. 837. p. 6 et 7. 

2. Voir C. 837, p.- 6 et 7. y 

3. Voir Archives du Cher, G. 843. ^v* 

t2 



1 1 ^9S -n 

iK* I ^-^=--- ..:-: Z*- . -\: — î.ih- a: -*;uill -Dût Df irCficripCîos, 

4. : *rt ; -r -:.-•: -tt Tj»^ Tir^wci m ••iîî, 1704 et 
i'**;i .-H' n :-^ :-— -ii'.: ,-?Tim'- mt £ -cic rua 2a oi^^k 

« :-* .-^ s- --r i^-: :■ .-• : :.i/ --s ^lî ir.:-îl, i] est 

Ti*t r t . :•- a., i * .*■:. -u-r -If* ;.- r ••' . j*-4^i -Pouls et 
: irt a V T. II*. : t i- - 1 ri xtr -si* > z •ÇTLÎ^r pool, 
-rt --r.*-..! .: . • : :i-t. - ^.-i^ .i i».rie i;*4e porte 

•3/t ^ -.'-•'.* i - - : "I '.* ^a ITT-»*, miis sa posîtioo. 
•vT^ 'v:- * 1 i-.^.-i. .--. -L: V-it pr^ de ifiôlei 

-•ti io-'j fn- L^-Zi.: 'T.::; : :e ie qaaiiôcatif ^roiiJ 
maiii>n, ^'e*. ^^--; a- c iji-r a une maison en face de 



UN ' f 2, Voir te eaot&Q de M<fauU. p. tf4, par IL 



A MEnUN-SUR-TÈ7RB 191 

l*tiôtel Charles VII, mais de Taulre côlé de la rue', 

je répondrais que dans tous les aveux de Thôlel 

Pucelle et par conséquent de la maison de Regnaud 

Tliîerry, cet hôtel joute la rue du c6lé du midi et que 

ses dépendances s^ont bornées par le mur d'enceinte de 

la ville au nord. 

La partie de l'hôtel de Regnaud Thierry, sortie des 
mains des Bonin avant 1609 et alors aux Beschereau, a 
été l'objet d'aveux fournis par Pierre Raymond Bour- 
daloue, procureur du roi à Mehun, et par Louis Vermeil, 
bourgeois de Mehun, son petit-fils, 30 janvier 1670 et 
27 février 1740*. Selon toutes probabilités, c'est la très 
vieille maison attenant à l'hôtel Charles VII, en remon- 
tant vers le centre de la ville, et qui montre plusieurs 
ouvertures également fort anciennes. 



1. Cette maison a été aussi possédée par les Thierry au 
XV* siècle, puis par les familles de T-fistang de 1541 à 1611 et 
' PinoD en 1668. Voir Rersirs dans le canton de Mehun, p. 292, 
et Archives du Cher. 

En 1462, Perrette Thierry très probablement fille aussi du 

chirurgien, femme de Jehan Thierry, grenetier de Rouen, était 

inquiétée par les agents du duc de Berry pour ne pas avoir pro- 

• duit d'acte de foi et hommage de propriétés qui ne sont pas 

spécifiées. Voir Archives da Cher, C. 814, p 56. 

Mais dans le registre suivant (C. 815. p. 387) il est fait men- 
tion d'un aveu, produit vers 1500 par Perrette Thierry, veuve de 
feu M* Loys Biain. secrétaire ordinaire du roi, pour une maison 
sise à Mehun. 

C'est bien celle-ci dont il s'agit, car dans le registre C. 813, 
p. 398, il est constaté que François de Lestang. seigneur de Thi- 
nay possède en 1541 • une grande maison seigneuriale assise en 
la ville de Mehun .... qui fut à feu Perrette thierry, jadis 
femme de feu messire chevalier ». 

2. Voir Archives du Cher, C. 843 et 856. 



PIECES JUSTIFICATIVES 



I 

Pièees relatives à VEàiel Pucelle et à la partie de cet kôtei 
devenue VEàtel Charles VU, 

\ 

. Juillet i 462.— M^'^ReDault-BoDin foit acte de « foy et hom- 
mage à cause de Marie \ sa femme, pour raison d'une 
maison assise en la ville de Mehun, près la porte Barbarin 
avec les foussés *, 

(Archives du Cher. — G. 813, p. 154, verso.) 

2 

Avril 1519. - M^'* Pierre Bonin, licencié ès-lois, procu- 
reur du roy au grand conseil, fournit un acte de foy et 
hommage, pour diverses terres et seigneurie et pour « sa 
grand maison, assise près la porte Barbarin, en la ville de 
Mehun, avec ses appartenances ». 

(Archives du Cher. — G. 813, p. 178.) 



2 septembre 1541. ~ Méry Bonin fournit un acte de foy et 
hommage pour divers héritages, y compris « la grand 
maison, près la porte Barbarin, à Mehun, avec les foussés 
et autres appartenances d*icelle ». 

(Archives du Cher. — C. 813, p. 358, verso. 



1. C'est Marie Thierry, ^lle de Regoault Thierry. Voir La gé- 
néalogie Bouin dans La Thaumassiére (Histoire du Berry, l. XJÏI.) 



A MfinCIf-SDR-TÈVRE 193 



13 octobre f 609. — Acte de foy et bommagê rendu par 
Dlle Marie Baroard, Vve de Jebao Booio, et S' de NoHou, 
taDt pour elle que comme tutrice des eufaots mineurs 
d'elle et dudit defuot, pour divers héritages, y compris 
M. une maison appelée la Grande-Maison, assise en la ville 
de Mehun, prpche la porte Barbarin ». 

(Archives du Cher. — C. 854, p. 6.) 



Jehan Béchereau, procureur à Mehun, fournit un acte 
de foy et hommage pour raison de « la moitié de la grande 
maison, assise prés la porte Barbarin, cy-devant apparte- 
nant aux Bonins, par lui acquise, par décret, sur Jacques 
des Crosses, le 13 octobre 1609 ». 

(Archives du Cher. — C, 857, p. 7.) 

6 

28 novembre 1681. — Aveu et dénombrement fourni par 
M* Jehan de Villentrois, prêtre, curé et recteur de la cure de 
la vili^de Mehun, qui confesse tenfk* au lieu de Nicolas de 
Rigaultd'Esgrefeuille es. S'du Crotet, en fief et hommage du 
roi » une maison de demeure couverte de tuiles, située pro- 
che la porte Barbarin, en cette ville de Mehun, qui consiste 
en deux chambres basses à cheminée, une cuisine, greniers 
au-dessus, caves au-dessous, une petite chambre à c6té, 
haulte et basse-cour et une escurie voûtée, le tout se 
tenant, qui joute d'un long du côté d'orient, la maison et 
jardin de noble Pierre Raymond Bourdaloue, procureur 
du roy aux sièges royaux dudit Mehun, à cause de son 
épouse, eh laquelle demeure à présent Jacques Auvinet, 
S' de Permelle, d'autre, par un bout du côté du midi, la 
rue tendant de i'orloge aux ponts, d'autre long, du côté 

13 



194 l'hôtel pucelle 

d*occideot, unjardio, les murs de cette dite ville entre 
deux et d'autre bout, du septentrion, joute aux dits an- 
ciens murs de ladite ville. 

Laquelle maison et dépendances ci dessus appartient 
audit avouant en conséquence du délaissement qui lui en 
a été fait au bailliage de Mehun par ledit S' d'Iiisgrefeuille, 
le mercredi il^ septembre dernier, auquel elle avait été 
adjugée par décret fait audit bailliage sur René de Tri- 
pier es. S' de Pierry, le mercredi 20* d*août dernier. » 
témoins René François Béchereau, procureur au siège 
roial de Mehun et Pierre Charlemagne, marchand, signé 
BeUouvre, not. (Archives du Cher. — C. 843.) 

[Dans la conclusion du trésorier de France, il est dit 
que cette maison avait été saisie sur Charles de Tripier, 
es. S' de Pierry, en qualité de tuteur de René de Tripier 
fils, héritier universel du défunt Charles Bonin vivant es. 
S' de Noriou.] 



6 juin 1704. — Aveu et dénombrement rendu par Pierre 
Basset, bénéficier en Téglise N.-D. de Mehun, en son 
nom et au nom de Catherine et de Marie Basset, ses 
sœurs, tous héritiers de M. Jean de Villentroys, prêtre, 
curé de N.-D. de Mehun, leur oncle maternel, pour 
« une maison de demeure couverte à tuile, située proche 
la porte Barbarin de cette dite ville, qui consiste en deux 
chambres basses ayant cheminée, cave au-dessous, une 
cuisine, greniers au-dessus, une petite chambre à côté, 
haute et basse-cour, porte cochère pour y entrer, avec 
une écurie voûtée, le tout se tenant, qui jouxte d'un long 
du côté d'orient la maison et jardin de présent apparte- 
nante Dlle Hélène Bourdaloue, épouse de M« Vincent Ver- 
meil, avocat, au lieu de noble Pierre -Raymond Bourda- 
loue, son père, procureur du roy aux sièges royaux dudit 



A MEHUN-SnR-TiBVBE 195 

MebuD, et de Dlle Marie Becbereau, son épouse, d*autre, 
par un bout du c6(é du midi, la rue tendaut de lliorloge 
€iudit filehun aux grands pouts, d*autre long, du c6té d*oc- 
cideot, un jardin appartenant aux dits avouants, les murs 
de cette ville seulement entre deux et d'autre bout, du 
c6té de seplenirion, joiut auxdils anciens murs et à la tour 
de Bourbon dépendant de cette dite ville. » 

(Arcbives du Cber. - C. 856.) 

[Ledit aveu est fait par Pierre Belleuvre, not. à Mebun. 

A la fin, dans les conclurions du trésorier de France, la 
maison (qui ne l'a pas été jusqu'alors dans cet acte) est 
appelée Tbôtei Pucelle.] 

n 

Pièces concernant 

la moitié de l'hôtelPucelle sortie, dés 1 609, des mains des Bonnin, 

ayant appartenu aux Bourdaloue. 



i 



30 janvier 1670. — Aveu et dénombrement devant Pierre 
Belleuvre not. à Mebun-sur-Yévre, fourni au roj par 
noble homme Pierre Raymond Bourdaloue, conseiller du 
roy et son procureur à Mebun, pour « une maison située 
en la ville de Mehun appelée l'hôtel Pucelle consistant en 
deux chambres basses à cheminées, une garderobe etes- 
tude, deux caves voûtées au-dessous desdites deux cham- 
bres, une cuisine et la boulangerie, grenier au-dessus, 
deux chambres hautes dans l'une desquelles 11 j a une 
estude, deux greniers au-dessus desdites chambres haultes, 
le tout couvert de tuile, une escuriedeux galletaset jardin 
derrière ladite maison se tenant, avec la moitié de la cour 
de ladite maison où y a un puits, qui joute par le devant la 



4% L*HOTEL PUCEtLfi 

rue publique teodant de la porte de Bourges à la porte 
Barbarioe, dudit Mehuo, d*autre l'autre moitié de la cour 
de lad. maison du co^të de la grange et chambre dad. 
avouaut, qui a este acquise par le père d*iceluy adroaaol, 
de défunt Simon Minant et Urban Taconnat ; par Je der- 
rière les anciens murs de la ville et d'autre la maison des 
héritiers maistre François Bechereau. 
Et a une escurie appartenant aud. avouant proche du puits 
et a un galletas appartenant à Dlle Hélène Googuon, etc. 
etc. » 

fait en présence de noble Charles Vermeil conseiller da 
roi Lieutenant particulier de Mehun et de Jacques-Joseph 
Laudas, clerc de notaire, etc. 30 janvier i 670. 
av. et den. reçu le 22 mars 1670 sans mention d'aucun 
ancien dénombrement, led. S. Bourdaloue ayant déclaré 
ne pas en avoir. 

(Archives du Cher. — C. .843.) 



11 octobre 1726. — Aveu de Fhostel Pucelle par François 
de Lavarenne, conseiller du roy, Lieutenant général au 
bailliage de Mehun-surYèvre, devant Louis Chenu no- 
taire Le 11 octobre 1726, reçu le 16 mai 1727 pour « une 
maison située aud. Mehun appelée l'hostel de la Pu- 
celle consistant en un corps de logis ayant un vestibule, 
3 chambres de pleiu pied, 2 cabinets, 1 cuisine, 1 boulan 
gerie, 2 caves voûtées au-dessous de 2 desdites chambres, 
deux chambres hautes, grenier au-dessus, une escurie, 
une petite chambre à c6té, le tout couvert de tuile, un 
petit jardin derrière ladite maison le tenant, avec la 
cour au-devaut d'icelle maison, en laquelle il y a un 
puits. Joutant lad. maison : par le devant la rue publique 
allant de la porte de Bourges à celle de Barbarin ; d'autre 
une grange aud. s' avouant ; par ie derrière les aocieDs 
murs de lad. ville; d'autre la maison d'Agnan Goyer cha- 
noine semi prébende en l'église de Mehun. » 



A MEHDN-SDR-TÈVRE 197 

L'acte de foy et Hommage a été fait par ledit François 
Dalavarenne le 22 décembre 1722 de cette maison lui ap- 
partenant par suite d'un échange avec Pierre Raymon 
Bourdaloue passé le devant 

[On cite un précédent aveu de ladite maison fourni 
Pierre liaimond Bourdaloue, le 13 mars 1717.] 

(Archives du Cher. — C. 856.) 



27 février 1740. — Louis Vermeil, bourgeois de Mehun- 
sur-Yèvre, fait aveu de moitié d'une maison appelée Tbostel 
Pueelle, comme héritier d*Héléne Bourdaloue sa mère, 
f« de Vincent Vermeil procureur aux sièges royaux de 
Mehun : 

« Laquelle moitié consiste en un corps de logis composé 
d'une chambre basse, deux chambres haultes grenier au- 
dessus, cuisiue, grange, un puits, 2 caves, un jardin, une 
cour ; Le tout joutant d'une part la maison de Pierre- 
Raimond Bourdaloue ; D'autre part la moitié dud. hostel 
Pueelle appartenant au s' Pierre de Lavarenne; par de- 
vant la grand'rue allant aux ponts dud. Mehun et par 
derrière les murs de la ville de Mehun, laquelle maison 
peut valoir 20 1. de revenu par an. » 

[Est dit conforme à l'aveu et dénombrement de lad. moi- 
tié de maison fourni par M. Raymon Bourdaloue, le 30 
janvier 1670 et reçu le 22 mars 1670.] 

(Archives du Cher. — C. 8^6.) 



DEUX SEIGNEURS BERRUYERS 

A LA CONCIERGERIE 
1608-1612 

Par M. E. DUROISEL 



Deux arrèls du Parlement de Paris récemment dé- 
couverts sont l'occasion de ce mémoire. Ils concernent 
deux seigneurs berruyers, prisonniers l'un après l'autre 
à la Conciergerie. Même à cette époque de troubles, où 
la Ligue avait si profondément divisé la France, il ne 
parait pas que la noblesse du Berry ait fourni de nom- 
breux pensionnaires aux prisons du roi. C'était donc 
une bonne fortune de rencontrer, à deux sources diffé- 
rentes et à quelques jours d'intervalle, deux noms d'im- 
portance inégale, il est vrai, mais qui appartiennent à 
rbistoire de notre province, et rappellent des disgrâces 
dignes, au moins, de quelque attention. 

Le cas de Pierre de la Porte et celui de Florimond 
du Puy étaient fort dissemblables; leur sort le fut aussi. 
Un autre Joseph eut pu prophétiser pour eux l'horos- 
cope des officiers de Pharaon : Tun, en effet, recouvra 
la liberté, reprit sa vie de soldat, et mourut au château 
de Poulaines à un âge avancé ; tandis que l'autre, après 
quelques jours seulement d'emprisonnement, porta sa 
tète en place de Grève. 



200 DBUT 8BI6HBUB8 BBEEUTBR8 

I 

C'est à DuD-le-Roi que nous reporte le premier arrêt 
du Parlement dont j'ai à parler. Le passé de mon pays 
natala été minutieusement fouillé par mon compatriote, 
Paul Moreau, et, en vérité, il a si bien fait les choses 
que la pensée ne me serait pas venue de chercher après 
lui. Des détails lui ont forcément échappé. J'expéri- 
mente aujourd'hui qu'on devra surtout au hasard de les 
retrouver. C'est en explorant les papiers de la seigneu- 
rie de Poulaines, dans l'Indre, que, contre toute attente, 
le nom de Dun-le«Roi et celui d'un seigneur de ses en- 
virons me sont tout d'abord tombés sous les yeux. La 
pièce qui les contient relate un fait grave ignoré jus- 
qu'ici de l'histoire intime de la vieille ville royale. 

En 1615, Pierre [de la Porte, seigneur d'Issertieux 
(paroisse de Chalivoy-Milon), homme d'armes de la 
compagnie du Dauphin, pour lors l'enfant qui devait 
être bientôt Louis XIII, était seigneur de Poulaines, par 
suite de son mariage avec Madeleine de Courauld, hé> 
ritiére en partie de son oncle, Louis Herpin, seigneur 
de la Sanière et de Poulaines. Il rendit foy et hommage 
pour le dit Poulaines mouvant en plein fief des véné- 
rables trésorier, chanoines et chapitre de la Sainte- 
Chapelle du Palais-Hoyal de Bourges, seigneurs barons 
de Graçay. 

Le temps du calme était revenu pour Pierre de la 
Porte, mais il avait été quelques années auparavant le 
héros. d'un événement qui troubla profondément sa vie 
et dut mettre en grand deuil la dame de Poulaines et ses 



A LA CONCIERGERIE 201 

filles toutes jeanes encore, il est vrai, en Tannée où se 
passèrent les fails que je vais raconter. Ils sont extraits 
des Lettres de Rémission accordées par les rois Henri IV 
et L.ouisXIII et entérinées en Parlement, le 7 juillet 1611. 
^lles ont été mises très gracieusement à ma disposition 
par. le propriétaire actuel du château de Poulaines, 
M. le cTommandant vicomte Martial de Brettes. 

En ce temps-là — > c'était vers le milieu de Tannée 
i60B — Jehan du Chèvre, escuyer, sieur d'Ascon*, 
bourgeois de la ville de Bourges, avait de graves diffi- 
cultés avec les seigneurs de Bymbief**, enfants de défunt 
François de la Porte, neveux et pupHles de Pierre de la 
Porte. D'après les Lettres de Rémission, ce Jehan du 
Chèvre était un assez mauvais coucheur, étant d'un na- 
turel audacieux, grandement injurieux , médisant , en quoi 
même il ne discernait pas ses plus proches, ayant, pour 

t.* Ascon ou Acon, aujourd'hui simple ferme appartenant à la 
famille de Champgraod, située dans la commuoe de Chalivoy- 
Miloi^.— M. de Rersers écrit Jean du Chièvre. mais la pièce que 
nous étudions ne permet pas de lire autrement que Jean du 
Chevré. L'arrêt qui la termine parle des enfants d'icelui défunt. 
C'était sans doute une formule, puisqu'il n'est question plus 
haut que d'une fille représeutée par son tuteur. D'après M. de 
Kersers, cette fiile s'appelait Jfhanne et épousa plus lard Fran- 
qois du Coing, auquel passa Ascon. (Histoire et statistique mo- 
numentale du département du Cher, canton de Dmi le-Roi^p, 77.) 
La Thaamassière {Histoire de lierry. p. 201) imprime ôgale- 
. ment du Chièvre ; mais antérieurement, le P. Labbe {Histoire 
du Berry abrégée, p. 127), avait employé la forme du Chèvre. 
C'est de celle-ci que je me servirai pour ne point m'éloigner trop 
de mon document. 

2 Le Rimbé.fait partie de la commune de Bannegon, canton 
de Cbarenton. Cette seigneurie arriva à la famille de la Porte 
par le mariage d'une de la Porte, Charlotte selon M. de Kersers, 
Jeanne selon Tauteur de la généalogie de cette famille (M. Ar- 
mand de la Porte) avec Jean de Chaus (1586-1595). Elle passa 
bientôt à la famille de GhAteaubodeau. 



202 DEUX 8EI61IEUR8 BEHBUTERS 

cette occasion, été surnommé par ses concitoyens de ce 
nom d'abbé de Maubert, par allusion sans doute aux 
vauriens de toutes catégories dont ce point de Paris 
était le rendez-vous, et au proverbe qui dés lors avait 
cours : (c Faire des compliments de la place Maubert » . 
Il était porté d'ailleurs, continuent les lettres, au mépris 
de notre noblesse et de nos lois et défenses prohibitives du 
port d'armes, lesquelles il transgressait par trop licen- 
cieusement. 

En quoi consistait le différend qui s'était élevé entre 
du (Ihèvre et les messieurs du Rymbé? nous savons 
seulement que, désireux d'en finir, les enfants de Fran- 
çois de la Porte avaient prié leur oncle de leur servir 
d'intermédiaire et de s'aboucher avec le sieur d'Ascon. 
La mission était délicate, vu le caractère bien connu du 
personnage ; aussi M. de la Porte pril-il ses précautions 
et ne s'immisqat-il de pacifier le différend entre Jehan du 
Chèvre que par le commandement de notre cher cousin, 
le sieur de la Chaire, maréchal de France, L'ayant obte- 
nu, du moins les lettres le disent, il rechercha amiable- 
ment à cette fin le dit du Chèvre, lequel finalement il fit 
condescendre, et, de fait entrer sur ce en conférence avec 
lui et autres amis communs des parties. Mais le sieur 
d'Ascon, au lieu d'apporter à la conférence le calme et 
la modération qui seules eussent pu faire espérer une 
issue favorable, se laissa emporter à plusieurs vicivilités 
et propos injurieux, môme à l'endroit de M. de la Porte. 
Celui-ci, au contraire, aurait fait preuve du plus grand 
sang-froid. // dissimula et supporta pour le respect des 
assistants, la différence de sa qualité à celle dicelui du 
Chèvre, et pour ne vouloir rompre ni nuire à ses dits ne- 



A LA C0NGIBR6EBIB 203 

veuj^ auxquels il vrnportait infiniment de sortir de ce dif- 
férend, joint le sort qu'il reconnaissait qu'il se fût fait 
d'en rechercher réparation par Cune ou F autre voie, pré- 
férant en cela l'oubli à la vengeance. 

Du Chèvre ne se laissa pas loucher par tant de ma- 
gnanimité. Mis hors de lui-même, encore qu'il eût le 
tort comme offensant, et de cette sorte qu'il fût comme 
obligé de rechercher et requérir cet oubli du suppliant par 
quelques excuses ou soumission, interprétant tintention 
du suppliant selon son offense, le tient comme ennemi et 
croit l'avoir rendu tel. Il n'a plus qu'une pensée : satis- 
faire son ressentiment et trouver le moyen de se défaire 
de son ennemi, ainsi que la suite fa montré. 

Laissons les Lettres de Rémission nous raconter 
elles-mêmes le drame du 5 juillet 1608. Les propres 
termes de cette narration nous feront mieux juger des 
molifs qui ont porté Henri IV et Louis XIII à Tindul- 
gence dans une circonstance si grave. 

« Le cinquième du dit mois (juillet 1608) jugeant 
« que le suppliant (P. de la Porte), selon sa coutume, 
« seroit au marché, qui se tenoit en ce jour en notre 
« ville (le Dun-le-lloi, où de malheur il alla seul pour 
« affaires particulières, monté sur une faible, petite et 
« fort mauvaise hacquenée, sans autres armes que son 
« épée, et qu'il logeroit en son logis ordinaire qui esta 
« l'Ecu \ il (le sieur d*Ascon) s'y rendit et y descendit, 
« accompagné de Biaise Ragot, son serviteur, qu'il 
« avoit formé et façonné à ses mœurs, et d'un sien fer- 

i. L'hôtel do VEcu de France, situé sur la place de l'Église, 
éu\l sMiî do\Lto celui qui devint, de notre temps, le Cheval- 



A LA GONCIBRGERIE 205 

« mots : <c Holà! messieurs, retirez-vous/ » et preraiè- 
« rement. le dit Nizerolles se mit entre deux pour les 
(c séparer. Mais, étant faible de corps et d'ailleurs 
d estropié des deux bras, le dit du Chèvre, fort et 
(( robuste, le repoussa au loin, et, changeant son pis- 
ce tolet de main, tira l'épéc du foureau^ el, au même 
u instant^ lâcha le dit pistolet sur le suppliant. Mais il 
a faillit à faire feu. Ce que voyant le suppliant, et qu*il 
u avoit à défendre sa vie contre trois en élat et appa- 
u. reillés de la lui faire perdre, il fait un pas en arrière 
<c et tire son épée, de laquelle pressé, il porta une 
<( estocade au dit du Chèvre, lequel en tombaàTinstant. 
« Ce fait, se vouloit retirer ; mais pressé et poursuivi 
« avec menaces de mort par le dit Hagot, serviteur, 
« qui lui tiroit des coups d'épée, desquels il Tavoit jà 
^< blessé au bras et à la main, voyant outre qu*icelui 
« Hagot méprisoit et s animoit d'autant plus des prières 
d qu'il lui faisoit de le laisser en paix, il lui porta enfin 
« par contrainte une estocade de laquelle il tomba 
« pareillement à Tinstant. L'un et l'autre étant demeu- 
« rés morts sur la place, à son très-grand regret. Et 
« comme il se reliroit, le dit Montagne le suivit encore 
« et lui lira un coup d« pistolet par derrière. » 

Qu'advint-il de ce dernier el traître coup de pistolet ? 
Mahqua-t-il de partir comnfie le premier? ou bien, mal 
dirigé par un homme transporté de colère, s'égara-t-il 
loin de son but ? c'est ce qu'on ne nous dit pas. Mais ce 
que nous savons, c'est que, informations en ayant été 
faites, décret de prise de corps fut décerné contre de la 
Porte par le lieutenant au dit Dun-le-Itoi, et ses biens 
sis. 



\ 



206 DEUX SEIGNEURS BERBUTERS 

Ce fut le commencement du procès qui ne devait 
prendre fin que trois ans après. Voyons-en les difTé- 
rentes phases, et admirons avec quelle persévérance» 
pour ne pas dire avecquel acharnemenl, chacun défen- 
dit sa cause. Ce fut un tournoi dans lequel les adver- 
saires étaient alternativement vainqueurs. Je cite seu- 
lement l'exposé qui précède le récit des faits et le dis- 
positif des lettres, en ajoutant les chiffres d'ordre. 



10 Procès criminel commencé à faire par le Bailly de 
Bourges ou son lieutenant criminel à Dun-le-Roi et Bour- 
ges, à la requête de Simonne Macé, veuve de Jehan 
du Chèvre, escuyer, sieur d'Ascon et Etienne du Chèvre, 
sieur de la Grange-Saint-Jehan, au nom et comme tuteur 
de demoiselle (en blanc) du Chèvre, fille mineure du dit 
défunt Jehan du Chèvre, et de Catherine Le Rasie, veuve 
de feu h:tienne Ragot, marchand en Berry, mère de défunt 
Biaise Ragot, vivant serviteur du dit défunt Jehan du 
Chèvre, demandeurs et accusateurs è rencontre de Pierre 
de la Porte, escuyer, sieur d'Issertieux, accusé et deman- 
deur en Lettres de Rémisson par lui obtenues du défunt 
Roi, données à Paris, au mois de juillet 1608, signées 
Henry, et sur le replis : par le roi, à votre relation Pottier 
et scellées du grand scel en cire verte, et encore deman- 
deur en autres Lettres de confirmation des précédentes et 
abolition par lui obtenues en faveur du sacre et couron- 
nement du roi à présent régnant, au mois de février, an 
présent (1611). 

2<» Les dites lettres lues en jugement, l'audience tenant, 
en présence du dit de la Porte qui en auroit requis l'enté- 
rinement le 13« mai 1611. 

3^ luterrogaloire du dit de la Porte rendu par devant 
l'un des conseillers de la Cour, à ce commis, le IS^mai. 

4o Moyens d'obreption et de subreption baillés à ladite 



 LA CONGIBBGERIE 207 

Cour par le dit Etienne du Chèvre, au dit nom de tuteur, 
sur Vobtention des dites lettres. 

50 Réponses à iceux par le dit de la Porte. 
eo Arrêts dlcelle [Cour] de 4e avril 1609 et 8« juillet i6IO 
obtenus sur congés par les dits du Chèvre, tuteur, et 
L.e Rasle contre le dit de la Porte défaillant, par lequel le 
dit de la Porte est débouté de Tefifet et entërioement des 
dites Lettres de Rémission par lui obtenues au dit mois de 
juillet i608. 

T Lettres patentes en forme de Requête civile obtenues 
contre les dits arrêts par le dit de la Porte, en date du 
^\« mai 1611. 

80 Requête présentée à la Cour par la dite Catherine 
\.e Rasle les 19* et 28^ du dit mois do mai aux fius y con- 
tenues. 

9* Autre arrêt d*icelle du 20^ du dit mois, donné entre 
le dit de la Porte, demandeur, afin d*être reçu à purger la 
contumace jugjâe par arrêt en refondant les dépens au 
défendeur, et encore à rentérinement des dites Lettres en 
forme de Requête civile, et défendeur à Tentérinement 
d'une requête du 6« mai, d'une part, et la dite Demoiselle 
Simonne Macé et Etienne du Chèvre au dit nom, et la dite 
Le Rasle, mère du dit Ragot, demandeurs et défendeurs, 
d'autre part, par lequel les dits défauts et contumace au- 
raient été rois à néant, le dit de la Porte condamné aux 
dépens des contumaces, et, sur la requête à fin de consi- 
gnation des réparations, les parties auroient été appoin- 
tées en droit d'écrire et produire. Et, pour le regard de la 
requête civile, auroient été appoiotées au conseil, et acte 
au procureur du dit de la Porte de ce qu'il employait pour 
moyens de requête civile ce qu'il avoit écrit au procès. 

tOo Production des dits demandeurs. Requête présentée 
à la dite Cour, par la dite Macé, le 8^ juin dernier passé, 
à ce que les deux informations du mois d'avril y mention- 
nées fussent jointes au dit procès. Ce que la Cour auroit 
ordoDDé. 



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A LA CONCIEROERIB 209 

^irevT obtenue si promplemenl. N'avait-il pas permis que 
son témoignage fût invoqué? et cela dans une forme 
c^ui lui donnait une part de responsabilité dansce triste 
événement. 

Décrété de prise de corps par le lieutenant criminel, 
'Pierre de la Porte dut réussir à échapp»;r à Tarres- 
lation. Mais lorsquUl eut obtenu les premières Lettres 
de Rémission, s'il pensa en avoir fini avec cette mal- 
heureuse affaire, son illusion fut de courte durée. 

Tout fut mis en œuvre par les ayant cause de Jehan 
du Chèvre, et pendant trois ans ils suspendirent Teilet 
de la clémence royale. 11 fallut de nouvelles Lettres de 
Rémission pour mettre fin à ce procès, carie Parlement 
ne semble pas avoir été très disposé à la même indul- 
gence que le roi. 

Il paraît bien, du reste, que P. de la Porte jugea 
meilleur d'être en état de contumace pendant la plus 
grande partie du procès. Mais, enfin, c'était là une 
situation fausse et périlleuse, et il profita de l'occasion 
du couronnement du jeune roi, Louis XIII, à Reims, 
pour se constituer prisonnier dans la ville du sacre et 
lui adresser un nouveau recours en grâce. Le roi le 
reçut favorablement. Voici la conclusion de ces nou- 
velles Lettres de Rémission qui sont précédées de celles 
données par Henri IV et que nous venons de lire. 

A CBS CAUSES, désirant, à l'exemple de nos prédécesseurs 
rois, étendre notre clémence à l'endroit de ceux qui se 
sont trouvés prisonniers, comme ledit suppliant, en notre 
ville de Reims, lors de noire entrée, sacre et couronne- 
ment en icelle, de notre certaine science, pleine puissance 
et autorité royale et de l'avis de la Reine Régente, notre 

14 



-r . n- 




A LA CONCIERGBRte ii 

et de notre règne le premier. Signé, Louis, et sur le replis : 
Par le Ro!, la Rki>b Régente, sa mère, présente. 

On a vu par tout ce qui précède, que le droit de 
grâce ne s*exerçait pas d*une façdn aussi arbitraire 
qu'on le pense trop communément. « Lies juges, dit 
M. de Cotmenin', auxquels étaient adressées les lettres 
de grâce pouvaient faire des représentations. Les gra- 
ciés devaient les leur présenter dans un délai de trois 
mois. Elles devaient être communiquées à la partie 
civile à laquelle il était permis de fournir ses moyens 
d'opposition. S'il était reconnu par le tribunal que les 
lettres avaient été accordées pour des cas non graciables, 
elles étaient déclarées nulles, parce qu'on supposait 
que la bonne foi du roi avait été surprise. » Tout cela 
fut observé, nous en avons eu la preuve, dans cette 
cause. 

Les Lettres de Rémission réservaient les droits et 
justes revendications de la partie civile ; le Parlement y 
pourvut par son arrêt : 

« Tout considéré, dit a été par la dite Cour, entérinant 
la dite requête civile, a remis et remet les dites parties en 
tel état qu'elles étaient avant les dits arrêts des 4* avril 
1609 et 8* juillet 1610, et, faisant droit au principal a enté- 
riné et entérine les dites Lettres de Rèroië8ion et abolition 
par le dit de la Porte obtenues, pour jouir par lui du béné- 
fice contenu en icelles, selon leur forme et teneur ; et, 
Dëanmoins, l'a condamné et condamne en la somme de 
six cents livres tournois, moitié à la veuve du dit défunt 



1. Encyclopédie du xix* siècle, article : Grâce (droit de), — 
4* édition, tome XXII, p. 307. 



212 DBOX SEIGNEURS BBRBUTERS 

sieur d*AseoD, et Tautre aux enfants d'icelui défunt ; et 
deux cents livres tournois vers la dite Le Rasie, mère du 
dit Ragot, pour dommages et intérêts, et aux dépens du 
procès ciiacun pour son regard, et sans dépens de Fins- 
tance de requête civile. Aumônera le dit de la Porte la 
somme de quatre-vingts livres parisis au pain des prison- 
niers de la Conciergerie du Palais. Laquelle somme sera 
prise sur la somme de sept cent cinquante livres par lui 
consigoée es mains du receveur des amendes de la dite 
Cour, et le surplus lui sera rendu et restitué. 

Fait en Parlement, le 7* juillet Itfll. (Signatures illi- 
sibles.) » 

Inclinons-nous devant la chose jugée; mais avouons 
qu*il fallait vivre en d'autres temps que les nôtres pour 
admettre que M. de la Porte était passible d'une répa- 
ration quelconque envers les héritiers de ses victimes, 
si, vraiment, il avait tout le bon droit que lui recon- 
naissent les lettres royales, s'il porta la patience à ses 
extrêmes limites, et s'il ne frappa ses assaillants que pour 
défendre sa vie en danger. Ne serait-ce pas plutôt que 
les débats au Parlement permirent aux juges de voir 
les choses sous un jour un peu diiïérenl?... Pour ce 
qui est du pain des prisonniers, j'imagine que P. de la 
Porte aima mieux en payer l'aumône que de continuer 
à en prendre sa part, et qu'il ne récrimina pas. 

Les Chroniques de la Châtellenie de Lury^ mention- 
nent, sans que leur auteur, M. Tausserat, ait pu trouver 
la date et les causes de cette séparation, que Pierre de 
la Porte et Madeleine de Courauld étaient séparés de 

1. Chroniques de la châtellenie de Lury, par J.-B.-E. Tausse- 
rat. (Mémoires de la Société Historique du Cher, $• série, l«f vol., 
4878, p. 235). 



 LA CONCIERGERIE 213 

biens. Le drame de 1608 et la nécessité de soustraire 
à. des poursuites les biens de Madeleine de Courauld 
expliquent tout. Jusqu*en 1614 ou 1615 ils habitèrent 
ensemble le chàleau dlssertieux ou celui de la 
Chaume. En ce temps, Pierre de la Porle régla les 
comptes de tutelle de ses neveux et vendit à Tainé, 
Amador de la Porte, ses droits sur Issertieux, la 
vieille demeure des pères. Madeleine, de son côté, avait 
vendu à son frère, Benjamin de Courauld, la métairie 
du Champ-auLièvre et autres héritages situés en la sei- 
gneurie de Chevilly *. L*occasion se présenta pour M. de 
la Porte de s'éloigner du théâtre des événements de 
1608 ; il en profita. L'oncle de Madeleine de Courauld, 
Louis Herpin, seigneur de la Sanière^ de Poulaines, 
de la Roche et de Billy, était mort en 1611, sans laisser 
d'enfants. Son héritage revenait à ses neveux. Pierre 
de la Porte acheta de ses cohéritiers le château et la 
plus grande partie de la terre de Poulaines*. 11 n*est 
plus désigné, dès lors, que sous les titres d'escuyer, sei- 
gneur de Poulaines et delà Ckaulme^, enseigne de la 
Compagnie des gendarmes de Monseigneur le Maréchal 
de Viiry. 

Madeleine de Courauld n'existait plus quand sa 
fille, Marguerite, épousa en 1621 ou 1622, Pierre du 



1. Idem , p. 236. 

2. Benjamin de Courauld. qui arrondissait alors sa terre de 
Chevilly, vendit sa part de Poulaines à son beau-frère. Pierre de 
Laporte, le 21 octobre 1614, moyennant • 19 000 livres tournois 
en principal et 2 )0 livres pour les épingles de Tépouse dudit 
vendeur », par acte passé devant Claude Symon, notaire à Pou- 
laines. 

3. Il s'agit de la Chaume, commune de Lan tan. 









- J^ ':vT'-zr.-^''^»i* 



1. ,-j. 



- "^ -^i^î L.^.- ^l'i îii'n: i/f 5f retroor^ 
^ ' ^.iii.'t^ ;-wse^ } Lir fcLi-f de ses stfi' 



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^ .'-t . i : : — r ^ V. r.-. -eT on^liloe 













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ïî ^» if. K?»: ;. ITT ri .••: *- MM^zntriie. 
'^' '"'• . i- -î : • i î -1 : .: :L%lr*. An«j (/ui/ 
"^ • • . î-r . . .•» t » t^.rjfif i . '.'5 L- -5 _ : igeàtD- 

"'' ♦• ''T--^ .'t ? f.\f t. s^ .T d* Sivonnières. 
- ' • > : .♦ • ^ / . w ^ .' -^ r ' i • * r j- î- Wruii/oD et 

• - • •> î *. .: i» •:!.„-* i-cxi -î-iiftats: Jacques de 
' " ■ " n . : - . •?♦ Lo .,5^. !Lan-r a Loiii^ de Her- 
-^ ^ - ' 1- ♦ I" E. ; 1 ^ . îxiin-:* « Louis de Sali- 

•*" ■ -1.:.:.. »..:i c .. ifin-î:-»ni)aio. doot po9- 

1 fi .<^* p» .j^ p, j^ qjj ^ut plusieuri en- 
'r. xr..- 4 p.err»- M «Jre^pm. frère du précédent, 
* v»r et, en î ' ^^ i- .»- .. i. .^^^ 



*^ '^>^5. ''''jV//Vé'** *^*^^t, enîN;2. dePoalaines.doùpost*»rité. 
*'*•»' f^*^r#î. '^'^''^it déjd au château de Poulaines. avec son 



- ;2. de Poulaines. d'où post<^rité. 
- •*** acja au c:i • - . 

'• •<'>*ir /i,| (irltr '*"'' ^® Madeleine de Couraold. avait époufé 
éwLu'"'' '''"*" ivaîî '*"'^"«'"' '^e ''^ ^'J"^" et de Vill^'ijeuve fur- 
#jmmV ' '''**'^'^ Jif*ii **" '*'*"'' ^'''^^ <^" "'^'n d^ Annp:ruoed'e/Ies 

»"•*>•'* |'i,,|.^^ ^ ' Pi«« rie Ja Taille, se ^neur dei Essarls, l'autre 
*"*i>orle. son oncle par alliance. 



L 



A LA CONCIERGERIE 215 

\e ioT^dl n*a pas de rapports directs avec ces lugubres 
événements, mais il nous fait mieux connaître le carac- 
tère d'un homme dont la vie devait s'achever d*une 
façon si tragique. A ce titre il a son importance. 

Il n*y avait pas six mois que Pierre de la Porte avait 
recouvré la liberté, que haut et puissant seigneur, messi- 
re Florimond du Puy, chevalier de tordre du Roi^ 
y^ntilhotnme ordinaire de la Chambre^ capitaine de cin- 
quante hommes d'armes de ses ordonnances^ seigneur de 
Vatan, LeMez^ Villeneuve-sous- Barillony Le Puy, Saùit- 
Laurian et Buxeuil^ venait prendre sa place à la Concier- 
gerie du Palais. 

Son histoire est connue. La voici résumée, d'après 
Raynal, pour ceux qui Tauraient oubliée : violent et in- 
domptable, imbu de Tespritde révolte qui était le fond 
de la Réforme à laquelle il appartenait ainsi que sa fa- 
m'xUe, il fut du nombre de ces seigneurs à prétentions 
illinnitées que n'arrêtèrent ni le respect de rautorité 
royale, ni la crainte d'une répression facile cependant 
à prévoir. 

Son père Vincent du Puy, dont nous retrouverons le 
nom tout à Theure, avait péri, en 1591, au siège de 
Selles-sur-Cher ^'. Protecteur des faux-saulniers, Flori- 



1. Pierre du Puy et son lî's avec lui étaient probablement, 
Tannée précédente, au sit-^o de Graçay que M. de Raynal raconte 
en quelques mots seulenent. Qu'on me laisse ici reproduire une 
cote curieuse du notaire René Mourisset sur ce fait de guerre. 
— • Le jour de saint Christophe (23 juil et; entour soleil levé, 
l'an 1590. M. d'Arquiaa a battu la ville de Graçav tout le long 
du jour à grands coups de canon à l'endroit de lYgli^e Notre- 
Dame ; a fait bréch*» h. la tour aut Sorciers, le canon étant dans 
les ouches de Saint-Phalier. y ayant quatre pi«^ces,lesqu*»lles ont 
été tirées toujours ensemble, et jusqu'au nombre de 89 coups 



316 DEUX SEIGNEURS BBRRUTERS 

mond prit le parti de M. de Jeufosse* qui avait été arrê- 
té près de Vatan, avec son frère et un de ses cousins» 
par le Prévôt de la maréchaussée de Touraine, parce 
qu'on l'avait trouvé receleur de sel de contrebande. Il 
envoya Saint-Martin, son maître d'hôtel, sommer le 
Prévôt de remettre M. de Jeu Fosse en sa garde ; non 
seulement cet officier refusa, mais il fit arrêter Saint- 
Martin. Florimond furieux se mit à la tète de ses 
hommes, se rendît au château de Bellair, près d'Arçay, 
à dix lieues de là, enleva de vive force un des enfants 
du vicomte Robin de Coulognes, receveur général des 
Finances en Berry et fermier général des Gabelles, et 
le retint prisonnier à Yatan (2 octobre 1611). Sur la 
plainte du père, un lieutenant du Grand-Prévôt, M. de 
la Morlière, fut envoyé par le Conseil à Yalan, pour 

chacun, qui reviennent à 356 coups. Et sur le soir furent à Tas- 
sant et entrèrent quelques [soldats] par la dite brèche daus la 
dite tour, mais furent bien repoussés et beaucoup tués. M. de 
Beauvais* capitaine et gouverneur de la ville de Levroux, fit la 
première pointe avec sa compagnie, de laquelle il ne s'en sauva 
guère, lui bien blessé, Burat et plusieurs autres. De ce pour en 
avoir mémoire. M. de Venet élait pour lors gouverneur de la 
ville de Graçav. • (Sotes de R. Mowisset, année 1584 à 1595 ; 
élude de M* Aubrun, notaire à Poulaines.) 

1. Il est curi»*ux de retrouver, précisément en ce temps, le 
nom de ce seisrn^ur de Jeufosse, intime du seigneur de Vatan, 
accolé à celui des spîgueurs de Bux?uil. En 1595, Robert 
de Jeufosse. seigneur d'Arcourt et de Maisonncuve, est parrain 
avec Mme de Buxeuil, et en 1598, la dame de Jeufosse. Cathe- 
rine de Bourges, est marraine avec Charles de Boi»viUier«. (ils 
du seigneur de Buxeuil. [ïiegUtre de Ren^. StourisseL notaire à 
Poulaines.) On peut conjecturer qu'il y avait parçnté entre les 
seigneurs de Jeufosse et ceux de Pou'aioes, de ce fait que le 
moulin de la Roche (près Poulaines) était indivis entre eux. En 
161S. la dame de Jeufosse donne procuration à son mari, par 
devant Gommot et Bertrand, notaires à Vatan, pour vendre sa 
moitié. 



A LA C0NCIER0BR1E 217 

fcL\v^e le procès du seigneur. Celui-ci enjoignit à M. de 

\sL ^lorlière de se retirer, ce qu*il fit, ne se sentant pas 

orâ Torce. Alors le Conseil envoya le Grand-Prévôt, M. 

de Bellangreville, et ordonna aux gouverneurs de 

Berry et de Blésois, MM. de la Ch&tre et de Cbeverny, 

de lui prêter main forte. Une petite armée fit le siège 

de Valan ; la ville fut enlevée le 14 décembre (1611). 

Florimond aurait pu résister encore, renfermé qu'il 

était dans le château, si une bonne partie de sa troupe 

Ti^eût déserté pendant la nuit. Enfin il fut obligé de 

parlementer ; il se rendit à M. de Cheverny, et fut 

emmené à Paris. Quelques jours après, son procès 

commença. 

Mais avant d'en donner la conclusion, disons que ce 
n'était pas la première fois que le Parlement avait à 
s'occuper de Florimond du Puy. Un procès^ qui avait 
duré trois ans, lui avait déjà fait connaître les tendances 
envahissantes et oppressives du seigneur de Vatan. La 
sentence rendue en cette affaire témoigne que, si le 
Parlement se montra inexorable en 1612, il ne mar- 
chanda pas non plus Penvahisseur des droits seigneu- 
riaux de Buxeuil en 1599. Voici les faits tels qu'ils 
ressorlent de l'arrêt : 

En 1596, la seigneurie de buxeuil, près de Poulaines, 
avait pour seigneurs OJet de Boivilliers et dame Claude 
Guisanne, son épouse. Ils avaient acheté cette terre de 
messire Claude de Bourbon, seigneur de Bussel et de 
Buxeuil, chevalier de tordre du roi, capitaine de cin- 
quante hommes d'armes, gouverneur de Limousin, qui la 
détenait du fait de son mariage avec dame Margue- 
rite de Larochefoucauld, laquelle la tenait elle-même 





an. 1 i:.-i.î. r* "H'* *! 
«"'«ni *»!«• — -^ Diiiair* -f i 

Zf^'^'iis' 'im»f- t1H3 ^a'^r^io-. 1:1 t9 e€ ao sa des 
^.;p^xr- tif'^n:i.i. le— .a»rç t»? Pûgrrie do FwMir^ M- e* 
liif* tH 2. .!!-:• iri i-rrunar ^..in. •►n ç^x 4« J^ ferre ei 
T^'.ne'i'-e iH ^iii.ri:. •»? ^j^T : i I-r'ir jari Jiction et 
îr.« î»* 1--:..-- i.ure. n» ^^Ti^f •»' i;i«4«f Ksr 5Î:x piaroi35dïf 
' trriirt^ 3.i:rul. '':a.--rir. AiZi^. G^Lly, F^ooieoai 
-^ 1 .11 — ^*. •:*! ît» 5- •-•;■- .i^r^ 3'ar»xt pas j->ai mc'//^^ 
-la.r-iit-r'TieT te*:.;.* Iî84- îa:*? 4e ioo accf alsilloe. 
Ml-.- i^-^ F -«^m'i r : i P^.y. !îiç*r^a da défont J^ierre 
!i ?-i7 i-^r .'^r r^ r»:.i ;*îr^- Tî-^çieot do Poy, et de 
*<.ri -.ci.-f ' :i^- :ç«î ii P-.^- iu^ U «eîçneor/e de 
Ti-an. .-t-i l^.'î*^* n*^ p* ^Tii^n». aiier plos longtemps 
li.".*... I * i'i^u i;-'-^^ ir»t- '* et OQ ans, de Iroover que 
W i^*iît:^'1 i-î *•:" :ti:*'^ ^i\\\ .?té mal inlerprélé el de 
Ar i.'er L -^ .>:»t la io-jU^ance des seigneurs^ de 

U fie ma f^ La*r<? èur leurs prérogatives, nomma 
jai-«n«^rne •j'atj:*'e* o:'fî:i'*r* de joslice, el leva de îorce 
le pea;:»? «ie la T/irc de Poaligny*. Nous Tavons vu 
plm haut é'inli'uler *eii:neurde Baxeuil, et cela à la 
%t^\\(t rie Tarret qui allait le condamner. Celle énumé- 
nili'»n de •e^ titres est tirée d'an acte d*acquisilion 
«ritnrneuhle fait en 1598, en présence de René Mourissel, 
iHiLiire rJe la aei;:neurie de Duxeuil. Il entrait sans . 



1 Poiiligny. ancifnne paroisse rattachée aujourd'hui à la 
eoifimune de Rouvres les-Bois. 



i 



A LA CONCIEBGBRIE 219 

Loiate dans ses plans de s'assurer des biens dans la 
erre qu'il disputait à ses légitimes possesseurs. Mossire 
le Soisvilliers n'entendit pas être frustré de ses droits 
seigneuriaux, et bientôt commença un procès qui 
psLSsa par toutes les juridiclions, et qui fut enfin porté 
devant la Chambre des Requêtes du Parlement de 
ï^aris. 

Mais le Parlement donna complètement tort à Flori- 
mond du Puy. Il s'entendit condamner à restituer tout 
ce dont il s'était indûment emparé, à payer des dom- 
mages et intérêts dont la Cour se réservait de fixer le 
chifTre, et le sieur de Boisviiliers fut maintenu en 
possession de tous les droits seigneuriaux dont les 
maîtres de Buxeuil avaient joui depuis et avant Pierre 
du Puy. 

L'arrêt du Parlement qui déboutait Florimond du 
Puy de ses prétentions était du 22 décembre 1599. Il 
fit à son amour propre une blessure profonde, et 
contribua peut-être à jeler dans cette âme vindicative 
ces aspirations à la révolte dont les suites devaient lui 
être si fatales. 

Le sieur d'Issertieux, sorti de la Conciergerie cinq 
mois avant les événements de Valan, devait tenir à 
honneur de témoigner sa reconnaissance au roi. Sa 
réclusion ne l'avait arraché que temporairement à la 
vie militaire, puisque les Lettres de Rémission men- 
tionnent sa situation auprès de M. de la (Chaire, et que 
nous le retrouvons plus tard enseigne de M. le 
maréchal de Vitry. Il est donc infiniment probable 
que M. de la Châtre ne lui laissa pas manquer Tocca- 
sion de se signaler au service du roi^ et le mena avec 



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•*«cfr" «^ 






A LA CORCIBhGBRIE 221 

n^OLçrès le notaire René Mourisset qui exerçait à 
oulaines à cette époque, il manquerait à ce récit un 
^VblW c\vii aurait son importance, s'il était avéré. A la 
in d*un de ses registres, dont il remplissait les moin- 
dre» \>\aTics des dernières pages des menus faits qui lui 
semblaient dignes de mémoire, après mention de la 
mort de messire Louis Herpin, en décembre 16ii, en« 
terré dans sa chapelle, il consacre juste six lignes, dont 
trois sonl en renvoi, aux événements de Vatan, dont le 
%^\^aeiir avait été le client de son étude au moins une 
fols, en 1598. Voici ce que j'en ai pu ressaisir, le com- 
taencetnent des trois premières lignes ayant été rongé: 
« . • . . ensuivant, la ville et le chaste! de Vatan. La 
vîWe a èlè. ... le mercredi ensuivant le château rendu. 
Le jeudi le dit seigneur de Vatan a été mené à Paris au 
Roi et à la Reine Régente de France, lesquels lui ont 
fait trancher la léle, son corps brûler eljetei^ les cendres 
au vent et retenir son bien en la possession du roi. » 
Xucun des historiens qui racontent le supplice de 



• Personnellement établi Benjamin de Gourauld. écuyer, sieur 
de CheTiliy-le-Portai et de Poulaines en partie, paroitse de 
Meriou (Méreau) lequel a reconnu et confessé et par ces pré- 
sentes reconnaît et confesse et avoue tenir en foy et hommage 
lige de haute et puissante dame Marie du Puy, épouse de haut 
et puissant prince Monseigneur Henri de Lorraine, sieur de 
Gceur (sic)... » 

L*acte ne dit pas un mot de plus. Marie du Puy a-t-elle vrai 
menX épousé Henri de Lorraine ? Benjamin de Ck)urauld ran- 
gaioa-t il son compliment en s'spercevant qu'il s'était empressé 
•ur un faux bruit?. . . Quel motif particulier le portait à faire 
avec tant de hâte œuvre de vassal?.... Où étaient situés les 
fiefs pour lesquels il fai«ait foy et hommage à la dame de 
Vatan?.... J*ai fait trop tard cette petite découverte pour la 
mentionner autrement qu'en note, et pour poursuivre mes re- 
cherches avant rimpression de ce mémoire. 



TBn ^lassnr^ 








^-i -"«'lî.'r'^ f^Te»ii:* ^:î^ inr* '• n»e ir a^^^e •^•T^•' ir?, 
ïir i»:-^-:-':: t. 1- ::k. .r*" -^ :■ ♦nn-.— ^ le H niises -'.^^ 

i z" - : . 1 L :^ :• a. Le p.iriJie'" a j 



A LA. CONCIEBGERIE 223 

Lliâil>les. L'écriture, belle aussi, ne peul être comparée 
L IsL précédente. Il est vraisemblablement venu en 
Iroite ligne des archives seigneuriales de Buxeuil a 
celle de l'enregistrement de Poulaines, à la fin du siècle 
ôeirnier. Les archives du département de Tlndre en 
sturont désormais la propriété. 



BULLETIN NUMISMATIQUE 



IT 



SIGILLOGRAPHIQUE 
Par M. D. MATER 



n province, la numismatique est la plus négligée 
éludes archéologique?; il suffit, pour s'en con- 
ncre, de parcourir les volumes des mémoires des so- 
les savante» des départements, on n'y rencontrera 
\e rarement des travaux sur les monnaies. Les fonda- 
turft à0 iîi Société des AiiUifUinre.'^ du Centre ont eu 
beureuac iriâpiruUun île lui assurer une place impor- 
;iDlf. pnr}t\ ertfaUan dan§ nos pulilicatiuna, d'une tri- 
M ^iiine p> I i l© : /ê Ûullelm nummnaiique. 

^^k TSntre Suiiu te Piil liUii^ cMe bonne furtane de Lrou- 
^^Bvtr L»n U ^j^rsontit* de M. dr Krrrieiâ, le ^âva^a qui pou- 
^HfnU le midiif^ atfitr» rccès de celte înLéri^ssanle 

^■îiirit "''% J^uivant ses propres 

^f i - ■Ire fouie la vaieiir artis- 

^1 , r. voirê même phiiomphi- 

''kvé l'éiude si 

ffUfiniiieBf ces 

f/€5 grands 

j ne» sur la 




roi iLifissKs, Hevue 



là 




3i--^ 




KT SieiLLOeAAFflIQUfi 227 

que Ton puisse consentir à le voir cesser de paraître. 
A.a risque de nous exposer à une comparaison redou- 
table, nous acceptons donc la tâche délicate et labo- 
T\e\i«e de lui donner une suite. A nos collègues, à tous 
ceux qui feront des découvertes numismatiques, de 
nous donner un concours bien nécessaire en nous les 
communiquant et en devenant ainsi pour nous de véri- 
tables collaborateurs. 



DÉCOUVERTES ET DESCRIPTIONS 

Statère Arverne, — Il a été découvert dans notre 
région un nouvel exemplaire, dans un très bel état, 
d'une inèce bien connue, une imitation gauloise des 
àlaVèreâ d'or de t^bilippe de Macédoine, dont voici la 
descriplion : 

Tèle laurée d'Apollon à droite. — ^ Bige au galop 
à droite ; Taurine tient les rênes de la main gaucbe et 
un fouet de sa main droite ; devant les chevaux le 
monogr.arnme AP (liés), qui est celui des Arvernes, et 
un symbole (lifficiie à déterminer, buste radié dégénéré 
ou gerbe d'épi ; à Texergue «lAinnOY. 
PLI, nM. 
Or, sVatère : 8 gr. 35. 
Musée de Bourges. 

Le poids normal des stalères d'or de fabrication 
macédonienne était de 8 gr. 40 : notre exemplaire s'en 
rapproche donc beauconp. Ce détail, joint à la pureté 
de style qui le caractérise, place son émission au début 






TiifCE 




»»^]Mt ittfc^ ]iiiiiftUtiii> xfsuiiiisefi, qui, suivant M. l«»^'' 
m», * .Nini»fin.n>rmn v«rs ±30 et 220 avant i^ 

Ti mu i»Tfim*-qiwr, r fst r^xtréme fréqaence àt û 
'fm.Nuii-Y *tt^ ?^ijiJijmf% im Berrr, En ce qai ooas ea^ 
oTi'Tw i%t^rs4innr.miiuiini noiM^ em mvions déjà iroun ai 
|i^Ym»«iT rjk^n>j»incT i. j i goeJgoes années, apparie- 
wnu rf«.»t>imai: •uv j^rwnie'TYîs îmilations, avec le 
«itviutr^nitïiitf AnTrw. mais toot^Tois d'un poids lép- 

Su : .»T, wjî, IV. u: }a jxWHB'if de i'abondanceparti- 
Ci,. .'.-•Y •'»r ^-^r^ >.»'\r> 6t i»tMi»»îe5 dans /ancien p«p 
ar> 1> .1 ":^-> .or* cr'* r.'Ti>iill<^r ie curieux opuscule 
:^i^ C.x,:rc^\:>^< x\-.\.. tt :^ ftXTïtr 1687, sous ce litre 
î^i :.*.,, •-> ?/. .ptr$ •:* ^rrrjc « On en troore, 

• m.A'X t'T ;\j;:*Ar: . ^t». n»aie5 antiques, on en trouve 

• et urrvV.>e> t^; ;»jir.jr.: .firnïf^nt de PliiJippe de Macé- 

• à*a^^ ; ; m ju >;: i »:>i«ur? et entre autres ceJIes-ci: 

• iJI pT>raî t Tt* t!^ en ma fw^\j5S.e5«ion et fut trouvée à 

• Wtir.jk^J. M. Hti»erv, <\>nseiiJer au présidial de 

• Bcmr^ie^ et naAiry ùe .a \i.-e de 1653 à lt>54, m'en Bl 

• l^rf^ent vers Itn^î, Je len remerciai par une épi- 

• inmmme que j'ai fait îuiprimer en mon V* livre 

• d'epîgramiKes. La secv^nde est dans Je trésor de 
' M. de Maubranche qui la tenait de feu M. Drouet, 

• célèbre avocat à Bourses : elle fut trouvée dans ia 

• paroi&fe de Sainte-Solange, aliàs Saint-Martin du 

• Croi^ de Crypta. La troisième était en la possession 

• • HérinoD de la numismatique gauloise : mooDaief dei Ar- 
'^ftid. Revue numismatique, nouTeile série, T. I. 



ET SIGOLOGEAPHIQUB 229 

-=w de M. Poubeau, imprimeur et marchand libraire, 

<* prévôt des marchands, échevin el auteur des Inslituts 

<A consulaires. La quatrième était à M. d'Estat, sieur 

ce de Jarien. La cinquième à M. de THourt, curieux de 

c< Paris, qui a Monsieur son fils abbé de Plaimpied 

« en Berry. J*ai vu la sixième entre les mains de 

« M. Popineau dlssoudun. La septième fut trouvée 

« dans le voisinage de Vierzon et fut achetée par le 

« R. P. Hodeau, mon ancien et intime ami, prieur 

« claustral de labbaye régulière de Vierzon, ordre de 

« Saint-Benoit. » 

On ne saurait hésiter à identifier ce que Catherinot 
appelle desPhilippes, aves les imitations Arvernesque 
nous venons de signaler, car voici la description qu'il en 
donne : Ces monnaies représentent, dit-il, « Philippe 
« d'un côté et de l'autre un char tiré par deux chevaux 
« et un homme dedans ce char et cette inscription en 
» bas : «LMnnor » et pour TefOgie : « Cette tête est nue 
« et ses cheveux courts... couronnés de lierre... de 
« côté », en un mot il dépeint la tète d'Apollon. 

Quant à la distinction entre les Philippes originaux et 
leurs imitations gauloises, Catherinot n'en dit mot, par 
cette excellente raison qu'il ne soupçonnait même pas 
l'existence du monnayage gaulois. 

Quoi qu'il en soit, la rencontre continuelle dans notre 
pays, des Philippes d'imitation gauloise et spécialement 
de fabrlcalion arverne, est un fait intéressant à signaler : 
elle témoigne de Factivilé des relations commerciales 
qui existaient entre les deux pays voisins et est peut- 
être un signe de la suprématie que les Arvernes exer- 
cèrent sur les Bituriges. 




VIT wunv mmisMATicuB 

^M?'^ t^jr- i»«»<Mî. — Tête couronnée et 
, -n^*,^. t. ^ à i->M>e. — <. Cheval au gmJop à. i 
•%f %x.)^M rf tcJiajssiw?^ tu-dessus ; derrière* 

*^. \ »^ î 

K, ^-* V V ^K>Ws: 7gr/20. 
♦^*N. X %i ;n .-j; Hjnile- Vienne). 

, \. - V Af ,v ^.%:f «Kvnnaie offre de grrande« dU&- 
;v, ' ^ ., ' •'.: 4^^*' c^ ^tti (>aratt être la télé d'Her- 
;>u... .••se ^^ j f ^ ,v.:o*.t nous n'avons pas trouvé d'à- 
Ki V ^ .«> \ -^ t t . *' ^rjsù^ue gauloise ; par l'élégance 
.\ N . - • -vi ^ , 4,';\Ar<enirà lart grec ou en èlre 
. . ;.* x'.t • ^ .' \v V. Unviis que le revers esl fran- 
,x>v. X • ^.. »> M ,' V.; > î el Iv^ barbarie de Vexèca- 
v^'v .» . I t.. . • v^c,*: viifloivnl comme faire, de 
.X* ^ iC .N'..v o iv, 1 . *.^ ivar le droiU Nous ne Iroa- 
ws.A .V .X \i , r ,», >u^'rx^ Aucune indication pour 
N. ♦ i • ^- • .t vt « cv ..V A l'un des peuples de /a 
sv* . V L ,^ , *ov V x^ 'vU* d'un oiseau, type connu 
^i A c a » v i,;»,^ <;t. . i^, «t» nip|H^lle en rien cefui 
»^u. i cv ' .'.Vxc s-,^ c ^^ .*^ C^ruales, el ne peut par con- 
^«A|*v.M, ,v V V* A,.sU V v,...^o pvHir son attribution. 

If ^^^w «.v ••*w^^rèf•$, — Les seules découvertes de 
ttKMi'Kiiix }>»i».i, »e^ Jont n nts ay^^ns eu connaissance 
^^*»i ct* !c> v^ui -M^ 5vw»t ^vvvJuites aux Valins el au cime- 
li^r* au b"iihKe«Mrvl. Ni l une ni Taulre ne présentent 
*l ifitet^l ituiuiîuoauque et il suffira de se reporter à la 
d«^NHptivHi douuee par notre cv>llègue, M. Henri Ponroy, 
tiMs son <x>iupte r^ndu de l'exploration au tumulus 



BT SœilLOGRAraiOUB 231 

<j|. es Valins, ainsi qu'à celle qui fait partie de notre no- 
lice sur le cimetière du Fin-Renard. 

Denier de Chariesle-Chauve frappé à Bourges. — 

M. de Kersers a étudié dans le bulletin n<^ 13 la cu- 
rieuse série de deniers carolingiens à efflgie de Char- 
les, qui ont été frappés à Bourges. Il a rappelé la 
controverse qui s'est élevée pour savoir si ces monnaies 
émanaient de Charlesle-Chauve comme roi de France, 
ou de Sun fils Charles, roi d'Aquitaine. 11 a même pro- 
posé une solution basée sur la différence des légendes 
du droit, attribuant à Charles-le-Chauve les monnaies a 
la légende complète, CAULVS REX et à Charles d'Aqui- 
taine celles à la légende tronquée, CARLVS RE. Voici 
un nouveau denier trouvé à Bourges, qui va sans doute 
trancher lu question. 

»î( CAHLVS REX F. Buste lauré et vêtu du paluda- 
mentum à gauche. — ^ Au revers, la légende bilinéaire 
BITV I RIGES. 

Denier d'argent. — Poids : I gr. 50. 

PI. II, n* 1. 

Collection D. Mater. 

La présence à la On de la légende du droit de TF, 
lettre initiale du mot Francorum, démontre d'une façon 
certaine que ce denier appartient à Charles-le-Chauve 
etnonàCharlesd'Aquitaine. Il en est de même, croyons- 
nous, de toute la série à reffigie. En effet il n'y a pas à 
s*arréter aux différences signalées pour le second mot 
de la légende du droit : la présence ou Tabsence de TX 
de REX. Ce qui montre bien que de semblables diffé- 
rences n'ont aucune importance, ne sont pas intention- 



232 BULLETIN NUMISMATIQUE 

nelles» mais proviennent seulement de l'ignorance oa 
de la fantaisie des monnayeurs, c'est ce que i*on re- 
marque pour le vêtement des effigies des deniers. Tan- 
tôt ce vêtement est une chape, tantôt le paludamen- 
tum, sans que cela ait aucune signification, puisque 
Ton trouve indifTéremmenl la chape ou le paludan^en- 
tum avec REX ou avec RE : il en est vraisemblable- 
ment de même pour VX de REX. 

Monnaies des XIII* et XIV* siècles. — M. Pinon a dé- 
couvert dans un vieux mur, à Léré, un petit trésor de 
31 monnaies, dont il a fait don au Musée et dont voici 
la composition : 

!• Monnaies royales. 

Louis VU (1137-1180), denier parisis 1 

Louis VIII (I2i23-2G), deniers tournois 4 

Louis IX (1226-70), deniers tournois 7 * 

» » oboles tournois 2 

Philippe III (1270-85), denier tournois 1 

Philippe /F (1285-1314), deniers tournois 3 

bourgeois simples 2 

mailles bourgeoises 4 

24 

2* Monnaies seigneuriales. 

Saint-Martin de Tours^ deniers tournois 4 

Raoul de Clermont, vicomte de Châteaudun (1259) 

denier (A^oey d'Avant n* 1877) * 1 

Eudes IV, duc de Bourgogne (1315-1350) 2 deniers 

(Poey d'Avant, n» 5688) 2 

7 



Pl.l 









p 



ET SIGILLOGTlAPinonB ^33 

IL^^enfouisseDientde ce petit pécule doit être conlem- 
poraia d'Eudes IV, et par conséquent avoir été fait dans 
^ a première moitié du xi\« siècle. Les monnaiesse trou- 
vsiient réunies dans un petit gobelet à anse, entièrement 
intact, en terre rose, avec couverte plombifère rouge. 

Monnaies de Sancerre, fouilles de Saint-ïlomble à San- 
cerre. — Les fouilles que Mlle de Crussol d'Uzès a fait 
exécutera Sancerre, pour dégager les ruines de l'an- 
cienne église de Saint-Romble, ont amené la décou- 
verte de quelques monnaies dont voici la nomencla- 
ture : 

Louis F// (1137-1189) denier parisis(Hof. 1). 

Henri IV, roi d'Angleterre (1399-1413) pour TAqui- 
taine. — Denier (Poey d'Avant. PI. LXVI, n® 144). 

Guide Forez, comte de ISevers (1226-41).— Poey 
d'AvanL PI. XLVII, n^ 1). 

Henri III (1574-1583), double tournois. 

Gaston d'Orléans, usufruitier de Bombes (1627-1650), 
dernier tournoi. 

On a également trouvé au môme endroit, un denier 
d'Etienne I*', comte de Sancerre (1152-1192), dont 
voici la description. 

* IVLIVS GESA.R. Tête mîtrée de profil à gauche. 
^^>ii STEPhANVS CO.ME (lettres liées : T-E dans le 
premier mot, ME dans le second). Croix pattée, can- 
tonnée d'un besant*aux 3« et 4*. 

PLI, n«>3. 

Bill. Denier. 

Collection de Mlle de Crussol. 

Cette pièce est une variété de celle qui est décrite 




^nm •rT»±f. a»» rmitide sur les monnaies de S»- 
wr?^. 1 1- 1 i.ir« éuis le XV» Tolame des mémoire* ât 
•iS.ojî .♦ »ft» A?*^^miir» da Genlre. 

%i 7^.«%l]^ftrf 44e Saneerre se ralUche aosâ w 
iCk^ 'k:sà : ra-oe de U pelile collection namim»^ 
^:*t? >f : -,-^ fil=-^?"T^>Hes réunies par Mlle de Cn»- 
*«. . ;:. T.r-^fstfe trx^.iîoiemeDt lout ce qui coocem 

.& !VL2V> CL>AR, Tèle de proûl à gauche avec l'œil 
ft /.-•»?. f ;-YS a.-rif^, ceinte d'une couronne former 
•^ -^^i :n::> ^: surmontée de trois fleurs de lis. — *' 
•îi SA. RYX CE5AR... — Croix. 

P-. K H* I. 

Conaca^-Y.vmenl du xiT* siècle. 

Cf. t i itv-? c*»o>:iîue ê-:alemeot une varié(é de coin 
dm ft* IT PI. IV-:^^ de la monographie numîsroaliqoc 
*ttr $4ficerre« ciiee plus haut. 

Trts^r (TAu^epierre (xtr siècle). — Notre co/Zé^tf^, 
M, OcUieRoiTer, nous a communiqué une Irouvaille de 
tQOAa^te.^ du xyi» siècle faile en 1898, à ChampaviUe, 
9ur Je* lirailes du Berrv, près de rendroil où existait 
raneieniie abbaye d'Aubepierre (commune de Measnes, 
Crmit*e\ Ce dêp6l se composait de 368 monnaies d'ar- 
f^iil im de biilon dont voici Tinventaire succinct: 

Philippe VI. ~ Denier tournois i 

Charles VIU. _ Douzaios 23 

'"* Karolus 16) ^ 



'''* Karolus pour la Bretagne. 3 
*" Karolus pour le Dauphiné. 2 
Blanc, au soleil l/ 



BT SIGaLOGBAPHIOCB 235 

Louis XII. — Douzains 21 

Id . Douzains de Provence, 2 var . "* i ao 

Id. Douzains de Daupbiné 2 ^ 

Id. Blanc à l'L couronné I 

François I*'. — Douzains à la couronne ... 31 
Id . Douzains pour la Bretagne. 25 
Id. Douzainspour le Dauphiné. 7 
Id. Douzains à la salamandre. . 3 1 
Id. Douzains à la croiselle. ... 37 / ^^ 
Id. Douzains à la croisetle (Dau- 
phiné) 5 

Id. Dizains dits Franciscus. ... 16 

Id. Indéterminées 2 

Henri )I. — Douzains aux croissants 143 

Id . Gros de Nesle 2 

Id. Demi-gros de Nesle 8i 

Id. Teston 1 > **^ 

Id. Demi-teslon (léle couronnée). . i 

Id. Demi-testen Id. .. 2 

Id. Douzains du Dauphiné 2 

Charles IX. — Teston aux 2 K 1 ) g 

Id. Demi-leslons, 2 K 1) 

Angleterre : Henri VII 1 \ 

Gueidre : Charles d*Egmont il 

Loraine : Antoine I; 7 

Neuchâtel i\ 

Navarre : Henri 3 

Au point de vue berruyer il n'y a à noter que 4 dou- 
zains aux croissants de Henri II fabriqués à Bourges : 



I 




23A BUIXBTni VUMISMATTOUK 

que nou$ *j«^criTons à cause des variétés qalJs présea- 
imii 

L - HENRICVS II.DEI.FFUNCOR • REX. 

Éeu de France couronné, accoslé de 2 croissants coo- 
rnnné? ; n I exergue Y. 

,^ _ ^ SIT.NOMEN.DNI.BENEDICTVM iî< 1530. 
Croix cantonnée d*une couronnelle aux 1 et 4 et d*uc 
U aux 2 et 3. 

:!. — Mtme droit et même revers avec la croix can- 
Uiiinei! d'un H aux i et4 et d'une couronnelle aux :2 
et ;i. 

'i. — Même droit ; à la place de l'étoile on P sur un 
point creux. — Même revers et croix que le n® 2. 

l-Vnfniiiiisemenl de ce trésor a dû être fait en 1369, 
lari du paisage de Tarmée du duc des Deux-Ponts qn 
baccagea loutsur sa roule, principalement les églises et 
lâicouvtsnts. 

Jf'iùn d^i/fiecs royaux, — M. Ponroy possède dans sa 
coUi*ctiorv trois jetons de laiton, qui, bien qu'étrangers 
111 Birn\\ fitt-rilent d'être décrits : ils ont d'ailleurs été 
trouvé* à Biiurges. 

K — JHin du Trésor du roi, — (Quatrefeuille), AVE 
M (Monclrti) : — (quatrefeuille); — (quatrefeuille), 
rAfllA, («juiiirefeuilie). — Le roi debout sous un por- 
liiqnn gt»lNiiîutîautype du Hoyal d'or de Philippe de Va- 
Job rt à\- Jean le Bon. — fi. Quatre clefs disposées en 
^VriiJx pi rt^jiiii s au centre par un anneau commun en 
iiirtu^ ili* roiucp. le tout clans un entourage à quatre 
^' Hanj^iè iU* points creux; au lieu de légende une 




£T SIGILLOGEAPHIOUE 237 

liordare composée de dix-sepl oves remplis de fleurs 

de lis. 

Ce jeton appartient au xiv" siècle et est contempo- 
rain de Philippe VI ou de Jean le Bon. On doit Tatlri- 
buer au trésor royal à cause de sa similitude avec les 
pièces décrites par Rouyer et Rucher, page 60, dont il 
diffère cependant sur plusieurs points. 

Jetons de la chambre des comptes. 
2. — >î< (entre quatre points). GETOIRSIDE LA CAM- 
BRE, (E lunaires et M oncial). ~ Ecuàdeuxfascesdans 
un entourage de trois arcs de cercle et de trois angles 
alternés, angles exicrienrement de six trèfles. — ^. >î< : 
AViGAÏlDES VOS (trèfle), D'BAUAT. (E lunaire). 
Croix fleurdelisée à triple nervure dans un quadrilobe, 
angle extérieurement de quatre fleurs de lis et extérieu- 
rement de quatre points creux, 
xiv* siècle. 

Ce jeton difl'ère de ceux décrits par Rouyer et Hucher 

par certains détails d'ornementation et par les légendes, 

qui se rapprochent de celle du revers d'un jeton de 

Jeanne de Navarre: BARAT TV SERAS BAHATEZ». 

Dans Tancien droit et dans le vieux langage barat était 

synonyme de dol, fraude, tromperie et la barateriecons- 

tilue encore un délit dans le droit maritime moderne. 

3. — ►j, XGETTES, (deux branches de feuillage), 

SEVREMENT x (E lunaires, M oncial et N à l'envers). 

Dans le champ JEC en lettres gothiques entre deux 

étoiles. - ^. i3& X ET + LE + COMPTE + TROWE- 

RES X (C et E lunaires, M oncial). — Chaise. 

1. Hittoirt du Jeton au moyen-âge, p. 81. 



238 MJLUTDI IDMISHATIQIIE 

xn* siècle. 

Ce jetoo a déjà été décril et reprodoil parM. Sermre, 
dans le caUlogue de 31. Adolphe Wustenfelden, n* 303 
et dans \e BuUHin Smmumatique de l'année 1893- 1894, 
p. 109. 

Jeton d^Benry dAvaugour, archevêque de Bourges. — 
Une mitre dans on cercle en grènelis ; entourage de 
besants. 

êf. Écosson surmonté d'une croisette aux armes du 
prélat qui portait d*argent au chef de gueules ; cercle 
en grènetis et entourage de besants. 

PL I, n* 5. 

CuiTre. 

Collection Creusot. 

Henry d*Avaugour, d'une ancienne maison de Bre- 
tagne, fut élevé au siège archiépiscopal de Bourges en 
1421. 11 en descendit volontairement en 14:6 pour se 
retirer dans Tabbaye de Noirlac où il mourut en 1446. 
Sous son pontiGcat se tint, dans la salle Saint-Guillaume, 
rassemblée pour la Pragmatique Sanction. 

Le jeton que nous reproduisons est le plus ancien 
monument métallique connu des archevêques de 
Bourges. 



ET SIGILLOQHAPBIQUB 239 

SIGILLOGUAPUIE 

Chapelain de Vil... — 13& S' CAPELLAN DE VILARIO 
SIL'ET ou SAL'ET (E lunaires). Chimère debout; sous 
son aile apparaît à droite une tète barbue de proOl à 
droite 

Sceau ogival en cuivre ; par derrière, un anneau de 
suspension dans le haut. Longueur, 37 millimètres. 

XV» siècle. 

PI. II, no 2. 

Trouvé à Bourges. 

Musée de Bourges. 

Baillage de Vierzon. - ^ SIGILLVM : BAILLIVIE : 
VIERSIONIS en minuscules gothiques; au centre, 
écusson aux armes de France brisées d'une colice. 

Sceau orbiculaire de cuivre avec appendice à char- 
nière. Diamètre : 128 millimètres. 

Fin du XV» siècle ou commencement du xvi®. 

PI. II, n» 3. 

Trouvé à la Ferrière, (commune de Massay) par 
M. Blanchetqui a bien voulu le communiquer. 

Les armes fîgurées sur le sceau sont celles de la mai- 
son de Bourbon-Clermont ainsi décrites par La Thau- 
massière : de France brisé d*un bâton ou cotice de 
gueules. 

Les ducs de Bourbon et d'Auvergne possédèrent à 
plusieurs reprises différentes la seigneurie de Vierzon. 
Tout d'abord elle fut acquise par Jean II, en 1463, d'An- 
toine de Levis, seigneur de Vauvert. Cette vente était 



240 BULLETin NU1II8IIATIQUB 

faite à charge de rachat perpétuel au profit du roi. 
Louis XI chercha par tous les moyens possibles à ernpè- 
cher Jean de Bourbon de prendre possession de sa 
nouvelle seigneurie : il commença par l'engager à 
Charles de Gaucourl, gouverneur de Paris En 1469, il 
parut un instant reconnaître les droits de Jean, ce qui 
ne Tempêcha pas de rengager une seconde fois à Mar- 
guerite d'Amboise, femme de Louis de la Trémoille. 
Enfin, en 1489, Pierre II, duc de Bourbonnais, frère et 
successeur de Jean II, obtint sa mise en possession, 
mais pour une durée qui fut limitée à dix années seu- 
lement. Revenant toutefois à de meilleuresdisposilions, 
le roi Louis XI donna la seigneurie de Yieizon à sa fille 
Anne de Beaujeu, la femme du duc Pierre. Elle passa 
ensuite à leur fille Suzanne qui épousa le fameux 
connétable de Bourbon et mourut sans enfants en 1521. 

M. Tausserat a rencontré aux archives communales 
de Vierzon un sc^au en cire de la prévôté de Vierzon 
également aux armes des Bourbons, qui était attenant 
à un acte de 1503. C'est vers la même époque que nous 
proposons de fixer la date de la confection de la ma- 
trice du sceau du baillage. On trouvera dans le livre de 
M. de Toulgoët une liste très étendue des baillis de 
Vierzon. 

(LaThaumassière, Hisl, de Betry, liv. V, ch. Lxxiet 
Lxxii;liv. IX, ch.LXXi. — De Tou\go'èi, H ist.de Vierzon, 
p. 222 et 302. — Tausserat, Vierzon et ses enviions 
{Mém. de la Soc. htst. du Cher, années 18J6, p. 275, et 
1897, p. 11.) 

Le Collège Sainte^Marie de Bourges^ le Collège royal 





1 - 







L 



ET SIGILLOGRAPDIQUB 241 

et le Lycée impérial de Bourges. .« On a relrouvé au 
Lycée de Bourges une série de cachets et de fers de 
relieurs en cuivre, ayant appartenu aux diflerents éta- 




ïïïi^i:^ 



btissements qui se succédèrent dans cette maison d'édu- 
Cation. En voici la description : 

COLLÈGE ROYAL DE S" MARIE DE BOURGES 
Écu ovale aux armes de France, couronné et entouré 
du cordon des ordres de saint iMichel et du Saint-Es- 
prit ; extérieurement une bordure fleurdelisée. 

16 



— tm de reKevr ovale en coi vre, loDg.« SB milL ; m^- 
ii atOL; fv la tranche, oo lîl : ArauU fecii ^"*^- 

A malt, graveor qui Tinûià Boorges, à la fin dn âèek 
ëtmkf «I ao cooiaieoceiDenl de celai-d. était on t^»- 
tabic artiste dont on possède qoelqoes pièces remâr- 
qatkhim, [CM. ngiUographique dm Musée de Bawfeh 
par D, Mater, p. 10. - Mém. Soc. kùi. du Cher, aooée 
1884. 

— fer de rt^tm plos peUi et de même type »of I» 
iégea4e qoi porte seolement 
COLLÈGE ROTAL DE BOURGES, branche de fleor. 

Long., 6i milL ; larg., kQ mill. 




(Voir pour i'hisloire du collège Sainte-Marie de celte 



^lyir puur 1 nisloîre du collège Sainie-Mane ae con^. 
^jiiiilti*' I Enseignement secondaire et supéneur des lettres 
ei dn êtiencet à Bourges, par Marcel Brunkau. — Mém. 
de iu Suc. kiit. du Cher, aonée 1890.) 



^ 

I 



BT SieiLLOOEAraïQUB 243 

Venaienl ensuite trois cachets humides du même col- 
lège, Tun sous TEmpire, Faulre sous la Restauration ; 
enfiû un cachet que Ton peut qualifier d'amusant, pour 
employer une expression à la mode, et que nous dé* 
crivons : 

Au-dessus : COLLÈGE ROTAL DE BOURGES. 
Au-dessous : VU PAR LE CENSEUR. 
Bfiins le champ un œil rayonnant. 
Cachet o^ale en cuivre. 
Long., 37 milL ; larg., 32 mill. 
Ces divers monuments ont été déposés au Musée de 
Bourges, par M. Garnier, proviseur du Lycée qui a 
voulu ainsi en assurer la conservation. 



BIBLIOGRAPHIE NUMISMATIQUE 

Il nous semble utile d*apporter à l'ancienne organisa- 
lion du Bulletin une modification qui pourra contrihuer 
au développement des éludes numismatiques berru- 
yères. On se hornait jusqu'ici à étudier les découvertes 
qui se produisaient dans la région sans signaler les 
écrits publiés sur la numismatique locale. C'était une 
lacune dont le résultat était de laisser ignorer du public 
le plus intéressé, des travaux souvent précieux pour 
l'histoire et l'archéologie de la province. Pour mettre 
Un à cette situation, une notice bibliographique numis- 
matique fera désormais partie intégrante du Bulletin« 



244 BULLETIN nUMISlUTIQUE 



Paul Bordeaux : L'adjonction au domaine roycJ 
de la chdiellenie de Dun et les deniers frappés à 
Dunpar Philippe b^et Louis VI (Revue numisma- 
tiquo,1897)«. 

Tous les numisroalistes connaissent deux deniers 
Drappés par Philippe P'el Louis VI, dont rallribution 
a fortement exercé la sagacité des chercheurs et portant 
Tun et l'autre la légende CASTKLLVM DON avec le 
monogramme d'Herbert du Mans. Donzy, Chàteaudun, 
Ghàteldon ont été successivement mis en avant comme 
le lieu probable de leur fabrication, mais M. Bordeaux, 
rejetant ces attributions, dans un mémoire très étudié, 
a proposé celle de Dun* leRoy, qui aurait été ainsi le 
siège momentané d'un atelier monétaire. Je ne crois 
pas que le problème qui a provoqué ces recherches, ait 
enfin trouvé sa solution définitive et j'ai le regret, 
comme numismatiste berruyer, de ne pouvoir acquiescer 
à la thèse de M. Bordeaux pour démontrer l'existence 



1 L'attribution proposée par M. Bordeaux a été discutée au 
congrès tenu à Bourges au mois de juillet 1893 par la Société 
frauçaise d'Archéologie : elle a été défendue par M. Caron, 
uous l'avons au contraire vivement comtattue. On trouvera le 
compte renda de cette controverse et de la nouvelle discussion 
qui t est depuis produite dans le procès-verbal de la séance 
de la Société française de Numismatique du 5 novembre dernier. 
(Aevi/e numismatique A* ^étÏQ, t. 11. p. uii.^ Malgré les nouveaux 
arguments apportés par MM. Caron et Bordeaux à Tappui de 
leur thèse, M. de Marcheville a déclaré se ranger à notre opi- 
nion. 



ET SlGItLOGBAPHIQUB 245 

d*an atelier royal à Dun au commencement do xii* siècle. 
C'est qu*en effet les objections lès plus sérieuses 
s*élèvenl contre sa proposition. Et, tout d'abord, s'il est 
exact, comme le constate M. Bordeaux, que les premiers 
Capétiens se soient fait une règle de frapper monnaie 
dans toutes les seigneuries composant leur domaine, 
anciennes possessions ou nouvelle acquisition, comment 
se fait-il qu'après avoir acheté d'Eudes Arpin sa vicomte 
de Bourges et la seigneurie peu connue de Dun, Phi- 
lippe P' ait exercé son droit régalien de monnayage, 
non à Bourges, l'antique métropole, le siège d'un arche- 
vêché, mais à Dun, simple petit caslellum^ comme 
M. Bordeaux le qualifie lui-même. 

Il nous apprend, il est vrai, qu'Eudes Arpin préférait 

de beaucoup Dun à Bourges, parce que Dun était son 

fief personnel, celui qull tenait de ses ancêtres, tandis 

que celui de Bourges lui venait de sa femme. Je ne sais 

pas si on possède sur les sentiments et les préférences 

d'Eudes Arpin des renseignements bien positifs : ce 

qui m'en ferait douter, c'est que l'on est si peu fixé 

sur ce qui se passait à Bourges à cette époque, que 

l'on ne connaît même pas avec certitude la date de la 

vente des seigneuries de Dun et de Bourges. D'ailleurs 

qu'importent les senliments d'Eudes Arpin, puisque 

c'est de Philippe I" qu'il s'agit ; or, je le répète, je ne 

saurais comprendre pourquoi ce roi, voulant constater 

par une émission de monnaies la récente extension 

de son domaine, aurait choisi pour exercer son droit, 

Dun au lieu de Bourges qui jouissait d'une tout autre 

noioriété. L'ouverture d'un atelier monétaire à Dun 

plulèt qu'à Bourges, serait donc entièrement inexpli- 



Ib 



946 BtrtXSTtH KumsuATtociK 

cabkà fnoifi&de moUfs particuliers que Von nt now^ 
Taîl pas connaître* 

Le point essentiel, qti&nd il s*agU de t'altnbalkct 
d*une monnaie à une localité, c*est La concordance ém 
noms. Or ici, entre DVNVM on DVN et DON, y â4-il 
iine identification satisi faisan te ? Pour écarter celle ob- 
jection, M. Bordeaux nons dit que les gens du pap 
anraient la fâcheuse habitude d*appeler ieur ville D05, 
qne cpla sa serait produit de tout temps, Tait dont dVil* 
Ipur-i il ne rapporte d*aulre preuve que ta feuille de 
conjçé d'un grenadier délivrée en 1783, ce qui, il faol e» 
convenir, est un peu loin de Tépoque à laquelle vÎTaîl 
Philippe, et il njoule que vraisemblablement lei mon* 
HRyeunsde Philippe l^'el de Louis Vî, induit» en erreur 
pur ceUo pronoociaiion fautive^ auraient cru que le véri- 
tahlf oom ile Duu rtînt DON, 

Je ni' rroi^ pa-^ que l'on puisse reconnaître à ce der- 
nier argument un caraclère Jiien probant; Il est d*aiJ* 
leurs tari h? d'y n^ponilre en faisant remarquer que 1b& 
rlrrc:^ de la chauféllerie royale avaient une oreilli^ 
moins ïacWi* k Irtunper^ puisque les char les qu*ila rédi* 
pèrenl ri la même époque parlent bien DVNVM et non 
DONVM*. On peut donc se demander pourquoi les ofR- 
ciers de hi monnnie du roi auraient commis une sem- 
blable crieur, quiinl ils n'ont dû procédera leur ftibri- 
eation que î^ur le vu d'un onlre royal écril, émané de la 
chancellerie et portant^ selon loule apparence, le nom 
de Dun r<'guljèrement orthographié, 

i. 51 Bf>rdenux s alta'^hf! k on*? faute dp copie relevé*» dans us 
cartuiairtî «^^ Ptiilip|je Aiiguile qui doit ne la forme PVNON et 
non DVNVAI : -?h%ri^'E!ai^iii Je foru^f qui s applique d^ailleur» à 
U lecûnde el non à la p rem t ère «^^llabe. 



ET SieaUMEAPHIQUX 247 

Ce défaut de concordance n est du reste pas le seul : 
Dun-le-Roy n'a jamais porté le titre de CASTELLVM, qui 
se lit sur les monnaies, on n*en trouve nulle trace dans 
les anciennes chartes et quand on rencontre son dérivé 
GASTELLANIA, c'est qu'il s*agit de désigner la obàtel- 
lenie. 

On peut aussi faire remarquer que jamais les numis- 
matistes du Berry n'ont, à notre connaissance du moins, 
trouvé dans leur province de spécimens des deux mon- 
naies de Philippe I*' et de Louis Yl à la légende CAS- 
TELLUM DON, et on sait toute Timportance que les 
questions de provenance peuvent avoir pour la déter- 
mination de l'habitat des monnaies incertaines. 

11 faut ajouter que si l'existence des ateliers monétaires 
de cette époque est presque toujours constatée d'une 
façon indirecte par la présence dans les chartes de sti- 
pulations de paiement en monnaies qui en proviennent, 
nulle charte ne mentionne l'existence de l'atelier de 
Dun ni de ses produits. Bien plus, dans une donation 
consentie du temps de Louis VI, de 1120 à 1136, dans 
laquelle il est question d*hérilages situés dans la paroisse 
de Saint-Just et par conséquent dans la chàtellenie de 
Dun, il est parlé d'un paiement à faire en monnaies de 
Bourges : a VI libras bituricensis monete » ^ Voilà, 
semble-t-il, qui rend peu probable l'hypothèse du 
fonctionnement, à cette même époque, d'un atelier à 
Dun. 

Pour répondre à cette objection, M. Bordeaux dit que 
l'on a très peu frappé à Dun et que l'on préférait la 

1. Archives du Cher : Fonds de Tabbaye de Pleimpied. liasse 
de la paroisse de Saint-Just. 



i::: 




ET SI61LL06BAPHIQUB 249 

se produire dans une région où les monnaies du Mans 
circula.ient de préférence. 

Il ne faut pas oublier que les deniers de CASTELLVM 
DON étaient de véritables contrefaçons des monnaies 
mancelles, qui n'avaient par suite leur raison d'être que 
dans un milieu où ces dernières formaient le fond prin- 
cipal de la circulation monétaire. Pour trouver la région 
o^ était CASTELLVM DON, il est donc nécessaire» 
comcne on la fait observer, de déterminer auparavant 
\e rayon de circulation du monnayage manceau, et 
il est certain que le Berry était en dehors de ce rayon . 
La preuve, de ce qui vient d'être affirmé, résulte 1* du 
défaut de stipulations de paiement en espèces man- 
celles dans les chartes du temps, fait qui démontre bien 
que celles-ci ne jouissaient pas dans le pays d'une faveur 
exclusive, 2** de la rareté des mêmes monnaies dans les 
trouvailles faites en Berry, rareté qui témoigne de leur 
peu d'abondance dans la circulation locale. On arrive 
dor.c forcément à cette conclusion : les deniers de CAS- 
TELLVM DON ne sont donc pas d'origine berruyère, 
puisque le Berry n'appartenait pas à la région desservie 
par le monnayage manceau ; c'est donc ailleurs qu'il 
faut en rechercher la provenance, là où les monnaies 
frappées au Mans étaient particulièrement en faveur. 






Paul Bordeaux : Le gros le demûgros des gens 
d'armes de Charles VII à la croix cantonnée (An- 
nuaire de laSociété de nuniismatique, année 1896). 
— Comte DE Castellane : Les grands et les petits 



tSO BULLITIH lUinnUTÎQUB 

blancs au K de Charles Vil à la croix cantonnée 
frappés à Beauvais et les monnaies dor sorties du 
même atelier (Gazette numismatique, année 1897). 

La qaeslion de rallribulion à râtelier de Bourges des 
blancs au K à la croix cantonnée, a soulevé dans le cours 
des dernières année une controverse numismatique qui 
offre pour nous un intérêt particulier. On sait que ce 
qui caractérise spécialement celte variété de blancs des 
gens d^arroes^ c*est au revers, tout d abord l'existence 
d'une croix cantonnée de deux couronnelles et de deux 
fleurs de lys, au lieu de la croix simple habituelle, et 
ensuite la présence d'une façon invariable à la fin de la 
légende, de la lettre B, différent de l'atelier de Bourges, 
ce qui les faisait considérer comme un produit certain 
de cette officine. A l'appui de cette attribution, M. Paul 
Bordeaux a apporté des preuves et des arguments qui 
peuvent paraître décisifs, mais que M. de Castellane 
repousse énergiquement en proposant de lui substituer 
Tatelier de Beauvais. 

La démonstration de M. Bordeaux est basée sur cer- 
taines indications rencontrées dans des documents par- 
ticuliers à Tatelier de Bourges, mentions qui s'appliquent 
d'une façon frappante à un demi-blanc des gens d'armes 
à la croix cantonnée avec le différent B. 

En 4435, la fabrication des blancs au K, qui jusque-là 
s'était poursuivie avec la croix simple, touchait à sa fin; 
le roi avait décidé, le 15 septembre, l'adoption d'un 
nouveau type, celui du blanc à l'écu non couronné, 
mais les fers de la nouvelle monnaie n'étant pas encore 
arrivés, l'atelier de Bourges fut obligé de continuer à 



BT SlfilLLOGliraiOUB 251 

forger au type des blancs au K. On possède les étaU de 
fabricalion de celte dernière émission qui, commencée 
le 15 septembre 1435, se termina le 22 du même mois; 
ils constatent que Ton frappa des grands blancs de 
iO deniers tournois à la taille de 80 au marc et des 
petits blancs de 5 deniers tournois à la taille de 140 au 
marc, ce qui donne pour les premiers le poids légal de 
^ gr. 059, et pour les seconds celui de I gr. 72. 

Pour couvrir Tirrégularité de celte émission ainsi 
faite au type des blancs au K el non à celui des blancs 
à Técu, une noie fut mise en marge de Içur registre par 
ies officiers de Talelier. Elle étail conçue en ces ter- 
mes : a M« que Touvraige de cette boisle a élé fait sur 
la forme des blancs de 10 d. t. au K et non sur le nou- 
vel pie des blancs à escu. » 11 faul ajouter que malgré 
sa rédaction peu claire, cette note s'appliqu^comme on 
va le voir, aussi bien aux petits blancs qu'aux grands, 
dont on ne peut séparer la fabrication. 

De cç qui précède il résulte donc : i* le rapport habi- 

iael du petit blanc avec le grand, qui d'ordinaire était 

exactes «ni celui de la moitié à l'entier, s'est trouvé 

TOodifié pour cette émission, car le grand blanc devait 

peser 3 gr^ 059 et le petit \ gr. 72 au lieu de gr. 53, 

ce qui tait ^^ centigrammes en plus, rapport absolument 

^TvQTm^V^t contraire à la pratiq le; 2» les conditions de 

V^mmvQiv du 22 septembre étaient spéciales à Tatelier 

de Bourges, aucune prescription analogue n'a été 

trouvée pour une autre officine ; 3<^ elles constituent 

relalivemenC aux émissions antérieures de blancs au K, 

un changemenV 8lU point de vue du poids, changement 

qui avait èlô Valorisé et était régulier, on n'en saurait 



252 BUIXBTIN NUMISMATIQUB 

douter, bien que la preuve originale n*en soit pas rap- 
portée, puisqu'il était ouvertement pratiqué et officiel- 
lenaent constaté sur le registre ; 4^ enfin cette modifica- 
tion se produisit, fait singulier, à la dernière émission 
des blancs au K, quand la forme des blancs à Técu était 
déjà ordonnée. 

Ces indications étaient si contraires à Tusage, que 
Ton se demandait si elles étaient bien exactes et quelle 
foi on devait y ajouter, quand M. Bordeaux découvrit 
un demi-blanc au K, qui pesait 4 gr. 72, c'est-à-dire, 
précisément le petit blanc dont il était fait mention 
dans les états de fabrication de 1435. Il se produisait 
donc entre le poids anormal énoncé dans les états et 
celui relevé sur le petit blanc une concordance si carac- 
téristique que l'on devait en être frappé. 

En effet, on vient de voir par les états de fabrication 
qu'il avait été forgé des grands et des petits blancs, puis 
par la note marginale du registre que le type employé 
était celui des blancs au K, or voici que Ton retrouve un 
des produits de celte fabrication qui montre, à son tour, 
que ces blancs étaient des blancs au K à la croix can- 
tonnée. De plus comme les grands blancs au K à la 
croix cantonnée appartiennent incontestablement par 
leur style et par leur faire à la même fabrication que 
]es petits blancs, on aboutit ainsi forcément à cette 
conclusion : l'émission du 2-2 septembre 1435 a consisté 
en blancs, grands et petits, au K à la croix cantonnée. 

Ce n'est pas tout, du même coup va se trouver confir- 
mée l'attribution à Palelierde Bourges, déjà annoncée 
par la présence au revers de son différent B. On a vu 
qu'il était établi que jusqu'ici l'émission du 22 septem- 



ET SIGILUiGRAPaïQUE 253 

bre était particulière à l*atelier de Bourges, et que l'on 

rft*a pas encore découvert d*inJiceâ d'une fabrication 

sinalogue dans un autre atelier, pas plus que Ton n*a 

Irou vé ces grands blancs et de petits blancs avec d'autres 

lettres ou d'autres signes monétaires. Voilà bien, on en 

conviendra, une autre coïncidence qui vient encore 

conGrmer l'attribution à Tatelier de Bourges. 

Pour combattre la démonstration, en quelque sorte 
matérielle, de M. Bordeaux, M. de Castellane, sans s'at- 
taquer directement à ses arguments, formule un certain 
nombre de critiques destinées à établirTin vraisemblance 
de l'attribution à fatelier de Bourges. A cette manière 
de discuter on pourrait répondre, d'une façon générale, 
qu'un fait parfaitement certain peut être accompagné 
de circonstances ou de détails douteux et discutables 
sans que cela puisse frapper de suspicion le fait en lui- 
même. 

Quoiqu'il en soit, M. de Castellane fait tout d'abord 
remarquer combien il est peu vraisemblable que pour 
la dernière émission des« blancs des gens d'armes, on 
ait adopté un type nouveau ? On peut répondre que 
cette tardive évolution de type n'est pas plus inadmis- 
sible que la grave modification de poids entre le grand 
et le petit blanc, venant bouleverser toutes les règles 
habituelles du monnayage. 

D'ailleurs ce changement est-il aussi radical et a-t-il 
bien le caractère que l'on paraît croire? Il consiste 
simplement dans la substitution d'une croix cantonnée 
à la croix simple du revers. Or, cette croix cantonnée 
est justement celle du blanc à Técu non couronné. On 
voit dès lors comment les choses ont pu se passer : les 



354 BULLETIN MOMISlfATlQUB 

officiers de l'atelier ne pouvant frapper la monnaie 
nouvellement ordonnée dont iU n'avaient pas le trous- 
seau, mais désirant s'en rapprocher le plus possible, 
conservèrent pour le droit la forme du blanc au K, 
comme le dit expressément la note du registre, mais 
pour le revers employèrent, soit la pile nouvelle, qui 
peut-être leur était seule parvenue, soit un ancien coin 
de blanc dit Guénar»offrant un type analogue et remis 
provisoirement en service. 

11 n*y a donc pas eu à proprement parler d*adoption 
tardive d*un nouveau type, mais la combinaison de 
deux types, de celui dont lubandon venait d*étre dé- 
cidé avec celui qui devait le remplacer, de façon à se 
rapprocher autant que possible du type prescrit. Cette 
conduite des officiers de la monnaie était rationnelle : 
tenus d'appliquer pour celte dernière émission les pres- 
criptions de Tordonnance du 15 septembre 1435 quant 
au poids et au titre, il était naturel qu'il cherchassent 
aussi à s'y conformer pour le type. Dans ces conditions 
la fabrication des blancs au K à la croix cantonnée, loin 
d*élre la création inexplicable d'un type nouveau et 
irrégulier, est au contraire un effort pour rentrer dans 
la forme. 

M. de Castellane dit qu'il résulterait des examens des 
anciens comptes de Talelier de Bourges, que Ton n'au- 
rait pas frappé de petils blancs avant le 3 novembre 
1435, époque à laquelle il ne pouvait plus être ques- 
tion de blancs au K, puisque la fabrication des blancs 
à Técu non couronné était commencée? Mais M. de 
Castellane est ici en contradiction formelle avec M. Bor- 
deaux, qui, de son côté, cite un passage des états de 



BT SIGILLOftiArHIQUE 255 

Cabrication de l*atelier, dans lequel, comme on Ta vu, 
ml est parlé de la frappe des blancs de 5 deniers tour- 
nois, c'est-à-dire de petits blancs. Comment concilier 
des affirmations si opposées et à laquelle donner la 
préférence ? Il semble cependanl que la présence dans 
un état de fabrication d'une mention relatant l'émis- 
sion d'une monnaie, ne permet guère de mettre en 
doute le fait même de sa fabrication. 

M. de Gaslellane fait encore observer que les blancs 
au K à la croix cantonnée renferment au moins deux 
variétés qnUl reproduit, et il se demande comment on 
pourra attribuer à Tunique émission du 92 septembre, 
deux variétés qui supposent deux émissions? 11 y a là, 
il faut le reconnaître, une objection difficile à écarter, 
mais peut-elle avoir pour eOet de faire tomber rattri- 
bution elle-même ou jettera-t-elle seulement des dou- 
tes sur les conditions dans lesquelles la fabrication a 
pu se produire? 

Enfin M. de Castellane insiste sur un détail auquel il 
parait accorder une importance particulière, je veux 
parler de la façon dont le difîérent monétaire B est dis- 
posé sur les monnaies. Dans les produits de l'atelier de 
Bourges cette lettre se trouve, en général, à la fin de 
chacune des légendes du droit et du revers. Au con- 
traire les blancs au K, à la croix cantonnée, ne portent 
le B qu'à la fin de la légende du revers, et M. de Cas- 
tellane voudrait considérer cette disposition spéciale 
de la lettre monétaire, comme le propre d'un atelier 
autre que celui de Bourges. 

Ce serait, ce me semble^ donner à un détail assez 
secondaire une importance exagérée et qu'il ne siu- 




236 BinxEm smnsjLATiocc 

rait avoir qne si ïhAlilude des officiers de l'^e- 

lier de Bourges de mctlrc le difTerent à Ja fin de fha- 

qoc légende, élail one règle tout à fait abroJoe. Or i 

n'en e^l rien el voici quelques exemples empronlés an 

monnayage de Charles Vil qoi Je prouvent; M.Berry' 

reproduit un blanc aux fleurs de \y» €^ui n'a qu'un seul 

B à la fin de la légende du revers el un hlanc aa Kàia 

rroix pleine avec un B unique après la It^gende di 

rJroil ; enfin le Musée de Bourges pos.-ède une florelle 

qui n'a ♦•gaiement le B qu'à la légende du droit. On ne 

peut donc pas dire qu'il y ail eu à cet égard dans Talc- 

lier de Bourges une pratique si conàtanle, que loote 

dérogation devrait élre nécessairement considérée 

comme le fait d*nne autre officine. 

D'ailleurs on pourrait peut-être supposer que cette 
irnîgularité était voulue par les officiers de la monnaie, 
(juiy obligés de procéder à une émission qui manquait 
un peu de régularité, ont eu recours pour le difleren- 
l'ier de» nulren, a celle manière de faire inaccoutumée. 
Ihi le voit donc l'argument que M. de Caslellane comp- 
lu il liriT de la disposition B, ne parait pas très pro- 
bant 

Il Und ajouter que le choix d'un B comme différent 
d'un iMiuvel atelier, s*expliquerait assez peu, puisque 
emiic l(*Uro irétait plus libre et avait été donnée à 
OiHirge^^ L'assigner à une seconde officine élail s'expo- 
iiar i\ do continuelles confusions entre leurs produils. 

Un juiurru répondre en invoquant certains précé- 
♦UmU» : lo9 lollros F et M par exemple, données à 

!• fiuit.-a f/ rtcherches historiques sur les monjiaies de France 



ET SIGaiOGEAPDIQDE 257 

plasîears ateliers. En effet en 1420, sous Teropire de 
circonstances urgentes et par des mesures naal combi- 
nées, Figeac reçut pour différent VF gothique cursif, 
Fontenay TF gothique majuscule, Montaigu une sorte 
d'M oncial elMontferrand l'M en capitale romaine, mais 
la similitude des différents n'était qu'apparente et la 
forme des lettres les différenciait bien plus nette- 
ment qu'une place déterminée, souvent mai observée. 
Du reste ces inconvénients furent promptement re- 
connus et après i 420 on prit soin d'assigner aux ateliers 
nouveaux des différents biens distincts, soit comme 
points secrets, soit comme lettres ou signes particu- 
liers. C'est pendant cette période que fut ouvert Tatelier 
temporaire de Beauvais, et il est donc peu vraisem- 
blable qu'une seconde officine ait été dotée du diffé- 
rent B. 

Ces divers arguments de M. de Castellane, si ingénieux 
qu'ils puissent être, ne constituent pas la partie essen- 
tielle de sa démonstration :1e point capital, en effet, est 
de savoir si Tatelier de Beauvais a quelques droits à 
revendiquer le B comme lettre monétaire et si par 
suite les blancs au K à la croix cantonnée peuvent lui 
être attribués. Il faut, en effet, remarquer que pour 
ce différent il existe en faveur de Bourges une sorte 
de poiiisession d'état et qu'il faudrait arriver à démontrer 
l'existence pour Beauvais d'une possession semblable. 
Si cette démonstration n'est pas faite, Bourges reste 
le seul atelier auquel les blancs au K à la croix can- 
tonnée puissent être attribués en raison du différent 
qu'ils portent et cette attribution devra être maintenue 
malgré les critiques soulevées par M. de Castellane. 

n 




m WJKLEni SraiSMATfOITK 

Il <i«i comtmoi qxiU y a ea à Beaovais en 4133 a 
ik>3 un ïlt*iier temporaire^ créé poar fournir de nomé- 
rtuni Un^ reiçtui» eavironnantes isolées aa milieu de 
l\>cvu|»4lioii un^laistf. C'est alors^ suiTant M. de Cas- 
toilaiH». v|ue l'ou aurait doaaé pour diflerent à celle 
^lliciii^) la première lettre du aoin de la ville, comiDe 
ct>îa 4v:iit <»ie tait pour plu^^ieurs autres rilles, Chinon, 
Bounctî^ L >ches> ele. Je me bornerai à rappeler ici lob- 
N^cNîtaiju ^te 'jLi taile precétiemmeot : si avant 1435 on 
.ivciit jtMitbue o^fs> itirorenlsun peu au hasard, en 1433 
^a ov lutl 4vec suiu vie choisir des diflerents faisant 
jtouo.c« .'^ttt.v> oi ju uuuvant amener des confusions. 

>i it* Cu>;.t''.aiie» api*^ avoir pose en fait Temploi à 
*A»auv.i.5w m 5 -^>infne îelire monétaire^ ne se contente 
;sji> K^ iiii^ M.>i-"r jt» CT?ue oflîctoe les blancs au K à la 
.^v»\ .M.u» iiiict* i\ec v^ï iiffêrent. il luiallribae égale- 
nc«K 2i> .vancs 4u 'neme ty^M sans aucun différent. Il 
,^\4»»iv|tit^ (tiv» c ^m eur du coin, «|ui aarait ete fait 
d llto^a«.ii>v 1 IV. tue vas ie noueîe sous les veax« aurait 
\f^à «rtiHir*o<iimHtiK uc*>*t\ Ju revers ; il nous apprend 
^k ^ *uiU» I iii cvMiJ.l ie juriaiction avec Té- 
4i»]k>au^ t4s .»a ♦fui-o^.'^ pur oublia on ne^lî^a 
ii*ttw B v^ 'itjtnif^^cinisiHuns et qa'oa ne le 

vitte».iit ïjk.s >a M. le C:^ei!afte avait poise 

iiii<»i%^«^i»iS **»>><'! ^letneni s., m^^loanant aa 

» M^i^:* i^*n|v .1..'** nsNiii.Ie »a piifin :erritcire 

• *t« ::im • t;i'ie *a itie nie sorte, eût 

< i>;>^^ v ît:> v ar uumir de si pre- 

.♦»! ic • \ i. • •, r:i. L .^yr'.aiiiemeflt pas 

^Uuutir j4U2d;BSttr^Oi&i$«£Cttiairtdit&MiF- 



Bt SIQILtOQIlAPfllOUB 259 

ges, devenu en ce moment même le plus important du ro- 
yaume. Je m'aperçusalorsquerattributiond'unBcomme 
dilTérent à TofOcine de Beauvais, était une supposition 
très soutenable sans doute, mais une simple supposition 
ne reposant sur aucune preuve ; que Tattribution à ce 
même atelier des blancs an K à la croix cantonnée n'é- 
tait qu'une hypothèse ; l'histoire du tailleur chargé de 
graver les fers, une pure hypothèse encore, l'explica- 
tion de la présence ou de l'absence du différent tou- 
jours une hypothèse, en un mot que tout ce que M. de 
Castellane avançait relativement à Beauvais, à son diflé- 
rent^ à ses produits étaient des hypothèses très ingénieu- 
ses sans doute, vraisemblable!^ peut-èlre, mais enfin dé- 
nuées de l'ombre d'une justification par cette excellente 
raison, qu'à part le fait du fonctionnement d'un atelier 
monétaire à Beauvais en 4433 et 1435, on ne sait rien 
absolument rien sur ce qui s'y passa. 

Mais M. de Castellane va pluâ loin : se basant sur des 
aflinilés de style, il attribue à l'atelier de Beauvais la 
fabrication d'espèces d'or, un salut et un royal, les- 
quels d'ailleurs ne portent ni l'un ni l'autre le différent 
B. Celle altribulion, qui résulte pour lui de la simili- 
tude de faire avec les blancs au K, lui sert ensuite pour 
confirmer l'origine beauvai»ine des blancs au K. 

En réalité, la question de style qu'invoque M. de Cas- 
tellane établit-elle avec certitude que les blancs au K, 
le salut d'or et le royal ont été fabriqués dans le nord 
de la France plutôt que dans toute autre partie? Je ne 
le crois pas, et on peut ajouter que rien n'est plus pro- 
blématique que ces arguments tirés du style des mon- 
naies. Un numismatiste berruyer n'aurait-il pas, par 



260 BtLLBTm NUMISMATIQUE 

exemple, le droit d'invoquer à son lour ces afCnités de 
style, pour dire que le salut d*or, le royalet lesblancsau 
Kà la croix cantonnée, ayant le même caractère, il en 
résulte que tous sont sortis de l'atelier de Bourges, 
puisque les blancs au K en portent le différent? 

En résumé, rien ne prouve que Patelier de Beauvais 
ait eu un B pour diflérent ; rien n'établit que Ton y ait 
frappé des blancs au K à la croix cantonnée, des saluts 
d'or, des royaux, ou n'importe quelle autre sorte de 
monnaie ; il est impossible de déterminer le style habi- 
tuel des produits de cette officine, puisque l'on n'en 
connaît aucun, et si, sur ces diverses questions, il peut 
exister quelques probabilités d*un caractère plus ou 
moins sérieux, aucune ne peut être considérée comme 
une preuve véritable. 

Si telle est la situation pour l'atelier de Beauvais, 
combien différente est celle de Tatelier de Bourges : il 
est constant et non contesté que le B lui avait été attri- 
bué comme lettre monétaire, qu'on y a forgé des blancs 
au K et très «vraisemblablement les blancs au K à la 
croix cantonnée qui portent son différent, et à la fabri- 
cation desquels se réfèrent plusieurs mentions des re- 
gistres de Tofficine. Comparer ainsi les titres respectifs 
des deux ateliers, c*est, semble-t'il, trancher la question 
d'une façon indiscutable et définitive en faveur de la 
thèse de M. Bordeaux. 

J'en aurais fini avec cette trop longue note sur les 
blancs au K à la croix cantonnée, et les controverses 
qu*ils soulèvent^ si je n'avais encore à répondre un mot 
au jugement trop sévère, suivant moi, que porte 
M. Bordeaux sur deux grandes ûgures de l'histoire du 



ET SIGILLOGRAPDIQUB 261 

Berry, Jacques Cœur et Guillaume Lallemant, sur le 
premier surtout, qu*il traite avec une rigueur extrême. 

S'expliquant sur l'anomalie dont nous avons parlé^ 
entre le poids des petits blancs avec les grands blancs, 
M. Bordeaux considère qu*elle avait été obtenue par 
les officiers de la monnaie de Bourges, pour favoriser 
des fraudes et des dissimulations dans la fabrication des 
monnaies, et il voit dans ces malversations l*origine 
des fortunes considérables qui permirent à ces deux 
illustres berruyers de doter leur ville natale des char- 
mants hôtels qui en font encore Tornement. M. Bor- 
deaux rappelle que Jacques Cœur avait été condamné 
en 1427 pour mauvais affînage, et qu'il fut encore pour- 
suivi en 1450, lors de son grand procès et condamné 
pour fabrication irrégulière. 

Je ne crois pas qu'il faille attribuer beaucoup d'im- 
portance aux procès faits à cette époque aux officiers 
monétaires. Dans la plupart des cas, lemonnayeurétait 
victime, soit de l'insuffisance des connaissances techni- 
ques, soit des rigueurs d'une réglementation compli- 
quée, quand la poursuite n'était pas tout simplement le 
résultat d'une manœuvre calculée, ayant pour but une 
extorsion d'argent. 

Ces procès étaient continuels, peu d'officiers moné- 
taires y échappaient ; mais presque aussitôt après le 
procès et dès que le coupable s'était exécuté, on le 
voyait obtenir des lettres de rémission et rentrer en 
place. C'est ce qui arriva à Jacques Cœur, qui, con- 
damné en iAily fut, dès l'année suivante, nommé maî- 
tre particulier à Bourges, avant même la délivrance 
des lettres de rémission qui ne lui furent accordées 




2» 

-pr^ ! m. Ce truuaMxit mnin iiaîiriim ^ç» ^» 

p^^Twaii lu '^mci» Tiu m i/aiL ^ f-ut. ::'u-lt5ar5. '^oi 
tni, «a. .e iim l'.ir^imiu^ .ia rau 5it ^^ -«^^^^ 
*oiU o.ii«ant le «s iaaod», tUit au-ies» ta ««m- 
^n l'v/oir iûiise le ^«s :oiua.ni» ïMîar r^a-^er ti«s ^ 
iii:îîiv!« iKiktiannèi*^. Je ne înirrèi.«i p» da-ruiU^ 
a.'.niiî.ieprriciîs.te fini), di.-iœ iiû» gias <»«'"'^ * 
fhr anc Tue "^naf «5 sa 'tnniî.iHô. par dei ; i^8S laCd. 
vis a ane eooilarxuiaûoa i li de'^aic îeor a«orer 
*l4»p<"'»iii e^. 

Point fl^«t b#»oin de ror.p<«r de délaj^^ «ite 
potireun: Tier U f.>rt.ine Ja.:rries Cœur : les çrafi4» 
foncîi.ini financières aaxri*il*^a î- fa: appela, 5^>3 j^^^ 
poar i.* ^^omm^rce, !•» fi-f^e ;ppetiient qaU «it *^' **' 
pn-Attr '^n O-ienf, oii ii coavr^i: la Meili^rraaée da pa- 
vi.on fï^iird^ii-é et avait 3rji> Octeare, eo jc*û".eot 
pî-^rinemiçnt .e prod -:> ;x essor qa'd ntut pas la pm- 
den/!e rie ia^oir dri^im-iîer- 

Poor G.^iia ifne Li lemant, la défense ne sera pas 
mofni fa/^î.e, car ce n'eit ni^ lui qui construbit le gra- 
a«Jit \Jjif:\ in proprement appelé Maison de Louis XL 
WâM Virt fi h Jean, après le grznd incendie de 14^7. 
CnrMxiijrne Lallefr>anl, d'ailleurs, dont la famille s'éUiC 
«nn<:t,î.; pen^iant de longuei années dans le commerce, 
fot n^.rnme par Loni§ IX, receveur général de yormao- 
**•** '^î «on (iU lui succéda dans celle charge iacralivc 
«fol •ijfnrait pour expliquer leur forlane. 

« • 
^ nrMwcHBT: ^ai7 de la monnaie d'Henriche- 



I 



ET 8IGILL06RAPD10nB 263 

moTti, en 1635. (Revue numismatique, 1897, p. 
197.) 

Ija numismatique berruyère a la bonne fortune de- 
puis quelques années d'appeler Tatlenlion des savants: 
nous devons à leurs excursions chez nous d*intéressants 
renseignements sur plusieurs questions de notre his- 
toire monétaire. 

M.BIanchetapuisé dans le travail que notre excellent 

compatriote, ^. H. Boyer, avait consacré à la monnaie 

d Henrichemont un pièce curieuse, le bail de la monnaie 

d'Henrichemonl en 4635, et il raccompagne de notes et 

âe dëlalls, qui lui donnent un intérêt tout nouveau. 



H. DE LA Tour: Trouvaille du champ deLamoy; 
monnaies Gauloises. (Gazette numismatique fran- 
çaise 1897.) 

On a découvert en 1897, au champ Lamoy, commune 
de Landes, (Loir-et-Cher), un petit trésor de monnaies 
de bronze* gauloises d'un type entièrement nouveau. 
M. H. de la Tour, qui leur a consacré une intéressante 
notice les décrit ainsi : 

« Au droit de ces monnaies on voit un masque 
humain barbu, modelé d'une façon grossière el encerclé 
d'un grènetis. Barbe et cheveux sont indiqués par de 

i. Ou plutôt de IditoD. 



j 




264 BULLETW NUMISMATIQUE 

Simples IraiU presque imperceptibles. Autant qne^^^ 
peut en juger, étant donnés la barbarie e ^^ ^^^^ 
élal des pièces, le graveur a voulu represeni ^^^^ 

un quadrupède à longues oreilles, tourné ver. i ë ^^^^^ 
et très probablement un cheval. Les jannbes son ^^ ^^^^ 
ou en quelques sortes soudées sur une pane ^ ^^ 
longueur, et l'animal toul entier affecte la lor ^^^ 
M oncial ou d'un E couché. Quelques traits serne ^^ 
ticalement sur le haut du cou figurent la crinière. ^^^ 
dessus de ce cheval informe, est un objet '"^^^"^^^ 
qu'on pourrait prendre pour une massue ou pour 
corne d'abondance, ou môme, sur certains exemplaires, 
pour la queue de l'animal, relevée comme celle du ion 
des PIXTILLOS, des ROVECA et aussi de certaines 
monnaies des Rémi, et que l'on pourrait comparer 
encore à la queue du cheval figuré au revers des polms 
senonais (Allas, pi. XX.X). Cet objet retourné en Vairel 
rende à son extrémité, accompagné d'un annelel centre 
et de trois points, me paraît être, en réalité, le carnp 
Raiilois. Dans le champ, à gauche et en bas, un oiseau, 
hiurnr i ^htitle, semble picorer et le cheval abaisse la 
tAlr vt*r;t Im oorame pour le saisir. Sous la barre d'exer- 
/incurve à droite vers le bas et ressemble 
*» .^irnyx, esl figuré un sautoir qui rappelle 

*«^ thifTrt* X placé sous la télé de xMéduse de face des 
ïûcmiitiïr. r u^nt de Populonia. » 

Voil^, Il x-,Uil pas vrai, une ornementation bien com- 
\mé& el. ri faui |e dire, bien confuse î M. de la Tour 
mm^t\ \ voir dans le type du droit une imitation 
^•n* ,i- * ih^oiers d argent de la famille Plaulia sur 
|a#H %»n tA>U une léte de Méduse ou peut-être tout 



i 



k. 



ET SIGILLOGRAPDIOUB 265 

simplement des pbalères décorés aussi d'une télé de 
Méduse cfue les vétérans roniains portaient sur la poi- 
trine. Pour le revers il signale des réminiscences bien 
diverses, aussi dispersées au point de vue géographique 
que vag^uesen réalité et. peut-être contradictoires. 

Viuoi qu'il en soit M. de la Tour arrive à celte conclu- 
sion que les monnaies de Lamoy, comme aspect géné- 
ral et comme style, se rapprochent surtout des sta- 
tères de Yercingétorix ou de celles des Biluriges aux 
)égendesABVD()S,ABVCATOetSOLIM A. Les monnaies 
Arvernes nous reportent aux derniers temps de l'indé- 
pendance de la Gaule, mais les pièces de Laumoy, lui 
paraissent à cause de leur harharie, appartenir à une 
époque encore postérieure, et par conséquent corres- 
pondant aux premiers temps de la domination romaine, 
ce qui concorderait bien avec les observations qu'il 
présentait sur l'origine probable du type du droit qui 
serait, pense-t-il, une imitation de deniers ou d'insignes 
romains. 

Peut-on tenter une attribution pour des monnaies d'un 
type aussi nouveau et surtout aussi anormal ? M. de la 
Tour Ta essayé et, en se basant sur le style des pièces et 
le lieu de la découverte, il croit qu'elles pourraient 
appartenir à l'un des peuples du centre de la Gaule, 
les Carmutes ou les Bituriges*Cubi. 

Je n*a\, pour ma part, rien à dire contre les conclusions 
du savant auteur de l'atlas des monnaies gauloises, 
malgré l'impression de doute que m'a laissé, au premier 
moment, je dois le reconnaître^ sa proposition d'attri- 
bution aux Bituriges des monnaies si dissemblables de 
celles que l'on est aujourd'hui d'accord pour considérer 



\ 




^fBniK t» ir-ifûiir n» jfitr ^^ricalioa. Les ; 

pu» . Hiruft i«i .nr dî -* clStTf»oc de§ type» ou ot 

#5 «.I iii.ir^ T»;iir-^in: i -mi dire f'appîiqoer à Vi* 
*LV •• î»ri:..* 1.UL i-^f. i»i «'Z»? c"ei4 la première Ibîsqst 
.' la \r.ii^» iK^ •:i^tf:j»^ r x^ afpeci si exceplîoonel. ie 
OK lui* t XH Zfir*^ix*r iifîa riA^èretoeni le ééâr qoe ^ 
îimi»»KLiT •»*T»»«^:xT«*-T:**ti.U c-^ de Doorellcs décoa verte 
T^Êtnrk^-i'. iuîi .> sitr^: •* a M. de la Toar, de co«- 
s»î:^*r î..a *-i.iif et >ç !rai:iucr ce probiême. 

Ficc ; AcTi? fur fin iiert de sol mérovingien, 
^^.'."/.a 'l-e li So<,:-'té naiionale des Antiquaires 
de France, anaée 1897, p. 233.. 

M- Proo é'iidie an tiers de sol d'or dont ▼oîci la des- 

- i ACOMCRES. Boste,ao diadème perlé, à droite, 
t 4 f'ENXOBRFAS MCO. Croix le pied soudé 
«if un 1 çré ; oo çlobule, ao-de«soos. 

11. fVùij a retrouvé Jcs caractères principaux de la 
tJte eï Je Ja croix de celle monnaie sur les produits 
4« iJiîrr* ateliers du Berry ou limitrophes de ce pays, 
teU f|:i€ Brinon-sur-Sauldre yBriennone)^ Marcilly-en- 
Otoll {Marciiiacou PierrefiUe {Petraficta). Sully-sur- 
Lolr#! Saidiaco), Vienne-en-Val ^Vienna), Vouzon {Vo- 
êûnno), i:i«mont {Climone), Déols (Dolus), Duno {Dm), 
«JiAlinNnriitilIant {Medtolano), Souesrae (Sesemo), etc., 
iVM: Icniitiels elle offre la plus grande ressemblance. 




ET SIQaiOOBAPHIQUE 267 

On serait tenté de lire DENNOBBIAS et d'attribuer 
ce triens à Châtel-Deneuvre (Allier), mais M. Prou 
insiste sur ce que la première lettre est certainement 
an P. et non un D : la localité où il a été émis doit être 
cherchée dans le centre de la France mais reste à dé- 
terminer. 

Jacques Soyer : Description de six monnaies et 
médailles intéressant le Berry. (Mémoires de la 
Société historique du Cher, année 1898, p. 251.) 

M. Soyer, appelé à BoiiVges comme archiviste dépar- 
temental, a déjà conquis droit de cité parmi nous par 
les travaux intéressants qu'il a consacrés à Thistoire et 
à l'archéologie du Berry. Cette fois il s'agit d'une note 
numismatique, première incursion, si nous ne nous 
trompons, de M. Soyer sur un terrain sur lequel nous 
lui souhaitons une cordiale bienvenue. 

M . Soyer décrit trois pièces d'or, un écu de Charles VI, 
un salut de Henri YI et un royal de Charles Vil, qui 
proviennent de la trouvaille de la Chapelle-d'Angillon 
dont la composition a été donnée ici dans le précédent 
Bulletin par M. de Kersers, d'après une note que nous 
avions pu en dresser; des jetons connus d'André Féli- 
bien, sieur des Avaux et de Javersy en Gâtinais et de 
Georges-Louis Plielypeaux, archevêque de Bourges. 
' La pièce principale de cette étude était un jeton très 

rare, sinon inédit, de Gilbert de Bigny, seigneur de 
Bigny, d'Ainay-le-Vieil, du château de Saint-Amand et 



tti ^''rrçn.';»», mitre d*b6lel de la reioe Catherine 4e 
M<«:.t..*- ^-^ îel.otoDs M. Soyer de celle hcoreosc 
"^fbcr.-'j^ «1 11 il a tiieo roala se dessaisir aa profil do 
Mi^^t, €^ oioat lai defnaodons l'aolorisalion d*ajoalerà 
fa ii*x«, an détail qoi loi manquait, poor être complète, 
le ie«4i3 de ee enrieax spéclmeo de la namiamatiqae 
locale 
PLI, ii*6. 



LISTE DES MEMBRES 



DB 



LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES 



DU CENTRE 



BUREAU 



Président : 
Vice-président : 
Secrétaire : 
Secrétaire -adjoint : 
Trésorier: 
Bibliothécaire : 

Membres du Comité 
de rédaction : 



M. Ch. de LAUGAROlftRI. 

M. Matrr. 

M. DBS Mêloizbs. 

M. DB GOT. 

M. Girard db Villbsaisom. 
M. 0. Roger, ^. 
MM. Berry. 

P. Dubois dk la SABLONiftRB. 

Albert de Grossplvrb, i^. 

le Vicaire géDéral Lelokg. 

ToUBEAU de MA1S0R5EUTB. 



La réunion des membres du Bureau et du Comité de 
rédaction forme le Conseil d'Administration de la Société. 



l 



irST^ DES MEMBRES 



AMTMtCJkISLES UXJ CENTRE 



W^Sâ» > 



SCalnte^ 



flL m SKxyns» ic >iojcjàL «a chlieaa d« Blet» (Cher.) 
Sat s» iariKiae ■& Âacvuzs, aa château de Brina j, 

■ LiAMBS. t il décembre 1897). 




fondatenrs et titulaires 



* £* nonârf a» €ii i&Aité é cûigittuite par tarL 3 des statuts.) 

MM^ Date d*admission. 

* ttixoiits ttlarquis des), ^, cor- 
fe«j>ooilaaldu minislèredtf rios- 
Iruietiiiii putiUque, rue Jacques- 
t>i?ur. H, à Bourges, membre 
foniaî€ttr. Secrétaire. 23 janvier 1867. 

'l*n?r tiij r*LAix, au chàleauduPlaix, 
|»ar l^nveL [Cher), membre fon- 



«*LLÉ 



i*ib/Mle»), rue Moyenne, 11, 



tlour^^ s^ membre fondateur 
^"•^'^iMt Ma îsoNNBtvK,r. Moyenne, 
* * ^'^^'Ji «es. membre fondateur. 



Id. 



Id. 



Id. 



laSTB DBS MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ DBS ARTIQUAIRES 211 

3. NicoLAl (Marquis de), au château 
de Blet (Cher), ou rue SaiatDo- 
mioique, 35, à Paris, membre 
fondateur, 5 juin 1867. 

6 . LaugardiKre (Vicooite Charles de), 
ancien conseiller h la Cour d'ap- 
pel, Correspondant du Ministère 
de rinstruction Publique, rue 
Hôlel-Lallemant, 13, à Bourges, 
membre fondateur, Président. 10 janvier i 869. 

7 . Guère (Comte Alphonse de la), rue 

de Paradis, 22, à Bourges, mem- 
bre fondateur, 10 février 1869. 

8. LaugardiUib (Max de), ancien ma- 

gistrat, 16, boul. de llndustrie, 

Bourges. 2 juin 1869. 

9. Girard de Villesaison (Paul), rue 

Moyenne, 40, à Bourges, membre 

fondateur, Trésorier. 2 février 1871 . 

10. Abicot de Ragis (Albert), château 
de Ragis, par Aubigny-sur-Nère 
(Cher). 14 février 1877. 

il. Chénon (Emile), professeur d'his- 
toire générale du droit français, 
à la Faculté de droit de Paris, 
30, rue des Écoles, à Paris. 20 juin 1877. 

12. Vogue (Marquis MelchiorDs), C. c^, 

membre libre de 1 Institut (Aca- 
démie des inscriptions et belles- 
lettres), ancien ambassadeur, au 
château du Pezeau, par Boulleret 
(Cher;, etrueFabert, 2, à Paris. 2 janvier 1878. 

13. Brimomt (le vicomte Thierry de). 



272 USTB DES MEMBRES 

au château d'Aunay, par Essay 

(Orne). 6 mars 1878. 

14. GoY (Pierre db), rue de Paradis» 

20, à Bourges y membre fondateur f 
Secrétaire-adjoint. il mars 1880. 

15. PoNROT (Henri), avocat, rue Cour- 

sarlon, 21, à Bourges. 5 mai 1880. 

16. Brngt DR PuTTALLÉB (Anatole db), rue 

Courrarlon, 2, à Bourges, ou 

rue de Tocqueville, 6, à Paris. 3 juin 1880. 

17. Dubois dk la Sablonièrr (Pierre), 

avocat, rue des Arènes, 61, à 

Bourges. 12 janvier 1881 . 

18. Vbrneuil (Huard de), ancien magis- 

trat, rue de Linières, 4, à Bourges. 4 janvier 1882. 

19. PERSONNAT(l*abbé), Chanoine hono* 

raire, Supérieur de institution 
Sainte-Marie, rue de Dun, 38-48, 
à Bourges. 7 juin 1881. 

20. Roger (Octave), ^, ancien magis- 

trat, rue Moyenne, 24, à Bourges. 
membre fondateur f Bibliothécaire. Id. 

21 . Macbart (Paul), capitaine d'artille- 

rie, avenue des Charmes, 50, à 

Vincennes (Seine). 7 mars 1883. 

22. Mater (Daniel), avocat, président 

de la commission du Musée, rue 
Saint -Sulpice, 14, à Bourges, 
membre fondateur, Vice-Président. Id. 

23. TOtlLGOBT-lRÉANNA (ComtC DB). C i|», 

au château de Rozay, par Thé- 

nioux (Cher). 22 février 1884. 

24. Gauchbry (Paul), architecte, à Vier- 

2on (Cher). Id, 



DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DU CENTRE 273 

25. BiMT (Victor), au château de Feu- 

iarde, par Saint-Martin d'Auxi- 

gny (Cher), membre fondateur. 22 février i884. 

26. Bazenbiyb (Armand), avocat, an- 

cien magistrat, rue Saint-Michel, 

2, à Bourges. I^j 

27. DEBALLE (Alfred), professeur au ly- 

cée, 34, rue d'Orléans, à Bourges. 5 mars 1884. 

28 . Chaumont-Qu^try (Marquis Félix de) 

^, ancien capitaine d'état-ma- 
jor, au château de Maubranches, 
par Bourges (Cher), et boulevard 
des Invalides, <3, à Paris. 4 novembre 1885. 

29 . Saint-Venant (Julien de), *, inspec- 

leur des forêts. Correspondant du 
Ministère de Flnstruclion Publi- 
que, à Nevers (Nièvre). 8 décembre 1885. 

30 . Grossouvre (Albert de), *. Ingénieur 

en chef des Mines, rue de la 
Petite-Armée, 4, à Bourges. 5 mai 1886. 

31. Cbénon (Abel), rue du Guichet, 

1, à Bourges, membre fondateur. 30 mars 1887. 

32. Charijihagne (Hldmond), ancien ma- 

gistrat, à Chàleauroux (Indre), 
ou château de Lépinière,par St- 
Eloy-de-Gy (Cher). i t août 1 887. 

33. Roche (1 abbé Auguste), curé-doyen 

de U Guerche (Cher). 4 janvier 1888. 

34. Méloizes (Comte Henri des), rue 

Jacques Cœur, 18, â Bourges. 7 mars 1888. 

35. Cboolot (Comte Paul de), Capi- 

taine au 87« régiment d'infan- 
terie, à Saint-Quenlin (Aisne). 6 juin 1888. 

18 



^4 LISTE DES MEMBRES 

36. Thabaud DBS HouLiÈMs (François), 

au château de lisle-sar-Arnon, 

par Lignières (Cher). 27 février 4889. 

37. Bbngy dbPutyallBb (Antoine db), 

rue Goursarlon,\2, à Bourges. 4 décembre 1889. 

38. Jagqubmbt (Léon), impasse Saint- 

Louis, à Bourges, ou au château 
de rOizenotte, par Aubigny-sur- 
Nère (Cher). 16 juillet 1890. 

39. Glatight (Baron lb Pbllbtibb db), 

rue du Four, 8, à Bourges. Id. 

40. BoiSMABMiN (Christian db), docteur 

en médecine, rue Jacques Cœur, 

7, â Bourges. 5 novembre 1890. 

41 . Gbossouvbb (Henri db), place de la 

Cathédrale, 14, â Bourges. 2 décembre 1891 . 

42. BouRNiCHON (rabbé), curé doyen 

d'Aigurandes (Indre). 2 mars 1892. 

43. PoMYBRS (le comte René db), châ- 

teau de Crezancy (Cher). 4 janvier 1893. 

44. Tardt (Gustave), imprimeur-édi- 

teur, rue Joyeuse, 15, à Bourges. 4 mars 1896. 

45. Lelong (rabbé), vicaire général, à 

l'Archevêché de Bourges. 3 février 1897. 

46. TÉMom (le docteur Daniel), docteur 

en médecine, chirurgien-chef â 
THÔtel-Dieu, rue des Quatre-Pi- 
liers, 6, â Bourges. 17 mars 1897. 

47. RoMiBU (Maurice), rue de Dun, â 

Bourges, 13 octobre 1897. 

48. Kbrsbrs (Louis Buhot de), ingé- 

nieur-agronome, rue du Doyen, 

2, â Bourges. 2 février 1898. 

49 . CoRViSABT (Baron), chef d'escadrons 



DB LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRRS DU CENTRE 275 

breveté au Tfi cuirassiers, avenue 
de La Bourdonnais, 7, à Paris. 7 décembre 1898. 
oO . Roger (François), avocat, rue Mo- 
yenne, 24, à Bourges. Id. 

ASSOCIÉS LIBRBS 

{Le nombre n'en est pas limité par les statuts.) 

MM. 

I . AcHBT(Louis),ancien notaire, aux Aix-d'Angillon (Cher). 
^. AmBfiBERG (le prince Auguste d'), ^, député du Cher, 

au château de Menetou-Salon (Cher), ou rue de la 

Ville- Lévôque, 20, à Paris. 

3 . AsTiBR DE LA YiGBRiB (d*), ^, aocieu Capitaine d'artil- 

lerie, au château de Rançay, par Villedieu (Indre). 

4. AoBBiGNft (Gaston D*), â Ciron, par Le Blanc (Indre), ou 

place Saint-François-Xavier, 5, â Paris. 

5. AuBBRTOT DB CoDLANGBS, Conseiller général du Cher, 

au château de Coulanges, par Lury (Cher), ou rue 
du Mont-Thabor, 7, â Paris. 

6. AucLAiR, conducteur principal des Ponts et Chaussées 

en retraite, â Saint- Amand (Cher). 

7 . Baraudon, au château de Quantilly, par Saint-Martin- 

d'Auxigny (Cher). 

8. Bayb (le baron Joseph de), de la Société nationale 

des Antiquaires de France, avenue de la Grande- 
Armée, 58, â Paris. 

9. BBAUFiLs(rabbé), curé-doyen deChâteaumeillant(Cher). 
\0. Bbaufranchbt (le comte F. de), au château de Moisse, 

par Genouillat (Creuse). 
il. Beaovais (A. de), auditeur à la Cour des Comptes, rue 

de Lille, 37, â Paris. 
12. Boisgueret de LA Vallièrb (Henri de), rue Denfert-Ro- 

chereau, 25, â Paris. 







r^ l.fe!?IT M^ MEMBRES 

l^«e^u«r. «n. 914; «^»Aif>«udaGraod-fiefise. par Chaleur 

KM>««.. tôiKMn i».\ au ehiteaudeMoDtpenfiier.iHr 

. xjKM^-^«« fc. «NMMr m; . ^, aocieo colonel de cacv^ 
^1 V ,Oa.*-jiti*. 4r lliàiimMris |>ar Dim-s-AaraDCCSbe- 
K%xNik«w%« c. \v\\«itr F m; ancien député, à Ififioadm 

K^«nt«s.vv ir ^vimir %;#a^àkl me), avenue Séranoonn 

V Kv .^^«A. * ^ i^vi:^««^MsM'> par Herry (Cher). 

- Kv vifc.,v ,'i.m4^>^ ïa «vvHiKt$$(e wt^, avenue de la Gare. 

\ Kv «;». w « t^vii«iN ^ kf ,\>«D)f i«>, au château de Ligniè- 

i H. V <«. «.^<i «>. % XIV ., ^ ^^.v^'«(^)r-p^tncipal des postes, à la 
.of.Ni *', »3\».,. ,v^- njw,.":; «Uultw ^Indre). 

f: xvx^v>t x,.:>f. ;\rv\î)r:^siwu' à TGcole libre des 
' JK %cv- :^^,.r>. Vf ,^,,: \i^MV^ii^llidi, 55, à Paris. 

ï> 5^^,t ^\v, ^a\ jk^cMk^u de la Beuvrière, par 

tt :^t>>*i . ,v. .\ 4t^v U\ aAuçiUon(Cher). 

t s;*, \%i * . . , V, ,* v> î^, ';ii^v<^l<'ur^néral des Finan- 

f# v;\tjh*s. awvna;, r>^ SsAtti^xn, I*, j^ Bourges. 

t1 i^tru^aiK ^. Av,\e5i cAj\»tAmi^ d artillerie, à Saint- 

ts «ut^^vx ¥* t*vii« ^H*ar\^. au château du Solier, par 

viiinl'> .vvrvuî vi'^er\ 
t* ûtuTita v^Vrvhujiiui , >ji^, à tMteauroux (Indre). 
y^K W^ÊÊsx J^hW . chanoine de la Métropole, rue de la 

C*g^ Verte, i, à B.^urgt's, 
31, OtucTf Uabhé Maurioo\ archiviste - paléographe, 

«timonier du i^^ée Janson de Sailly, aumônier 



1 



DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DU CENTRE 277 

auxiliaire de la maison d'éducation de la Légion 
d'honneur, à Saint-Denis. 

32. Clêrambault (db), conservateur des Hypotiièques, à 

Beauvais (Oise). 

33. CoLLARD, $, ancien capitaine d'infanterie, au château 

de Pesselières^ par Veaugues(Cher). 

34. CoRRiN (Edme), ancien magistrat, au château de 

Chambon, par Savigny-en-Septaine (Cher). 

35. CkmRiN (Paul), $, ancien magistrat, au château de 

Villair, par Dun-sur-Auron (Cher). 

36. CoRRiNDK Mangoux (Gabriel), au château du Creuzet, par 

Charenton (Cher). 

37. Costa de Bsauregard (le comte), au château de Beau- 

regard, par Douvaine (Haute-Savoie), ou au château 
de Chârost (Cher). 

38 . Dbschamps (Henri), avoué, rue de Linières, 3, â Bourges. 

39. Dbsjorert (Léopold), au château de Corbilly, par 

4rthon (Indre). 

40. Drakb dbl Castili.0, au château de Saint-Cyran, par 

Châtillon (Indre). 
Ai . DUBOIS DB LA Sablonièrb (Joscph), ruc Porte-Saint-Jean, 
4, â Bourges. 

42. DuFOUR, au château de Lauroy, par Ciémont, (Cher). 

43. DuPRÊ-GouDAL, notaire, à Saint-Amand (Cher). 

44. Ddroisel (Fabbé), curé-doyen de Poulaines (Indre). 

45. DovBRGiBR DB Haurannb, ^, Conseiller général du Cher, 

au château d'Herry (Cher), ou rue de Prony, 95, à 
Paris. 

46. Flaharb (Henri dr), archiviste du département de la 

Nièvre, â Ne vers. 

47. Fougères (Raymond db), ancien conseiller général, 

au châ'eau de Fougères, par Châteauroux (Indre), 
ou faubourg Bannier, 35, à Orléans (Loiret). 




lITH UITR DM m 

1^. M«M«« (U<^orOi tDoien 

i^iii^4i« \vkt Sdlnl-Floreot ^Cbcrl. 
I> uv\M%\ur vAlphouiiQ), Imprifueor^ 4 isaciiuîm: ^c 
>v^ Uv««^iiii\ #» ooniKtlller géoéral dm Cbc. i: ^t 

M UHv\vs»«4N, H0iM»Y«»ur dà rKDregistwrwisi 

M<M^ à Awlv^|ïl\^«-^à^^Nôrc (Cher). 
v> \st^v>^^ v^( iv HvmlHN, oapiiaiaed'artiiiene. Li^iufLUL 
vi Ul^w^^^uv¥l v^^r^lhado). au chàteaa de Farçej tm: 

xi \x^uv\w\ ,IVO\^Ymui0(lal)éolf,&ChâteaiirocK Okârt . 
\\ \xv»v<vvi^v v^ <^W»4^ Waohic), ourô-dojcn de SalBl-taIl^- 

H» Hvvx \MUh\. V>» <*uoi»^u hirocteur des Coolrdwian» 

vI.vnvu^x, <^u cIu^U^u de la Vallée, par Jar» Cher> 
^ IUhi^^x v^( t V4i^'ux« au ohlileau de Lazenaj. pv 

'\ U^H¥ ,\x \ v\^<^ k{^ Hduueik, 8i, à Paris. 

^^ »uvvx >*\ ^^w ohAiwiU de la Molle d'Eonordres, par 

VN^ U V viv^, ,io vvmi0 IhKIeborl ui), ^, au cb&teaa da 

kvu^aa \\ui, jv^i* Oi^t^noe» (ladre). 
v»> \ vu\^ s^w^w^ \u>^* la i'.our d*Appel, rue Sainl-Sol- 

i vKsw^\(j\H^. c^vsHVfcl» plao0 IManohttl, 4, Bourges. 
Umivv ^Mi ii^xHNvxHi: Jl^ut^K 4»» arohiviste-paléogra- 

^^Uvx. ox^woUI<»r K^H^e^^l do la Nièvre, au château de 

\ WMi^x'^, |v^i' i;u0riKW,v vNièvrti). 

^ ^^^a^i^^^^» au ohs^ioau de Launay, par Thénioux 

Umk«;r vlN«^riv\ iu*po\>l0ur-Aiyoint des Forêts, bou- 
ler ai\t doA luvahde^. 34, À Paris. 

l.htiai>M ,Krue«l\ mallrt^ de conférences à la Faculté 
dea leltre«, awuue Ouquesne, 30, à Lyon. 



DB LA SOCIÉTÉ DES AlfTIQUAlRBS DU GBNTRB 279 

67 . Lbmoini, ancien conseiller général du Cher, à Gorquoy , 

par Gbàteauneuf (Cher). 
6S. Le Normand dc Goudrat, à Nérondes (Gher). 

69. Létang, architecte de la ville de Ghàteauroux, rue 

de la République, 6, à Ghàteauroux (Indre). 

70. LibGi (Ëmiland du), rue d'Alsace, n, à Bourges. 

71 . LitoE (René du), rue de Béthune-Ghârost, à Bourges. 

72. LiGNAC (le comte de), au château de Touchenoire, par 

Levroux (Indre). 

73. LiGNAC (Ferdinand de), au château de Ghapelutte, par 

Saint-Èloi-de-Gy (Gher). 

74. LouiT (Achille), à Vierzon (Gher). 

75. Ltonne (le comte de), ^, ancien capitaine d'artillerie, 

au château de Goulon, par Graçay (Gher), et rue de 
Yarenne, 88, Paris. 

76. Mallard (Gustave), ancien magistrat, à Saint-Amand 

(Gher). 

77. Mallebat (René), rue des Varennes, au Blanc (Indre). 

78. Manceron, conservateur des hypothèques, à Épernay 

(Marne). 

79. Maransange (Henry de), conseiller général du Gher, au 

château de Vieille-Forest, par le Ghàtelet (Gher). 

80. Marguerye (R. db), rue de Versailles, 216, à Paris. 

81. Masquelier (Valéry), au château des Planches, par 

Ghàteauroux (Indre). 

82. Maussabré (le comte de), au château de Puy- Barbeau, 

par Sainte-Sévère (Indre). 

83. Mignan, au château du Ghaumoy, par Saint- Fioren t 

(Gher.) 

84. MiRPiBD (le docteur), maire la ville de Bourges, rue 

Saint- Sulpice, 59, Bourges. 

85. MoNfALiVET (Georges Masson de), au château de 

Villedieu (Indre). 



280 USTB DBS MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ DBS ANTIQUAIRES 

86 . Montesquieu (le baron de), au château de Mazières, par 

LesAix (Cher). 

87. MoRBAU (l'abbé), curé dojen de Vatan (Indre). 

88 . MoBBAU, docteur-médecin, rue de la Monnaie, 8, à 

Bourges. 

89. MoRBAU (René), à Sancergues (Cher), [et boulevard 

Saint-Michel, 49, Paris. 

90. MouLiNBAU (Albert), ancien magistrat, avenue de la 

Préfecture, à ChÂteauroux (Indre). 
9i . Neuplizb (le baron de), au château de Brinay, par 
Foécy (Cher), et rue Lafayette, 31, Paris. 

92. Orsanne (René d*). contrôleur des contributions indi- 

rectes, rue du Petit-Bercy, 64, à Paris. 

93. Paultre, au château de Château vert, par Jouet-sur- 

TAubois (Cher). 

94. Perrotde Preuil (Julien), place Lafayette, à ChÂ- 

teauroux (Indre). 

95. PETROi}Lx(le comte du), au château de Mazières, par 

Saulzais-le-Potier (Cher). 

96. Pierre, homme de lettres, à Êguzon (Indre). 

97. Pigblbt (Paul), imprimeur, à Orléans (Loiret). 

98. Pilliwuyt (Louis), àMehun-sur-Yèvre (Cher). 

99. Pineau des Forêts, docteur en médecine, au châ- 

teau des Peluées, par Charost (Cher). 

100. Rancy (Gaston), à Graçay (Cher). 

101. Rbgnault (Théagène), au château des Epourneaux, 

par Saint-Amand (Cher;. 

i02. Richard-Desaix (Uhric), aux Minimes, â Issoùdun 
(Indre). 

403. Sabardin (rabbé), chanoine honoraire, supérieur du 
petit séminaire Saint-Célestin, à Bourges. 

104. Saint-Martin (dk), ^, député de l'Indre, au château 
de Puy-d'Auzon, par Cluis (Indre) et rue de l'Ar- 
cade, 25, â Paris. 



LISTE DES MEMBRES CORRESPONDANTS 281 

105. Saint-Sadvbur (le vicomte de), au château d'Autry, 

par Vierzon (Cher). 
i 06 . Saint- Sauteur (Georges db), au château de MadroUes, 

par VierzoD (Cher). 
107. Sarriau (Henri), rue de Berry, 45, â Paris. 
408. SaljJe (L'abbé), chanoine de la Métropole, rue Bour- 

bonnouz, i8, â Bourges. 
109. SALLft DE Chou (François), rue Moyenne, 13 bis, â 

Bourges, et au château de Chou, par Savigny-en- 

Septaine (Cher). 

110. Sbryois du Watblbt, au château d*Aubigny, par 

Jouet (Cher), et rue de la Neva, 10, à Paris. 

111. Sèzb (le vicomte Maurice db), au château des Tou- 

relles, par Cour-Cheverny (Loir-et-Cher). 

112. TaboÙbt (Edmond), â Saint-hésiré, ou â La PaUsse 

(Allier). 

113. Tausserat, au château de Chevilly, par Vierzon (Cher). 
\14. Vergbnnes (le comte Charles de), au château de 

Boisrogneux, par Saint-Martin-d*Auxigny (Cher). 
i\5. Vbrdon (de), avocat, ancien magistrat,rue du Puits-de 

Jouvence, 9, â Bourges. 
1\6. Verne (Charles du), au château du Veuillin, par le 

Guétin (Cher). 
1\7. VoRTs (Jules de), au château de la Chaume, par 

Saint-Gaultier (Indre). 



MEMBRES CORRESPONDANTS 

. Barthélémy (Anatole de) !^, membre de Tlostitut, 
membre du Comité des Travaux historiques et 
scientifiques, rue d'Anjou- St- Honoré, 9, â Paris. 

. BERTRAND(Alexandre), 0. *?, membre de Tlnstitut, mem- 
bre du Comité des Travaux historiques et scientifi- 




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du Comité des TrmTvix hislonques et scâcntifiqaes, 
me da Prè-aox -Gères, 10 t«, Paris. 

12. M^msT (le Comte m directeor de la Société firançatse 

d'Archéologie, à Compiègne Oise . 

13. MowAT 'Robert O. *, de k Société oatioiuJe des 

Antiquaires de France, nie des Feuillantiiies, 10, à 
Paris. 

44. RoMLLAB» M BaÂCisPAiu Charles k , #, ardÙTiste 
de la Seine-inférieiire, à Rouen. 

43. RonxAmD ds BcAcavAmi -Eugène m\ ^. anden 
conseiller à la Cour d'appel de Caen, secrétaire gé- 
néral de la Société française d*archéologie, à Caen 
(Calvados). 
46. TBÊDmsuLT (l'abbé Henry;, de la Société nationale des 
Antiquaires de France, quai des Célestins, 2, à Paris. 



284 



LISTE DES SOCIÉTÉS 



liste: des sociétés savantes 

Avec lesquelles la CeBipAgBie esl en eerreepeadasce. 



Aisne. I . Société académique de Laon. 

— 2. Société archéologique, histori- 

que et scientifique de Sois- 
sons. 

Allier 3 Société d'émulation du dépar- 
tement de TAllier, — à Mou- 
lins. 

Alpes (Hautes-) 4« Société d'études des Hautes- 

Alpes, — à Gap. 

Aveyron 5. Société des lettres, sciences et 

arts de T Aveyron,— à Rodez. 

Calvados. 6. Académie nationale des scien- 
ces, arts et belles-lettres de 
Caen. 

— 7. Société des Antiquaires de Nor- 

mandie, — à Caen. 

— 8. Société française d'archéologie 

pour la conservation et Ja 
description des monuments, 
— à Caen (direction à Com- 
piègne). 

Charente 9 . Société archéologique et histo- 
rique de la Charente, — à 
Angouléme . 

Charente-Inférieure. . 10. Société d'archéologie de Saintes 

(réunie à la Commission des 
arts et monuments historiques 
de la Charente -Inférieure), 



CORRESPONDANTES 



285 



tJhareDte-lQférieure . . H . Société des Archives historiques 

de la Saintonge et de TAunis, 

— à Saintes. 

Cher 4^... 42. Société historique, littéraire, 

artistique et scientifique du 
Cher ( ancienne Commission 
hisiorique)^ — à Bourges. 

iCorrèze 13. Société scientifique, historique 

et archéologique de la Gor- 
rèie, — à Brive. 

€6te-d'0r 14. Société bourguignonne de géo- 
graphie et d^histoire, à Dijon. 

— 45. Société des sciences historiques 

et naturelles de Semur. 

Creuse 46. Société des sciences naturelles et 

archéologiques de la Creuse, 

— à Guéret. 

Dordogne 47. Société historique et archéolo- 
gique du Périgord, — à Pé- 
rigueuz. 

Doubs 48. Société d'émulation du Uoubs , 

— à Besançon. 
Eure-et-Loir 49. Société archéologique d'Eure- 
et-Loir, — à Chartres. 

— 20. Société DuDoise, — à Chàteau- 

dun. 

Gard 24 . Académie de Nimes (ancienne 

Académie du Gard). 

Garonne (Haute-) 22. Société archéologique du Midi 

de la France, — à Toulouse. 

Gironde 23. Société archéologique de Bor- 
deaux . 

lUe-et- Vilaine 24 Société archéologique d'Ille-et- 

Vilaine, — à Rennes. 




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ÊKiniîirrmm, 

Ut .a. b3iiiK-l.nirEu — aa For. 

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•*» 'K 3i: ^ I II I ■>! Bt àe la 

:>tiijt3i-^t*t=r«( «iaitsd' Oriéaas. 

r/T» d& r«>riéaaatt, — à Or- 

i 1; v>ti«^tè a^OMiénuque de Maine 

et'Locre, — à Angers. 
. Vt. Société (Tardiéologîe, de litté- 
rature, sdenees et artsd'A- 
Tranches. 
* 35. Société nationale académique 

de Cherbourg. 

'*''•• ....♦.,,. 36. Société des sciences et arts de 

Vitry-lc-Français. 

37. Société d'archéologie lorraine, 
— à Nancy. 

38 . Société des lettres, sciences et 
arts de Bar-le-Duc. 



H|f9||«,. 



4 



CORRESPONDANTES 287 

Morbihan 39. Société polymathique du Mor- 
bihan, — à Vannes. 

Nièvre 40 . Société Nivernaise des sciences, 

lettres et arts, — à Nevers. 

Nord ; 4i . Commission historique du dé- 
partement du Nord, à Lille. 

— 42. Société d'émulation de Cam- 

brai. 

Oise 43 . Société historique de Compié- 

gne. 

— 44. Comité archéologique de Senlis. 
Pyrénées (Basses-)... 45. Société des sciences, lettres et 

arts de Pau. 

Rh6ne 46. Société littéraire, historique et 

archéologique de Lyon. 

Saône-el-Loire 47. Société Éduenne, - à Autun. 

Sarthe 48. Société historique et archéolo- 
gique du Maine, — au Mans. 

Savoie 49. Académie des sciences, belles- 
lettres et arts de Savoie, — à 
Chambéry. 

Seine 50. Société d'anthropologie, — rue 

de TÉcole de médecine, 15, à 
Paris. 

— 51 . Société française de numisma- 

tique et d'archéologie, 46, 
rue de Verneuil, — à Paris. 

— 52. Société nationale des Anti - 

quaires de France, au palais 
du Louvre, — à Paris. 

Seine-et-Marne 53. Société d'archéologie, sciences, 

lettres et arts de Seine-et- 
Marne, — àMelun. 
54. Société historique et archéolo- 
gique du Gàtinais, — à Fon- 
tainebleau. 



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^^""''td«s sciences, beUe*- 



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■ .ue^. " ^ histo- 



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4 



COKBESfOBDAflTES 289 

Suède 71. Académie royale des belles 

lettres, dliistoire et des anti- 
quités de^StodLbohn. 

Suisse 72. Société neufchâteloîse de géo- 
graphie» à Neofcbàtel. 



Î90 roBUCATlONS KEÇUES PAR LA SOCIÉTÉ 

PuUioatioiu périodiques raçnaspar 1* "^ 



i. CoMpIts-rmdics disHanees dt T Académie du 

1. JN6liolAé9Mf dt tÉcok des Chartes. 

3. Jimrnml dss Semsants. ^.. 

4. ÈulktmduCimUides trtnaux historiques ei ^ 




^ JUjMTiotrt dÊS trmamx hùtoriques. 

7. l«il«rtM <r*islutr« et d^ankMHgie retH^^^ ^ 

». teiWhit dTkisti^nf sceiésiastiqws et '***^^*f*^iTiers. 
gi;.iâ«f d)tf« dtiiK^ses de Valence^ Gap. GrenoW® « 

m. Êmm ^chMifgiqmt^ hâstori^^ et 



sci^*^ * 




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BIBUOTHÂQUBS BBCBTAHT LB8 PUBUGATI0H8 291 

BIBLiOTHÊ(XIES BECETAirr LES POBUGÂTiaRS DE Là SOGIÉIÉ 



I . Bibliothèque de l'Institut de France. 
%, Archives du Cher. 

3. Cabinet des Médailles à la Bibliothèque nationale. 

4. Commission des monuments historiques, rue de Va- 

lois, 6, à Paris. 

5. Musée du Trocadéro, à Paris. 

6. Bibliothèque de la Sorbonne, à Paris. 

7. Cour d'appel de Bourges. 

8. École normale d'instituteurs, à Bourges. 

9. Grand- Séminaire de Bourges. 
10. Lycée de Bourges. 

il. Petit Séminaire de Bourges. 
i2. Petit Séminaire de Saint-Gaultier (Indre). 
43. Association des anciens élèves des Frères des Écoles 
chrétiennes, à Bourges. 

14. Ville de Bourges. 

15. Ville de Chàteauroux. 

16. ^^^e de Saint-Âmand. 

17. Ville de Sancerre. 
IB. Ville dlssoudun. 



I 



TABLE 



Bapport sur la situation financière et morale de la So- 
ciété, année 1897, par M. oi Lauoardiéri, président. 

Rapport sur la situation financière et morale de la So- 
ciété, année 1898, par M. di Lauoaroièri, président. . n 

Rapport sur les travaux de la Société des Antiquaires 
du Centre, 1897-1898, par IL oss MiLOizas, Secrétaire. xv 

Notice biographique sur M. Alphonse Bohot di Rirsies, 
par M. Cb. db LaooardiArb xxx tu 

aSnochoé en bronze du Musée de Bourges, par M. dis 
MÉLOlZtS 1 

NouTolles découTortes an cimetière romain du nn- 
Renard, par M. D. Matbr 7 

Deux inscriptions romaines trouvées à Boorget, par 

BL Ch. OB LAUOARDliRB 59 

Tumulus et fours crématoires des Valins, près Château- 
neuf (Cher), par M. H. Porrot 67 

Classement des enceintes en terre. Mémoire inédit de 
M. DB Rbrsbrs 71 

De l'emploi des cercueils de pierre dans la construction 
des églises à l'époque romane, par M. P. Gaughbrt.. 81 

Essais historiques et généalogiques sur le château de 
l'Isle-sur-Amon et ses seigneurs, par M. François 
DBSHOUUiRBS 87 

Les méreaux de Saint- Pierre-le-Moûtier, par M. Ch. db 
LauoardiArb • . . . 175 

Lliôtel Pucelle, à Mehun-sur-Tèvre, par M. C. db Bois- 
MARinir 183 

Deux seigneurs berruyers à la Conciergerie (1608-1612), 
par M. E. Doroibbl 199 

Bulletin numismatique et sigillographique, par M. D. 
Matbr ^5 

Liste des membres de la Société et des Sociétés corres- 
pondantes 269 

Bourges. — Imprimerie Tasot^Piosut, rue Joyeuse, 15. 



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